27/03/2010

Horaire scolaire des écoliers genevois : le DIP hors-la-loi

Le DIP a mis en ligne une brochure très complète intitulée «consultation sur une proposition d’un nouvel horaire scolaire des élèves »

 

http://www.ge.ch/dip/doc/dossiers/temps-scolaire/brochure_tps-scolaire.pdf

 

A sa lecture, deux points me dérangent particulièrement.

1.     Cette consultation ne laisse aucun choix :

Page 5 :

« La commission HHS (commission générale «HarmoS et Horaire Scolaire») compte recevoir des réponses aux questions qu'elle pose et des appréciations à partir d'un seul modèle horaire basé sur le scénario d'une dotation d'enseignement répartie sur 4,5 jours d'école pour les 11 années de la scolarité obligatoire. La majorité de ses membres a en effet estimé qu'il n'était pas pertinent de proposer un choix ouvert de plusieurs modèles basés sur les différents scénarios. Après 8 mois de travaux intenses, elle a préféré communiquer et tenir compte des premières conclusions auxquelles elle est parvenue et qui sont résumées dans les pages suivantes, même si cette option peut présenter le risque de donner l'impression que le champ et le choix sont restreints. Au fond, il ne s'agit plus pour la majorité de la commission HHS de récolter les préférences des uns et des autres, qui sont en bonne partie connues par les enquêtes et sondages effectués au cours des derniers mois, mais de solliciter des prises de position et des contributions utiles ».

 

Voilà qui est clair….

2.     Le modèle choisi par la commission prive les élèves du cycle primaire des appuis pourtant inscrits dans la loi :

Page 15, le modèle d’horaire scolaire soumis à consultation:

Selon le tableau présenté (document impossible à reproduire ici, à voir en suivant le lien d’accès à la brochure, p.15), des plages horaires destinées à l’appui (en bleu clair) pour les élèves en difficulté scolaire sont prévues pour les degrés de la 1E à la 1P.

 

Si c’est un bon début, c’est bien loin d’être suffisant et cet effort doit impérativement être poursuivi durant le cycle primaire.

 

Pourtant, aucune plage « appui » n’est prévue pour les autres degrés de la 2P à la 6P!

 

Ces élèves seront donc privés des mesures d’accompagnement auxquelles la loi leur donne pourtant droit !

 

Ceci est tout simplement un scandale inacceptable.

 

J’invite donc la commission HHS ainsi que tous les partenaires qu’elle s’apprête à consulter à remédier à cet état de fait déplorable.

10:19 | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

26/03/2010

Hum, y a comme quelque chose qui dérange…

La Tribune de Genève annonce aujourd’hui

« Le mercredi matin d’école fera son retour en 2011 à Genève »

http://www.tdg.ch/geneve/actu/mercredi-matin-ecole-fera-r...

Il y a quelques jours je disais sur ce blog

le DIP est en pleine consultation sur la question du « quand » faut-il ajouter ces heures scolaires ? Mercredi matin, samedi matin, quelques minutes en plus chacun des 4 jours d’école ?

S’il est nécessaire d’augmenter l’horaire scolaire des écoliers genevois, c’est cette question qui est d’actualité.

Mais voilà, force est de constater que le DIP a des méthodes bien à lui…et qui dérangent.

L’année passée, une large consultation a été menée par le syndicat des enseignants (SPG) auprès des personnes intéressées ; le résultat était sans appel : refus de la solution de l’école le mercredi matin, plutôt rallonger chacune des quatre journées scolaires.

Pourtant, aujourd’hui, la commission mise en place par le DIP n’en tient nullement compte et tranche autoritairement pour la solution que la majorité des enseignants et des parents rejetaient !

Et pour couronner le tout, afin de se donner bonne conscience, le département annonce que

« Dès aujourd’hui, une large consultation sur l’adhésion au modèle choisi s’ouvre auprès de tous les partenaires concernés par l’école ».

??!!!!

Etrange méthode …on consulte dans un premier temps, on prend une décision sans tenir compte du résultat dérangeant de cette consultation et on lance une nouvelle consultation.

Cherchez l’erreur….bizarre vous avez dit bizarre ?

 

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, c’est le parti radical genevois qui, dans sa déclaration du jour, met l’accent sur l’essentiel du problème et je m’en réjouis.

« Pour être efficace, cette mesure doit s’accompagner d’une véritable structure d’appui qui permette de soutenir les élèves en difficulté scolaire : cours supplémentaires, appuis d’été, tutorats ou appuis personnalisés selon les lacunes constatées comme l’exige déjà la loi ».

09:49 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

25/03/2010

Y a comme quelque chose qui dérange…

La Tribune de Genève annonce aujourd’hui

« Le mercredi matin d’école fera son retour en 2011 à Genève »

http://www.tdg.ch/geneve/actu/mercredi-matin-ecole-fera-retour-2011-geneve-2010-03-25

Il y a quelques jours je disais sur ce blog

le DIP est en pleine consultation sur la question du « quand » faut-il ajouter ces heures scolaires ? Mercredi matin, samedi matin, quelques minutes en plus chacun des 4 jours d’école ?

S’il est nécessaire d’augmenter l’horaire scolaire des écoliers genevois, c’est cette question qui est d’actualité.

Mais voilà, force est de constater que le DIP a des méthodes bien à lui…et qui dérangent.

L’année passée, une large consultation a été menée par le syndicat des enseignants (SPG) auprès des personnes intéressées ; le résultat était sans appel : refus de la solution de l’école le mercredi matin, plutôt rallonger chacune des quatre journées scolaires.

Pourtant, aujourd’hui, la commission mise en place par le DIP n’en tient nullement compte et tranche autoritairement pour la solution que la majorité des enseignants et des parents rejetaient !

Et pour couronner le tout, afin de se donner bonne conscience, le département annonce que

« Dès aujourd’hui, une large consultation sur l’adhésion au modèle choisi s’ouvre auprès de tous les partenaires concernés par l’école ».

??!!!!

Etrange méthode …on consulte dans un premier temps, on prend une décision sans tenir compte du résultat dérangeant de cette consultation et on lance une nouvelle consultation.

Cherchez l’erreur….bizarre vous avez dit bizarre ?

 

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, c’est le parti radical genevois qui, dans sa déclaration du jour, met l’accent sur l’essentiel du problème et je m’en réjouis.

« Pour être efficace, cette mesure doit s’accompagner d’une véritable structure d’appui qui permette de soutenir les élèves en difficulté scolaire : cours supplémentaires, appuis d’été, tutorats ou appuis personnalisés selon les lacunes constatées comme l’exige déjà la loi ».

20:33 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

23/03/2010

Poker menteur au DIP ?

Ainsi donc tout est (presque) pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Les résultats de la première analyse de l'Observatoire du fonctionnement de l'enseignement  primaire sont connus

http://www.geneve.ch/dip/GestionContenu/detail.asp?mod=actualite.html&id=1299

A noter en préambule que

-          seuls 34% des enseignants (1 sur 3) ont répondu au questionnaire qui leur a été adressé. Qu’en est-il des 66% qui n’ont pas jugé bon de le faire ? Pourquoi ? Sentiment de brasser de l’air, inutilité parce que les dés sont de toute façon pipés, peur d’être fichés?

-          les résultats rendus publics ne sont que « globaux » et l’accès aux réponses données à certaines questions n’est pas possible. On aurait pourtant aimé savoir ce que les enseignants et les directeurs ont répondu à une question telle que

-    Tous les enseignant-e-s/Dir-E n’ont pas le même point de vue sur le rôle que devrait jouer le directeur / la directrice dans leur établissement. En dehors des tâches strictement administratives, voici une liste de quelques aspects de ce rôle. Pourriez-vous, pour chacun d’eux, nous indiquer s’il vous semble essentiel, important, etc. ?

 

Eh bien, moi, j’ai quelques doutes

-          quant aux résultats présentés.

J’ai de la peine à comprendre comment, en deux mois, la situation se serait à ce point améliorée. La SPG parlait, en janvier de « cumul des erreurs »…aujourd’hui la situation est qualifiée de « globalement  satisfaisante » !

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/01/14/cacher-la-m-au-chat.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/01/22/je-vous-le-jure-ca-sent-la-rose.html

J’ai des doutes

-          quant à la crédibilité à accorder aux réponses données par un enseignant sur trois. Sans compter que les personnes questionnées avaient par ailleurs l’opportunité d’influencer les résultats comme ils le désiraient puisqu’ils pouvaient sans problème remplir plusieurs fois le questionnaire sans que cela n’apparaisse au dépouillement.

J’ai des doutes

-          quant à la neutralité et l’indépendance des experts mandatés.

Ainsi M. S. est à la fois membre de la commission du DIP chargée de mettre en place ce nouveau fonctionnement et coordinateur de cet observatoire chargé de l’évaluer…soit juge et partiel !

Sans compter qu’il travaille depuis des années pour le DIP. N'est-il pas allé donner des cours au Groupe d'accompagnement des écoles (GA) sur les procédures à suivre pour élaborer les projets d'école?

Il en va de même pour M.P, professeur à la FAPSE. Haut fonctionnaire au DIP, pourrait-il aller à l’encontre de la réforme mise en place par son employeur sans faillir à son devoir de réserve ?

J’ai des doutes

-          quant au crédit à accorder à l’avis des directeurs. Connaissez-vous beaucoup de personnes assez folles pour être capables de scier la branche sur laquelle ils sont confortablement installés ? A noter d’ailleurs que la principale critique avancée par ces directeurs est…le manque de secrétariat! A n’en pas douter, le DIP ne manquera pas de leur donner satisfaction et transformera très vite ces placards dorés en placards en or massif.

 

Enfin, n’est-ce pas étrange que le DIP publie les résultats de cette analyse justement au moment où le Grand Conseil s’apprête à débattre de la loi qui devra valider cette nouvelle organisation du primaire, illégale jusqu’ici? Les députés apprécieront…

21:19 | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook

18/03/2010

Caroline

En faisant de l’ordre dans mon grenier, j’ai retrouvé le livret scolaire de Caroline.

Elle a fait toute sa scolarité obligatoire à l’école communale de Vex en Valais, c’était dans les années trente.

Assis sur une malle, c’est avec émotion que je l’ai parcouru.

On y découvre, en introduction, le règlement en vigueur à l’époque…

Je ne résiste pas à vous en livrer quelques extraits…à méditer !

Parents

-Toute absence non justifiée aux écoles primaires est passible d’une amende de 20 Cts pour chacune des trois premières absences de l’année scolaire et de 40 Cts pour chacune des autres absences du même élève.

-Les demandes de congé ou de permission basées sur des motifs reconnus faux sont punies de 2 à 10 frs d’amende.

-Les parents qui entravent ou négligent gravement l’éducation et l’instruction des enfants confiés à leurs soins sont punis d’une amende de 10 à 30 frs.

-Il est interdit à toute personne de s’introduire dans le bâtiment de l’école pour adresser des reproches au personnel enseignant ou de le troubler dans l’exercice de ses fonctions.

-L’abus des boissons alcooliques produit des effets funestes sur la santé physique, intellectuelle et morale. Il faut donc éviter tout excès dans l’usage des boissons fermentées et surtout distillées.

Elèves

-L’exactitude est le devoir d’un bon élève. Tout retard non motivé est passible d’une punition.

-Pendant la classe, l’élève se montre attentif, il s’acquitte consciencieusement de tout travail imposé. Il s’abstient de tout ce qui est contraire à l’ordre et aux bienséances, comme de faire du bruit, de manger, de quitter sa place sans permission, d’avoir une tenue inconvenante.

-Il est défendu aux élèves

-         de détériorer le matériel scolaire et les murs de l’école ;

-         de répliquer aux observations qui leur sont faites ;

-         de proférer des paroles grossières ou malhonnêtes ;

-         de se battre, de s’injurier, de faire quoi que ce soit contre les règles de la politesse et du bon ton.

-Partout et toujours, spécialement dans les rues et sur les places publiques, les bons élèves se respectent eux-mêmes et respectent les personnes et les choses. Ils sont polis et prévenants à l’égard des étrangers, ne se moquent jamais des vieillards, ni des infirmes, ne se permettent pas d’écrire sur les portes ou les murs, de se battre, de faire du tapage, de fumer, de maltraiter les animaux et de dénicher les petits oiseaux.

!!!!!

Oui, oui, je sais ! La société change et l’école doit s’y adapter ! Et les enfants sont des mutants ! Tant et si bien que ce règlement paraît aujourd’hui complètement désuet !

18:09 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

16/03/2010

Les gosses sont-ils des mutants ?

J’ai reçu une invitation sur facebook !

Un ancien élève…de fil en aiguille, j’ai alors découvert le site des « anciens » de l’école de S.

Il m’a suffi de le parcourir pour qu’aussitôt tant de souvenirs se mettent à défiler…de nombreuses photos sont disponibles.

Toutes ces frimousses enfantines gravées dans ma mémoire ressurgissent…ils sont ADULTES ! Est-ce possible ? C’est que pour moi, le temps c’était arrêté et ces gosses n’ont pas pu grandir.

Aussitôt, je me remémore tous ces moments que la belle profession d’instituteur « touche à tout » autorisait alors.

Les spectacles que nous préparions chaque année pour les présenter à la population de la commune à l’occasion de la fête de Noël. Il fallait distribuer et mettre au point les rôles que chacun des gosses tiendrait. Qui serait le Petit Prince, qui représenterait Joseph ou Marie, l’âne ou le bœuf ? Que de répétions pour préparer les chants qui accompagnaient la pièce. Que de remue-ménage, au grand dam du concierge, pour fabriquer ces magnifiques décors sous la houlette d’André N., le maître de dessin/travaux manuels.

Que de coups de gueule, que de stress, d’agacement pour y parvenir…mais quel bonheur, quelle joie pour tout le monde, quand le grand soir de la représentation arrivait.

Dès le printemps, en vue de la fête des promotions, j’avais l’habitude de tourner un film d’aventures avec mes élèves. Une fois le scénario établi, ce qui n’était pas une mince affaire, c’était tous ces moments magiques qui survenaient au gré de l’humeur du jour ou de la météo.

Point besoin, à l’époque, de remplir une multitude de circulaires pour obtenir l’autorisation nécessaire à toute sortie…Parents, inspecteur, tout le monde jouait le jeu.

Ainsi, il suffisait d’un rayon de soleil, d’une idée subite pour que d’un coup de téléphone, un ou deux vignerons du coin accourent avec leur camionnette pour nous mener où bon nous semblait.

Souvenir mémorable que ce tournage dans les marais de la Versoix. Les enfants devaient progresser péniblement à travers une jungle humide et dense, embourbés jusqu’aux genoux…

De même pour cette scène de la traversée de l’Allondon, rebaptisée « Rivière enchantée » pour l’occasion. Nous y avions déversé quantité de neige carbonique qui dégageait une abondante fumée et donnait à la rivière cet aspect recherché d’irréel.

Chaque année nous descendions les mêmes marais de la Versoix en canoës, vieilles embarcations que nous avions récupérées au Service des loisirs et soigneusement retapées dans le cadre des cours de travaux manuels. Là aussi, que de souvenirs ! Le passage toujours délicat où, inlassablement, nous attendait ce couple de cygnes qui nichait dans les hautes herbes de la berge. Le mâle ne manquait pas d'être au rendez-vous pour nous effrayer en « chargeant » l’un ou l’autre de nos esquifs.

Oui, oui, je sais, on me dira que c’était au siècle passé, que la société a changé et que l’école doit s’y adapter, blâblâblâ…

Les enfants sont-ils pour autant des mutants ? Leurs besoins ne sont-ils plus les mêmes ?

14:13 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

11/03/2010

Qu'en pensez-vous?

11 mars 2010

Communiqué de presse

 
Enseignement du fait religieux: OUI
Propagande politique: NON

Le Parti radical genevois apprend que le Département de l'instruction publique veut introduire, à l'école obligatoire, l'étude des "grands textes fondateurs". Attachés au principe de laïcité, les radicaux genevois ont depuis de nombreuses années souhaité que l'école publique propose un enseignement laïc du fait religieux et soutiennent donc l'idée de principe. En revanche, ils s’opposent à ce que le DIP intègre dans ces textes les oeuvres de Karl Marx ou de Montaigne.
 
L'étude historique et culturelle des grandes traditions religieuses, sous l'égide de l'instruction publique, est susceptible de favoriser la compréhension mutuelle. C'est pourquoi les radicaux souhaitent un enseignement sur les traditions israélite, chrétienne, musulmane, bouddhiste et hindouiste, les cinq plus influentes religions du monde. "Notre siècle a besoin de savoir, pas de croire", avait affirmé le radical Carl Vogt pour soutenir la création de l'Université en 1873. C'est ainsi que l'école doit favoriser la connaissance, y compris dans le domaine religieux.
 
Les radicaux s'opposent par contre fermement à ce que l'on y mêle l'enseignement de textes de propagande politique, sous couvert de philosophie. Ne faudrait-il pas, alors, aborder aussi les pensées fondatrices pour nos démocraties libérales: Montesquieu, Tocqueville, Constant, Alain? Au cycle d’orientation, élèves et enseignants ont déjà du pain sur la planche pour acquérir les connaissances de base en français et en histoire. Au post- obligatoire, l’enseignement de la philosophie permettra d’aborder les grands auteurs et les courants de pensée.

13:50 | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook

04/03/2010

Les carottes sont cuites, quel gâchis !

Le DIP s’offre un véritable casse-tête horaire et poursuit son travail de sape du métier d’instituteur.

Suite à l’article paru aujourd’hui dans la Tribune de Genève

(http://www.tdg.ch/geneve/actu/heures-ecole-etat-va-creer-80-postes-2010-03-04)

, je me permets de reproduire ici un texte paru le 15 juin 2007 sous la plume de Monsieur Jérôme Faas.

Malheureusement, les craintes alors exprimées se confirment :

L’évolution de l’école menace l’instituteur touche-à-tout

 

 

L’école de demain sera-t-elle adaptée aux instituteurs d’aujourd’hui? Le patron de l’Instruction publique Charles Beer pense que la profession est amenée à évoluer. Peut-être les enseignants touche-à-tout ont-ils vécu. «A terme, l’instituteur sera un semi-généraliste», prédit le ministre. Cette perspective n’est pas du goût de tous, notamment de l’Association Refaire l’école (ARLE). Son président André Duval s’alarme: «On est en train de tuer le métier. »

Ses craintes trouvent leur source dans la réorganisation à venir de l’école primaire, qui s’articule autour de la nomination de 100 directeurs pour la rentrée 2008. Charles Beer a toujours promis que la création de ces postes ne coûterait rien. Pour y parvenir, il procédera, entre autres, à des «réallocations internes au sein du DIP». Ce seraient ces dernières qui, selon André Duval, signent l’arrêt de mort des instituteurs généralistes.

Aujourd’hui, des maîtres spécialistes interviennent dans les classes. Ils enseignent les travaux manuels, la musique, la gymnastique, le dessin, etc. Durant la plupart de ces leçons spécifiques, l’instituteur «régulier» reste dans la classe et seconde son collègue. En outre, les maîtres spécialistes ne dispensent pas toutes ces heures. Une bonne partie d’entre elles sont assurées par le titulaire, en solo.

Raboter cette mission est une mesure «scandaleuse et inacceptable», proteste André Duval. «Pour nous, la polyvalence est une richesse extraordinaire. Cela nous permet de voir les enfants sous un autre jour qu’au cours des leçons de français ou de mathématiques. Et inversement: les élèves ne nous perçoivent pas uniquement comme des professeurs de français ou de mathématiques. » La relation humaine qui se noue à ces occasions rejaillit alors sur l’enseignement à proprement parler, plaide le président de l’ARLE.

Or, les projets de Charles Beer sapent ce régime de polyvalence. Les «réallocations internes» correspondent à la volonté du ministre de «libérer» les maîtres titulaires lorsque leurs collègues spécialistes enseignent. Les interventions en duo paraissent superflues au socialiste. Il préférerait leur assigner des missions d’appuis dans d’autres classes durant ce laps de temps. Le dispositif n’est certes pas arrêté, mais l’idée directrice est là.

«Un vrai débat existe autour de la mutation de la profession», reconnaît Charles Beer. Il tente bien sûr de rassurer l’ARLE, en affirmant qu’il n’entend pas empêcher les maîtres titulaires de donner quelques heures spécialisées.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs/179-instituteur-touche-a-tout

Aujourd’hui, je saisis de mieux en mieux combien étaient « justifiés » les propos que notre ministre m’avait tenus, en 2005, lors de l’une de nos entrevues :

« Vous saurez une chose, Monsieur Duval, je ne suis pas un pédagogue, je suis un politicien ».

En effet, la pédagogie semble être bien loin de ses préoccupations. Se rend-il compte du préjudice irréparable qu’il porte à la belle profession d’instituteur ?

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs/179-instituteur-touche-a-tout

 

12:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

03/03/2010

Nathalie, Marc, Olivier et les autres…parviendront-ils à construire ensemble ?

Il y avait du monde ce matin chez Pascal Décaillet à débattre de l’augmentation du temps scolaire à l’école primaire genevoise.

http://www.radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaillet.html

Tout en préservant bien sûr leur tendance politique, chacun des intervenants avaient raison quelque part.

Je ne peux que m’en réjouir puisque, enfin, ils approuvaient ce que j’avance depuis des mois.

L’augmentation des heures scolaires à l’école primaire est une évidence à laquelle nos écoliers n’échapperont pas. Il y a longtemps que le Président du DIP l’a annoncée.

A cet égard, Monsieur Olivier Baud a raison d’avancer que le parti radical genevois fait preuve d’opportunisme…mais n’est-ce pas le propre de tout politique que de faire preuve d’opportunisme ?

Il est vrai que le DIP est en pleine consultation sur la question du « quand » faut-il ajouter ces heures scolaires ? Mercredi matin, samedi matin, quelques minutes en plus chacun des 4 jours d’école ? Laissons donc en effet cette consultation aboutir avant de remuer ciel et terre.

L’action que vient de lancer le PRG n’est pourtant pas inutile, le « vieux parti » reprenant la vraie question!

Que va-t-on faire de ce temps supplémentaire ?

Sur ce point, tout le monde semblait se rejoindre ce matin.

-          L’introduction de l’enseignement de l’anglais nécessitera un certain nombre d’heures.

-          Le renforcement de l’enseignement de l’allemand également (à cet égard, il serait judicieux d’engager des enseignants spécialistes de ces langues).

-          La mise en place des fameuses mesures d’accompagnement, de cet appui obligatoire pour les élèves en difficulté scolaire, nécessite du temps… à prendre sur ces heures supplémentaires notamment.

Mais ce ne sera pas suffisant, c’est pourquoi il faut encore prévoir des heures hors horaire scolaire.

 

Ils ont donc raison :

-          Monsieur Marc Fisher, appuyé par Monsieur Jean-François Girardet, d’avancer que cette augmentation d'horaire doit prioritairement être attribuée aux élèves en difficultés scolaires et répondre aux besoins en matière de mesures d'accompagnement.

-          Madame Nathalie Fontanet d’avancer que des forces importantes existent au DIP et qu’elles sont mal utilisées…et de dénoncer tous ces nombreux postes inutiles qu’on y trouve….

-          Monsieur Olivier Baud d’avancer que ce sera insuffisant, que des moyens financiers devront encore être alloués….(peut-être pas à hauteur des 88 millions qu’il a revendiqués…avec humour à n’en pas douter).

-          Monsieur Murat Alder d’avancer que le PRG se battra pour obtenir ces moyens financiers supplémentaires.

Alors…

Tout le monde politique parviendra-t-il, pour une fois, à mettre entre parenthèses leurs éternels clivages pour s’accorder et construire ensemble une école genevoise qui œuvre pour le bien de tous les élèves de ce canton ?

 

En définitive, ce matin, le seul qui avait tort, c’est Monsieur Décaillet….

Pourquoi, lui, brillant journaliste, coupe-t-il trop souvent la parole à certains de ses invités ?

Pourquoi se sent-il obligé d’envoyer des « piques » totalement injustifiées et donc inutiles ?

Dommage de détériorer ainsi son image de marque.

Je suis persuadé qu’il saura le comprendre et rapidement rectifier le tir…

19:55 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

02/03/2010

Ca bouge….enfin!!!

Le parti radical genevois a tenu ce matin une conférence de presse.

Enfin, des politiques se penchent sur les vrais problèmes de notre école.

Je vous livre ci-dessous, le texte du communiqué de presse.

 

Ecole publique : Les Radicaux veulent que nos élèves aient les mêmes chances que dans les autres cantons

Les élèves qui suivent les 9 années d’école obligatoire à Genève travaillent 1400 périodes de 45 minutes de moins que les petits Valaisans ou 1100 de moins que les Fribourgeois, deux cantons qui arrivent en tête de tous les tests PISA. Pourquoi cette énorme différence ? Les Radicaux genevois interviendront ces prochaines semaines pour que nos enfants bénéficient d’une demi-journée de cours supplémentaire. Ils y ont droit et en ont besoin pour se préparer à leur vie professionnelle avec de bonnes chances de succès.

 

Par ailleurs, les Radicaux demandent que le Département de l’instruction publique mette sur pied une structure d’appui digne de ce nom afin d’encadrer les élèves en difficulté scolaire : cours supplémentaires, appuis d’été, tutorats ou appuis personnalisés selon les lacunes constatées. Il n’est pas responsable de promouvoir les élèves de manière automatique alors qu’ils n’ont pas le niveau requis sans leur fournir un appui digne de ce nom.

 

L’élève doit aussi avoir l’occasion de consolider chez lui les matières étudiées en classe. Or, les devoirs à domicile sont régulièrement remis en cause, certains n’osent plus en donner. C’est dommage. Acquérir des connaisances demande du temps et une discipline de travail qui se développe dès le plus jeune âge, par le respect pour la matière enseignée et pour les enseignants. Les Radicaux ont déposé au Grand Conseil en février 2009 déjà un projet de loi «pour le respect, l’intégration et la sérénité à l’école publique». Actuellement étudié en Commission, ce projet prévoit notamment de donner aux élèves un cadre de comportement minimal qui permette aux enseignants d’exercer leur métier dans de bonnes conditions. Le comportement des élèves devrait faire l’objet d’une véritable évaluation mensuelle.

 

Enfin, l’accueil continu des élèves pour lequel les Radicaux ont déposé une initiative populaire en décembre 2007 doit permettre de compléter l’encadrement en dehors des cours par des activités sportives, culturelles ou des devoirs surveillés.

 

16:02 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook