02/05/2010

Enseignants, une race en voie de disparition

 

Je vous livre ci-dessous le texte paru aujourd’hui dans le Matin Dimanche, sous la plume de Jean Romain, écrivain et philosophe.

 

A l’heure où la pénurie de professeurs dans l’enseignement secondaire inquiète en Suisse Romande, au vu de ce que le DIP, à Genève, nous prépare, il y a fort à parier que ce phénomène s’étendra d’ici très peu de temps à l’école primaire.

Pour mémoire:

 

(http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/03/04/les-carottes-sont-cuites-quel-gachis.html)

 

 

Pénurie

 

On apprend qu’en Suisse romande et un peu partout en Europe il n’y a plus de relève chez les profs de sciences, de mathématique ou d’allemand, chez nous. L’affaire préoccupe les ministres de l’Instruction publique. On peine à trouver du personnel qualifié, et on va recruter hors de nos frontières dans des pays qui connaissent les mêmes embarras. Le métier trop exposé n’attire plus les jeunes adultes. En effet, qui rêve de se retrouver devant une classe qui se moque des maths comme de l’an ’70, qui est chahuteuse, voire agressive, et dont l’ampleur des lacunes donne une assez juste mesure de l’infini.

 

Ce sont justement ces disciplines cumulatives qui rebutent le plus les élèves. En effet, des ignorances importantes dans ces domaines sont de nature à compromettre la suite du travail scolaire ; ce qu’on ne sait pas interdit de progresser, et à l’heure du zapping intensif dans tous les domaines, on préfère ne pas trop avoir à rendre compte de l’ignorance épaisse. Qu’importe !  Pour cacher le malaise, les pédagos ont essayé tantôt de supprimer les notes, tantôt de renoncer au doublage, tantôt d’établir des cycles de 2 ou 3 ans avant d’évaluer leurs élèves, tantôt de remplacer les connaissances par des « compétences », tantôt de promouvoir mécaniquement des vagues de « mal appris » dans des degrés où ils ne peuvent pas suivre. On n’en finit plus d’échafauder des « innovations », des « réformes » en rafales, de nouvelles « options », qui vont toutes dans le même sens : cacher l’ampleur de la déconfiture.

 

Et les professeurs – pardon, les « enseignants » - qui n’ont pas plus que tant le goût du combat perpétuel contre les classes, contre les parents ou contre les directions, finissent par imaginer qu’il y a une vie ailleurs qu’à l’école, même si on leur a fait croire à grand renfort de slogans que l’école était un lieu de vie.

 

 

09:56 | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

Commentaires

Et quand on voit ce que nos collègues en formation doivent faire à l'IUFE (ou Iouffe pour les intimes) on se dit que si l'on voulait détruire les vocations on ne s'y prendrait pas autrement. On ira chercher les enseignants ailleurs.

Écrit par : FISCHER Marc | 02/05/2010

Quelle tristesse ! L'idée que l'école n'est plus un lieu où l'on développe le goût de l'effort et de la persévérance me choque. Comment peut-il s'entraîner à affronter la vie, si dès son plus jeune âge, l'enfant est conforté dans le tout, tout de suite... pour son plaisir immédiat. On ne naît pas "champion", on le devient à force d'entraînements, de persévérance et d'efforts... qui peuvent aussi produire du plaisir. Redonnons à l'enseignant un rôle "d'entraîneur", "d'élévateur", et laissons celui "d'animateur" pour les heures de détente et de loisirs.

Écrit par : J-F Girardet | 02/05/2010

La vie est une école, mais l'école n'est pas une vie.

Écrit par : Michel Sommer | 02/05/2010

Les enseignants se font agresser par les élèves ou tuer par leurs parents, on peut donc comprendre cette réserve!

Écrit par : dominiquedegoumois | 02/05/2010

Eh oui, qui voudrait encore sérieusement apprendre un métier pour lequel on doit passer plus de temps à l'université que par exemple pour devenir avocat ? Et ensuite pour faire quoi dans les classes ? Principalement de la discipline, subir les insultes et attaques quand l'enfant ne réussit pas, car évidemment ce n'est jamais la faute de l'enfant quand il est en échec.
L'école est souvent "une garderie de luxe". Pourvu que les jeunes ne traînent pas dans les rues..... vaut mieux les avoir dans les classes, même s'ils n'y font rien !
Ne parlons pas non plus des réformes multiples qui n'ont qu'un seul but, la baisse des exigences, le laisser aller ... il faudra faire réussir 95% des élèves... tous devront sortir avec un diplôme un poche, un diplôme au rabais qui ne vaut rien sur le marché du travail.
Les diplômés de l'école de commerce ont font l'expérience depuis un moment.



Le problème premier dans nos écoles comme dans notre société c'est que les gens n'ont plus que des droits, mais pas de devoirs !
A l'école, et à la maison, c'est partout pareil !
SUrtout pas d'effort, tout doit vous tomber du ciel, l'argent, les réponses aux questions des élèves en classe etc.

Je ne conseillerais à aucun jeune de faire des études pour devenir enseignant à l'heure actuelle et dans les conditions actuelles.

Et si l'Etat ne prend pas des mesures, il laisse la porte ouverte à un système d' éducation à deux vitesses: celle de l'école publique gratuite ou le laxisme reigne et l'école privée où on prendra les meilleurs et où on formera une élite.

C'est ce qu'on veut ?????

Avons-nous encore des politiques responsables qui voudraient bien s'attaquer à ce problème ????

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 02/05/2010

Merci Skippy!

Écrit par : Ervan Dalud | 02/05/2010

Et encore, me disait récemment un copain prof, quand on voit les parents, on se dit que les élèves ne s'en sortent pas si mal...

Des politiques, Marion ? Tu rêves. Comme on l'a vu à Genève autour de l'initiative 134, rejetée en mai 09, ils feront tout pour étouffer le problème, et nos responsables pourront ensuite se targuer d'avoir "mis fin à la guerre scolaire"...

Non : pour faire quelque chose, il n'y a que nous...

Écrit par : yves scheller | 02/05/2010

......laxisme règne, pas reigne (horreur) Madame l'enseignante....en parlant de laxisme, celui de l'orthographe semble roi au pays des profs suisses

Écrit par : plouc | 02/05/2010

NECROBLOG :de quelles valeurs êtes-vous les dépositaires, de quel savoir pensez-vous avoir l'exclusivité de quelles valeurs universelles êtes-vous les uniques possésseurs pour écrire à longueur de billets fielleux les mots ignorances ,mieux ignorance épaisse ,ils n'y font rien, garderie, discipline insulte etc etc.
je n'interviendrai plus dans ce site, car j'aime me promener dans les cimetières mais à condtion qu'ils soient éclairés par la lune de Bernanos tout le contraire de l'obscurité des âmes grises qui habitent ce site.

Écrit par : briand | 04/05/2010

Les commentaires sont fermés.