22/01/2010

Je vous le jure, ça sent la rose !

On a beau leur mettre le nez dedans, …

 

Je vous l’avais promis, voici donc le 3ème volet du constat posé par Monsieur Olivier Baud, président de la SPG.

 

Billet du président – Educateur no 1 – 22 janvier 2010 – Olivier Baud – Genève

 

Directions d’établissement : le cumul des erreurs

 

Surcharge de travail, grogne et épuisement professionnel seraient-ils le lot obligé de toute réforme ? Peut-être que le département de l’instruction publique (DIP) préfère laisser passer ce message plutôt que d’admettre la réalité et reconnaître l’incapacité de ses services à mettre en œuvre le changement.

 

Pas de petits chefs !

 

Le conseiller d’Etat a eu beau marteler qu’il ne tolérerait pas l’avènement de directeurs d’établissement (Dir-E) autoritaires et assoiffés de pouvoir, son discours est resté lettre morte. Une conception caporaliste de la fonction rebute et fait des dégâts – c’était déjà le cas par le passé avec quelques inspecteurs, mais à une échelle moindre. Aujourd’hui, certains Dir-E ont tout loisir (il faut bien s’occuper!) de convoquer à tout bout de champ des collègues pour des babioles, leur rappeler qui est le chef et leur chercher des poux dans la tête. D’aucuns ne souffrent pas qu’une idée autre que la leur puisse être exprimée et cherchent à couper les têtes qui dépassent. D’autres jouent sur l’affect (« vous m’aimez ou vous me quittez ! ») ; etc. Face à des ambiances détestables, des équipes ont eu le courage d’écrire. Mais la direction générale de l’enseignement primaire (DGEP) a couvert ses cadres en banalisant les doléances, les reléguant à des « problèmes de communication » qu’elle se faisait fort d’aplanir. Seules les équipes soudées, qui ne s’en sont pas laissé compter, ont, avec l’aide de l’association professionnelle et au prix d’un grand effort, obtenu gain de cause. Ailleurs, le corps enseignant s’est divisé, la loi du silence a commencé à s’installer, et les conflits perdurent. Si, par négligence, ces cadres aux compétences insuffisantes sont confirmés dans leur fonction à la rentrée 2010 (après deux ans de période probatoire), la situation des équipes actuellement en souffrance ne s’améliorera pas, au contraire.

 

Girouettes régionales

 

L’évaluation des Dir-E révèle l’ampleur du malaise. Ce sont les cinq directeurs en charge des régions qui sont censés la faire, par délégation. Mais ceux-là ont été propulsés au dernier moment à cette pseudo fonction, sans cahier des charges. En effet, le conseiller d’Etat, faisant fi de la concertation, a décrété au printemps 2008, que les 5 directeurs en place à la DGEP n’avaient qu’à se dédoubler et improviser.

 

Les errances se répètent

 

Les multiples travers de la rénovation, depuis 1995 jusqu’à son quasi abandon en 2002, ont été analysés. Ils devaient être évités lors de cette nouvelle réforme. Les leçons du passé semblent cependant totalement ignorées. Le DIP continue à prétendre qu’il faut laisser du temps et ne prend aucune mesure corrective. Mais, finalement, si la réforme divise à nouveau, n’est-ce pas aussi tout simplement dû au fait que la DGEP n’est pas vraiment convaincue et ne croit pas à ce qu’elle fait (mal)? M. Didier Salamin, ancien directeur général, n’avouait-il pas, au moment de prendre sa retraite, que son pire souvenir[1] était le jour où il avait appris que les notes allaient disparaître ? Autant hier avec la rénovation qu’aujourd’hui avec le nouveau fonctionnement, un pilotage clairvoyant et convaincu fait défaut. Pour rire, relevons encore que lors de la première commission de fonctionnement, le 9 septembre 2005, les maîtres mots pour définir l’objectif étaient : « déhiérarchisation » et « désenchevêtrement ». Avec une DGEP nantie de tous les pouvoirs et un système opaque, plus bureaucratisé que jamais, c’est raté.

 



[1] Tribune de Genève du 27 déc. 2008, interview réalisée par Laurence Bézaguet

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Commentaires

Et le sabotage de l'école genevoise continue.

Tout ça pour la gloire d'un personnage qui prendra bientôt sa retraite aux frais du contribuable après avoir continué l'oeuvre de destruction. Multiplier les niveaux hiérarchiques, c'est le contraire d'une politique de gauche. C'est tout simplement honteux. Et il n'y aura personne pour assumer la responsabilité de ce sabotage. Car il n'y a personne pour contrôler l'incompétence des élus.

Écrit par : Johann | 22/01/2010

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