04/03/2010

Les carottes sont cuites, quel gâchis !

Le DIP s’offre un véritable casse-tête horaire et poursuit son travail de sape du métier d’instituteur.

Suite à l’article paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève

(http://www.tdg.ch/geneve/actu/heures-ecole-etat-va-creer-80-postes-2010-03-04)

, je me permets de reproduire ici un texte paru le 15 juin 2007 sous la plume de Monsieur Jérôme Faas.

Malheureusement, les craintes alors exprimées se confirment :

L’évolution de l’école menace l’instituteur touche-à-tout

 

 

L’école de demain sera-t-elle adaptée aux instituteurs d’aujourd’hui? Le patron de l’Instruction publique Charles Beer pense que la profession est amenée à évoluer. Peut-être les enseignants touche-à-tout ont-ils vécu. «A terme, l’instituteur sera un semi-généraliste», prédit le ministre. Cette perspective n’est pas du goût de tous, notamment de l’Association Refaire l’école (ARLE). Son président André Duval s’alarme: «On est en train de tuer le métier. »

Ses craintes trouvent leur source dans la réorganisation à venir de l’école primaire, qui s’articule autour de la nomination de 100 directeurs pour la rentrée 2008. Charles Beer a toujours promis que la création de ces postes ne coûterait rien. Pour y parvenir, il procédera, entre autres, à des «réallocations internes au sein du DIP». Ce seraient ces dernières qui, selon André Duval, signent l’arrêt de mort des instituteurs généralistes.

Aujourd’hui, des maîtres spécialistes interviennent dans les classes. Ils enseignent les travaux manuels, la musique, la gymnastique, le dessin, etc. Durant la plupart de ces leçons spécifiques, l’instituteur «régulier» reste dans la classe et seconde son collègue. En outre, les maîtres spécialistes ne dispensent pas toutes ces heures. Une bonne partie d’entre elles sont assurées par le titulaire, en solo.

Raboter cette mission est une mesure «scandaleuse et inacceptable», proteste André Duval. «Pour nous, la polyvalence est une richesse extraordinaire. Cela nous permet de voir les enfants sous un autre jour qu’au cours des leçons de français ou de mathématiques. Et inversement: les élèves ne nous perçoivent pas uniquement comme des professeurs de français ou de mathématiques. » La relation humaine qui se noue à ces occasions rejaillit alors sur l’enseignement à proprement parler, plaide le président de l’ARLE.

Or, les projets de Charles Beer sapent ce régime de polyvalence. Les «réallocations internes» correspondent à la volonté du ministre de «libérer» les maîtres titulaires lorsque leurs collègues spécialistes enseignent. Les interventions en duo paraissent superflues au socialiste. Il préférerait leur assigner des missions d’appuis dans d’autres classes durant ce laps de temps. Le dispositif n’est certes pas arrêté, mais l’idée directrice est là.

«Un vrai débat existe autour de la mutation de la profession», reconnaît Charles Beer. Il tente bien sûr de rassurer l’ARLE, en affirmant qu’il n’entend pas empêcher les maîtres titulaires de donner quelques heures spécialisées.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs/179-instituteur-touche-a-tout

Aujourd’hui, je saisis de mieux en mieux combien étaient « justifiés » les propos que notre ministre m’avait tenus, en 2005, lors de l’une de nos entrevues :

« Vous saurez une chose, Monsieur Duval, je ne suis pas un pédagogue, je suis un politicien ».

En effet, la pédagogie semble être bien loin de ses préoccupations. Se rend-il compte du préjudice irréparable qu’il porte à la belle profession d’instituteur ?

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs/179-instituteur-touche-a-tout

 

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