31/05/2010

Le DIP se fout du monde

On se souvient qu’au début du mois de mai, une interpellation urgente écrite (IUE) avait été adressée au secrétariat de Grand Conseil :

 

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/05/07/bon...

 

La réponse du Conseil d’Etat est tombée en fin de semaine :

 

http://www.ge.ch/grandconseil/data/texte/IUE00971A.pdf

 

Constat : confirmation du « bricolage » dénoncé dans la question posée par le député Jean Romain.

Jugez plutôt :

IUE :

Face à ces carences, le DIP a recours à des solutions de bricolage pour combler le manque d’appui manifeste :

Ce sont les titulaires de classe qui sont mis à contribution et qui doivent aller faire de l’appui chez leurs collègues pendant que leurs propres élèves sont pris en charge par un MS (maître de discipline spéciale, dessin, gym, etc.). En plus du fait que l’organisation de ce genre de pratique est quasi impossible…

 

Réponse du CE :

Les mesures d'accompagnement prennent plusieurs formes: travail en

classe, en demi-classe, travail en groupes restreints, interventions de maîtres

spécialistes et d'enseignantes et d'enseignants chargés du soutien pédagogique.

!!!!! ???

 

IUE :

De manière assez astucieuse, le DIP a entremêlé les heures d’étude surveillée avec des heures d’appui. Deux entités de nature différente, facultatif pour l’une et obligatoire pour l’autre. Les études surveillées (facultatives) sont destinées à tous les élèves qui ont la possibilité ainsi de faire leurs devoirs sous l’autorité d’un adulte. Les heures d’appui (obligatoires) avec d’autres élèves, afin de les mettre à niveau.

 

Réponse du CE :

Mais aussi mise en place progressive d'appuis en dehors du temps scolaire avec l'introduction d'études surveillées dans l'ensemble des établissements du canton

!!!!!!! ???

 

A noter tout de même que le Conseil d’Etat, en conclusion, s'engage à ….améliorer la qualité de l'enseignement primaire ainsi:

 

développement des mesures d'accompagnement….

 

si si !!!!

 

Pas de panique donc, on y travaille, soyez patients…y a pas le feu, ça ne fait jamais que 3 ans qu’elles devraient être effectives !

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22/05/2010

Des arguments qui ne tiennent pas la route

L’excellent article de Jérôme Faas dans la Tribune de Genève de ce samedi m’amène à vous faire part d’un certain nombre de remarques.

http://www.tdg.ch/geneve/actu/eleve-quarante-redouble-1re-primaire-2010-05-21

 

Constat

Il se trouve que le nombre d’élèves qui redoublent en 1ère primaire, ils sont donc en difficulté scolaire, est important.

Dès lors, peu importe les divergences que l’on peut observer sur les bienfaits ou non du redoublement. Ce qui est primordial, c’est de trouver des solutions qui puissent aider ces enfants.

Qu’en est-il alors ? Quelles sont les propositions avancées par Monsieur Beer, président du DIP ?

Au début de son mandat,  il m’avait affirmé qu’il n’était pas un pédagogue mais un politicien, ses vues  vont bien évidemment dans ce sens. Est-ce la peur d’affronter certains députés, particulièrement celui qui ne se soucie que de l’aspect financier? Voilà que le conseiller d’Etat annonce clairement qu’  « il se refuse à toute hausse budgétaire »!

Et de proposer « ses » solutions :

1.    L’école obligatoire à 4 ans.

Elle permettrait de « caler les apprentissages fondamentaux dès cet âge ». On le sait très bien, c’est plus tard que ces apprentissages, notamment celui de la lecture, se mettent en place, soit justement dès la 1ère primaire. Ce serait à ces « petiots » de 4 ans que, désormais, les enseignants vont inculquer des « apprentissages fondamentaux », j’ai de la peine à l’imaginer.

A cet âge, la priorité sera donnée à leur socialisation.

 

2.    La formation des enseignants axée sur l’apprentissage de la lecture.

Eh bien, là encore, j‘émets de sérieux doutes. Quand on sait ce que vaut réellement cette formation.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs

 

L’argument invoqué par Monsieur Beer peine à tenir la route. Tant que l’idéologie dominante restera ce qu’elle est dans cet institut de formation, tant que, pour l’apprentissage de la lecture, on continuera à y prôner des méthodes globales ou semi-globales, aux résultats catastrophiques, on continuera à foncer dans le mur.

http://www.arle.ch/apprentissage-de-la-lecture

 

http://www.arle.ch/images/stories/file/primaire-oct-2007.pdf

 

3.    L’augmentation de l’horaire scolaire.

Certes l’horaire scolaire de l’écolier du primaire devra augmenter mais dans des proportions infimes. En effet, comparativement aux autres cantons romands, force est de constater que c’est essentiellement au niveau du Cycle d’Orientation qu’il y a un déficit d’heures d’enseignement à Genève. Encore un argument « bidon ».

Pourtant, c’est au Cycle d’Orientation qu’il est prévu d’injecter 33 millions afin de mettre en place ces fameuses « passerelles ».

Voilà qui me paraît totalement illogique.

Le « mal » doit être pris à la racine, dès les premières années de scolarité. Ne serait-il pas plus judicieux alors de mieux répartir ces moyens financiers entre les deux ordres d’enseignement, voire de les augmenter ?

Se donner les moyens de….respecter la loi…elle qui stipule que les mesures d’appui au primaire sont OBLIGATOIRES pour les élèves en difficulté scolaire.

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17/05/2010

Le Président du DIP : un politicien habile, un vrai de vrai

 

Communiqué de presse

 

Charles Beer: "J'ai immédiatement retiré la circulaire Guerrier".

 

Ce matin, dans un débat qui l’opposait à Jean Romain, en direct dans le 7-8 de Pascal Décaillet, sur Radio Cité, le conseiller d’Etat chargé de l’Instruction publique, Charles Beer, a reconnu que la « circulaire Guerrier », émanant de la direction de l’enseignement primaire, allait à l’encontre de la loi. « Je l’ai immédiatement retirée », a ajouté Charles Beer.

 

La « circulaire Guerrier », du nom de Thérèse Guerrier, directrice de l’enseignement primaire, est une directive décrivant comme « automatique » le passage de 1E à 2P. Alors que la loi sur l’instruction publique (article 27, alinéa 2) stipule exactement le contraire.

 

Vous pouvez écouter ce passage, ainsi que le débat Charles Beer / Jean Romain en cliquant sur le lien suivant :

 

http://www.radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaille...

 

Avec nos cordiales salutations.

 

L’équipe du 7-8

 

 

Hum ! Bien bien, Monsieur Charles Beer admet la chose mais…qu’en est-il de la question essentielle qui lui est posée lors de ce débat :

 

Comment près de 100 directeurs ayant reçu cette fameuse circulaire depuis 4 mois ont-ils pu rester sans réaction aucune durant tout ce temps?

 

Vous apprécierez la manière dont Monsieur Beer « botte en touche » quant à sa réponse…et d’en profiter pour détourner l’attention en mentionnant un sujet tout à fait étranger à celui qui nous occupe aujourd’hui : le futur nouvel horaire scolaire des écoliers.

 

C’est ce qu’on appelle un joli tour de passe passe.

 

 

 

 

 

 

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16/05/2010

Ce que cache l’affaire de la circulaire Guerrier

Invité sur ce blog, de Jean Romain:

La direction du primaire va renvoyer une circulaire sur le passage non-automatique de la 1P à la 6P, pour remplacer la directive Guerrier, qui prônait le contraire. On plaide l’erreur de vocabulaire ! Contrainte à la palinodie, la Direction ne s’excuse pas d’avoir violé la loi sur l’instruction publique à son art. 27. On s’est trompé, c’est tout. Mais qui est dupe de cette feinte ?

 

Ce qui se cache derrière l’affaire Guerrier, dont cette circulaire n’est que la partie visible, c’est la profonde déliquescence de cet ordre d’enseignement. On ne sait plus où on en est.

 

D’une part, l’idéologie dominante, qui a perverti tous les étages de la hiérarchie prône une école du minimum, de la médiocrité, du moindre effort, et cela en vue de modifier la société trop sélective et prétendument élitiste. L'idée qu'on peut changer le monde en agissant sur les enfants, écrit Hannah Arendt, est une utopie politique mise en œuvre dans les régimes dictatoriaux. Derrière cette idéologie pernicieuse, se cache la volonté de passer de l’égalité des droits (idée républicaine) à l’égalité des personnes (idéologie prônée par les « sciences » de l’éducation). Bien sûr, pour que les personnes soient égales, il faut trouver le PPCM, le plus petit commun multiple. Je pense même que c’est là la base idéologique de HarmoS.

 

D’autre part, le frein marqué à la dérive pédagogiste par la fameuse votation sur les notes, en septembre 2006, qui a sonné le début de la fin pour la visibilité de cette idéologie. En tout cas, la Rénovation au Primaire s’est brusquement arrêtée. Le peuple, ce jour-là, ne voulait plus de ceux qui ont fait main basse sur l’école. Mais ceux-là même qui se trouvaient aux premiers rangs ont simplement dû se masquer pour continuer leur travail de sape, à plus bas bruit.

 

Or chez nous, les défaites politiques n’ont aucune incidence sur les responsables en place. Les choses changent mais tout continue avec les mêmes dont on ne peut raisonnablement penser qu’ils n’entendent pas tourner leur veste. Le masque a changé, les objectifs sont identiques.

 

Le récent ajout à cette hiérarchie de 91 directeurs coulés dans le même moule idéologique facilite le travail des pédagogistes : en augmentant l’épaisseur du paravent, ils évoluent plus aisément dans la brume hiérarchique. Ce qui donne, parfois, cette circulaire qu’ils ont fait signer par une directrice acquise à leurs idées.

 

 

 

 

 

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15/05/2010

Epilogue ? Le DIP plaide …l’erreur !!!

Ainsi donc le DIP reconnaît que la note de service envoyée par Mme Guerrier est parfaitement illégale (lire l’article de Jérôme Faas dans la tribune de Genève du jour ainsi que mes billets précédents).

Comment est-ce possible ?

Prise les doigts dans la confiture, voilà que la direction générale, coiffée de sa plus belle auréole, vient prétendre qu’il s’agit d’une petite erreur, d’une « maladresse de vocabulaire » !! Celle-ci sera corrigée par l’envoi d’une circulaire rectificative.

De qui se moque-t-on ? Ce n’est pas sérieux.

La réalité est toute autre.

Il n'y a pas d'erreur de la part des directeurs du primaire, il y a un esprit faussé et rongé par les théories des « pédagogistes » qui ne veulent toujours pas reconnaître la défaite de 2006.

La Direction de l’enseignement primaire est encore « truffée » de gens endoctrinés par cette idéologie qui a miné l’école pendant des années. Ils n’hésitent pas, s’il le faut, à violer la loi pour tenter de la faire passer.

A force d’avoir multiplié à outrance la hiérarchie dans l’enseignement primaire, le président du DIP y a installé des directeurs d’établissement qui, eux aussi endoctrinés, cautionnent ces théories et s’y confortent. Cette pseudo erreur prouve manifestement que la plus dangereuse des gabegies s’est instaurée au sein de cette Direction.

Comment expliquer sinon l’absence de réaction de la part des 94 directeurs d’établissement face à cette directive qui date pourtant du mois de janvier 2010 ?

Cette erreur leur aurait-elle échappé ?

Allons, allons, essayé... pas pu pour cette fois !

Sur le même sujet, un excellent billet de Pascal Décaillet :

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2010/05/15/la-depeche-d-ems-du-dip.html

 

Pour la petite histoire, j’ai appris, à la lecture de l’article de Monsieur Faas, que Monsieur Beer avait « décidé de ne plus commenter » mon blog !

Ah, bon ? C’est que ça lui serait arrivé ? Je n’ai pas souvenir d’un quelconque commentaire de sa part…ou alors….sous quel pseudo ?

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14/05/2010

Pourquoi le passage promotionnel des élèves de 1E à 2P devrait-il être automatique ?

 

Les visées ne sont assurément pas les mêmes, il est pourtant un point sur lequel nous nous accordons, la Société Pédagogique Genevoise (SPG) et moi-même :

L’illégalité dans laquelle se trouve le DIP.

Voici en effet un extrait du texte paru en janvier 2010 dans le journal l’Educateur, rubrique « En bref » :

Osée, la DG !

Les bien-pensants et autres béni-oui-oui qui jouent les vierges effarouchées dès qu’on ose remettre en question une loi ou un règlement devraient prendre exemple sur la direction générale ! Cette dernière affirme que le passage est automatique de la 1P à la 2P alors que la loi, depuis la victoire de l’initiative pour le maintien des notes, dit exactement le contraire. Un acte courageux qu’il faut saluer. Encore un effort et les effets néfastes de cette votation perdue, que la SPG ne cesse de dénoncer, ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir !

Le député Jean Romain est passé aux actes. Il a déposé une IUE (interpellation urgente écrite) au secrétariat du Grand Conseil. Il s’en explique ce matin, sur les ondes de Radio Cité.

http://www.radiocite.ch/menu-143-217-07h08h-%3A-p-decaill...

La question est donc posée:

Comment cela se fait-il que cette directive de la direction de l’enseignement primaire viole la loi sur l’Instruction publique à son Art. 27-2 ?

 

Pour mémoire, mes deux précédents billets :

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/05/11/hyp...

 

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/05/12/la-...

 

 

 

 

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12/05/2010

La loi serait-elle interprétée…

Suite à mon précédent billet et certains commentaires dont il a fait l’objet, je constate avec étonnement combien on peut interpréter un texte de loi.

Soyons donc clair, point besoin, me semble-t-il, de juristes pour cela.

1.    Le texte de l’initiative a été accepté, cet article unique est devenu le texte de loi

2.    Il concerne les 6 degrés du primaire, soit de la 1P à la 6P

3.    En ce qui concerne ces 6 degrés, le passage de l’un à l’autre n’est PAS AUTOMATIQUE

4.    Ce passage  est conditionné aux notes dès la 3P

5.    Il n’y a pas de notes en 1P ni en 2P, dès lors, ce sont les appréciations que l’élève a obtenues durant ces années qui  doivent conditionner son passage dans le degré suivant

6.    En aucun cas toutefois  son passage en 1P ou en2P ne saurait être automatique comme l’ « ordonne » Madame Thérèse Guerrier, directrice de l’enseignement primaire, dans sa note aux directeurs d’établissement.

 

Il n’y a donc pas photo, le DIP est tout simplement hors la loi.

 

A noter encore, comme le dit Monsieur Pierre Losio dans son commentaire,

(voir billet précédent http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/05/11/hyp...)

que les degrés 1P et 2p sont d’une importance capitale.

Le laxisme constaté au sujet de la promotion de l’un à l’autre est inadmissible !

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11/05/2010

Hypocrisie et malhonnêteté au DIP

Voilà qu’une fois de plus le DIP est hors la loi.

Directrice de l’enseignement primaire, Madame Thérèse Guerrier a adressé une note aux directeurs d’établissement qui sont chargés de la faire appliquer par les enseignants.

Au point 6 de ce document, on lit avec effarement que :

 

6. Passage d'un degré à l'autre :

Promotion de 1E à 2P,

 

le passage d'un degré à l'autre est automatique.

 

Pourtant le texte voté en 2006, accepté par près de 76% de la population, était très clair. Le point 2 plus précisément pour ce qui concerne le sujet de ce billet.

Voyez plutôt :

Article unique

Loi sur l'instruction publique (RS/GE C 1 10)

Article 27 (nouvelle teneur)

1. L'école primaire comprend six degrés ou années d'étude.

2. Le passage d'un degré à l'autre n'est pas automatique.

3. Les conditions de promotion annuelle des élèves sont déterminées, à partir de la 3e année primaire, par une évaluation continue, chiffrée (de 1 à 6) et certificative.

4. Les normes de promotion et les conditions d'admission des élèves sont fixées par le règlement.

 

Voilà qui est tout simplement scandaleux.

C’est de manière totalement malhonnête que le DIP se permet de violer la volonté populaire.

 

Combien de temps encore les députés du Grand Conseil, chargés d’élaborer la loi, se laisseront-ils berner ? Combien de temps accepteront-ils que le pouvoir exécutif ignore le législatif, se moque des députés, élus par le peuple, en omettant consciemment d’appliquer la loi dont ils sont responsables?

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07/05/2010

Bonne question posée au DIP !

Le député Jean Romain vient de déposer une interpellation urgente au secrétariat du Grand Conseil. Je vous en livre la teneur ci-dessous. On se réjouit déjà de lire la réponse qui lui sera faite….

Voici également le lien qui vous permettra d'écouter les explications de Jean Romain au micro de Pascal Décaillet:

http://www.radiocite.ch/menu-143-39-07h08h-%3A-p-decaille...

                      

Interpellation urgente écrite

Que compte faire le DIP pour mettre en place à l’école primaire des mesures d’accompagnement dignes de ce nom et efficaces ?

Le nouveau règlement de l’enseignement primaire, issu de la votation de septembre 2006, est en vigueur depuis la rentrée 2007, soit depuis 3 ans. Ce règlement stipule que les élèves promus par dérogation ou par tolérance sont tenus de suivre des mesures d’accompagnement à caractère obligatoire. Or, ces mesures sont restées à l’état embryonnaire.

 

Au lieu de s’occuper de ce problème prioritaire, le DIP a préféré mettre en place un nouveau fonctionnement de l’enseignement primaire, essentiellement structuré autour de la nomination de 94 directeurs d’établissement, soit en quadruplant les forces hiérarchiques (25 inspecteurs auparavant). De ce fait, les moyens disponibles sont gaspillés.

 

Aujourd’hui, les mesures d’accompagnement ne sont que des réponses fort lacunaires. Le DIP a nommé 112 enseignants dits ECSP (enseignants chargés du soutien pédagogique). Un nombre insuffisant. Selon un document du SRED, calcul fait, il y a près de 4600 élèves concernés par ces mesures d’accompagnement, soit une moyenne de plus de 41 élèves par ECSP. Ce n’est pas sérieux. Et il semble même que le DIP envisage de diminuer, peut-être même de supprimer ce poste dans certaines écoles, alors qu’il y a de plus en plus de classes en double degré.

 

Face à ces carences, le DIP a recours à des solutions de bricolage pour combler le manque d’appui manifeste :

 

-          Ce sont les titulaires de classe qui sont mis à contribution et qui doivent aller faire de l’appui chez leur collègues pendant que leurs propres élèves sont pris en charge par un MS (maître de discipline spéciale, dessin, gym, etc.). En plus du fait que l’organisation de ce genre de pratique est quasi impossible au primaire, cette mesure est critiquable car elle transforme radicalement la profession d’instituteur en lui faisant perdre son caractère de généraliste.

 

-          De manière assez astucieuse, le DIP a entremêlé les heures d’étude surveillée avec des heures d’appui. Deux entités de nature différente, facultatif pour l’une et obligatoire pour l’autre. Les études surveillées (facultatives) sont destinées à tous les élèves qui ont la possibilité ainsi de faire leurs devoirs sous l’autorité d’un adulte. Les heures d’appui (obligatoires) avec d’autres élèves, afin de les mettre à niveau.

 

-          Avec la nouvelle augmentation de l’horaire scolaire du mercredi matin, le DIP prévoit d’instaurer des heures d’appui. Malheureusement celles-ci ne concernent que les « petits » degrés (de la 1ère E à la 1ère P) ce qui est curieux : comme si les élèves plus âgés n’en avaient pas besoin. Or le document du SRED démontre que le problème de l’échec scolaire augmente au cours des années scolaires.

 

 

Ma question est donc la suivante :

 

Qu’attend le DIP pour mettre sur pied à l’école primaire un système d’accompagnement énergique pour les élèves promus par tolérance et par dérogation ?

 

Que le Conseil d’État soit vivement remercié par avance pour la réponse qu’il apportera à la présente interpellation.

 

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02/05/2010

Enseignants, une race en voie de disparition

 

Je vous livre ci-dessous le texte paru aujourd’hui dans le Matin Dimanche, sous la plume de Jean Romain, écrivain et philosophe.

 

A l’heure où la pénurie de professeurs dans l’enseignement secondaire inquiète en Suisse Romande, au vu de ce que le DIP, à Genève, nous prépare, il y a fort à parier que ce phénomène s’étendra d’ici très peu de temps à l’école primaire.

Pour mémoire:

 

(http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/03/04/les-carottes-sont-cuites-quel-gachis.html)

 

 

Pénurie

 

On apprend qu’en Suisse romande et un peu partout en Europe il n’y a plus de relève chez les profs de sciences, de mathématique ou d’allemand, chez nous. L’affaire préoccupe les ministres de l’Instruction publique. On peine à trouver du personnel qualifié, et on va recruter hors de nos frontières dans des pays qui connaissent les mêmes embarras. Le métier trop exposé n’attire plus les jeunes adultes. En effet, qui rêve de se retrouver devant une classe qui se moque des maths comme de l’an ’70, qui est chahuteuse, voire agressive, et dont l’ampleur des lacunes donne une assez juste mesure de l’infini.

 

Ce sont justement ces disciplines cumulatives qui rebutent le plus les élèves. En effet, des ignorances importantes dans ces domaines sont de nature à compromettre la suite du travail scolaire ; ce qu’on ne sait pas interdit de progresser, et à l’heure du zapping intensif dans tous les domaines, on préfère ne pas trop avoir à rendre compte de l’ignorance épaisse. Qu’importe !  Pour cacher le malaise, les pédagos ont essayé tantôt de supprimer les notes, tantôt de renoncer au doublage, tantôt d’établir des cycles de 2 ou 3 ans avant d’évaluer leurs élèves, tantôt de remplacer les connaissances par des « compétences », tantôt de promouvoir mécaniquement des vagues de « mal appris » dans des degrés où ils ne peuvent pas suivre. On n’en finit plus d’échafauder des « innovations », des « réformes » en rafales, de nouvelles « options », qui vont toutes dans le même sens : cacher l’ampleur de la déconfiture.

 

Et les professeurs – pardon, les « enseignants » - qui n’ont pas plus que tant le goût du combat perpétuel contre les classes, contre les parents ou contre les directions, finissent par imaginer qu’il y a une vie ailleurs qu’à l’école, même si on leur a fait croire à grand renfort de slogans que l’école était un lieu de vie.

 

 

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