28/04/2009

Les directeurs d’établissement, eh bien parlons-en.

Tout récemment un dirlo est venu boire l’apéro chez moi !

C’est une connaissance de longue date qui passait ses vacances dans la même station de ski que moi (rappelons au passage que les directeurs d’établissement ont obtenu de bénéficier de  8 semaines de vacances alors que l’appel d’offre n’en proposait que 6).

Je l’ai passablement côtoyé en son temps, lorsqu’il était encore instituteur et que mon fils était dans sa classe.

Bien évidemment, la discussion a très vite porté sur le travail qu’il faisait maintenant.

Au fil des heures qui ont suivi (si !si !) j’ai appris que sa vision du métier qu’il exerçait dorénavant se résumait en fait à une idée très simple : selon lui, son travail consiste à faire TOUT ce que l’inspecteur  et le maître principal (ou responsable d’école) faisaient auparavant et surtout faire en sorte que les enseignants soient entièrement déchargés de toutes besognes qui les écarteraient de leur rôle premier….enseigner.

« Je les soigne, je suis à leur entière disposition, à tout moment. Je m’occupe de tout, y compris de l’entretien de la photocopieuse ou de la distribution du matériel en début d’année ainsi que de leur trouver un remplaçant en cas d’absence. Le matin, je me dois d’être le premier à l’école et, le soir venu, d’être le dernier à en repartir ».

Voilà qui est tout à son honneur.

Mon opinion sur les directeurs d’établissement n’a pas changé pour autant et je reste sur mes convictions (voir le dossier sur le site de l’Arle).

http://www.arle.ch/

http://www.arle.ch/ecole-primaire/directeurs

 

Toutefois, sans lui tresser une couronne de lauriers, je dois admettre que, si ses dires sont véridiques, ce directeur est dans le « juste ».  C’est en effet ce qu’on est en droit d’attende de leur part.

Malheureusement….il est bien seul à se comporter de la sorte.

Je puis vous l’assurer, cela m’a même été confirmé par une autre connaissance, syndicaliste de vieille date qui me disait succinctement l’autre jour :

« Jamais l’école n’a été dans un tel état de délabrement ! Tu ne peux imaginer le nombre de plaintes qui nous parviennent des écoles ! Ces directeurs sont pour la plupart une catastrophe ».

Pour illustrer mon propos, je vous livre, une première anecdote qu’on m’a rapportée.

Madame X, directrice d’établissement à Genève, aurait annoncé à « ses » enseignants les périodes qu’elle met à disposition pour les rencontrer ….Hum, je croyais que les directeurs étaient justement tenus d’être présents dans les écoles et disponibles pratiquement à chaque instant…mais bon !

Donc….Mme X affiche en salle des maîtres un tableau horaire de ses disponibilités… le lundi de telle heure à telle heure et ainsi de suite pour les 4 jours scolaires de la semaine.

Et soudain, surprise ! Elle a pris soin de noter au bas dudit tableau qu’elle n’est plus disponible après 16h30 parce que….elle n’habite pas sur territoire suisse et que, passé cette heure fatidique, le trafic est trop dense, qu’elle mettrait trop de temps pour rentrer chez elle !!!!

N’est-ce pas magnifique ?

Les enseignants n’ont qu’à en prendre bonne note et….s’y adapter.

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Commentaires

"elle n’habite pas sur territoire suisse et que, passé cette heure fatidique, le trafic est trop dense, qu’elle mettrait trop de temps pour rentrer chez elle !!!!"

Il est où le bon temps où les fonctionnaires étaient obligés d'avoir une domiciliation en Suisse...

A part ça, il suffit de lui répondre qu'à partir de 20h00 le trafic est tout ce qu'il y a de plus fluide.

Mais je ne comprends pas qu'une telle personne ne soit pas immédiatement remerciée. Et quels sont les incompétents qui l'ont recrutée en premier lieu?

Écrit par : Johann | 28/04/2009

Ce dernier exemple n'est qu'à moitié inquiétant, si la personne en question connaît le système scolaire suisse et genevois, ainsi que les us et coutumes du pays, ce qui n'est, hélas, pas le cas (mutatis mutandis) pour bien des cadres importés de France ou d'ailleurs. Vous me direz que moins ils en savent, plus ils seront malléables ...

Écrit par : Mère | 28/04/2009

Si on répète cela aux directeurs des écoles secondaires, ils pètent les plombs. Car, eux, ils bossent infiniment plus et ne peuvent pas compter leurs heures avec cette mentalité de fonctionnaires que semblent avoir les dirlos-charlos choisis au primaire...

De nombreux enseignants aussi ne comptent pas leurs heures et arrêtent leur travail quand il est fini (souvent largement au-delà de 40 heures par semaine).

Écrit par : Dédé | 28/04/2009

Je vous recommande la lecture du livre "Le Principe de Dilbert" qui démontre que les incompétents sont promus aux postes où ils créent le moins de dégâts à l'organisation : cadres.

Écrit par : Dr. Goulu | 28/04/2009

L'engagement de directeurs en masse (93, quand il y en a que 20 au CO pour le même nombre d'élèves) est d'une imbécilité totale. Comment peut-on imaginer trouver en quelques mois 93 dirigeants compétents, ayant une bonne expérience dans le domaine de la gestion des RH et qui connaissent en plus en profondeur l'école primaire.
Une machine administrative de cette envergure doit disparaître. ELle est malsaine, car par la force des choses inadaptée. On n'a pas besoin de directeurs pour créer un meilleur lien avec les parents. L'organisaton des classes n'est pas non plus un casse-tête à l'école primaire, l'engagement de remplaçants peut se faire par des secrétaires etc. Mettre tant d'argent dans cette administration est la décision de quelqu'un qui ne cherche visiblement pas l'efficacité du fonctionnement de l'école, mais qui essaie par l'intermédiaire de ces directeurs d'imposer ses visions en cas de besoin.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 28/04/2009

merci pour intiresny Dieu

Écrit par : Nina_Tool | 19/09/2009

Les commentaires sont fermés.