20/11/2009

Les députés du Grand Conseil sont des marionnettes.

Je ne m’y ferai jamais…

Les élections genevoises sont terminées, les jeux sont faits.

Avec ce nouveau gouvernement, de nouveaux députés, on pourrait espérer une salutaire bouffée d’air frais… un changement radical dans le système de fonctionnement de nos élus.

On pourrait imaginer, rêver que les « anciens » aient enfin compris combien la politique qu’ils pratiquent depuis trop longtemps commence à sérieusement agacer les citoyens.

J’ai des doutes.

Nos frais élus reprendront la classe comme si de rien n’était. Les «jeunots » vont s’adapter au petit jeu que les « anciens » leur dicteront….sous peine de bizutage.

La cours de récréation va reprendre ses droits.

A titre d’exemple, on peut lire dans « Le Genevois » de ce jour, organe de presse du parti radical, sous la plume de Monsieur Hugues Hiltpold :

« Trouver des majorités et des alliances restera indispensable dans un Gand Conseil ou les populistes détiennent 17 fauteuils et par conséquent un pouvoir de nuisance considérable, capable de voter à droite, à gauche ou même ailleurs ».

Un crime de lèse majesté ! Inadmissible !

Soyons clair. Je n’ai rien contre Monsieur Hiltpold lui-même. C’est cette vision de la politique que je ne peux accepter.

Eh oui, je suis peut-être un grand naïf, mais je rêve d’une politique honnête. Celle qui permet à chacun de nos élus de faire son propre choix sur les objets qui lui sont soumis…sans obligation de suivre forcément les mots d’ordre de son parti. Un choix dicté par son jugement personnel.

Ce projet est-il bon ou non ?….quel est MON avis et non celui de Monsieur X ou Madame Y qui a mené par le bout du nez les députés membres de la commission qui en a débattu.

Pourquoi alors ne pas rendre secret chaque vote qui a lieu lors des plénières du Grand Conseil….et éviter ainsi les pressions que les ténors de chaque parti imposent à leurs députés ?

Ainsi, ils cesseront enfin d’être leurs marionnettes.

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Commentaires

Bonjour Monsieur,
Sur le fond, j'épouse volontiers vos propos. Où se situe l'intérêt de l'Etre humain ? C'est une question difficile, dont on ne peut répondre à la légère au coin d'une table de bistrot. Elle demande une réflexion. Certes !
Où je suis assez d'accord avec vous, c'est la manière de voter tels ou tels projets. Le scrutin devrait avoir lieu pour tous les objets à bulletin secret, justement pour éviter les recommandations des Grand Chefs Député.
Votre blog est très intéressant et vous remercie de l'avoir écrit et publié. Il mérite, je me répète, une réflexion, une approche politique, philosophique et éthique.
Excellent week end !
François Velen, ancien Conseiller municipal à Carouge sous la couleur PDC et 2 x Présidents du Conseil (là je manque peut être de modestie !)

Écrit par : velen | 20/11/2009

Pour ma part, j’ai toujours rêvé de députés au service de la collectivité, du bien commun, mais je suis surement un autre naïf.
J’imaginais qu’une fois élus, ils « démissionneraient » de leurs partis respectifs pour devenir des députés de Genève, et plus des députés socialistes, UDC PDC ou Radicaux.

Écrit par : charly schwarz | 20/11/2009

Je suis tout à fait d'accord avec M. Duval sur le fond, mais il y a un problème au niveau de la connaissance des dossiers. Chaque député fait partie de 3-4 commissions et devient donc un espèce de "spécialiste" des dossiers traités dans ses commissions. Aucun député n'a vraiment le temps (peut-être aussi parfois qu'il lui manque l'envie et le sérieux... et c'est là que se situe également le problème !!) de se familiariser avec tous les dossiers sur lesquels il votera... et donc il fait confiance aux "spécialistes" et suit l'avis de ceux qui seront considérés comme les "experts" du groupe. C'est un peu comme ceux qui votent en fonction des recommandations des différents groupes politiques ou autres lorsqu'il s'agit des votes ou élections cantonales ou fédérales. On ne se prend pas le temps d'étudier les choses à fond...ce qui est parfois presque impossible, à moins d'y consacrer beaucoup de temps.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 20/11/2009

"J’imaginais qu’une fois élus, ils « démissionneraient » de leurs partis respectifs pour devenir des députés de Genève, et plus des députés socialistes, UDC PDC ou Radicaux".
Merci à M Schwarz, c'est exactement ça qui serait l'idéal!
@ Mme Garcia,
Que les députés membres des commissions travaillent sur tel ou tel sujet, OK....mais pas forcément suivre aveuglément leur avis. Ils sont là pour PRESENTER les objets en plénière, argumenter les "pours" et les "contres" de façon justement à ce que les autres députés puissent se faire LEUR idée de la chose pour ensuite voter en leur âme et conscience! Sinon, ce ne sont que des moutons qui se laissent mener par le bout du nez!
A quoi sert-il donc de débattre en plénière si de toutes façons les décisions sont déjà prises au sein des commissions, les votes déjà décidés? Les jeux sont déjà faits....alors, les députés feraient mieux d'aller boire des verres plutôt que de perdre leur temps en vaines discussions.

Écrit par : duval | 20/11/2009

En effet, dans ces conditions, à quoi sert cette asemblée de moutons?

Écrit par : yenamarre | 21/11/2009

La démocratie athénienne de l’Antiquité ne connaissait pas les partis tels que nous les connaissons. Il y avait certes des tendances politiques (par exemple les aristocrates ou les démocrates), mais les partis n’étaient pas constitués. Cela obligeait les orateurs, dont le pouvoir de convaincre était plus ample qu’aujourd’hui, à recommencer sans cesse les mêmes argumentaires. En effet, les opinions des individus sont plus versatiles que celles des partis, elles sont plus sujettes à l’émotion et les rhéteurs étaient des magiciens des mots qui touchent. Cela a ouvert la porte aux démagogues, c’est-à-dire à ceux qui savent profiter et utiliser les variations d’opinions pour s’y inscrire.

Les partis politiques tels que nous les connaissons apportent l’avantage de la stabilité. Avec, bien sûr, l’inconvénient qu’André a dit : les lignes décidées librement par les partis sont plus coriaces à modifiées en assemblée pléniaire.

Écrit par : Jean Romain | 22/11/2009

"Les rhéteurs magiciens des mots qui touchent" dont parle Jean Romain sont aujourd'hui ceux qui mèment les commissions par le bout du nez. Ceux qui "imposent" leur volonté sans même devoir en passer par la "sagacité" qu'on pourait espérer chez les députés du Grand Conseil. En effet, il leur est bien plus facile de "convaincre" une petite quinzaine de membres d'une commission plutôt que les 100 députés du Grand Conseil...
Je préférerais nettement un débat de personnes à personnes plutôt que cette parodie qui laisse le champ libre aux seuls "mentors" de chaque parti.
Il serait d'ailleurs intéressant d'en dresser la liste....facile!

Écrit par : duval | 22/11/2009

Mais alors, on se trouve dans un autre cas de figure. Si en plénière les députés savent ce qu’ils vont voter puisque les choses sont décidées en amont, dans les commissions, les choses ne sont pas encore jouées (même si, bien sûr, des groupes de pression pèsent sur les décisions futures, les lobbyistes de tous poils qui font miroiter des… intérêts).

Mais si durant les travaux des commissions d’habiles rhéteurs parviennent à faire basculer les votes en leur faveur, il n’y a pas de quoi récriminer : c’est la loi même de notre démocratie d’opinions.

Écrit par : Jean Romain | 22/11/2009

Le problème, c'est que justement, lors des plénières, les choses sont jouées parce que les députés ont l'obligation de suivre le mot d'ordre que leur parti leur impose, via les rhéteurs des commissions. Dès lors, plus besoin de débattre en plénière!
Pas un député n'ose aller à l'encontre de ces mots d'ordre....sous peine de blâmes sévères ou même d'exclusion des commissions.
Il est même arrivé que certains membres de commissions, ayant un avis divergent de celui du rhéteur, se soient vu interdire de participer au vote final de la dite commission ou tout simplement remplacé le jour de la votation!!!
Fasses que tu dises vrai et que, avec cette nouvelle députation, les choses changent, que les députés osent enfin faire valoir leur propre opinion.

Écrit par : duval | 22/11/2009

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