23/03/2010

Poker menteur au DIP ?

Ainsi donc tout est (presque) pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Les résultats de la première analyse de l'Observatoire du fonctionnement de l'enseignement  primaire sont connus

http://www.geneve.ch/dip/GestionContenu/detail.asp?mod=actualite.html&id=1299

A noter en préambule que

-          seuls 34% des enseignants (1 sur 3) ont répondu au questionnaire qui leur a été adressé. Qu’en est-il des 66% qui n’ont pas jugé bon de le faire ? Pourquoi ? Sentiment de brasser de l’air, inutilité parce que les dés sont de toute façon pipés, peur d’être fichés?

-          les résultats rendus publics ne sont que « globaux » et l’accès aux réponses données à certaines questions n’est pas possible. On aurait pourtant aimé savoir ce que les enseignants et les directeurs ont répondu à une question telle que

-    Tous les enseignant-e-s/Dir-E n’ont pas le même point de vue sur le rôle que devrait jouer le directeur / la directrice dans leur établissement. En dehors des tâches strictement administratives, voici une liste de quelques aspects de ce rôle. Pourriez-vous, pour chacun d’eux, nous indiquer s’il vous semble essentiel, important, etc. ?

 

Eh bien, moi, j’ai quelques doutes

-          quant aux résultats présentés.

J’ai de la peine à comprendre comment, en deux mois, la situation se serait à ce point améliorée. La SPG parlait, en janvier de « cumul des erreurs »…aujourd’hui la situation est qualifiée de « globalement  satisfaisante » !

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/01/14/cacher-la-m-au-chat.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/01/22/je-vous-le-jure-ca-sent-la-rose.html

J’ai des doutes

-          quant à la crédibilité à accorder aux réponses données par un enseignant sur trois. Sans compter que les personnes questionnées avaient par ailleurs l’opportunité d’influencer les résultats comme ils le désiraient puisqu’ils pouvaient sans problème remplir plusieurs fois le questionnaire sans que cela n’apparaisse au dépouillement.

J’ai des doutes

-          quant à la neutralité et l’indépendance des experts mandatés.

Ainsi M. S. est à la fois membre de la commission du DIP chargée de mettre en place ce nouveau fonctionnement et coordinateur de cet observatoire chargé de l’évaluer…soit juge et partiel !

Sans compter qu’il travaille depuis des années pour le DIP. N'est-il pas allé donner des cours au Groupe d'accompagnement des écoles (GA) sur les procédures à suivre pour élaborer les projets d'école?

Il en va de même pour M.P, professeur à la FAPSE. Haut fonctionnaire au DIP, pourrait-il aller à l’encontre de la réforme mise en place par son employeur sans faillir à son devoir de réserve ?

J’ai des doutes

-          quant au crédit à accorder à l’avis des directeurs. Connaissez-vous beaucoup de personnes assez folles pour être capables de scier la branche sur laquelle ils sont confortablement installés ? A noter d’ailleurs que la principale critique avancée par ces directeurs est…le manque de secrétariat! A n’en pas douter, le DIP ne manquera pas de leur donner satisfaction et transformera très vite ces placards dorés en placards en or massif.

 

Enfin, n’est-ce pas étrange que le DIP publie les résultats de cette analyse justement au moment où le Grand Conseil s’apprête à débattre de la loi qui devra valider cette nouvelle organisation du primaire, illégale jusqu’ici? Les députés apprécieront…

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Commentaires

Le DIP nous a malheureusement habitués aux enquêtes ou aux consultations foireuses! On définit les résultats que l'on veut obtenir puis on fabrique tout le reste. On pourrait parler des questionnaires tendancieux, des personnes expertes et parties, du taux massif d'abstention (le légendaire courage des enseignants), ...
Ces résultats n'ont AUCUNE valeur scientifique donc AUCUNE valeur tout court.

Écrit par : Fischer Marc | 23/03/2010

Les députés ne vont débattre de rien du tout puisque le projet de loi a été accepté sans opposition(avec deux abstentions MCG)par la commission de l'enseignement. Les députés n'ont pas même jugé utile d'attendre les résultats de cette enquête alibi pour activer la légalisation de la fonction de nos 91 "directeurs" d'établissement.
Cette bastringue mise en place à coup de millions n'aura servi qu'à une chose: raccourcir la laisse des enseignants ....POUR éVITER UNE RéEDITION DU COUP DE LA VOTATION SUR LES NOTES QUI AVAIT SIGNé LE GLAS DE LA RéNOVATION DU PRIMAIRE.

Écrit par : J-F Girardet | 23/03/2010

Vous vous attendiez à autre chose de la part du DIP ??????
Au prix que ces directeurs sont payés sur le dos du contribuable, il faut bien que l'enquête démontre leur utilité, non ? EN plus ils ont été nommés avant qu'une nouvelle loi soit votée au GC.
C'est juste n'importe quoi.. mais le pire c'est que des parlementaires vont voter cette nouvelle loi, parce qu'ils sont naïfs et ne connaissent pas ce département de l'intérieur.
Triste république !

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 23/03/2010

"au moment où le Grand Conseil s’apprête à débattre de la loi qui devra valider cette nouvelle organisation du primaire,"

Qui dit loi dit possibilité d'un référendum... non?


P. comme Perruchoud? Peut-on être prof à l'uni et fonctionnaire du dip en même temps?

Écrit par : Johann | 23/03/2010

Une question:

Les directeurs ont étés mis en place afin de, notamment, relever les maîtres principaux, qui, depuis des années, réglaient "l'administratif" de l'école, chapeautés par des inspecteurs.

Ces directeurs devaient donc prendre le relais de ces maîtres, qui accomplissaient ces fonctions sur temps de décharge, et malgré tout enseignaient dans leurs classes.

Aujourd'hui, on a des directeurs à temps plein (qui n'enseignent donc pas, comme les anciens maîtres principaux) souvent aidés par un maître adjoint ET d'une secrétaire, ceci pour accomplir le même travail.

...et de plus, dans de nombreuses écoles, ces directeurs délèguent encore aux enseignants (sans compensations financières) des tâches auparavant accomplies par les maîtres principaux.

...résultat des courses? comptons un peu:

Hier, 1 maître principal pour une école disons de 12 classes. Décharge d'une demi-journée pour sa fonction de MP. Compensation financière pour la tâche supplémentaire.
=, aujourd'hui, pour le même travail, 1 directeur à temps complet(bien payé), plus un maître adjoint, plus un secrétaire à temps partiel.

Donc, 1 poste à temps partiel, remplacé par 1 poste à temps complet, plus 2 postes à temps partiel...pour à peu près le même travail (quelques tâches en plus pour les directeurs quand même, mais ceci justifie-t-il cela?)

Assez choquant, surtout lorsque les-dits directeurs se permettent encore de déléguer des tâches aux enseignants...

Le but de l'école n'étant pas l'administratif mais bien l'enseignement aux enfants, si certains moyens avaient simplement étés alloués en postes d'enseignement (structure de direction moins lourde versus enseignants supplémentaires) les enfants y auraient certainement été gagnants.

Écrit par : desperatehousewives | 24/03/2010

"Assez choquant, surtout lorsque les-dits directeurs se permettent encore de déléguer des tâches aux enseignants..."

Avez-vous des exemples concrets?

Écrit par : Johann | 24/03/2010

Oui, mais ce n'est certainement pas l'endroit pour entrer dans les détails.

Écrit par : desperatehousewives | 24/03/2010

@Johann et desperate

Un referendum est en effet possible, mais ça coûte cher et le sujet n'est pas évident à faire "passer".
Malgré une certaine autonomie, l'uni est toujours dépendante du DIP me semble-t-il. Un prof à l'uni est bien payé par l'Etat.
Desperate, vous résumez bien la situation que je n'ai pas cessé de dénoncer dans de nombreux billets et lettres dans la TG. Par exemple:

http://www.arle.ch/ecole-primaire/directeurs/61-placards-dores-dip

http://www.arle.ch/ecole-primaire/directeurs

J'ai également de nombreux exemples qui montrent comment les directeurs délèguent bien des tâches aux enseignants!

Écrit par : duval | 24/03/2010

Bonsoir,

Je suis enseignant dans une école en REP et nous sommes TRÈS contents de notre directrice.
Je veux bien admettre que ça ne se passe pas toujours bien avec certains directeurs, mais il ne faut pas tous les mettre dans le même panier.

Les différents dossiers avancent, ce qui n'était pas le cas avec les RE/MP, n'en déplaise aux nostalgiques de l'ancien régime. La proximité avec notre supérieur hiérarchique résout bien des problèmes, notamment avec les parents.

Cordialement.

Écrit par : Content | 24/03/2010

@content
Les écoles en REP sont un cas bien à part qui nécessite, en effet, des ressources particulières. Ce n'est pas le cas des autres écoles et c'est de leurs directeurs dont je parle. Je le dis et je le répète sans cesse, c'est le nombre de directeurs qui n'est pas normal et qui fait de leurs postes des placards dorés. Un gaspillage de forces qui devraient être mises au service des élèves, par exemple en créant des postes d'enseignants en vue de mettre en place les mesures d'accompagnement qu'on attend toujours...

Écrit par : duval | 24/03/2010

Voilà encore un "défaut" à ce questionnaire. Je peux comprendre que les enseignants des écoles en REP soient satisfaits de leur direction....et je me demande si ce ne sont pas eux qui représentent le gros des 34% de personnes qui ont répondu au questionnaire...ce qui donnerait une piste d'explication au résultat présenté...

Écrit par : duval | 24/03/2010

Il serait donc intéressant de connaître les pourcentages de réponses par "catégorie" d'enseignants, ce que le questionnaire mentionnait:

Titulaire généraliste division ordinaire
Maître / Maîtresse spécialiste (MS)
Formateur / Formatrice
Enseignant-e chargé-e du soutien pédagogique (ECSP)
Titulaire de classe d'accueil (CLACC)
Educateur / Educatrice en REP

Je pense que les réponses sont très différentes en fonction du statut de la personne qui répond.

Écrit par : duval | 24/03/2010

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