06/12/2017

Souvenirs souvenirs

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Souvenirs souvenirs

Je vous retrouve dans mon cœur

Et vous faites refleurir

Tous mes rêves de bonheur…

 

Je devais avoir 9 ans… il m’arrivait, de temps à autres, de passer quelques heures chez Pierrot, un ami plus âgé que moi. Sur son vieux tourne-disque, il écoutait Edith Piaf et les Compagnons de la chanson. Mais voilà qu’un beau jour, il me fit découvrir sa dernière acquisition, un 45 tours d’un jeune artiste qui chantait un truc incroyable… Kili Watch ! Depuis, Johnny ne m’a plus quitté…jusqu’à aujourd’hui.

Alors, oui, aujourd’hui, je pleure. Je pleure ce type qui ne me connaissait pas mais dont je me suis senti si proche. Comme des milliers de gens, j’ai l’impression d’avoir perdu un « grand frère » qui a partagé un pan de ma vie.

Johnny ! Il y a tant de souvenirs en commun dont tu as ignoré l’existence mais qui sont pourtant bien réels pour moi et pour tant de gens de ma génération.

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Ce fut les premiers 45 tours que j’ai achetés, avec mon frère de quatre ans mon aîné : « Nous quand on s’embrasse » qu’on écoutait en boucle, « Retiens la nuit » et cette photo de pochette qui m’a tant fait fantasmer !

 

Début des années 60, en vacances d’été à Verbier, je cassais ma tirelire pour regarder Johnny, EN COULEUR, chanter « Oui j’ai » sur le scopitone, fraîche invention de l’époque, que le bistrot du coin venait juste d’installer.

En 1963, je me souviens m’être précipité avec mon transistor, à l’aube, dans la chambre de mes parents pour leur faire écouter, émerveillé, « Tes tendres années » qui venait de sortir. C’était avec une telle impatience qu’on attendait chacun des nouveaux vinyles que Johnny enregistrait.

Pour+moi+la+vie+va+commencer+Johnny+Hallyday0.jpgJe ne vous parle pas de la folie qu’engendra la sortie du film « D’où viens-tu Johnny ? ». Pensez donc, Johnny et Sylvie, les deux « idoles » des jeunes réunies en un seul long-métrage…avec en prime quatre nouveaux morceaux de Johnny dont « Pour moi la vie va commencer ». Encore une photo/pochette qui s’est retrouvée épinglée sur l’un des murs de ma chambre. Comme tant d’autres d’ailleurs. Au point que lorsque le journal SLC est sorti, avec mon frère, on achetait chaque numéro à double exemplaires, l’un pour en découper les photos et l’autre pour le garder intact.

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C’était bien sûr Johnny qui trônait sur la couverture du N°1 de ce journal mythique. Comme auparavant, c’était sa voix qui, tous les jours à 17 heures, nous saluait, nous, les milliers d’ados qui étions fidèles au rendez-vous, scotchés à notre transistor,  pour écouter l’émission de Daniel Filipacchi sur Europe 1… jingle….Salut les copains…. !

En 1961 (ou 62), Johnny était à Genève pour un concert à la salle de la Réformation. J’avais alors 10 ou 11 ans et j’enrageais de ne pouvoir assister à ce concert. Cravate obligatoire, il fallait avoir 16 ans révolus pour être admis à l’entrée. Je mourais de jalousie parce que mon frère, 15 ans, avait falsifié sa date de naissance sur sa carte d’identité et avait donc pu assister à ce concert qu’il m’avait raconté comme mémorable.

Je me suis bien sûr rattrapé par la suite, notamment pour un concert sur l’île de Ré, lors de sa tournée « Johnny Circus », mais j’ai toujours regretté de ne pas l’avoir vu sur scène accompagné de ses seuls cinq musiciens, les Golden Stars.

En 1969, avec quelques amis, nous l’avions attendu à la sortie de son spectacle aux Vernets. Il s’était engouffré dans une voiture que nous avions pourchassée à une allure folle, brûlant les feux rouges, à travers la ville de Genève, impensable aujourd’hui ! En arrivant devant le Griffin’s, où il avait l’habitude de se rendre après ses concerts genevois, il était sorti de la voiture et nous avait accordé un jovial sourire en  nous adressant un salut de la main…nous étions ravis !

Aujourd’hui, Johnny, voilà que j’ai l’impression que tu me refais le coup une dernière fois…Salut Johnny.

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22/11/2017

DIP : le piège se referme

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En 2015, la loi sur l’instruction publique a été modifiée et votée par le Grand Conseil pour y introduire la notion d’école inclusive en primaire. Une école au bénéfice des élèves handicapés, un sujet bien délicat qu’il est difficile de traiter…

 

Ce texte de loi a-t-il été accepté par les députés sans trop prêter attention aux conséquences importantes que les articles 8 et 10 pouvaient impliquer ? Toujours est-il qu’aujourd’hui, on en apprend un peu plus via un document envoyé par le DIP à toutes les communes du canton. Celles-ci vont pouvoir maintenant mesurer l’impact de cette nouvelle initiative de Madame Anne Emery Torracinta.

On se trouve effectivement face à des défis et des changements radicaux.

  • Pour AET, « dans l’idéal, chaque élève, quelles que soient ses difficultés ou ses potentialités, devrait pouvoir être scolarisé dans l’école de son quartier/sa commune». Une noble idée mais, sans autres précisions sur le « degré » du handicap, je ne suis malheureusement pas du tout certain qu’il en va du bien des élèves handicapés ou non.
  • La profession d’instituteur se voit complètement modifiée. Il s’agit pour les maîtres du primaire d’assumer, en plus des compétences d’instituteur, celles de véritable enseignant spécialisé, d’éducateur, de logopédiste, de psychologue, d’infirmier, etc., autant de formations à part entières qu’il s’agira d’exercer au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Je ne suis pas certain là encore que les enseignants en place, ceux qui avaient choisi de suivre une voie bien précise, apprécieront ce nouvel aspect de la profession, ce bouleversement. Je ne suis pas persuadé non plus que les potentiels futurs enseignants se bousculeront dorénavant au portillon…
  • Consciente de l’énorme aspect financier que son projet implique, habillement, Madame la Conseillère d’Etat s’en remet à l’article 8 de cette loi qui oblige les communes à supporter l’ensemble des changements majeurs occasionnés au niveau des bâtiments scolaires. Ceux qui sont mentionnés dans le document reçu par les communes et que je vous livre en pièce jointe. Une bagatelle financière qui sera appréciée au sein des différents conseils municipaux.

Enfin, une question me taraude…L’école inclusive ne va-t-elle pas à l’encontre des résultats escomptés ? Ne va-t-on pas effrayer quantité de parents et assister à un exode massif des élèves vers les écoles privées, créant en parallèle une école à deux vitesses, l’une, privée, pour ceux qui ont les moyens financiers et une autre, publique, pour ceux qui n’ont pas le choix ?

 

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14/10/2017

Des étudiants pénalisés ?

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La mise en place d’un nouveau règlement à l’EPFL semble prétériter les étudiants qui désirent se consacrer à des études scientifiques. Une situation qui mérite que le député Jean Romain demande quelques « explications » au Conseil d’Etat via une question urgente écrite :

 

Quelles implications aura le nouveau règlement 2016-2017 de  l’EPFL sur le cursus académique de nos étudiants?

 

L’EPFL a introduit pour la première fois durant l’année académique  2016-2017 une mise à niveau (MAN) pour les étudiants qui échouent aux examens du 1er semestre de la première année. Cette MAN est censée combler les lacunes révélées aux examens de janvier et permettre à l’étudiant qui la réussit (examens en fin de MAN, en juin) de répéter cette première année avec de bonnes chances de réussite.

Mais parallèlement l’EPFL a décidé d’exclure les étudiants échouant aux examens de fin de MAN. Le document officiel stipule que l’étudiant en échec à la MAN est « exclu de l’école sans échec définitif au Bachelor». Une première interprétation conduirait à penser que l’étudiant en question doit certes quitter l’EPFL, mais qu’il n’a enregistré qu’un échec simple : celui de la première année effectuée sans succès. Or il n’en est rien ! En effet, les

autres instituts ou universités considèrent que l’étudiant est en double échec (normalement, un étudiant est exclu lorsqu’il enregistre un double échec), si bien qu’il ne lui reste plus qu’une chance de réussir une première année ailleurs, puisque la règle veut qu’un étudiant dispose de trois essais pour réussir une première année.

L’EPFL a ainsi créé un nouveau statut : celui d’étudiants « exclus sans échec définitif » qui conduit de facto un étudiant n’ayant échoué que la première année en situation fictive de « double échec » pour toutes les autres universités du pays.

Le problème est d’autant plus aigu que ce règlement est rétroactif sur cette année académique, les étudiants n’ayant pas, en effet, reçu cette information avant le début des cours.

Une conséquence directe de ce nouveau règlement est que les porteurs de certificats de maturité n’auront pas intérêt à s’inscrire à l’EPFL s’ils veulent garder un maximum de chances d’embrasser une carrière scientifique. Ce qui est paradoxal.

Mes questions sont donc les suivantes :

  • Comment le DIP et l’Université de Genève analysent-ils cette nouvelle situation ?
  • Quelles mesures devront être prises pour que nos élèves à profil scientifique ne soient pas pénalisés par une décision prise unilatéralement par l’EPFL ?

 

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09/10/2017

Les conseillers d’Etat seraient-ils au-dessus des lois ?

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Je vous le disais en mars dernier, « après avoir fermement contesté l’article 59 de la loi, votée en septembre 2015, qui leur impose de consacrer une partie de leur temps à l’enseignement, les directeurs d’établissement primaire, via leur association, l’AGDEP, avaient usé de tous les moyens possibles pour échapper à leur obligation.

Déboutés par la Cour constitutionnelle l’AGEP, en désespoir de cause, avait encore fait recours auprès du Tribunal Fédéral. A tort, les directeurs argumentaient que le vote du GC avait été fait sans même les avoir entendus en commission. On attendait donc avec impatience la décision du TF…

Elle est tombée dans un arrêt du 8 mars, relayée dans l’article du « Courrier », paru le 15 mars. On y apprend, qu’une fois de plus, l’AGDEP a été déboutée par le TF » !

Pourtant, sept mois après, rien n’a changé ! La plupart de ces directeurs ne respectent toujours pas la loi. Quelques-uns se contentent de la détourner en « offrant » …à la demande, leurs services aux enseignants ! Vous imaginez un enseignant assez fou pour se risquer à une telle requête auprès de son directeur sachant que celui-ci y est farouchement opposé !

Certes, une trentaine de directeurs, soit environ deux tiers d’entre eux, ont individuellement recouru contre la mise en œuvre de l’article controversé de la Loi sur l’instruction publique ». Le TF doit vraisemblablement encore répondre individuellement à chacun d’eux….la teneur de la requête à titre individuel a beau légèrement différer, elle n’en est que l’hologramme de celle de leur association. On voit mal comment la décision du TF pourrait changer selon qu’il répond à l’association ou individuellement aux directeurs…à n’en pas douter, on connaît déjà la teneur de cette réponse…

Quoiqu’il en soit, Aucun effet suspensif ne leur est accordé.

Dès lors, ces directeurs sont bel et bien hors la loi. Beaucoup plus grave, l’attitude de leur « patronne » la conseillère d’Etat Madame Anne Emery Torracinta ! Car enfin, c’est bien elle qui en porte la responsabilité et pourtant, elle persiste à fermer les yeux et à laisser ses troupes dans l’inégalité.

De quel droit s’autorise-t-elle à bafouer ainsi nos institutions ? Jusqu’à quand le Conseil d’Etat ainsi que les députés que nous avons élus vont-ils encore tolérer cette situation tout simplement scandaleuse ?

Pour mémoire: Genève, quelle République?

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12/09/2017

Le DIP s’invite à la table d’Hannibal Lecter

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Selon la TdG de ce lundi 11 septembre, « Genève veut être une référence ». Décidément, c’est une habitude au Département de l’instruction publique… c’est que, comme tous les présidents précédents, il faut marquer son territoire d’une manière ou d’une autre.

Après la mise en place du Cycle d’orientation par André Chavanne, on a eu droit à Dominique Föllmi et son projet de rénovation de l’école primaire. Ce dernier n’a pas eu le temps de le mettre en place, c’est Martine Brunschwig Graf, probablement naïvement attirée  par le chant des sirènes pédagogistes, qui a repris le flambeau en lançant cette trop fameuse  Rénovation de l’école primaire. Charles Beer, ensuite, a voulu parachever l’œuvre de destruction en instaurant des cycles d’apprentissage de 4 ans et, dans la lancée, supprimer  l’évaluation chiffrée. Il s’y est cassé les dents…

Autant de moyens de marquer son territoire, Anne Emery Torracinta ne déroge pas à la règle. Après l’école inclusive, il faut maintenant "faire de l’enseignement numérique une priorité". Et comme sa collègue vaudoise, Cesla Amarelle met les bouchées doubles, il serait inacceptable qu’AET  la laisse prendre le large ; elle engage donc une course contre la montre…

Tant d’études scientifiques démontrent pourtant  les nombreux méfaits auxquels sont soumis les enfants lorsqu’ils sont confrontés trop tôt aux écrans des appareils numériques. Et comme si, à la maison, ces enfants n’étaient pas assez souvent devant un ordinateur ou une tablette, il faut maintenant augmenter la dose à l’école !  Au diable les risques encourus !

Laissons donc nos jeunes enfants se lobotomiser tranquillement.

Après avoir déjà équipé treize écoles primaires de tablettes, on va encore accentuer « la culture numérique » de ces jeunes et généraliser le processus à l’ensemble des écoles primaires du canton. Pensez donc, on vise haut : « Savoir utiliser l’outil ne suffit pas, il faut aussi comprendre comment il fonctionne ».

Mais bien sûr…on n’a pas mieux à faire au primaire ! Et peu importe l’aspect financier que cette nouvelle  « genevoiserie » implique… achat de matériel pour plusieurs millions, postes largement rémunérés à créer…

Tiens, à moins qu’elle n’y soit pas soumise comme tout citoyen, voilà qui pourrait permettre à Madame AET de faire enfin respecter la loi …en obligeant les directeurs d’établissement primaire à prendre en charge cet enseignement  de l’informatique. Car, est-il besoin de le rappeler, lors de cette rentrée 2017 des classes, la plupart d’entre eux continuent à ne pas se soumettre à l’article de loi qui les oblige à consacrer une partie de leur temps à de l’enseignement.

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01/08/2017

Guillaume Tell, le Père Noël et le petit Jésus

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Je devais avoir 9 ou 10 ans. Pour les vacances d’été, mes parents avaient loué un chalet à Champéry.

J’avais lié d’amitié avec le fils du paysan voisin, un rude gaillard d’au moins 12 ans ! Ce genre de « type » à qui on ne la fait pas…

Nos journées s’écoulaient, remplies de tous ces jeux en plein air dictés par l’insouciance de l’enfance.

 

Et voilà qu’un beau jour, pour je ne sais plus quelle raison, mon ami me demande subitement :

  • Le Père Noël, tu y crois encore ?

Bigre, il me prenait pour un sot…quand même, à mon âge !

  • Ben non, ça va pas, lui ai-je répondu.

Mais l’affaire se corsa…

  • C’est comme le p’tit Jésus, tu y crois plus non plus, j’espère.

Tétanisé ! Horrifié ! Voilà que ce « grand » me révélait LA Vérité ! Le Petit Jésus, c’était un mensonge savamment entretenu par mes parents, comme celui du Père Noël quand j’étais un peu plus jeune !

Il fallait sauver la face, je m’entends encore lui dire :

  • Ben, non, tu penses bien, c’est des histoires pour les bébés tout ça.

Ouf, l’honneur était sauf.

Voilà qu’aujourd’hui, en cette soirée du 1er août 2017, j’apprends via le mur facebook de Madame Ada Marra que :

« La Suisse n’existe pas. Ce sont les gens qui y habitent qui existent. Avec des idées et des opinions différentes. Avec des combats et des orientations différentes. Avec des priorités et des soucis différents.

L’histoire suisse, comme toutes les histoires des pays du monde est faite de mythe et de récit national (sic). Moi, je sais que Guillaume Tell n’a jamais existé. Et que le pacte de 1291 n’en est qu’un parmi d’autre et à un moment de l’histoire. Il a été adopté comme un point de repère »…

Mazette, nom d’un chien ! Alors, Guillaume Tell, Winkelried et tous les autres…eux aussi ! Je me suis encore fait avoir ? A mon âge !

Et puis…nom d’une pipe…si mon gaillard de Champéry, celui à qui on ne la faisait pas, était pour finir dans le vrai !?

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26/07/2017

Six raisons qui expliquent le burn-out des profs

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Jean Romain réagit à un article paru récemment dans la presse genevoise :

 

Jean Romain, député, écrivain

On apprend que cinq ans après la fin de leurs études, entre 20 et 30% des nouveaux maîtres d’école ont déjà quitté le métier. Ils ne le supportent plus, et le rêve initial s’est transformé en cauchemar. Pour les soutenir, leur association faîtière propose de mettre en place un système de mentorat, avec des tuteurs formés et rémunérés. Il s’agirait au fond de soutenir les jeunes collègues pour leur permettre de passer ce mauvais tournant. Mais la mesure n’est pas très intelligente car le mal vient de plus loin. Il n’est pas seulement dû à une faiblesse momentanée.

C’est que le métier de professeur a changé du tout au tout en vingt-cinq ans.

D’abord, il ne s’agit plus de transmettre un savoir ni de se faire le passeur de l’héritage culturel, mais d’animer les classes. Aux exercices répétitifs, on a préféré les activités; au travail, le jeu; à la règle, l’option. Le mode «cool» est branché en permanence sur l’école, qui est devenue une sorte de gardiennage dans lequel le prof est réduit à tenter de maintenir un ordre sans cesse vacillant. Peu soutenue par sa hiérarchie, son autorité est partout contestée: par ses élèves (ce qui est de bonne guerre), mais également par les parents, qui entendent participer à la cogestion des cours, reformuler les barèmes, s’exprimer sur le contenu et la méthode; par les directions enfin, qui ne défendent plus leurs maîtres et les laissent seuls exposés à la critique externe. Les directions ne font plus leur travail de soutien.

Ensuite, l’enseignement est un art, et ceux qui sont incapables de l’exercer en ont fait une science. Un des facteurs centraux de la péjoration du métier provient directement des HEP et de l’IUFE, carcans idéologiques et passablement indigents, qui se prétendent les garants des «sciences de l’éducation». Moins longtemps les futurs enseignants seront exposés à cette idéologie désastreuse de «l’élève au centre», mieux ils se porteront.

De plus, la difficulté éducative que rencontrent bien des parents, le laxisme ambiant, le désarroi, l’interrogation permanente sur les valeurs à promouvoir les ont poussés à demander à l’école de faire ce qu’elle n’a pas vocation de faire au premier chef: éduquer. L’école doit instruire, l’éducation est d’abord l’affaire des familles. Ce glissement progressif de l’instruction vers l’éducation a transformé le professeur en éducateur, ce qu’il n’est pas, et ce qu’il ne veut pas être. Et le stress est démultiplié.

En outre, la dévalorisation sociale des professeurs (des fonctionnaires planqués qui ont trop de vacances) a fait de ce métier un métier trop exposé à toutes les critiques. Le professeur, ordinaire serviteur de l’Etat républicain, est devenu celui qui doit mettre de bonnes notes parce que le droit aux études est devenu un droit aux résultats. Et la pression sur lui est énorme, pression parentale mais aussi pression hiérarchique.

A cela s’ajoute l’inflation bureaucratique qui a transformé le métier. L’Etat a tellement peur des recours, des plaintes et des réactions diverses qu’il se blinde; et les profs doivent sans cesse remplir des formulaires, justifier par écrit leurs moindres démarches, écrire des lettres, faire des statistiques, qui s’ajoutent à la réunionnite, aux animations diverses, aux sorties infinies, aux préparations festives, pour rendre l’école ludique.

Enfin, l’école est l’objet de toutes les réformes, en rafales. Les nouveautés à peine intégrées sont rendues obsolètes par de nouvelles réformes absurdes, et cette danse incessante contribue à l’instabilité du métier.

Dans ce contexte, le métier a changé de nature, et l’appui d’un collègue chevronné ne suffit pas à refonder une stabilité scolaire. Avec l’autorité à l’école en déliquescence, c’est l’autorité de l’école qui s’efface. Il ne s’agit pas de revenir à l’école traditionnelle ni de remettre au goût du jour des recettes de grand-papa; il s’agit de prendre un nouveau départ mais sur de tout autres bases que celles en vigueur aujourd’hui. Il s’agit de refaire l’école.

 

Pour rappel, je n'accepte de publier que les commentaires dont l'auteur m'est connu.

Pour ce faire, chacun peut continuer à utiliser le pseudo qui lui plaît mais, j'exige que l'adresse email utilisée soit correcte et je demande au commentateur de me communiquer son nom et son adresse via mon adresse e-mail.

De cette manière, le commentateur reste anonyme pour les lecteurs et je suis seul à connaître son identité. De mon côté, je m'engage bien évidemment à préserver et à respecter cet anonymat.

 

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07/06/2017

Bref aperçu des âges de la vie

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Le papier détaillé que Jean-Louis Kuffer consacre au livre de mon frère «Bref aperçu des âges de la vie» sur son excellent blog littéraire, repris en France par Mediapart. Le livre est partout en librairie.

 

 

JEAN-LOUIS KUFFER

Chroniques de La Désirade (9)

À propos d'un livre amical proposant un Bref aperçu des âges de la vie. Où Jean-François Duval prouve qu'on peut être philosophe en méditant assis devant son chien, un couteau à pamplemousse ou sa vieille mère peinant à nouer ses lacets...

Jean-Francois Duval est à la fois un jeune fou et un vieux Monsieur posé, un enfant couratant en tous sens et le penseur de Rodin, un auto-stoppeur de tous les âges, l'homme de Cro-Magnon et le gérontonaute du futur - mais qui est au fond ce type qui ose dire JE et ne fait à vrai dire que ça sans s'exhiber pour autant devant sa webcam: plus discret, plus pudiquement réservé, plus débonnairement délicat ne se trouve pas souvent chez un JE qui n'est autre que notre NOUS multiface. Je suis donc nous sommes, pense en somme Jean-Francois Duval, et tous nos MOI volent en éclats après autant de mues, à travers les âges, pour se reconnaître dans cette universelle fiction verbale du JE. Au commencement était le verbe: JE suis donc Je pense donc j'écris, etc.

Marcel Proust a fait l'inventaire pléthorique, dans sa Recherche du temps perdu, des multiples MOI de son Narrateur (l'un de ses MOI et plus encore), et de leurs transformations à travers les années et les circonstances, de leur effacement occasionnel ou de leur réapparition fortuite sous un effet non moins imprévu (le coup de la madeleine ou du pavé inégal), mais le JE qui gribouille ses cahiers est unique par sa voix et son ton, comme est unique la voix du rabbi juif Ieshoua (dixit André Chouraqui) ou le ton du poète beatnik Charles Bukowski.

D'une façon analogue, mais avec un grain de sel de modestie narquoise, quelque part entre le pédagogue humoriste Roorda et le pédéraste ironiste Oscar Wilde, le compère Duval regroupe ses MOI et les nôtres pour leur faire danser le madison, cette danse en ligne des sixties en laquelle il voit une sorte d'image du collectivisme bien tempéré, notant au passage que l'amer Michel Houellebecq gagnerait peut-être à s'y mettre. Bref, le JE du meilleur ami de sa chienne mène la danse et nos MOI fusionnent dans le temps en hologramme palimpsestueux...

Comme le précise Wikipedia, Jean-Francois Duval, auteur d'une dizaine de livres, a longtemps disposé de ce sésame qu'est une carte de presse, qui lui a permis de rencontrer quelques grands écrivains et autres clochards dont il a documenté la vie quotidienne. C'est à ce titre sans doute qu'il a rencontré Alexandre Jollien, qui le gratifie ici d'une préface très fraternelle.

Or c'est avec le même passe-passe qu'un jour, rencontrant moi aussi Jollien après la parution de son premier livre, je vécus cet épisode qui pourrait être du pur Duval. À savoir que, ce jour-là, après que le fameux Alexandre se fut pointé à notre rendez vous à bord d'une espèce de grand tricycle, et nous trouvant à la porte de son bureau, il me pria d'insérer à sa place la clef dans la serrure pour pallier sa maladresse d’handicapé – après quoi le philosophe, tel un albatros désempêtré de son grand corps patapouf, s'envolait sur les ailes de la pensée de Boèce !

J'ai fait allusion à la chienne de Duval, qui est elle-même une question philosophique sur pattes, mais une anecdote encore à propos de Jollien, en promenade avec son ami au parc Mon-Repos de Lausanne dont les volières jouxtent un bassin à poissons rouges. Alors Alexandre à Jean-François : "Plutôt oiseau où poisson ?" Et Jean-François: plutôt oiseau, avec des ailes pour gagner le ciel. Mais Alexandre : plutôt poisson, pour échapper aux barreaux...

Ainsi ce Bref aperçu des âges de la vie fait-il valoir de multiples points de vue qui, souvent, se relativisent les uns les autres sans forcément s'annuler, et c'est là que l'âge aussi joue sa partie.

Puisant ses éléments de sagesse un peu partout, Duval emprunte à Jean-Luc Godard, rencontré à Rolle au milieu de ses géraniums, l'idée selon laquelle les âges les plus réels de la vie sont la jeunesse et la vieillesse. Georges Simenon pensait lui aussi que l'essentiel d'une vie se grave dans les premières années, et à ce propos l'on retrouve, dans le livre de Duval, le charme et la totale liberté de parole des dictées du vieux romancier. Pour autant, Duval se garde d'idéaliser l'enfance ou l'âge de la retraite (ce seul mot d'ailleurs le fait rugir), pas plus que le familier des beatniks n'exalte les années 60 en général ou mai 68 en particulier.

Philosophiquement, au sens non académique en dépit de ses multiples allusions à Spinoza ou Sartre, Wittgenstein ou Camus, entre autres, Jean-Francois Duval s'inscrit à la fois dans la tradition des stoïciens à la Sénèque ou des voyageurs casaniers à la Montaigne, et plus encore dans la filiation des penseurs-poètes américains à la Thoreau, Emerson ou Whitman, avec une propension de conteur humoriste à la Chesterton ou à la Buzzati, toutes proportions gardées.

À cet égard, Duval ne pose jamais ni ne cherche à en imposer. Un pédant le raccordera peut-être à l'empirio-criticisme pour sa façon de découvrir l'essence de l'esprit critique dans le couteau courbe à pamplemousse, mais il n'en demande pas tant, et sa façon de constater la disparition du sentiment sartro-camusien de l'Absurde relève de l'observation non dogmatique.

À juste titre aussi, Duval constate l'augmentation de la presbytie liée à l'âge, qui nous fait trouver plus courts les siècles séparant les fresques de Lascaux des inscriptions numériques de la Silicon Valley, et plus dense chaque instant vécu. Rêvant de son père, le fils décline franchement l'offre de poursuivre avec celui-ci une conversation sempiternelle dans un hypothétique au-delà, en somme content de ce qui a été échangé durant une vie ou le non-dit voire le secret gardent leur légitimité; et ses visites à sa mère nonagénaire ne sont pas moins émouvantes, mais sans pathos, même s’il se sait exclu du bal des clones futurs.

Un bon livre est, entre autres, une cabane où se réfugier des pluies acides et des emmerdeurs furieusement décidés à sauver le monde. Du moins Jean François Duval est-il un compère généreux, qui parie pour la bonne volonté pragmatique de nouvelles générations se rappelant plus ou moins les lendemains qui déchantent de diverses utopies meurtrières, sans cynisme pour autant.

Dans ses observations de vieux youngster, Jean- François Duval constate que la marche distingue l'adulte de l'enfant (et du jogger ou du battant courant au bureau), de même que la station assise caractérise le penseur et son chien, tandis que le noble cheval dort debout dans la nuit pensive. Or la fantaisie n'est pas exclue de la vie du sage, que sa tondeuse à gazon mécanique emporte au-dessus des pelouses tel un ange de Chagall. Alexandre Vialatte dirait que c'est ainsi qu'Allah est grand, alors que dans sa préface Jollien souligne le bon usage de tous nos défauts (inconséquence et paresse comprises) dans notre effort quotidien de bien faire, rappelant l'exclamation de Whitman et la bonne fortune de chacun: "Un matin de gloire à ma fenêtre me satisfait davantage que tous les livres de métaphysique !"

Jean François Duval, Bref aperçu des âges de la vie. Préface d’Alexandre Jollien. Michalon, 240 p. 2017.


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12/05/2017

Les âges de la vie

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Bel accueil parisien pour le nouveau livre de mon frère, à propos duquel le mensuel Philosophie Magazine écrit :

 

Bref Aperçu des âges de la vie (Michalon), de Jean-François Duval, est une méditation superbe sur la fugacité de nos vies. «S’il fallait reconstruire l’humanité, ne comptez pas sur moi», confesse l’auteur. Grand amateur d’autostop et de la Beat Generation, il su téter à la mamelle le lait de l’incertitude (à moins que ce ne soit à un alcool fort ?). Mécréant, il écrit : «Nous prions jour et nuit sans le savoir, mais nous ne nous reconnaissons pas dans nos prières», car «le réel auquel elles renvoient n’est pas religieux mais poétique.» La poésie, planche de salut pour traverser le chaos ?

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15/03/2017

Mais jusqu’où iront-ils ?

 

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Le TF déboute les directeurs d'école primaire

 

 On se souvient qu’après avoir fermement contesté l’article 59 de la loi qui leur impose de consacrer une partie de leur temps à l’enseignement, les directeurs d’établissement primaire, via leur association, l’AGDEP, avaient usé de tous les moyens possibles pour échapper à leur obligation.

Déboutés par la Cour constitutionnelle l’AGEP, en désespoir de cause, avait encore fait recours auprès du Tribunal Fédéral. A tort, les directeurs argumentaient que le vote du GC avait été fait sans même les avoir entendus en commission. On attendait donc avec impatience la décision du TF…

Elle est tombée dans un arrêt du 8 mars, relayée dans l’article du « Courrier », paru le 15 mars. On y apprend, qu’une fois de plus, l’AGDEP a été déboutée par le TF !

On aurait pu alors penser qu’il s’agissait là du dernier épisode de ce mauvais feuilleton… Que nenni, c’était oublier que le ridicule ne tue pas.

En effet, Maître Jordan, l’avocat de l’AGDEP, nous informe que l’association examinera l’opportunité de saisir la juridiction supérieure, c’est-à-dire la Cour européenne des droits de l’homme.

Allo quoi ! On croit rêver…Est-ce à la cour européenne des droits de l’homme de dire quel est le cahier des charges des directeurs primaires genevois ? Allons donc, soyons sérieux.

A noter que, selon Le Courrier, l’affaire n’est pas close « puisqu’une trentaine de directeurs, soit environ deux tiers d’entre eux, ont individuellement recouru contre la mise en œuvre de l’article controversé de la Loi sur l’instruction publique ». Le TF doit donc encore répondre individuellement à chacun d’eux….la teneur de la requête à titre individuel a beau légèrement différer, elle n’en est que l’hologramme de celle de leur association. On voit mal comment la décision du TF pourrait changer selon qu’il répond à l’association ou individuellement aux directeurs…à n’en pas douter, on connaît déjà la teneur de cette réponse…

Par ailleurs, selon Le Courrier, « depuis le début de l’année, le Département de l’instruction publique (DIP) oblige les directeurs à enseigner deux heures dans la semaine ». Que voilà une belle affirmation si ce n’est qu’elle n’est pas exacte !

En effet, si quelques directeurs se plient à la loi et passent un peu de leur temps à l’enseignement, il se trouve que ce n’est manifestement pas le cas de la totalité d’entre eux… loin de là ! (Article 20 minutes)

Jusqu’à quand Madame Anne Emery Torracinta supportera-t-elle cette situation illégale. Quand donc se résignera-t-elle à faire ce pourquoi elle a été élue au Conseil Exécutif, vous savez, cette instance qui est chargée de faire appliquer les lois votées par les députés du Conseil législatif.

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15/02/2017

Genève, quelle République ?

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Qu’est-ce que c’est que cette République genevoise ? Nous sommes censés vivre dans un Etat de droit…le peuple élit des personnalités auxquelles il devrait pouvoir faire confiance. Les députés du Grand Conseil forment donc le pouvoir législatif qui fait et vote les lois et les conseillers d’Etat représentent le pouvoir exécutif qui est chargé, lui, de faire respecter ces lois.

Au vu de l’article paru ce jour dans le journal 20 minutes, que je reproduis ci-dessous, il semble bien que l’on soit aujourd’hui bien loin de ce mode de fonctionnement…

On se retrouve dans une situation pour le moins stupéfiante avec des gens, la plupart des directeurs d’école primaire, qui tout simplement rechignent ouvertement à respecter la loi en vigueur et un DIP qui semble cautionner cette attitude, qui n’a pas l’air très motivé à jouer son rôle. A quoi bon, en effet, décréter que «Ils (les directeurs) doivent tenir à jour un tableau de leurs heures d’enseignement et le transmettre à la Direction Générale à échéance régulière, ceux qui ne le font pas s’exposent à des sanctions définissables au cas par cas.» si ce n’est pas appliqué dans les faits ? Il y a là vraiment de quoi se faire du souci face à une telle attitude de la part et du DIP et des directeurs. Comment encore croire à nos institutions ?

Désormais, c’est aux députés du Grand Conseil, ceux que nous avons élus, de réagir pour interpeller le Président du Conseil d’Etat afin que celui-ci joue son rôle et rappelle à Madame Anne Emery Torracinta qu’elle a le devoir de faire respecter la loi, même si celle-ci ne lui plaît pas.

20 minutes du mercredi 15 février :

Malgré la loi, des directeurs n'enseignent toujours pas

par Marine Guillain - Des dirlos d'école primaire rechignent à donner la leçon. Ils ne sont pourtant pas sanctionnés.

 «S’il s’agit de donner un coup de main par ci par là, je le faisais déjà avant, note un directeur. Mais s’il s’agit de donner deux heures de cours par semaine, je ne vois pas où on trouverait le temps et je pense que très peu de mes collègues le font.»

Depuis le 9 janvier, les chefs des établissements primaires du canton doivent s’acquitter de «missions d’enseignement et d’actions pédagogiques face aux élèves», à raison d’une à deux périodes par semaine. Il peut s’agir de cours, devoirs surveillés, soutien pédagogique ou remplacement de profs absents. Cette loi a été votée en septembre 2015. L’association genevoise des directeurs d’établissements primaires (AGDEP) avait fait recours, allant jusqu’au Tribunal fédéral (TF). Celui-ci n’a pas encore tranché mais a rejeté l’effet suspensif.

Pourtant, selon nos informations, plusieurs responsables n’enseignent pas. Ceux que nous avons contactés éludent et renvoient au département de l’instruction publique (DIP). Comment vérifier si la loi est appliquée? «Ils doivent tenir à jour un tableau de leurs heures d’enseignement et le transmettre à la Direction Générale à échéance régulière, indique le DIP, qui est contre la mesure mais a promis d’appliquer la loi. Ceux qui ne le font pas s’exposent à des sanctions définissables au cas par cas.» Concernant les questions sur la nature de ces sanctions ou la fréquence de l’«échéance», la communication du département est restée très floue.

«Faire preuve de souplesse» tant que l’issue est incertaine

La décision du TF devrait tomber ces prochaines semaines, au plus tard ce printemps. «Dans l’intervalle, le DIP doit faire preuve de souplesse, car personne ne peut savoir aujourd’hui si cette obligation d’enseigner sera ou non validée», avancent Mes Thomas Barth et Romain Jordan, avocats de l’AGDEP. Le député Jean Romain (PLR) a voté la mesure car il estime que le contact régulier avec les jeunes élèves est important. Il ne déplore cependant pas le flou qui règne actuellement: «Tant que la justice n’a pas tranché, le DIP ne sait pas trop sur quel pied danser», dit-il.

Déjà assez à faire

L’AGDEP juge que les responsables d’établissements ont un cahier des charges bien assez lourd et que leur rôle n’est pas de donner des cours. Chacun gère entre 500 et 800 élèves. «Si le Tribunal fédéral tranche, on enseignera, assure la présidente Daniela Capolarello. Pour l’instant, l’association essaie de défendre ce qu’elle pense être le plus juste.» La société pédagogique aussi s’est opposée à la loi.

 

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06/02/2017

Mélenchon Président ?!

mélenchon.jpgJ’ai écouté le discours qu’a tenu Jean-Luc Mélenchon hier à Lyon !

Le personnage est de toute évidence un show man de grande qualité. Il est, me semble-t-il, contrairement à la plupart de ses adversaires, d’une sincérité remarquable. Ses qualités d’orateur sont indéniables. Point besoin de « nègre » pour lui rédiger son discours, quelques notes griffonnées sur une page A4 lui suffisent, son talent d’orateur, son franc-parlé font le reste pour captiver l’auditoire.

Je ne suis pas un adepte de tout son programme présidentiel mais je dois avouer que je le rejoins sur plusieurs points qui ne sont pas de la moindre importance. Son point de vue écologique par exemple me plaît.

Mais ce qui m’a interpellé hier, ce sont les propos qu’il a tenus sur la question de la formation des professeurs.

 « On a besoin de professeurs ! Quand j’étais jeune-homme, on allait, quand on avait pas trop de sous et qu’on voulait faire une carrière, et qu’on était « doué » pour les études, on allait souvent à l’Ecole Normale. On y allait après 16 ans et on recevait un salaire, tant et si bien que les instituteurs et les institutrices de l’époque ressemblaient au milieu social des gens qu’ils accueillaient, des enfants qu’ils accueillaient. Tandis que quand on est avec une exigence d’avoir bac +5 pour pouvoir devenir professeur, eh bien, je sais une chose : c’est qu’il faut que les familles aient les moyens de consacrer une part importante de revenu à faire vivre un jeune jusqu’à bac +5 pour pouvoir devenir professeur !

Je vous propose de recommencer le système de pré-recrutement pour des jeunes de 16/17 ans ! Nous leur verserons un salaire et ils devront 10 ans de service à la Patrie, dans les écoles qui leur seront désignées ensuite. Et alors, ils auront la même couleur, la même allure que le peuple lui-même tout entier » !

 Une idée pleine de bon sens...

En 2012 j’écrivais, notamment, dans mon billet « UDC, : un apprentissage d’instit »

Oui, il fut un temps où les futurs instituteurs étaient bien formés!

Ça portait un nom: Études pédagogiques, École Normale en Valais.

Études pédagogiques qui répondaient en grande partie aux attentes dont se réclame aujourd'hui l'UDC.

Elles se faisaient en trois ans. Non seulement, elles savaient équilibrer connaissances pratiques et théoriques mais permettaient à tout un chacun, quel que soit son milieu social, de les suivre. En effet, durant leurs études, les étudiants touchaient alors un salaire modeste qui leur permettait de subvenir à leurs besoins.

Il suffisait d'avoir sa maturité en poche.

Jugez plutôt.

1ère année

- 50% de cours didactiques sur toutes les disciplines que le futur instituteur était appelé à enseigner...français, math, géographie, histoire, gymnastique, dessin, travaux manuels, chant, et même "écriture au tableau noir"(!), etc.

- 50% de remplacements à plein temps, avec prise en charge à 100% de la classe qui lui était confiée. Remplacements (souvent de longue durée) assortis de contrôles inopinés et fréquents effectués par une équipe d'inspecteurs en charge de rendre un jugement, le tout suivi d'un rapport écrit à signer par le candidat.

 2ème année

Un important et nécessaire apport théorique qui consistait en une année universitaire en sciences de l'éducation et l'obtention d'une demi-licence.

Le calendrier universitaire de l'époque laissait de nombreuses semaines "libres". Qu'à cela ne tienne, durant l'absence de cours, les candidats aux études pédagogiques devaient alors se tenir à disposition du "Service des remplacements" qui se chargeait de meubler ce temps libre.

 3ème année

50% apprentissage des "techniques d'enseignement". Sous le contrôle d'instituteurs formateurs chevronnés, les candidats étaient mis en situation réelle, face aux élèves d'une classe, et s'entraînaient à donner des leçons dans toutes les disciplines enseignées au primaire. S'en suivaient critiques et conseils.

50% stages de trois semaines dans une classe sous le contrôle de l'enseignant titulaire. Stages qui consistaient en

- une première semaine d'observation (enseignement du titulaire),

- une deuxième en collaboration avec le maître(50% d'enseignement pour l'un et l'autre) qui, bien sûr, prodiguait tous les conseils utiles.

- Une troisième semaine avec prise en charge totale à 100% de la classe (enseignement, corrections, évaluation, entretiens avec les parents, etc.)

S'en suivait le rapport de stage que le maître titulaire rédigeait alors.

 

Mais voilà...depuis cette époque, bien de l'eau a coulé sous les ponts et bien des décideurs se sont succédé...

J'entends déjà certains hurler au retour à la formation de grand-papa!

Qu'à cela ne tienne, comme Mélenchon aujourd’hui, je persiste et signe...une formation efficace et pleine de bon sens ! Nos politiciens feraient bien d’y penser avant qu’il ne soit trop tard.

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04/02/2017

Je l’ai échappé belle

hôpital.jpg

- Ho Cyprien, quoi de neuf ?

- Ben, ça va, je me remets gentiment…

- Quoi, qu’est-ce qui t’est encore arrivé ?

- T’as pas su ? J’ai un peu décon….

- Non, je sais rien, raconte !

- Cet automne, j’ai vu qu’au mayen, y avait une tuile qui s’était déplacée sur le toit du mazot…

- Aie, je la sens mal ton histoire

- Heu, oui, pas faux. Tu vois, j’ai installé l’échelle pour accéder au faîte du toit. Une fois le boulot terminé, au moment où je m’apprêtais à redescendre, voilà que l’échelle a glissé, basculé, je me suis payé une lourde chute d’environ trois ou quatre mètres !

- Et ?

- A moitié KO ! J’arrivais plus à respirer, des douleurs partout.

- Punaise, t’as fait quoi alors ?

- Heureusement que j’étais accompagné, je sais pas comment, j’ai pu me traîner jusqu’à la voiture…

- Mais ? T’es cinglé, il fallait appeler l’hélico, c’est super dangereux de bouger après une chute pareille.

- Rétrospectivement, oui, je m’en rends bien compte. Bref, je t’explique pas le trajet jusqu’aux urgences de l’hôpital de Sion…l’horreur à chaque bosse, chaque virage.

- Mais t’avais quoi ?

- Ils m’ont extrait de la voiture, j'ai cru crever! Minerve, goutte à goutte, scanner, la totale… verdict, huit côtes fracturées ainsi que l’omoplate et deux vertèbres fissurées…un peu plus c’était la petite chaise !

- Quelle horreur, les côtes, il paraît que c’est hyper douloureux !

- Ouais, c’est pas mal. Il a fallu me mettre une péridurale pour anesthésier tout le torse, ainsi qu’un drain pour vider la poche d’eau qui s’était formée à la suite de la compression du poumon.

- Pfffff, j’ose pas imaginer. Et, du coup, tu es resté combien de temps à l’hosto ?

- Onze jours. Je dois dire qu’ils se sont vraiment bien occupés de moi. Bon, comme dans tous les hôpitaux, une fois que tu n’es plus aux soins intensifs, la chanson n’est plus la même…

- C’est à dire ?

- Ben, y a un manque de personnel. Tu dois très vite te débrouiller sans trop d’aide, c’est pas évident. Sur le moment, j’avoue que je me suis énervé quelques fois, mais bon, dans l’ensemble je peux pas me plaindre, ils ont été à la hauteur quand même.

- Heureusement que tu as une bonne assurance ! La facture a dû être salée.

- Onze jours d’hosto en pension complète avec tous les soins, trois scanners, des radios à n’en plus finir, les médocs, etc. Combien tu crois?

- Aie, je sais pas. A Genève, je pense que c’est un truc à quinze mille balles environ.

- Tu crois, autant que ça ! Parce que, en effet, j’ai été super étonné… 5500 francs tout compris !

- Quoi !!! Alors là, tu m’étonnes, c’est vraiment incroyable. Je comprends un peu mieux les différences de primes entre les cantons…

- Ouais ! La-dessus, t’as le temps ? On s’en jette un petit ?

 

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02/02/2017

Dur dur d’être Président de la République

François_Fillon_2010.jpg

 

Est-il possible d’être à la fois « honnête et propre » et Président de la République française ?

L’affaire Fillon, c’est le feuilleton à la mode, personne ne peut y échapper. Chaque jour qui passe amène son lot de nouvelles révélations toutes plus hallucinantes les unes que les autres…

Pourtant, rien de nouveau sous le soleil français.

 

Après le général de Gaulle, tous les présidents de la 5ème République, sans exception, élus ou en campagne, ont eu à faire face à des « affaires » plus ou moins louches qui se sont soldées par des non-lieux…ou pas.

Ainsi, Georges Pompidou s’est vu impliquer dans la sombre affaire du meurtre de Stefan Markovic, le garde du corps d’Alain Delon. Ce personnage organisait des soirées à tendances libertines auxquelles on a, à l’époque, laissé entendre que Claude Pompidou aurait participé…

On raconte que Valéry Giscard d’Estaing, alors premier ministre, aurait reçu pour un million de francs de diamants de Bokassa, président de la République centrafricaine.

On se souvient de l’affaire des écoutes téléphoniques de l’Elysée ordonnées par François Mitterand ainsi que de sa double vie qu’on a soigneusement cachée aux français.

Jacques Chirac, maire de Paris, à l’instar de François Fillon aujourd’hui, est accusé de quantité d’emplois fictifs qui lui ont valu une condamnation pour détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d’intérêts.

Plus près de nous, Nicolas Sarkozy n’est pas en reste, lui qui, à plusieurs reprises, est mis en examen : affaire Bygmalion, affaire Karachi, financements douteux de campagne présidentielle, etc.

 


Rien ne va plus dans cette République aux relents de pourriture. Des marionnettes aux airs angéliques sont capables aujourd’hui de vous prêcher le « plus blanc que blanc », on leur donnerait le bon-dieu sans confession... alors qu’en réalité ils ne sont que des manipulateurs assoiffés de pouvoir et d’argent !

Sont-ils donc tous du même acabit? Peut-on dire qu’en Suisse nous sommes bien mieux lotis ?

Je suis bien incapable de le dire, mais ce que je sais, c’est que, par principe, je me méfie de la politique dont les règles du jeu me semblent de plus en plus aléatoires, trompeuses et donc dangereuses.

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22/01/2017

Chou blanc

chou.jpg

On commence à le savoir. Dorénavant, les directeurs d’écoles primaires doivent respecter la loi en vigueur et donc enseigner. On aurait pu penser que, ayant épuisé tous les moyens à disposition pour y échapper, on en resterait là. C’était sans compter sur la dernière trouvaille…

Selon Madame Daniella Capolarello, présidente de L’association des directeurs d’établissements du primaire (AGDEP), «Il existe une iniquité avec les directeurs des écoles du secondaire, à qui on ne demande pas d’enseigner ».

Soit.

Elle semble pourtant oublier allégrement une toute petite chose...

Loin de moi l’idée d’un quelconque « téléguidage », mais il se trouve néanmoins qu’en fin d’année 2016, un projet de loi a été proposé au Grand Conseil par la voix du député Pierre Vanek… un projet qui aurait pu arranger les affaires de nos directeurs du primaire :

« La nouvelle LIP est entrée en force. A son Art. 59, elle stipule en ce qui concerne l’école primaire genevoise que « Les directeurs d’établissement consacrent une partie de leur temps de travail à l’enseignement ». Ce projet de loi, au nom de l’égalité de traitement, demande que tous les directeurs des degrés primaire, secondaire 1 et 2, et tertiaire B aient « le droit » d’en faire autant ».

On comprend bien la nuance….demander que TOUS les directeurs, tous ordres d’enseignement confondus, aient LE DROIT d’enseigner...et non l’obligation

On saisit facilement tout le loisir qu’ils auraient alors pu en tirer...

C’est assez finement tenté. Sauf que les députés de la commission de l’enseignement chargés d’étudier ce projet de loi ne se sont pas laissé berner.

C’est une nouvelle fois « chou blanc », la commission a refusé l’entrée en matière !

Je vous laisse prendre ici connaissance du rapport qui a été dressé par le député Jean Romain.

Rapport PL 11965-A

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