29/04/2009

Ces élus qui déraillent

Après Monsieur Jacques Follonier dans son commentaire à mon récent billet (« Si Pürro m’était contée… »), c’est au tour de Madame Janine Hagmann de « péter les plombs ».

Je la remercie au passage pour la publicité qu’elle a bien voulu faire à mon blog.

Dans la Tribune de Genève de ce jour, elle publie une lettre au titre évocateur : « Consensus n’est pas magouille ». Elle prétend par là que le contre-projet du Conseil d’Etat à l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » est loin d’être «une tractation douteuse ou malhonnête »…..

Elle utilise pour ce faire un argument massue….jugez-en plutôt.

Le travail qu’a nécessité l’élaboration de ce contre-projet a demandé des heures et des mois d’effort de la part des membres de la commission de l’enseignement !

Comme si la qualité d’un travail était proportionnelle à la durée du temps investi.

Mais, Chère Madame, en effet, il en faut aussi du temps pour concocter un projet qui ne paraît pas trop médiocre et qui puisse ainsi appâter, bluffer les citoyens.

Il en faut du temps pour bien peaufiner une véritable magouille.

Elle l’avoue elle-même. «Ce contre-projet a été élaboré dans une recherche de paix scolaire»… en évitant soigneusement de « se crêper le chignon ».

Mais, encore une fois, Chère madame, ce n’est pas de paix scolaire dont nos élèves ont besoin….ils s’en fichent complètement ! Ce dont ils ont un urgent besoin, c’est d’un cycle d’orientation qui sera le meilleur pour eux !

Oui, Chère Madame, je suis au regret de vous répéter que ce contre-projet est une magouille (une tractation douteuse) concoctée par les mêmes personnes qui, en novembre dernier, ont été jugées, coupables de «tentative d’influencer les citoyens» par le Tribunal Administratif.

On ne le répétera jamais assez.

VOUS avez rompu la confiance !

Alors….c’est un peu « gros » de venir maintenant vanter le sérieux et l’impartialité de certains de nos élus et de prétendre que je ferai preuve d’un « manque de respect total vis-à-vis du travail des députés ».

Parlons donc de respect !

J’ai appris à connaître le mode de fonctionnement de bien des politiques de cette République. Alors….dites-moi en quoi il y a manque de respect à dénoncer la stricte vérité ?

Par contre, où est le respect de certains députés (ils sont nombreux) envers les citoyens qui les ont élus lorsqu’ils se permettent de passer leur temps à « tchatcher » sur facebook durant les sessions du Gand Conseil (si  si !)….est-ce là le sérieux qu’on est en droit d’attendre d’eux.

Mieux encore, est-ce une marque de respect que de se livrer entre eux à toutes sortes de jeux soi-disant « amusants » lors des mêmes sessions ? Vous voulez des exemples Chère Madame Hagmann ?

Chers lecteurs, permettez-moi encore de vous renvoyer à l’excellent article paru dans le GHI de cette semaine 

http://www.ghi.ch/live/1/home/infos/au_sommaire/actuel/actuel.php?pf_lat=11893&lang=1&&CNSACTION=VIEW_ARTICLE&selected_article_id=10345&selected_section=7

et de vous faire part de l’opinion de Monsieur Jean Romain (commentaire laissé déjà sur un blog « voisin »):

Le contre-projet n’est absolument rien d’autre qu’un marchandage politique entre les différents partis qui s’entendent sur le plus petit dénominateur commun : le but n’est pas de redresser la catastrophe du CO, mais de s’entendre pour reprendre la main dans le jeu, une main qu’à deux reprises les politiques ont perdue contre nous. Ce fut lors de la votation sur les notes au Primaire et lors de la décision du Tribunal sur la mensongère brochure de présentation de l’automne passé. Le laxisme et le mensonge ont été sanctionnés : difficile d’avaler la pilule pour nos anémomètres du Grand Conseil qui s’étaient installés fort confortablement dans les transatlantiques du monde comme il va.

 

Il a bien fallu réagir.

 

Si du point de vue tactique, le coup de ce vaste consensus n’est pas trop mal joué, du point de vue de la réflexion sur l’école, c’est simplement consternant. On peut effectivement discuter les deux objets mis en votations, on peut trouver pas mal de défauts à l’IN 134 (et j’en trouve beaucoup. Notamment en ce qui concerne le latin en 7e année), il est vrai que confrontation d’arguments il doit y avoir, mais il reste une question que chaque citoyen devrait se poser, une question d’une infinie importance, au-delà des 3 ou 6 sections : veut-on un C.O. qui soigne ou veut-on un C.O. qui cadre ?

 

Nos élèves ne sont ni plus sots ni plus paresseux que ceux des autres cantons ou des autres pays. Ils sont simplement plongés à plein temps dans un bain tiède d’indiscipline généralisée, bain maintenu à température par les différents chefs du DIP. Nous avons un urgent besoin de mettre tout ce petit monde au travail, de cadrer, de stimuler, de sélectionner et d’orienter, et de sanctionner au besoin (note de comportement).

 

Et le reste, tout le reste qu’est l’allitération !

Jean Romain

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Commentaires

Cher André,

Les délires de la dame Hagmann trahissent une chose : nos politiques ne savent plus comment justifier ce machin qu'ils ont pondu ensemble.

Car en réalité, s'ils l'ont pondu entre eux, de la manière que décrit un article du GHI, par tractations internes, ils l'ont aussi conçu avec pas mal d'arrière-pensées...

La gauche soutient le contre-projet comme un moindre mal provisoire destiné à éjecter notre initiative, et votera en septembre pour l'initiative 138 (le "tout hétérogène"). Mme Pürro l'a dit publiquement et sans ambages lors du colloque du 20 avril. Cela du reste n'ira pas sans divisions internes.

Quant à la droite, radicaux en tête - ce sont eux qui sont à l'origine de ce contre-projet - elle compte sur un échec de M. Beer pour pouvoir placer au DIP son poulain, M. Longchamp, voire plus largement pour contrer l'actuel Conseil d'Etat majoritairement à gauche (enfin, si l'on peut appeler ça une "gauche", je le dis avec désespoir, j'y suis depuis toujours, à gauche).

C'est si vrai que les socialistes ont senti venir le boulet et qu'ils viennent de rejoindre un comité inter-partis contre la 138...

Donc : une gauche divisée sur le soutien à la 138, contre une droite unie pour le contre-projet, lequel perpétuera ainsi la faillite du cycle, et avantagera le marché des écoles privées : y a pas photo, c'est la droite qui l'emportera.

Ce qui se prépare donc, si notre initiative échoue, c'est accessoirement une foire d'empoigne infernale entre un contre-projet qui recrée sous une couche de peinture et quelques rustines le désastreux cycle actuel et une initiative 138 dont l'autisme gauchiste confine au pathologique. Bref : le choix entre la grippe mexicaine et la grippe espagnole, les méduses et les chacals, le Désastre et le Néant.

Pendant que tout ce beau monde se complaît à ses petits jeux de société, les élèves attendent. Et les parents aussi, toujours plus nombreux quand ils le peuvent à placer leurs enfants dans le privé à l'âge du cycle (plus de mille élèves y sont entrés entre 200 et 2007). Et l'ensemble des citoyens également, sans parler des PME qui aimeraient bien trouver une fois des candidats apprentis un peu capables...

Non, vraiment, c'est maintenant que tout se joue !

Écrit par : yves scheller | 29/04/2009

Très juste !

Pour information, nous avons placé notre fille ainée en privé il y a 2 ans, suvi de son frère l'an dernier et cette année, plus de place pour le cadet !!

Selon les dires du responsable pédagogique que j'ai rencontré il y a un mois, il est fort étonné, car ils n'ont jamais eu autant de demandes cette années et aussi peu de départ !!! Les gens s'aggripent et les places deviennet rares.

Et ce phénomène est en augmantation depuis bien 5-6 ans !
Etrange coïncidence avec la rénovation du cycle, non ?

L'égalité des chances tant prônée par le DIP et ses méthodes fumeuses est en train de prendre l'eau et les vraies chances de réussite pour un enfant se fait par l'argent que ses parents peuvent dépenser pour sa scolarité, tout ça en catimini !

Écrit par : kali | 29/04/2009

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