14/01/2010

Cacher la m… au chat !

images.jpg

Le Grand Conseil s’apprête à voter la loi qui légalisera les directeurs d’établissement.

On a beau dénoncer l’aberration de cette nouvelle organisation du primaire, que ce soit au DIP ou auprès des députés de la commission de l’enseignement, rien n’y fait. Tout ce beau monde semble atteint autant de surdité que de cécité !

 

Tous les feux sont au rouge…cette fois ce n’est pas moi qui le dis mais Monsieur Olivier Baud, président de la Société Pédagogique Genevoise (SPG) dans les deux billets qu’il a fait paraître dans le journal l’Educateur.

 

Je vous en livre ici quelques extraits, édifiant !

 

Le 3ème volet de son constat qui paraîtra le 22 janvier nous réserve le meilleur. Je ne manquerai pas de vous en faire part.

 

Educateur N° 12 et 13 du 20 novembre et 11 décembre 2009

 

L’enquête menée par la SPG en automne 2008 avait d’emblée révélé les faiblesses et défauts du nouveau fonctionnement instauré trois mois auparavant. Mais, soi-disant, ces observations intervenaient trop tôt. Il fallait laisser du temps au temps, permettre au système de s’installer et de s’ajuster. Alors, maintenant qu’une année s’est écoulée, où en est-on ?

 

Directions d’établissement: le cumul des erreurs

 

La mise en place du nouveau fonctionnement de l’enseignement primaire à la rentrée 2008 n’a pas laissé de place à la critique. Ainsi, les propositions faites dès le début par l’association professionnelle, la seule à même de les formuler en consultant au plus près sa base, ont été ignorées par les autorités. Au prétexte qu’il était prématuré de demander l’avis du corps enseignant, aucune vraie correction n’a été apportée, comme cela aurait pu ou dû être le cas, dès janvier 2009.

Les éléments nouveaux, qui ne pouvaient être connus à l’époque de l’enquête, expliquent et renforcent a posteriori la justesse du profond sentiment d’insatisfaction exprimé alors, et qui perdure.

… le DIP a préféré invoquer la fatalité et imposer un changement sans revoir le scénario, en taillant dans les forces au front, mais en se gardant bien, par exemple, de toucher à un seul poste de directeur

 

Le nouveau fonctionnement de l’enseignement primaire ne produit pas les effets escomptés, au contraire. Source de démobilisation du corps enseignant, il convient d’essayer de comprendre comment nous en sommes arrivés là.

 

Le département de l’instruction publique (DIP) est resté sourd face aux revendications exprimées depuis un an. Occulter les doléances, se réfugier derrières des bilans globalement positifs et prôner la fuite en avant ne résoudra pas grand-chose. Un certain nombre de faits objectifs existent et ils doivent être pris en compte.

Avant que les directeurs d’établissement (Dir-E) ne forment un groupe de plus en plus homogène, davantage motivé par le management que par le leadership pédagogique, il faut soit diminuer drastiquement leur nombre soit modifier leurs responsabilités.

 

Un réservoir insuffisant

L’ambition d’engager d’un seul coup 93 Dir-E impliquait de disposer ou d’être capable d’attirer suffisamment de personnes ayant les compétences pour assumer cette fonction. Or, il a vite été avéré, le DIP l’a reconnu en premier, que les candidatures n’étaient pas à la hauteur des attentes. Le repêchage des dossiers a engendré une suspicion légitime envers l’ensemble des Dir-E. Là encore, garder une position rigide comme l’a fait le DIP en maintenant à tout prix son plan, alors qu’à l’évidence une proportion importante des futurs cadres supérieurs n’avait pas les qualités requises, ne peut être compris que comme une incapacité à anticiper, à reconnaître les défauts et à s’adapter. Mais refuser aussi ensuite – alors qu’un 10% de « déchet » avait été prévu – de se séparer des éléments inadéquats constitue un aveu de faiblesse pire.

 

(à suivre)

 

14:45 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

Je trouve toujours merveilleux ces gens qui prétendent détenir la vérité en matière d'enseignement et qui ne sont même pas capable de rédiger un document en utilisant une convention typographique digne de ce nom.

Écrit par : Djinius | 14/01/2010

Djinius, quand on n'est incapable de parler du fond, on critique la forme...

Écrit par : vieuxschnock | 14/01/2010

Pour Info :o) faudrait faire passer cet article au DIP...:=)


15.01.2010
Un objet d’étude : l’honnêteté!


L’objet d’une étude* dont le résultat a paru il y a quelques mois a attiré mon attention. En effet, à l’université de Genève, on a étudié l’honnêteté. Ou pour être plus précise, ce qu’apportent dans une entreprise des dirigeants qui considèrent l’honnêteté comme une valeur fondamentale. Ainsi ce que d’aucuns voient comme une simple et normale qualité humaine est devenue sujet d’étude sérieuse!




Pour ma part, j’ai entendu dès mon enfance qu’il ne fallait pas dire de mensonge, ne pas profiter des autres, être sincère et honnête. Ce sont mes parents, quelques enseignants sans doute et les cours de religion qui me l’ont appris.
En grandissant, j’ai vu des gens s’enrichir en trompant et en volant, mais j’ai essayé de garder une ligne de conduite honnête. Toutes les religions me semblent-ils l’enseignent comme une valeur fondamentale pour bien vivre en société. Je ne sais pas si les religions ont encore beaucoup d’audience, mais voilà que la science apporte sa caution :Les entreprises ont avantage à engager des managers possédant de hautes valeurs morales, d’une part parce que les comportements non éthiques peuvent coûter cher (faillites, scandales, ...)mais aussi parce que des dirigeants honnêtes sont plus stables et qu’ ils attirent la confiance de leurs employés comme des investisseurs.
Je trouve ça passionnant! Ce que nous savions ou pressentions, “nous” qui avons été élevé dans certains principes, est maintenant scientifiquement reconnu! Dans l’étude, de 40% à 60% des chefs d’entreprise auraient fait le choix de la droiture et de la véracité même si cela leur rapportait moins d’argent.
Encourageant!

*The power of truth : experimental eidence on economic implications of truth as a sacred value, Rajna Gibson, Carmen Tanner et Alexander F. Wagner, septembre 2009

Écrit par : vieuxschnock | 15/01/2010

Merci à "vieuxschnock" de savoir nous rappeler que "Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt."

Écrit par : Pascal Oudot | 16/01/2010

Les commentaires sont fermés.