02/12/2009

Les étudiants genevois sont-ils plus bêtes que les autres ?

Intégralité du texte paru ce jour dans la TG, sous la plume de Monsieur Marc Fischer.


On reste estomaqué ! Au cas où les députés du Grand Conseil voteraient le projet de loi qui leur sera présenté avant la fin de l’année, la formation des maîtres de la division primaire sera plus longue à Genève que dans les autres cantons Suisses : 4 ans en IUFE au lieu de 3 ans en HEP. Tout cela parce qu’une formation universitaire (à Genève) est de nature « différente » que celle offerte dans les hautes écoles professionnelles romandes.

 

Mais pourquoi confier cette formation à l’Université ? C’est justement cette nature « différente » que l’ARLE conteste. En fait, pour former les maîtres primaires de manière satisfaisante, il faut remplir 3 conditions :

 

1.       Une formation valorisant l’apprentissage sur le terrain plutôt que la théorie et la recherche, dévolues à l’Université.

Les HEP proposent des formations plus ciblées sur les savoirs indispensables. Elles confient une partie de leur formation à des professionnels actifs sur le terrain et conscients des besoins de leurs futurs collègues.

Une HEP permet de proposer des cours qui n’auraient pas leur place dans un cursus totalement universitaire tels l’écriture, l’éducation artistique, l’éducation physique etc. qui sont particulièrement fondamentaux à l’école primaire.

 

2.       Le respect et le maintien du statut de « généraliste ». Les futurs instituteurs doivent pouvoir continuer à enseigner les disciplines artistiques (dessin, travaux manuels, musique, etc) plutôt que de confier entièrement ces enseignements aux seuls maîtres spécialistes. Il en va de la survie de cette belle profession.

C’est ce caractère de « généraliste » qui justement fait la richesse de cette profession, qui permet à l’instituteur de découvrir les élèves sous un autre jour et, à l’inverse, aux élèves de percevoir leur enseignant autrement que comme « un » « prof de français ou de math ». Les rapports ne seraient donc plus les mêmes et ils s’en trouveraient extrêmement appauvris, au détriment des élèves.

                                                                                          

3.       Dans un souci d’harmonisation évident, l’ARLE préconise donc une formation en 3 ans, dans une HEP, ce qui correspond à ce qui se fait partout ailleurs.

 

Or la commission de l’Enseignement supérieur, sous la pression du député Pierre Weiss, a abouti à un projet hybride et inutilement compliqué. Pourquoi Genève doit-elle persister à confier la formation des futurs maîtres à l’université (FAPSE) dont les théories socioconstructivistes ont contribué à mener l’école genevoise dans le mur ?

 

Quatre réponses à cette question : parce que c’est moins cher ? Parce que M. Weiss est à la fois juge et partie dans ce projet ? Parce que des études universitaires sont soi-disant plus « prestigieuses » ? Parce qu’on ne change pas une équipe qui perd ?

Choisissez la réponse qui convient, mais on ne peut admettre que pour quelque raison que ce soit, le Grand Conseil genevois, en mal de majorité, édicte une loi qui prétérite gravement les futurs maîtres genevois eux-mêmes. Il sera alors plus simple et plus efficace d’aller se former en 3 ans à Lausanne ou à Sion et de venir ensuite enseigner à Genève.

 

Cette loi serait un acte discriminateur pour les autochtones.

 

On a beau se perdre dans des chicanes partisanes compliquées, il reste un constat : si ailleurs on peut être formé en 3 ans, et si cette formation donne satisfaction, cela signifie qu’à Genève, l’IUFE (4 ans d’université) est moins performant qu’une HEP. Et c’est ce que l’ARLE n’a cessé de dire.

 

Ou alors ceux qui voteraient cette loi pensent-ils que les étudiants genevois sont simplement plus bêtes ou plus lents que leurs homologues romands …

 

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Commentaires

Un étudiant obtient le niveau qu'on veut bien lui donner. Le DIP est en mains d'idéologues, eux-mêmes incompétents par leur aveuglement d'une société utopique à laquelle ils aspirent, l'étudiant se trouve donc être la première victime de ce système complètement démentiel qu'est l'éducation genevoise.
J'ai fais toutes mes études dans le canton. Aujourd'hui, dans le monde du travail, je ne peux que constater la différence qualitative entre ceux qui ont fait leurs études en Valais, Vaud, etc. La plupart maîtrise parfaitement une deuxième langue et ont des connaissances informatiques de base largement supérieures à ce que j'ai pu apprendre au niveau collège et uni.
Il est grand temps que le DIP soit réformé!

Écrit par : bob | 02/12/2009

Cela fait partie de la stratégie initiée par MBG qui vise à démanteler l'école genevoise.

Écrit par : Johann | 02/12/2009

Oui Bob, t'as raison, ta médiocrité lors de tes études, c'est pas ta faute, c'est la faute du DIP !

Écrit par : Djinius | 02/12/2009

@Djinius;

Ai-je touché un point sensible? Vous devriez changer de système scolaire, visiblement vous ne savez pas retenir une idée d'un texte après lecture.
Pire, vous partez dans des imaginations farfelues (comment pouvez-vous écrire que j'étais médiocre dans mes études, sans même me connaître, et y apportez une conclusion aussi pitoyable?).
Cela me rappelle curieusement une certaine arrogance rencontrée dans le management du DIP...Ne changez rien, vous avez raison!

Écrit par : bob | 02/12/2009

Si on met de côté les intérêts personnels et familiaux du député ci-devant Weiss il semble crever les yeux que l'université de Genève perd des étudiants régulièrement et qu'il faut le plus de cancres possible pour que leurs études durent aussi longtemps que possible pour etc. ... continuer à recevoir la manne de l'état qui ne se justifie plus!

Écrit par : Valery | 02/12/2009

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