23/08/2010

Où est la différence avec les prises d’otages et les actions terroristes?

Question pertinente posée par Jean-François Duval dans sa dernière rubrique « Minute Papillon », parue dans Migros Magazine.

                   

Pris en otage par l’armée

 

 

En juillet, le quotidien «Le Temps» est parti à la rencontre de quelques recrues de la base. C’est ainsi que mon jeune ami Félix, affublé dans l’article du Temps du prénom fictif d’Alexandre, s’est un soir retrouvé avec deux de ses compères attablés au Rebel Bar de Bière, à répondre aux questions d’une journaliste pour laquelle ces gaillards «font peut-être partie des dernières recrues de l’armée de papa». L’article a fait la Une et toute une page intérieure du Temps sous le titre «La désillusion des soldats: l’école de recrues jugée inutile». Entre autres, Félix (alias Alexandre) y raconte cette anecdote, qui est un grand classique de l’armée: «A cause d’une erreur que j’avais personnellement commise, j’ai dû ordonner de faire des pompes à toute la compagnie qui, après chaque pompe, devait s’écrier en choeur : merci Félix! Même topo en mars dernier: parce que j’avais oublié de mettre mes gants, tous les hommes de la compagnie ont été obligés d’ôter les leurs et de se geler les doigts.» Eh oui, apparemment, c’est comme cela qu’on crée un «esprit de corps». Pour ce faire, l’armée suisse prend chaque soldat en otage et entretient un sournois mobbing permanent.

 

Question: où est la différence avec les prises d’otages et les actions terroristes quand – maints exemples sous les nazis, au Vietnam et ailleurs – des innocents, des villageois, des civils sont massacrés en représailles? Vous avez envie, vous, de prendre les armes, de mourir peut-être, pour une société, un pays où prévaut une pareille logique? Que l’école de recrues pervertisse dès le départ les valeurs qu’on nous enseigne depuis l’enfance – cela afin de «cimenter» la troupe –, voilà qui me paraît une immense contradiction. Alinghi et Solar Impulse offrent de bien meilleurs modèles de travail en équipes. Au fond, qu’est-ce qui nous interdit, à l’armée, de substituer au drill, punitions collectives et autres bêtises, des cours de morale, de philosophie, et une intelligence digne des Fables de La Fontaine? Notre armée deviendrait la meilleure du monde!

 

Jean-François Duval, journaliste
 

Texte complet sur le lien :

http://www.migrosmagazine.ch/index.cfm?rub=256

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Commentaires

Des pratiques qui démontrent bien la stupidité de cette armée!

Écrit par : Blacky | 24/08/2010

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