19/10/2010

Formation des enseignants, la cata annoncée !

Paru dans le journal « Le Temps » de ce jour, cet article a de quoi inquiéter :

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/ae3d7928-daf7-11df-a264-8fa98b275cf9/Le_malaise_des_futurs_enseignants_du_secondaire_genevois

 

Cet Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE) regroupe la formation des maîtres du primaire, du secondaire et de l’enseignement spécialisé. Dès lors, il y a fort à parier que le malaise dénoncé par un grand nombre d’étudiants et même par certains professeurs ne se limite pas au secondaire mais que l’ensemble des formations des futurs enseignants, y compris celle des futurs instituteurs du primaire, est touché.

 

Le constat est édifiant, petit florilège:

 

-         Organisation chaotique, piètre qualité des cours, inadéquation avec le terrain

-         le désordre qui règne à l’institut: «C’est la gabegie »

-         chaque lundi, c’est du bricolage: ils (les chargés d’enseignement) n’ont jamais été capables de nous envoyer les horaires définitifs

-         les étudiants passent autant de temps aux études que pour devenir médecin

-         le temps, c’est ce que les futurs enseignants ont l’impression de perdre.

-         une formation «très scolaire et déconnectée de la réalité»

-         des contenus inadéquats

-         certains profs de l’IUFE n’ont jamais mis les pieds dans une classe.

-         la qualité des chargés d’enseignement et leur manque d’ouverture d’esprit illustré par des méthodes de travail rigides.

-         certains auraient des partis pris pédagogiques discutables.

-         en français, la mode consiste à nous dire qu’il faut laisser tomber l’orthographe, que se concentrer là-dessus serait injuste pour les élèves de milieux défavorisés, qui maîtrisent moins bien la langue.

 

Il y a bien longtemps, dès l’annonce de la création de cet IUFE, que l'Arle a dénoncé ce qui arrive aujourd’hui ! Pour mémoire :

 

http://www.arle.ch/formation-des-maitres

 

L’école genevoise a de beaux jours devant elle…

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Commentaires

Tu n'étais pas le seul à le dénoncer. Nous étions plusieurs à penser que la FaPSE est une catastrophe pédagogo. En fait, c'est la nourrice principale de l'idéologie : elle instille le goutte à goutte idéologique, et ensuite cela va dans toutes les classes du canton ! C'est le coeur du système.

Une partie de la catastropne scolaire genevoise est directement à imputer à la FaPSE.

Heureuse réaction des futurs profs et de l'Union du Corps Enseignant !

Écrit par : Jean Romain | 19/10/2010

Oui, tu as raison, mes excuses, c'est l'Arle qui a dénoncé très tôt la cata aujourd'hui bien réelle. Ce que je voulais dire c'est que cette formation a fait l'objet de plusieurs billets postés sur mon blog. Je modifie donc le texte de ce billet.

Écrit par : duval | 19/10/2010

Une seul trait luminuex dans ce que racontent les étudiants de cet institut de formatage pédagogo, ceci :

" Julien, en 2e, qui affirme qu’« en didactique du français, les profs se retrouvent dans le couloir deux minutes avant le début du cours en se demandant ce qu’ils vont nous dire ». "

Si seulement ce mutisme pouvait être général! Si les chargés d'enseignement non seulement se demandaient ce qu'ils peuvent bien raconter mais trouvaient en plus (une seule fois) la réponse : on n'a rien à leur dire, d'un coup tout irait mieux. La doxa socioconstructiviste cesserait et l'école irait mieux.

Écrit par : Jean Romain | 19/10/2010

L'Arle a bien vu venir la catastrophe... nous étions reçus par la commission de l'enseignement supérieur avant que la loi sur l'IUFE soit adoptée par le GC, mais les députés n'ont rien voulu entendre !!! "Ricanement" quand on leur a expliqué que les études pour pouvoir enseigner 2 branches pouvaient durer jusqu'à 8 ans....des études plus lonques que la médécine, avec aucune perspective!
Et puis les enseignants en formation se retrouvent malgré le fait "d'être en formation, et donc de ne pas être des professionnels encore" avec des maîtrises, mais par contre comme ils sont en formation ils n'ont pas le droit de faire des remplacements....c'est tellement ahurissant qu'on croit rêver.
Et il faudrait pas non plus oublier qu'en cours de foramtion on a tout d'un coup changer les règles du jeu, les enseignants en formation de la 2ème année sont maintenant considérés comme des stagiaires, et ils ne sont plus payé pendant les vacances.
Enfin, Beer avec sa prétention d'en faire une formation "d'excellence"a réuissi à faire une formation catastrophe avec la complicité des députés qui n'ont rien voulu savoir d'une HEP !
Ils ont voulu sauver la FAPSE et en attendant ils sacrifient la formation des enseignants...
Quel gabegie !
Ce n'est qu'à Genève que s'est possible !

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 19/10/2010

Oui, ja' vu qu'il y a des erreurs de français, pas besoin de me faire des remarques.... mais j'éptais hyper pressée!

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 19/10/2010

Si j'ai bien compris, comme les enseignants que j'ai eus n'ont pas suivi (subi?) la formation actuelle, ils étaient forcément de mauvais enseignants et j'en ai subi les conséquences.

C'est au pied du mur qu'on voit le maçon. On va donc "former" des enseignants théoriques et s'ils découvrent face à la classe que ce n'est pas leur vocation, on leur propose quoi? On les vire comme des malpropres?

L'école d'André Chavanne achevée, liquidée par Charles Beer. Le pire est sans doute qu'il est persuadé de bien faire. Comme quoi le socialisme a foutu le camp et est devenu un concept complètement vide. Une coquille pour opportunistes. Il n'y a plus que la droite au pouvoir à Genève.

Écrit par : Johann | 20/10/2010

Pour une fois je suis d'accord avec TOUTES les interventions. Former les maîtres n'a jamais été facile, il faut le reconnaître, autant en raison des enjeux idéologiques que didactiques qui la sous-tend nécessairement, qu'à cause des exigences (parfois contradictoires et même déraisonnables) des candidats à qui elle s'adresse, qui sont particulièrement, de par leur formation antérieure, critiques et réticents à l'autorité en tant que telle.
Malheureusement le pouvoir de la FAPSE n'a fait qu'exacerber ces problèmes et le reste du dispositif mis en place par le DIP ne fait que les multiplier.

Écrit par : Mère-Grand | 20/10/2010

Un merci tout particulier à Messieurs Follonier et Weiss, députés au GC, qui ont insisté et largement contribué à la mise en place de cette gabgie! Espérons qu'aujourd'hui ils s'en mordent les doigts!

Écrit par : Ma Dalton | 20/10/2010

Johann relève un paradoxe qui s'étale chaque fois que l'on prétend "améliorer" radicalement l'enseignement: ceux qui font ont toujours été mal ou insuffisamment formés selon leur propre aveux et devraient donc être incapables de faire des propositions intelligentes et pertinentes. A moins que l'école ne leur ait malgré tout donné les talents nécessaires, ou du moins qu'elle ne les ait pas stérilisés. Il semblerait donc que des réformes modestes visant à adapter les contenus ainsi que certaines méthodes de travail à l'évolution de la société soient suffisantes pour maintenir cette qualité et que les chambardements actuels ne soient utiles que pour justifier de nouveaux appétits de carrière.

Écrit par : Mère-Grand | 21/10/2010

"que les chambardements actuels ne soient utiles que pour justifier de nouveaux appétits de carrière."

Je pense que c'est exactement le cas. Et j'ajouterai que ces gens détestent certainement l'enseignement pour le traiter si mal.

Écrit par : Johann | 21/10/2010

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