25/04/2009

Stratégie ? Oh que non, basse magouille de « trouillards ».

Nous y voilà ! La « stratégie » dévoilée par la FAMCO (Fédération des associations des maîtres du cycle d’orientation) dans la Tribune de Genève de ce samedi 25 avril est limpide. Elle corrobore d’ailleurs le commentaire que Monsieur Antoine Berstchy a laissé sur mon dernier billet. Je le dis et redis, tout cela relève de la basse magouille.

Pratiquement tous les partis politiques de la place ont en vérité très peur de laisser le peuple décider clairement du vrai choix qui se présente à lui.

La logique aurait voulu que les citoyens optent, une bonne fois pour toutes, pour le type d’école qu’ils veulent pour les adolescents de notre canton.

-          Veulent-ils d’un cycle qui permet à chacun de trouver, en fonction de ses capacités et ses aspirations, la voie qui lui convient le mieux ? Sans pour cela que l’orientation devienne forcément synonyme de sélection. Alors ils doivent voter l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente ».

-          Croient-ils que le fait de « mélanger » tous les élèves de niveaux scolaires différents est une source d’émulation et de réussite pour eux (hétérogénéité) ? Alors il leur faudra voter l’initiative 138 en septembre prochain.

C’est là le seul et réel enjeu. Nous n’avons pas besoin de la ratatouille insipide que le Conseil d’Etat aimerait nous faire avaler car elle ne solutionne absolument rien.

Au lieu de permettre aux citoyens de s’exprimer très clairement, les politiciens ont préféré en effet «se la jouer trouillards » Ainsi, ces magouilleurs (les mêmes que ceux qui ont été démasqués et confondus par le Tribunal Administratif en novembre dernier), sous prétexte de consensus, ont concocté un « machin » hybride, un mixte des deux visions que propose chacune des initiatives, un « bidouillage » mou qui, en fait, ne fait que reproduire la situation du cycle d’orientation actuel.

La stagnation quoi !

La FAMCO ainsi qu’une certaine Gauche l’a bien compris en soutenant (pour le moment encore) bien évidemment ce contre-projet qui s’apparente nettement à l’IN 138 et son hétérogénéité. Il s’agit là simplement d’une solution qui fait office d’antichambre à l’initiative 138.

Madame Bichsel l’exprime parfaitement lorsqu’elle écrit dans un commentaire précédent:

« …le contreprojet contient insidieusement déjà tous les ingrédients de l'initiative 138. S'il passe le 17 mai, il suffira de faire sauter le dernier verrou ».

Les citoyens sont pris en otage ; se laisseront-ils encore berner lors de la votation du 17 mai ?

 

 

 

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Commentaires

Le plus comique, c'est l'argument des deux écoles supplémentaires que l'IN 134 nécessiterait...

Or c'est faux, à l'évidence : six filières ne supposent pas plus d'élèves que trois.

Un litre dans six verres, ça ne fait pas fait plus d'eau que dans trois verres !

Ce genre d'argument ne marche que quand on prend les gens pour des imbéciles.

Au fond, quel aveu !

Écrit par : yves scheller | 25/04/2009

Je prend le sujet au vol parce que je viens de remplir mon bulletin de vote.

On pourrait en discuter pendant des heures (ou des pages), mais un critère determinant m'a fait opter pour l'initiative: C'est la seule option qui maintient des notes coercitives pour le comportement !

Et ca parait finalement tellement evident, quel est le role de l'ecole sinon que de preparer nos enfants a la vie proffesionelle et sociale ? Qui pourrait me dire en face que au dela des capacité dans les differentes branches scolaires, que le comportement (entendez un minimum de savoir vivre) ne joue aucun role dans l'integration sociale et proffesionelles ?

A la bonne heure.

K

Écrit par : Kultivator | 25/04/2009

"C'est la seule option qui maintient des notes coercitives pour le comportement !"

Exact! Les enseignants qui interviennent ici pourraient sans doute témoigner de comment a évolué le comportement des élèves après la suppression des notes de comportement: un mieux, rien de changé ou une détérioration?

Merci de nous informer de votre vécu!

J'imagine que les notes sont utiles pour faire respecter des limites et que les pédagogos vont crier que les chers petits sont traumatisés par ces notes...

Écrit par : Johann | 25/04/2009

@ Johann

Pour témoigner ici sur un vécu enseignant de 30 ans, les choses ne se sont pas améliorées depuis la disparition de la note de comportement. Mais peut-être la disparition de cette note n'est-elle pas seule en cause.

Non que les élèves soient subitement entrés en émeute depuis cette suppression. C'est plus compliqué.

Ce qui a profondément changé, c'est le cadre, et partant le cadrage, des ados à la maison. Maint parent se réfugie derrière l'argument fallacieux du "maintenant tu es autonome" parce que leur enfant est juste pubère - et parce qu'au fond ils ont envie de passer à autre chose, ayant par ailleurs de plus en plus à faire notamment au travail, dont les conditions ne se sont pas améliorées. D'autres parents quant à eux ne maîtrisent plus rien.

Etant donné qu'en réalité les ados, loin d'être automatiquement de petits génies, sont en réalité des êtres pas encore parvenus à la maturité, on aboutit à ce que j'appelle des enfants abandonnés. Mais quand ils sont grands, cet abandon se voit moins parce qu'ils donnent habilement le change.

Je le dis sans prévention particulière contre les parents, je suis parent aussi, et je sais qu'il est souvent très difficile de contrôler la marge de liberté que les ados s'octroient très volontiers, à presque n'importe quel prix, pour mieux s'intégrer au groupe, ce qui est très important pour eux. Beaucoup de mes élèves n'informent jamais leurs parents sur les travaux qu'ils ont fait à l'école, par exemple. J'ai même entendu des parents me dire que pour savoir où en était leur enfant, ils allaient fouiller son sac quand il n'était pas là... La chute de l'autorité parentale est parfois vertigineuse. Conversement, la montée en puissance de l'autonomie des ados, renforcée par l'usage du natel par exemple, est devenue extrême. Or cette autonomie-là n'est pas une bonne chose, parce qu'en réalité ils ne sont pas en mesure de l'assumer. Ils sont souvent la proie du marché.

Alors pourquoi rétablir la note de comportement ? On nous critique en nous disant qu'elle ne suffira pas à calmer les élèves très difficiles, et c'est sans doute vrai. Mais nous y croyons parce qu'elle permettra de calmer tous les autres, les plus nombreux, qui se laissent d'autant mieux entraîner que les fortes têtes sont héroïsées (c'est pour éviter ce phénomène que nous introduisons par ailleurs, dans les classes relais qui existent depuis longtemps, l'"exil" provisoire des fauteurs de troubles dans un autre bâtiment où il leur sera plus difficile de jouer aux gros bras).

La note de comportement est un élément du rétablissement urgent d'un cadre. C'est une partie de la philosophie de notre initiative. Ce n'est pas une panacée garantie sur facture, certes, mais un élément permettant aux parents d'avoir un meilleur contrôle, et un contrôle plus rapide, sur ce qui se passe. Pour les élèves aussi.

Aucun travail réel ne peut être accompli sans un minimum de discipline. Ce n'est ni une idée de droite, ni une idée de gauche : c'est une réalité prosaïque qu'on peut constater chaque jour.

Écrit par : yves scheller | 26/04/2009

@ Johann
@ yves scheller

Oui, la note de comportement fait partie d'un tout...
Sa suppression a coïncidé avec les nouvelles normes de promotion du CO au PO de 2001 , qui sont totalement laxistes...

On voit aujourd'hui arriver au Collège des élèves, qui ont 2,8 de maths, 3,1 d'allemand...
et un comportement en adéquation... ils ne travaillent absolument pas.

Ils perdent leur temps et empêchent d'autres de travailler. Tous les maîtres du Collège s'en plaignent. J'ai personnellement vu cette baisse massive du niveau d'entrée au Collège depuis 5 ans.

Écrit par : René | 26/04/2009

La note de comportement constituera un PREMIER PAS en direction d'un CADRE plus strict à l'Ecole. 30 ans d'enseignement m'ont montré que le laxisme qui a pris le dessus dans notre société, à la maison et puis à l'école n'aident pas nos jeunes à s'orienter dans un environnement dans lequel il devient de plus en plus difficile de trouver des repères.
Un jeune, a besoin d'être "guidé" et il l'accepte en général volontiers quand il sait qu'il n'a pas le choix ! Car c'est cela le problème, on fait croire à nos jeunes qu'ils auront toujours le choix, à n'importe quel moment, dans n'importe quelle situation. Mais c'est faux et le prétendre malhonnête de notre part!
Celui qui aura le plus de choix dans sa vie, c'est celui qui aura été le plus cadré dans sa jeunesse et par ce biais acquis un maximum de connaissance et pourra ainsi effectuer un vrai choix.

Je vous rappelle qu'une note de comportement insuffisante au CEPTA était en tout cas jusqu'à il y a 2-3 ans (acteullement je ne sais si cela a changé) éliminatoire.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 26/04/2009

Bonjour à tous,

Je rejoins exactement tout ce qui a été dit plus haut ! Et j'aimerai faire un parallèle concernant l'autonomie et le cadre nécessaire pour l'obtenir !

Ce resenti quant au laxisme grandissant est partagé par de nombreuses personnes de mon entourage.

La fameuse "autonomie" des élèves prônée par l'école primaire est un piège, que je tiens à rappeller ici, dont nous sommes en tant que parents constatmment abreuvé jusqu'à l'écoeurement !

J'entends par là que, selon l'école primaire actuelle, l'enfant doit s'autonomiser à tous prix dès son plus jeune âge ( ce qui n'est pas un mal en soi ) MAIS avec très peu de soutien ni cadre précis et surtout des objectifs parfois irréalisables même pour des enfants plus âgés.

Je l'ai constaté avec mes propres enfants, lâchés en classe seul ou par groupe pour réaliser leurs travaux de la semaine, qui doivent se prendre en charge eux-même et s'ils n'y parviennent pas, tout de suite les grandes phrases tel un couperet tombent :

- votre enfant n'est pas autonome (!), car il ne va pas de lui-même, avec bonne volonté, chercher d'autres feuilles pour continuer son travail et préfère jouer... ( à noter aussi que les élèves peuvent se lever de leur place quasiment à volonté )
A ce stade, il ne faut surtout pas oublier le non moins famuex "chacun son rythme" , petit frère de "autonomie" !

Le "chacun son rythme" est une idéologie qui, à mon avis et d'après ce que j'ai pu constater avec mes enfants, est très pernicieuse aussi.

Ainsi, un enfant qui avance à "son rythme" mais que ce rythme justement est très lent, arrive en fin d'année avec des lacunes passées inaperçues et même entretenues et cautionnées !!! ( par contre, l'aveux est difficile si les parents le font remarquer...)

Toutes ces belles utopies qui devraient permettre de donner "l'égalité des chances" à chaque élèves...
Avec des cadres aussi flous, de moins en moins de devoirs, etc, j'en doute !!

Écrit par : kali | 26/04/2009

Merci pour tous ces commentaires précis et pertinents.

"Aucun travail réel ne peut être accompli sans un minimum de discipline. Ce n'est ni une idée de droite, ni une idée de gauche : c'est une réalité prosaïque qu'on peut constater chaque jour."

D'accord à 200%, seulement le bon sens est ce qui se fait de plus rare en ce moment.

Qui éduque les enfants actuellement?

La tv, l'ordinateur, la console de jeu...

Combien d'enfants ont la tv, l'ordi ou la console dans leur chambre?


"Le "chacun son rythme" est une idéologie qui, à mon avis et d'après ce que j'ai pu constater avec mes enfants, est très pernicieuse aussi."

Anti-éducative, oui!
A ce compte-là, l'école devrait commencer à 10h00 du matin et se terminer à 15h00 au plus tard. Faut pouvoir vivre avec son temps et regarder Prison Break ou une connerie du genre jusqu'à son terme, non?

La démission des parents est patente, suffit de voir le peu d'opposition (d'après le peu que j'en sais) à la quasi obligation d'aller visiter en troupe l'expo de Zep. Pour une fois je suis d'accord avec Bonnant: la vulgarité, le mauvais goût et la laideur comme disciplines obligées.

Toujours est-il que j'ai fait le nécessaire avec le bulletin de vote.

Écrit par : Johann | 26/04/2009

Bonjour,

Mes enfants ont vécu la même chose que ce que relate Kali, avec en prime pour moi qui osait signaler qu'il me semblait n'y avoir aucun suivi sur ce qui se faisait en classe, le regard condescendant des enseignantes sur cette "mére poule" qui couve encore et ne veut pas laisser ses enfants s'épanouir et se débrouiller tous seuls !!


@Yves Scheller, continuez à enseigner comme vous le faites, ma fille vous cite encore en exemple pour ce que vous lui avez transmis !, je vous en remercie.

Écrit par : Loredana | 26/04/2009

@ Loredana

Merci beaucoup Loredana, et salutations à Mlle votre fille. Ce genre de retours, pour nous autres enseignants, ce sont nos vraies médailles !

Écrit par : yves scheller | 26/04/2009

Je suis un grand père touché par les mots d'une mère Loredana à l'égard d'un enseignant Yves Scheller. On entend rarement de tels compliments de nos jours
et c'est bien dommage...

Écrit par : bidouille | 26/04/2009

"On entend rarement de tels compliments de nos jours
et c'est bien dommage..."

N'est-ce pas parce que certains milieux ont tapé à longueur d'années sur ces "privilégiés" d'enseignants, de fonctionnaires, etc? Pour mieux démolir l'Etat et l'Instruction Publique avec l'intention de privatiser tout ce qui est possible (enseignement, sécurité, santé, transports)?

Je n'ai qu'un crainte: que des enseignants comme Scheller se découragent à la longue...

Écrit par : Johann | 26/04/2009

Merci à tous pour vos éloges qui m'emplissent de confusion !

Pour répondre à Johann au sujet du découragement, comme disait Audiard dans les Tontons flingueurs : "Soit on méprise, soit on se dérange."

Le mépris n'étant pas le fort des membres du Reel ni de ceux de l'ARLE, nous nous sommes dérangés, comme profs et aussi comme parents d'élèves, pour réagir.

Et l'unanimité de façade des politiques (à l'exception notoire du MCG) montre quelle panique nous provoquons, au fond... Dès que le principe de réalité surgit, il se caparaçonnent et répandent leurs mensonges sur l'adversaire.

Inquiétant de la part de nos élus.

Mais au fond, cela aussi, c'est une médaille...

Écrit par : yves scheller | 27/04/2009

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