03/12/2009

On vit une époque formidable

Si l’on en croit l’article de la Tribune de Genève du jour, les directeurs divisent toujours l’école primaire.

Alors que ce nouveau système devait offrir plus d’autonomie et de réactivité aux établissements scolaires, on apprend que les ratés sont nombreux :

-          Multiplication de « chefaillons »

-          Une bureaucratie insensée qui épuise le corps enseignant

-          Un bon tiers des directeurs incompétents

-          Inutilité de la fonction

-          Etc.

Pour notre ministre, Charles Beer, il ne s’agit que de « problèmes ponctuels ». Tout va bien, il n’y a pas lieu de s’affoler car nous n’en sommes qu’aux « balbutiements » du processus de changement….des balbutiements à plus de 14.500.000 francs par année tout de même (93 directeurs à 13000 frs par mois).

Il est par ailleurs intéressant de noter que la plupart des intéressés, des cadres supérieurs, acceptent de s’exprimer à condition de le faire sous le couvert de l’anonymat ! Bonjour la transparence au DIP.

Il est vrai que ces gens ne sont pas fous.

Preuve en est l’interview de Madame Françoise Hirsig, directrice de l’établissement de Trembley, qui n‘hésite pas à déclarer que « pour rien au monde elle ne reviendrait en arrière »….pensez donc, elle avoue gérer 3 fois moins de travail que lorsqu’elle était inspectrice…elle ne va tout de même pas scier la branche sur laquelle elle est confortablement assise !

http://www.arle.ch/ecole-primaire/directeurs/61-placards-dores-dip

Et d’ajouter qu’en effet les directeurs ont une « faible marge de manœuvre », qu’ils « n’ont pas grand chose à dire quant au renouvellement de leur équipe », qu’ils « devraient avoir le droit d’être plus imaginatifs dans l’organisation »….

Bien entendu, en bonne petite soldate de sa hiérarchie, elle s’empresse de conclure que ce ne sont là que des « défauts de jeunesse ».

Le meilleur est à venir : « les directeurs vont à présent devoir devenir créatifs pour coller à la réalité du terrain » !!!

Mais qu’ont-ils fait jusqu’à maintenant, depuis 15 mois ?

Cerise sur le gâteau, la conclusion « assassine » de l’article de la TG : on y apprend

qu’il est temps pour ces directeurs de « s’investir dans le pédagogique en se préoccupant des projets pour les élèves en difficulté scolaire, c’est à ce prix que leur activité va véritablement prendre sens »….

Enfin ?! On est heureux de l’apprendre.

Il suffit d’être patient…ce sera pour nos petits-enfants.

Pour mémoire :

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/11/16/du-role-primordial-des-conseils-d-etablissement.html

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Commentaires

Ces directeurs sont inutiles et ajoutent de la difficulté à l'enseignement primaire : saoulés de directives, de papiers, d'ordres divers, les enseignants commencent à quitter le bâteau.
Alors qu'au post-obligatoire, les effectifs ont fortement augmenté mais pas les posts de professeur.

Écrit par : Jean Romain | 03/12/2009

Pas tant satisfaite que ça la Madame Directrice, elle réclame quand même une secrétaire à plein temps! Peut-être dans la hotte du Père Noël....le DIP purrait faire un geste!

Écrit par : riri | 03/12/2009

"Les cadres sont, sans surprise, peu enclins à s’exprimer à visage découvert alors que la plupart d’entre eux (à l’exception des anciens inspecteurs, devenus directeurs) sont en pleine phase d’évaluation".
Toujours l'omerta. Ceux que l'on évalue ne feront jamais de critiques. Le système sera donc évalué et déclaré parfait ou presque.
C'est pareil pour la formation des enseignants en IUFE. Presque tous les étudiants vous disent que c'est de la m... mais tout le monde y va bien sagement en attendant péniblement le diplôme.
Tout roule donc.

Écrit par : Marc Fischer | 03/12/2009

Rectification de ma lamentable erreur...non pas 1. 200 000 frs mais 14.500.000 frs par année!

Écrit par : duval | 03/12/2009

Une fois de plus, je ne puis que constater
la lucidité d'André Duval.

Le DIP Genève est incapable d'innover et
de se mettre à la page.

Petit comparatif :

Le DFJ Vaud supprimera le redoublement pro-
chainement et rénovera les filières du se-
condaire I, selon les voeux de Madame Anne-
Catherine Lyon, Conseillère d'Etat sociali-
ste.

Le DFJ Vaud, ce sera

- l'école obligatoire dès l'âge de 4 ans
- la maturité en 3 ans - donc à 18 ans
- la formation d'un instituteur en 3 ans
- la formation d'un maître de l'enseigne-
ment secondaire I en 3 ans + 2 ans, soit
un Bachelor universitaire, suivi de 2 ans
en HEP, avec trois disciplines d'enseigne-
ment
- la formation d'un maître de gymnase ou
secondaire II en 5 ans + 1 an, soit un
Master universitaire, suivi de 1 an en
HEP, avec deux didactiques de branche

Le DIP Genève, c'est

- la maturité en 4 ans - donc à 19 ans
- la formation d'un instituteur en 4 ans
- la formation d'un maître de l'enesigne-
ment secondaire en 5 ans + 2 ans (Master
obligatoire) + 1 an pour la deuxième di-
dactique de branche.

Monsieur Charles Beer est incapable de se
mettre d'accord avec ses confrères romands

Dans tous les cantons romand, les élèves
vont à l'école le mercredi matin. A Genève,
les instit - qui ont pourtant un salaire
supérieur de 1000.- à 2000.- chaque mois
par rapport aux instits vaudois - s'y re-
fusent totalement. Des enfants gâtés. Com-
me les Directeurs d'école primaire qui sont
surpayés pour les prestations qu'ils of-
frent. A noter que dans le canton de Vaud,
l'horaire de l'enseignant secondaire est
de 28 heures d'enseignement / semaine avec
un effectif moyen de 25 élèves. A Genève,
l'enseignant au C.O. fait 22 heures et il
hurle quand l'effectif de ses classes dé-
passe 20 élèves. Non sans réclamer la clas-
se salariale 22. Alors qu'un inspecteur de
la police judiciaire qui met sa vie en jeu
régulièrement n'est rémunéré qu'en classe
13.

En 10 ans au Conseil d'Etat, CB n'aura rien
fait, sinon augmenter la bureaucratie et le
papier. Puisque désormais, l'instit genevois
est amneé à faire mille rapport écrits sur
ses élèves à son dirlo. Qui justifie ainsi
son existence. Sans vraiment développer de
projet d'école en rapport avec la vie de
quartier. Puisqu'il n'a aucun budget et au-
cune latitude ni marge de décision.

Inutile de faire une étude comparative sur
le coût de l'élève entre les différents
cantons romands. L'élève genevois coûte
systématiquement 3000.- à 5000.- plus cher
par an que les autres élèves romands. Sans
que sa performance n'en soit meilleure (PISA).
Si les élèves genevois sont médiocres, c'est
sans doute que leurs maîtres sont mauvais.
Et si les maîtres sont mauvais, c'est que
la hiérarchie ne parvient pas à les dynamis-
ser, par manque de projet et d'imagination.
Il n'y a pas de capitaine à bord de l'école
primaire, seulement une armée à la mexicaine
avec plus de chefs que de soldats et de gens
de terrain. Personne n'oublie que pour finan-
cer le salaire des directeurs, CB a démantelé
le Service d'entrée en formation et supprimé
des postes de maîtresses d'appui, pourtant
indispensable. Il faut reprendre toute la
réflexion sur l'école et mieux distribuer
les ressources. Vivement 2013 et l'arrivée
d'un nouveau Conseiller d'Etat au DIP.

Écrit par : Jean Némard | 03/12/2009

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