30/04/2009

Mesures d’accompagnement au primaire, la loi n’est toujours pas appliquée

La nécessité de mesures d’appui pour les élèves en difficulté scolaire est inscrite dans le nouveau règlement de l’enseignement primaire depuis deux ans maintenant. Elles sont censées être OBLIGATOIRES pour les élèves promus par dérogation ou par tolérance.

Malheureusement, le Département est incapable de les mettre en place. Aujourd’hui, elles sont toujours réduites à une peau de chagrin. Ce n’est qu’une structure minimum que Monsieur Beer avait qualifiée lui-même de « n’importe quoi ».

Ainsi, à ce jour, rien de nouveau n’a été créé. Les promesses que le Président du DIP nous avait faites ne sont toujours pas tenues ! Il était clairement entendu qu’il fallait que ses services imaginent et instaurent un tout nouveau système d’appui aux élèves en difficulté scolaire. C’était la priorité absolue à tenir, la seule condition pour lutter contre l’échec scolaire. 

Mais voilà ! Tout ce beau monde, membres de la commission ad hoc (sous la responsabilité de M. Riedweg), directeurs d’établissement, directeurs du DIP (ils sont 5), formateurs, et autres doivent être en panne d’idées !

RIEN de chez RIEN !

Alors que font-ils nos fameux directeurs ?

Très simple….ils ne savent pas….alors…ils  renvoient la « patate chaude » à nos chers enseignants….et leur imposent tout bonnement d’élaborer eux-mêmes ces mesures d’accompagnement…comme si c’était de leur ressort.

Un peu comme si un patron d’usine demandait aux ouvriers d’imaginer les plans du nouveau prototype à sortir, de le construire et de l’essayer pendant que lui se tourne les pouces à contempler ses troupes se démener.

Pensez-vous que je suis en plein délire ? Alors voici encore une petite anecdote pour illustrer mon propos.

Joëlle est une amie institutrice dans une classe primaire de Genève. Elle est tenue, comme tous ses collègues, de participer aux séances qu’organise Madame Y sa directrice.

Voilà que lors d’une séance, fin mars, Mme Y demande à « ses » enseignants de bien vouloir maintenant se pencher sur la problématique des mesures d’accompagnement. Joëlle reste sans voix….puis se reprenant, déclare très justement :

« Ce n’est pas à nous, les enseignants, à combler les lacunes de M.Beer. Il nous a promis des postes d’enseignants assignés à l’appui (GNT) or, non seulement nous n’en avons pas vu la couleur, mais en plus il les a réduit au profit des directeurs d’école. Je refuse de me casser la tête pour mettre en place une structure d’accompagnement inefficace grâce à des bidouillages entre collègues. C’est aux cadres que M.Beer a nommés qu’il incombe de trouver des solutions valables, efficaces et réalistes….les enseignants eux, sont chargés de leur application mais non de leur création…à M.Beer de tenir ses promesses ».

A l’ordre du jour de la séance de fin mars !!!!

Comme quoi, s’il fallait prouver que RIEN n’a été fait jusqu’à maintenant !

Mais peut-être…mieux vaut tard que jamais !

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29/04/2009

Ces élus qui déraillent

Après Monsieur Jacques Follonier dans son commentaire à mon récent billet (« Si Pürro m’était contée… »), c’est au tour de Madame Janine Hagmann de « péter les plombs ».

Je la remercie au passage pour la publicité qu’elle a bien voulu faire à mon blog.

Dans la Tribune de Genève de ce jour, elle publie une lettre au titre évocateur : « Consensus n’est pas magouille ». Elle prétend par là que le contre-projet du Conseil d’Etat à l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » est loin d’être «une tractation douteuse ou malhonnête »…..

Elle utilise pour ce faire un argument massue….jugez-en plutôt.

Le travail qu’a nécessité l’élaboration de ce contre-projet a demandé des heures et des mois d’effort de la part des membres de la commission de l’enseignement !

Comme si la qualité d’un travail était proportionnelle à la durée du temps investi.

Mais, Chère Madame, en effet, il en faut aussi du temps pour concocter un projet qui ne paraît pas trop médiocre et qui puisse ainsi appâter, bluffer les citoyens.

Il en faut du temps pour bien peaufiner une véritable magouille.

Elle l’avoue elle-même. «Ce contre-projet a été élaboré dans une recherche de paix scolaire»… en évitant soigneusement de « se crêper le chignon ».

Mais, encore une fois, Chère madame, ce n’est pas de paix scolaire dont nos élèves ont besoin….ils s’en fichent complètement ! Ce dont ils ont un urgent besoin, c’est d’un cycle d’orientation qui sera le meilleur pour eux !

Oui, Chère Madame, je suis au regret de vous répéter que ce contre-projet est une magouille (une tractation douteuse) concoctée par les mêmes personnes qui, en novembre dernier, ont été jugées, coupables de «tentative d’influencer les citoyens» par le Tribunal Administratif.

On ne le répétera jamais assez.

VOUS avez rompu la confiance !

Alors….c’est un peu « gros » de venir maintenant vanter le sérieux et l’impartialité de certains de nos élus et de prétendre que je ferai preuve d’un « manque de respect total vis-à-vis du travail des députés ».

Parlons donc de respect !

J’ai appris à connaître le mode de fonctionnement de bien des politiques de cette République. Alors….dites-moi en quoi il y a manque de respect à dénoncer la stricte vérité ?

Par contre, où est le respect de certains députés (ils sont nombreux) envers les citoyens qui les ont élus lorsqu’ils se permettent de passer leur temps à « tchatcher » sur facebook durant les sessions du Gand Conseil (si  si !)….est-ce là le sérieux qu’on est en droit d’attendre d’eux.

Mieux encore, est-ce une marque de respect que de se livrer entre eux à toutes sortes de jeux soi-disant « amusants » lors des mêmes sessions ? Vous voulez des exemples Chère Madame Hagmann ?

Chers lecteurs, permettez-moi encore de vous renvoyer à l’excellent article paru dans le GHI de cette semaine 

http://www.ghi.ch/live/1/home/infos/au_sommaire/actuel/actuel.php?pf_lat=11893&lang=1&&CNSACTION=VIEW_ARTICLE&selected_article_id=10345&selected_section=7

et de vous faire part de l’opinion de Monsieur Jean Romain (commentaire laissé déjà sur un blog « voisin »):

Le contre-projet n’est absolument rien d’autre qu’un marchandage politique entre les différents partis qui s’entendent sur le plus petit dénominateur commun : le but n’est pas de redresser la catastrophe du CO, mais de s’entendre pour reprendre la main dans le jeu, une main qu’à deux reprises les politiques ont perdue contre nous. Ce fut lors de la votation sur les notes au Primaire et lors de la décision du Tribunal sur la mensongère brochure de présentation de l’automne passé. Le laxisme et le mensonge ont été sanctionnés : difficile d’avaler la pilule pour nos anémomètres du Grand Conseil qui s’étaient installés fort confortablement dans les transatlantiques du monde comme il va.

 

Il a bien fallu réagir.

 

Si du point de vue tactique, le coup de ce vaste consensus n’est pas trop mal joué, du point de vue de la réflexion sur l’école, c’est simplement consternant. On peut effectivement discuter les deux objets mis en votations, on peut trouver pas mal de défauts à l’IN 134 (et j’en trouve beaucoup. Notamment en ce qui concerne le latin en 7e année), il est vrai que confrontation d’arguments il doit y avoir, mais il reste une question que chaque citoyen devrait se poser, une question d’une infinie importance, au-delà des 3 ou 6 sections : veut-on un C.O. qui soigne ou veut-on un C.O. qui cadre ?

 

Nos élèves ne sont ni plus sots ni plus paresseux que ceux des autres cantons ou des autres pays. Ils sont simplement plongés à plein temps dans un bain tiède d’indiscipline généralisée, bain maintenu à température par les différents chefs du DIP. Nous avons un urgent besoin de mettre tout ce petit monde au travail, de cadrer, de stimuler, de sélectionner et d’orienter, et de sanctionner au besoin (note de comportement).

 

Et le reste, tout le reste qu’est l’allitération !

Jean Romain

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28/04/2009

Les directeurs d’établissement, eh bien parlons-en.

Tout récemment un dirlo est venu boire l’apéro chez moi !

C’est une connaissance de longue date qui passait ses vacances dans la même station de ski que moi (rappelons au passage que les directeurs d’établissement ont obtenu de bénéficier de  8 semaines de vacances alors que l’appel d’offre n’en proposait que 6).

Je l’ai passablement côtoyé en son temps, lorsqu’il était encore instituteur et que mon fils était dans sa classe.

Bien évidemment, la discussion a très vite porté sur le travail qu’il faisait maintenant.

Au fil des heures qui ont suivi (si !si !) j’ai appris que sa vision du métier qu’il exerçait dorénavant se résumait en fait à une idée très simple : selon lui, son travail consiste à faire TOUT ce que l’inspecteur  et le maître principal (ou responsable d’école) faisaient auparavant et surtout faire en sorte que les enseignants soient entièrement déchargés de toutes besognes qui les écarteraient de leur rôle premier….enseigner.

« Je les soigne, je suis à leur entière disposition, à tout moment. Je m’occupe de tout, y compris de l’entretien de la photocopieuse ou de la distribution du matériel en début d’année ainsi que de leur trouver un remplaçant en cas d’absence. Le matin, je me dois d’être le premier à l’école et, le soir venu, d’être le dernier à en repartir ».

Voilà qui est tout à son honneur.

Mon opinion sur les directeurs d’établissement n’a pas changé pour autant et je reste sur mes convictions (voir le dossier sur le site de l’Arle).

http://www.arle.ch/

http://www.arle.ch/ecole-primaire/directeurs

 

Toutefois, sans lui tresser une couronne de lauriers, je dois admettre que, si ses dires sont véridiques, ce directeur est dans le « juste ».  C’est en effet ce qu’on est en droit d’attende de leur part.

Malheureusement….il est bien seul à se comporter de la sorte.

Je puis vous l’assurer, cela m’a même été confirmé par une autre connaissance, syndicaliste de vieille date qui me disait succinctement l’autre jour :

« Jamais l’école n’a été dans un tel état de délabrement ! Tu ne peux imaginer le nombre de plaintes qui nous parviennent des écoles ! Ces directeurs sont pour la plupart une catastrophe ».

Pour illustrer mon propos, je vous livre, une première anecdote qu’on m’a rapportée.

Madame X, directrice d’établissement à Genève, aurait annoncé à « ses » enseignants les périodes qu’elle met à disposition pour les rencontrer ….Hum, je croyais que les directeurs étaient justement tenus d’être présents dans les écoles et disponibles pratiquement à chaque instant…mais bon !

Donc….Mme X affiche en salle des maîtres un tableau horaire de ses disponibilités… le lundi de telle heure à telle heure et ainsi de suite pour les 4 jours scolaires de la semaine.

Et soudain, surprise ! Elle a pris soin de noter au bas dudit tableau qu’elle n’est plus disponible après 16h30 parce que….elle n’habite pas sur territoire suisse et que, passé cette heure fatidique, le trafic est trop dense, qu’elle mettrait trop de temps pour rentrer chez elle !!!!

N’est-ce pas magnifique ?

Les enseignants n’ont qu’à en prendre bonne note et….s’y adapter.

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25/04/2009

Stratégie ? Oh que non, basse magouille de « trouillards ».

Nous y voilà ! La « stratégie » dévoilée par la FAMCO (Fédération des associations des maîtres du cycle d’orientation) dans la Tribune de Genève de ce samedi 25 avril est limpide. Elle corrobore d’ailleurs le commentaire que Monsieur Antoine Berstchy a laissé sur mon dernier billet. Je le dis et redis, tout cela relève de la basse magouille.

Pratiquement tous les partis politiques de la place ont en vérité très peur de laisser le peuple décider clairement du vrai choix qui se présente à lui.

La logique aurait voulu que les citoyens optent, une bonne fois pour toutes, pour le type d’école qu’ils veulent pour les adolescents de notre canton.

-          Veulent-ils d’un cycle qui permet à chacun de trouver, en fonction de ses capacités et ses aspirations, la voie qui lui convient le mieux ? Sans pour cela que l’orientation devienne forcément synonyme de sélection. Alors ils doivent voter l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente ».

-          Croient-ils que le fait de « mélanger » tous les élèves de niveaux scolaires différents est une source d’émulation et de réussite pour eux (hétérogénéité) ? Alors il leur faudra voter l’initiative 138 en septembre prochain.

C’est là le seul et réel enjeu. Nous n’avons pas besoin de la ratatouille insipide que le Conseil d’Etat aimerait nous faire avaler car elle ne solutionne absolument rien.

Au lieu de permettre aux citoyens de s’exprimer très clairement, les politiciens ont préféré en effet «se la jouer trouillards » Ainsi, ces magouilleurs (les mêmes que ceux qui ont été démasqués et confondus par le Tribunal Administratif en novembre dernier), sous prétexte de consensus, ont concocté un « machin » hybride, un mixte des deux visions que propose chacune des initiatives, un « bidouillage » mou qui, en fait, ne fait que reproduire la situation du cycle d’orientation actuel.

La stagnation quoi !

La FAMCO ainsi qu’une certaine Gauche l’a bien compris en soutenant (pour le moment encore) bien évidemment ce contre-projet qui s’apparente nettement à l’IN 138 et son hétérogénéité. Il s’agit là simplement d’une solution qui fait office d’antichambre à l’initiative 138.

Madame Bichsel l’exprime parfaitement lorsqu’elle écrit dans un commentaire précédent:

« …le contreprojet contient insidieusement déjà tous les ingrédients de l'initiative 138. S'il passe le 17 mai, il suffira de faire sauter le dernier verrou ».

Les citoyens sont pris en otage ; se laisseront-ils encore berner lors de la votation du 17 mai ?

 

 

 

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23/04/2009

Si Pürro m’était contée ou Madame se dévoile.

Débat public à propos de la votation du 17 mai sur le Cycle d’orientation, lundi 20 avril.

Intervenants :

en faveur de l’initiative 134 « Pour un cycle qui oriente » deux enseignants, Madame Rita Bichsel et Monsieur Marc Fischer ;

en faveur du contre-projet, deux politiciens, Madame Véronique Pürro (PS) et Monsieur Jacques Follonier (PRG).

Le débat est lancé par Monsieur Baertschi du GHI qui donne la parole à Mme Bichsel. Celle-ci présente l’initiative 134.

Puis M. Baertschi passe la parole à Mme Pürro.

Que dit-elle en guise d’introduction ?

Stupéfaction :

1.       Elle s’affiche en victime et fait part à l’auditoire de son étonnement. Le débat oppose deux professeurs à deux politiques ! Elle avoue alors son manque de compétences en matière de pédagogie et sous-entend par là l’inégalité du débat.

Surprenant tout de même de la part d’une personne qui a pourtant participé activement à l’élaboration du contre-projet….

Monsieur Follonier reste de marbre…aucune réaction….

2.       Elle prône donc le contre-projet en argumentant, non pas sur son contenu, mais en vantant qu’il est le fruit d’un long travail de la commission de l’enseignement qui a abouti à un consensus de la part de tous les partis politiques. C’est magnifique selon elle. Elle avoue que chacun a dû faire des compromis importants dans le but premier d’éviter une nouvelle guerre scolaire !!!!

 

Comme si c’était de cela que les élèves du Cycle d’orientation avaient besoin !

Et d’ajouter, suite à mon invective, que l’initiative 138 (« S'organiser contre l'échec scolaire et garantir une formation pour tous les jeunes »), celle sur laquelle il faudra encore voter dans quelques mois, lui convient parfaitement !!!!

Mais quel jeu joue-t-elle donc ? M. Follonier souriant béatement à ses côtés.

En fait, il n’est pas très difficile de le comprendre :

L’IN 138 réclame, pour le cycle, une hétérogénéité quasi-totale. Exactement ce que le peuple genevois a refusé il n’y a pas si longtemps !

Alors, pourquoi donc Madame Pürro défend-elle si fermement le contre-projet du Conseil d’Etat ? Tout simplement parce qu’il se rapproche beaucoup de cette initiative 138 (le projet qu’elle soutient réellement) puisqu’ il implique une forte hétérogénéité en 7 ème année (on continue à y « caser » les élèves de niveau très différent en trois filières seulement…..comme c’est le cas actuellement avec les voies A, B et C).

Nul doute que si le contre-projet est voté le 17 mai, on verra très vite éclater ce « beau » consensus politicien affiché fièrement aujourd’hui par la classe politique.

Lorsque la Gauche se montrera sous son vrai jour, qu’elle affichera ouvertement son soutien à l’IN 138, Messieurs Follonier, Barrillier et autres députés des partis de l’Entente pourront alors se mordre les doigts en constatant à quel point ils ont été roulés dans la farine.

J’en connais d’autres qui doivent « se marrer » en ce moment….les initiants de la 138….

Mais bon sang, de quoi nos adolescents ont-ils réellement besoin ?

Est-ce de ce compromis de politiciens qui, de l’aveu même de Monsieur Charles Beer, est pratiquement un retour au cycle d’antan avec ses trois sections (LS, G et P) ? Il ne cesse pourtant de répéter que la société a changé…et prône pourtant un retour à l’école d’il y a 30 ans !

Est-ce de ce compromis mou, contraire à la volonté populaire qui s’est exprimée très majoritairement contre l’hétérogénéité au cycle d’orientation ?

NON ! Ils ont besoin d’un cadre clair et précis qui leur donne la possibilité de s’orienter au mieux de leurs capacités et de leurs aspirations.

C’est ce que leur offre l’initiative 134 grâce à un nombre raisonnable de filières qui permettent à chacun de trouver la voie qui lui convient. Avec, en prime, pour les élèves qui, à la sortie de 6ème primaire sont en grande difficulté scolaire, une année de transition qui leur laissera le temps de combler leurs éventuelles lacunes en français et en mathématique notamment.

A l’évidence, il ne s’agit absolument pas de la sélection outrancière avancée par les partisans du contre-projet mais du simple bon sens.

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22/04/2009

Les contrevérités du politicien Monsieur Beer.

En complément aux deux textes qui se trouvent sur les blogs de Mesdames Marion Garcia et Rita Bichsel.

Un jour de 2006, alors que nous étions en campagne pour la votation sur les notes à l’école primaire, je me suis retrouvé à boire un verre avec Monsieur Beer. Il m’avait convié dans un café proche de la gare de Cornavin pour m'annoncer que son contre-projet à l’initiative « Pour le maintien des notes » était achevé  et que celui-ci allait dans notre sens.

Je ne pouvais que m’en réjouir puisque le Président me disait en effet qu’il réintroduisait les notes à l'école primaire ! Il nourrissait bien sûr l’espoir que l’Arle retire alors son initiative.

Il m’avait bien évidemment soigneusement caché de quelles notes il s’agissait….Souvenez-vous ces fameuses « fausses notes » inventées pour l’occasion ! Celles qui n’existaient nulle part ailleurs. Une tentative pour nous « rouler » ainsi que, dans la foulée, les citoyens ! Attablé face à face, Monsieur Beer m’avait alors dit, en me fixant droit dans les yeux :

« Vous saurez une chose M. Duval, je ne suis pas un pédagogue mais un politicien »

 ???!!!!

Sur le moment je n’avais pas bien compris pour quelle raison il me disait cela, c’est au fil du temps que j’ai saisi.

Pour un bon nombre d’entre eux, un bon politicien est celui qui, sans rougir, avec le sourire, sous le couvert  d’une apparente bonne foi, est capable de tronquer la vérité (pour ne pas dire….mentir) dans le seul but de gagner la bataille qui le mènera à être réélu. Peu importe le sujet du litige et son importance seul compte l’image. Et alors…. tous les moyens sont bons, même ceux qui frisent la malhonnêteté.

Monsieur Beer n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne les votations du 17 mai. En novembre dernier déjà le Tribunal Administratif a jugé qu’il avait « tenté d’influencer les votants » en faisant publier un texte « mensonger » dans la brochure officielle envoyée aux citoyens. Résultat, il a fallu reporter cette votation au 17 mai. A noter que le Conseil d’Etat a dû rembourser les frais de campagne  aux initiants et à l’Arle...sur le dos des citoyens qui payent leurs impôts.

Monsieur Beer continue aujourd’hui à avancer des arguments fallacieux ! Ses  « magouilles » sont monnaie courante dorénavant et ce ne seront pas les dernières.

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21/04/2009

Auschwitz, voyage au bout de l’enfer.

A l’heure de la commémoration de la Shoah , alors que le Président iranien ose la nier, je me remémore un voyage que j’ai fait il y a quelque temps.

Le DIP, à l’époque, avait l’heureuse idée (est-ce encore le cas ?) de subventionner pour les enseignants la visite  du camp de concentration d’Auschwitz.

Je m’y suis rendu.

C’est le mois de novembre, nous sommes près de 150 Suisses romands, des enseignants, des jeunes, des journalistes, accompagnés de quelques rescapés des camps, à descendre des cars…les plaisanteries, les rires se sont soudainement tus ! Un lourd silence s’est installé.

Respect ! Chacun garde désormais le profil bas. Nous sommes au bout du monde, celui qui s’arrête au terme de cette sinistre voie ferrée. Le ciel est gris, les barbelés, les bâtiments percent la brume omniprésente.

Cette terre parle, elle hurle. Comment traduire les émotions par des mots ? Impossible. Des images se forment dans la tête, nous écoutons le récit des survivants, mais jamais nous ne pourrons prendre réellement conscience de ce que fut la réalité. Comment ont-ils pu vivre ne serait-ce qu’un seul jour ?

Il y là David, petit bonhomme tellement attendrissant.

Il est revenu !

Il passe inlassablement d’un groupe à l’autre pour tenter de nous communiquer la vérité, de nous faire comprendre ce qu’il nous est impossible de vraiment saisir. Là, devant les ruines des fours crématoires, il interrompt notre guide en le saisissant par la main :

« Je veux faire une prière pour mes parents qui sont morts ici ».

L’émotion est à son comble et chacun retient tant bien que mal ses larmes. Et pourtant son sourire ne l’a pas quitté de toute la journée.

Il y a Otto. Le regard souvent fixé sur le lointain. Lui aussi, infatigable, nous a suivis jusqu’au bout. Il observe sans cesse nos réactions. De temps à autre une phrase, pour ne pas nous égarer, nous rappeler ce que fut cette réalité :

« C’est là, précisément à l’endroit où vous êtes que j’ai vu ma mère pour la dernière fois ».

Je n’oublierai pas votre leçon. Je n’oublierai pas votre regard Otto. Je n’oublierai pas, David, la chaleureuse poignée de main que vous avez voulu donner à chacun de nous pendant le vol du retour.

Merci à vous, que votre témoignage ne s’efface jamais.

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19/04/2009

Serait-ce plus grave encore ?

Un commentaire que Pascale a laissé sur mon précédent billet m’interpelle. A la lire, il semble que quelques enseignants ne feraient pas leur travail correctement.

Que la chose soit bien claire.

Chaque école primaire du canton bénéficie, à un taux d’activité fort variable, d’un certain nombre de maîtres spécialistes (MS) qui sont chargés d’enseigner PARTIELLEMENT les branches artistiques (dessin, travaux manuels, couture, musique) ainsi que l’éducation physique.

Toutes ces disciplines font l’objet d’une répartition hebdomadaire officielle du temps d’enseignement que le corps enseignant se doit de respecter.

http://icp.ge.ch/ep/etidep/IMG/pdf/D-DGEP-01A-02_Repartition_hebdomadaire_temps_enseignement-2.pdf

Force est de constater que, selon le degré, de la 2ème primaire à la 6ème primaire, la dotation horaire varie entre

5 heures et 4 h 20 pour l’éducation artistique

2 heures 15 en ce qui concerne l’éducation physique.

Dans aucune école du canton ce taux d’activité n’est entièrement couvert par les maîtres spécialistes qui y sont affectés. Dans la plupart des cas, ceux-ci prennent en charge 45 minutes de gymnastique (ou piscine ou rythmique) et 90 minutes dans l’une des branches artistiques, soit un total de 2 h 15.

Dans le meilleur des cas, situation très rare, il se pourrait qu’une classe bénéficie d’une période de 45 minutes en plus ( par exemple, 45 min de gym, 90 min de dessin et 45 minutes de musique), soit 3 heures.

Même dans cette situation on est bien loin du compte officiel qui doit être respecté. Le constat est très clair, il reste entre 3h 30 et 2 h 50 à couvrir en ce qui concerne l’éducation artistique et 1h 30 d’éducation physique.

Les instituteurs sont sensés être, du moins jusqu’à maintenant, des généralistes formés à enseigner toutes les disciplines dispensées à l’école. C’est une richesse du métier et la plupart d’entre eux y tiennent très fortement. Ils ont raison.

Ce sont donc bel et bien eux qui doivent compléter cette éducation délivrée partiellement par les MS.

Et c’est là que le bât blesse semble-t-il !

A lire Pascale, ce n’est pas le cas dans l’école de sa fille et je crains donc que cela ne le soit pas non plus dans un certain nombre d’autres écoles. On est en droit de se demander ce que font alors les directeurs fraîchement nommés qui sont en charge dans les écoles où de telles situations seraient monnaie courante. Ils sont bien payés pour cela, entre autres. Il est de leur devoir de faire respecter les horaires scolaires en vigueur.

Je n’ose imaginer que cette situation pourrait être la même pour d’autres disciplines telles « l’environnement » (histoire, géographie, sciences) par exemple….est-elle enseignée dans toutes les classes du canton ? A raison de 3h 15 hebdomadaires….

Je veux pourtant croire que l’immense majorité des instituteurs exercent correctement leur profession et assument pleinement leurs responsabilités. Que nous nous trouvons là confrontés à quelques exceptions malheureuses.

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17/04/2009

Instituteur : une profession en voie de disparition

uni mail.jpgMais quelle mouche a donc piqué Monsieur Charles Beer, conseillé d’Etat en charge du DIP ?

Alors que tous les cantons suisses forment leurs instituteurs dans une Haute Ecole Pédagogique (HEP) dont le diplôme est pourtant reconnu par la CDIP (Conférence des Directeurs de l’Instruction Publique), voilà qu’à Genève, notre ministre s’est mis en tête de confier cette formation à un Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE). Tout en prétendant vouloir se conformer à l’harmonisation scolaire acceptée par le peuple, il prévoit néanmoins pour Genève une formation prétendument plus « exigeante »…du moins sur le papier.

Le projet de loi sur la formation des futurs enseignants (PL 10432) de Monsieur Beer induit pourtant de sérieux problèmes.

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