02/11/2010

A quand une armée intelligente ?

C’est un cataclysme ! Voilà que le parti socialiste veut abolir notre chère armée suisse. De quoi provoquer des crises cardiaques à nos aînés.

Et pourtant, comment en est-on arrivé là ?

Nul doute, notre armée actuelle laisse songeur…

-         est-elle réellement adaptée à notre époque ?

-         comment cautionner la débilité qui y règne en maître ?

A ce propos, je me permets de poser à nouveau la question suivante :

Où est la différence avec les prises d’otages et les actions terroristes ?

 …

En juillet, le quotidien «Le Temps» est parti à la rencontre de quelques recrues de la base. C’est ainsi que mon jeune ami Félix, affublé dans l’article du Temps du prénom fictif d’Alexandre, s’est un soir retrouvé avec deux de ses compères attablés au Rebel Bar de Bière, à répondre aux questions d’une journaliste pour laquelle ces gaillards «font peut-être partie des dernières recrues de l’armée de papa». L’article a fait la Une et toute une page intérieure du Temps sous le titre «La désillusion des soldats: l’école de recrues jugée inutile». Entre autres, Félix (alias Alexandre) y raconte cette anecdote, qui est un grand classique de l’armée: «A cause d’une erreur que j’avais personnellement commise, j’ai dû ordonner de faire des pompes à toute la compagnie qui, après chaque pompe, devait s’écrier en choeur : merci Félix! Même topo en mars dernier: parce que j’avais oublié de mettre mes gants, tous les hommes de la compagnie ont été obligés d’ôter les leurs et de se geler les doigts.» Eh oui, apparemment, c’est comme cela qu’on crée un «esprit de corps». Pour ce faire, l’armée suisse prend chaque soldat en otage et entretient un sournois mobbing permanent.

 

Question: où est la différence avec les prises d’otages et les actions terroristes quand – maints exemples sous les nazis, au Vietnam et ailleurs – des innocents, des villageois, des civils sont massacrés en représailles? Vous avez envie, vous, de prendre les armes, de mourir peut-être, pour une société, un pays où prévaut une pareille logique? Que l’école de recrues pervertisse dès le départ les valeurs qu’on nous enseigne depuis l’enfance – cela afin de «cimenter» la troupe –, voilà qui me paraît une immense contradiction.

… 

(Rubrique « Minute Papillon », parue dans Migros Magazine sous la plume de JF. Duval).

http://www.migrosmagazine.ch/index.cfm?rub=256

 

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Commentaires

et si on créait un parti intelligent?

Écrit par : Elena | 02/11/2010

Eh oui, à l'école on apprend à réfléchir, à l'armée on désapprend à réfléchir. Et pas un pour se rebeller contre un ordre parfaitement crétin? Misère! Celui qui m'aurait donné un pareil ordre, il ne l'aurait pas fait deux fois.

Je rappelle à tout hasard qu'en cas de guerre, Genève serait une ville ouverte. Et depuis que le CF a baissé sa culotte devant les USA, il est sûr que ceux-ci garantissent notre indépendance. Aux chiottes donc cette armée qui ne tue que ses propres soldats.

Écrit par : Johann | 03/11/2010

Je veux bien qu'elle évolue, mais pas qu'elle disparaisse, pardi !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 04/11/2010

cher andré,

je suis assez déçu par ton texte. tu crois qu'un troufion ça se forme qu'avec des bonnes intentions et toujours dans une bonne ambiance bienveillante? tu sais déjà que ce n'est pas le cas pour éduquer un enfant ou pour instruire un élève, tu penses que ca devrait être différent dans la méthode martiale avec des adultes? vraiment?! tu m'étonnes, je te voyais pas jouer à l'angélique béat, baignant dans les clichés bien-pensant de gauche, tout d'un coup...ton antimilitarisme te rend laxiste sur de la méthodologie pédagogique, c'est nouveau!

j'ai passé une école de recrue d'hiver et dans l'infanterie à me les geler, il y a 20 ans. entre autres parce que certains avaient oublié leurs gants, leur écharpe, ou de graisser les godasses. dans ce cas, les punitions collectives et le biri-biri pendant des heures sont de rigueur. des pompes j'ai dû en effectuer plusieurs milliers par série, en particulier quand le terrain était boueux et qu'on y allait pas assez franco dans le ramping...une fois qu'on a le nez plein de boue, c'est clair qu'on est moins hésitant à se salir par ex., tu vois

à l'époque ce me révoltait tout ça et je trouvais tout le système débile. depuis j'ai un peu grandi, peut-être même mûri. j'ai accepté le principe de réalité en grandissant, en gros, en tout cas pour ces histoires qui me paraissent très lointaines aujourd'hui.

tu sais à quoi ça sert une armée?
tu sais ce qu'on demande, à un soldat en cas de guerre?
tu crois pas qu'on peut perdre un fusil dans le terrain facilement, si on est pas capable de trouver ses gants pour un appel frigorifique à l'aube? et tu sais à quoi ça sert un fantassin sans fusil? à rien
t'as une idée de ce que ça peut vouloir dire, de faire le sacrifice ultime de sa vie, pendant un combat? moi pas, j'arrive même pas à me l'imaginer quand j'essaye d'y penser (rarement, heureusement)
tu crois qu'il faut toujours bien réfléchir, pour y arriver, à faire abstraction du prix de sa propre vie, ou pour manipuler correctement une arme en cas d'engagement en pleine action?
un général américain a dit qu'un soldat qui réfléchit est un soldat qui n'ira pas au combat dans l'épreuve du feu. désolé de te choquer, tu préférerais certainement une version plus hypocrite et démagogique de la réalité de la vie militaire, et il y en a plein (j'ai entendu plein de néo-officiers parler de "l'humain au centre" dans le cadre militaire: quelle bonne blague!) mais je suis persuadé que ce type était au moins honnête dans sa déclaration. moi en tout cas je tournerais vite les talons, si je voyais les balles fuser devant moi, et qu'on me laisserait le choix de déguerpir, ça c'est sûr!

y a pas plus grave, dans la question militaire, que ces histoires d'ordres (quand ils sont pas suivis par un contre-ordre) toujours débiles, intentionnellement aguerrissants, endurants et volontairement bruto-formatifs dans les classes de formation spartiate que réclame toute armée "réalistiquement" digne de ce nom, tu crois pas?

à colombiers les fusilliers on se plaignait tout le temps que notre boulot de mille-pattes à charges lourdes c'était que d'attendre pour courir, puis de courir pour attendre. parfois ca traînait tellement qu'on croyait qu'on allait devenir franc-fous d'immobilité, et le jour d'après durant les exercices interminables, toujours les mêmes, on crachait toute la saleté de la terre qu'on venait d'avaler, en crachant nos poumons.

durant mes nombreux voyages, plus jeune, j'avais osé me plaindre de ma "grande" expérience militaire de citoyen suisse "traditionnaliste" (parce que j'avais accepté de faire l'armée) à un backpacker russe très sympa avec qui je traçais un peu de route, en asie centrale. j'avais gaffé, je savais pas que c'était un vétéran d'afghanistan. il m'a expliqué que lui de la guerre ce qu'il avait retenu c'était 90% d'ennui et 10% de terreur. il m'a dit, d'un air soudainement un peu préoccupé, que quand t'as eu droit rien qu'à un petit morceau de cette terreur, tu deviens vite nostalgique de l'ennui. qu' en tout cas t'apprends à beaucoup l'apprécier, surtout quand t'es en première ligne du front. après il m'a donné plus détails. devant les détails de ses souvenirs ce soir-là je me suis senti très très très con et je me suis juré de plus jamais me plaindre de broutilles, de "petit suisse-enfant" gâté à l'étranger, devant un inconnu...en tout cas sur ce sujet.

meilleures salutations,
job

Écrit par : job | 10/11/2010

Cher Job...
"Tu" sembles me connaître personnellement...je veux bien....j'adopterai donc le même "style" pour te répondre.
Je ne suis pas certain que tu aies bien compris le sens du billet (qui n'est d'ailleurs pas de moi mais de mon frère): la prise d'otages!
Je dis simplement que
1. notre armée n'est plus adaptée à notre époque, ce qui n'interdit pas le "drill" auquel tu fais référence. Encore faut-il que ce drill soit tout de même judicieux et donc "intelligent" (comme à l'école en effet)
2. le problème majeure soulevé ici est celui de la prise d'otages! Ce n'est pas normal que tout le monde trinque pour les erreurs commises par un ou deux....voire l'exemple décrit.
Au plaisir de connaître ton identité (tu connais sûrement mon adresse e-mail)

Écrit par : Duval | 10/11/2010

cher dédé,

je t'ai déjà dit qui j'étais et tu avais déjà été étonné de ne pas avoir reconnu mon pseudo sur ce blog, lors d'une de nos rencontres passées.

à part ça je suis pas sûr de bien te suivre et de voir où tu veux en venir avec tes histoires de prise d'otage, de terrorisme ou encore de mobbing, ici?
on est pas en train de tout mélanger là, et raisonnablement des choses d'une gravité sans aucune commune mesure?

tu es en train de dire que parce que les punitions collectives sont toujours appliquées à l'armée suisse (alors qu'évidemment officiellement elles sont interdites depuis belle lurette), c'est comme si elle y bafouait quotidienemment les droits de l'homme? ca te ressemble pas une telle exagération...tu veux pas non plus qu'on instaure des syndicats de soldats et qu'à chaque ordre donné il se fasse d'abord discuté en commission?!

déjà les droits de l'homme je sais pas s'ils ont tant leur place dans la parenthèse militaire d'un citoyen-milicien, même en pays démocratique, et je dis ça sans aucun esprit fascisant mal placé, mais juste un peu réaliste et expérimenté...en cas de guerre, la première chose qui disparaît c'est les conventions de genève relatives au comportement justement en cas de guerre, tout le monde le sait, ormis ceux qui veulent pas voir et pas savoir!

je vais te donner encore un peu de grain à moudre, tiens: tu connais l'"instruction supplémentaire"? à la place de la sortie hebdomadaire, les zozos qui n'ont pas atteint les normes de performance lors des exrecices d'instruction doivent retourner le soir sur le terrain (avec de l'encadrement en corvée de travail aussi, au fait). je te jure que pour pouvoir s'échapper quelques heures de la caserne ou du campement, tout le monde se donne le jour de l'inspection. du coup c'est un peu toujours les mêmes qui restent, ceux qui arrivent pas à performer, hélas pour eux...

quelle horrible stigmatisation, non? n'y vois-tu pas là prise d'otage, mobbing encore, ou autre? pourtant c'est excatement la même logique qui prévaut à celle de tes fameuses "mesures d'accompagnement" que tu aimerais tant voir enfin légalement appliquées dans le cadre de l'école primaire. ET CECI A JUSTE TITRE, D'AILLEURS!

alors dans un cas scolaire cette logique c'est tout mettre en jeu pour le bien des élèves, et dans l'autre cas martial c'est des méthodes douteuses, nazifiantes, proto-terroristes ou je-ne-sais-quoi? aujourd'hui rien n'est pire que cette vision de la méthode douce comme seule méthode bienveillante (et à court terme) d'enseignement, or rien ne m'énèrve plus, personnellement, que cette vision lénifiante et simpliste. rechercher le mieux pour l'autre qui doit apprendre, c'est parfois aussi se montrer dur et sévère enver lui. pas seulement pour qu'il s'endurcisse un minimum, mais aussi pour qu'il se dépasse et puisse progresser un jour, non?


à bientôt,
job

Écrit par : job | 10/11/2010

Ca y est, j'y suis pour l'identité...pour le reste par contre je ne te suis pas.

Écrit par : Duval | 10/11/2010

tu ne me suis pas parce que tu n'acceptes pas mes contre-arguments ou parce que tu ne les comprends pas?

Écrit par : job | 11/11/2010

Un peu des deux. Je n'accepte en effet pas les pratiques qui sont celles décrites dans l'exemple cité dans mon billet...Pas plus l'exemple que tu donnes à propos des retenues hebdomadaires, d'une stupidité crasse. Je m'étonne un peu que tu sembles les cautionner. Je ne comprends pas le parallèle que tu fais avec l'école, ou plutôt il me paraît totalement déplacé, pas du tout judicieux. J'ai même un peu peur que tu n'aies pas bien saisi la vision que j'ai des élèves en difficulté scolaire. Leur apporter de l'aide est-il synonyme de brimades et de stigmatisation?
Mais, chacun est libre de ses idées.

Écrit par : Duval | 11/11/2010

non, c'est toi qui ne veut pas voir que même dans l'aspect brutal et primitif de la vie militaire, ce n'est pas par pur sadisme qu'on s'acharne à instruire ou à créer un esprit de corps: la finalité c'est le bien du groupe (qui n'est pas forcément contraire au bien de l'individu!), même si une vision simpliste et primaire se conterait de n'y voir qu'orgie de malveillance barbare de la part des cadres et volonté de nuire du système-communauté envers l'individu(-roi?)

mais je crois que ca ne vaut pas tant la peine d'insister dans cet échange, ton parti-pris émotif, affectif, sensationialiste un peu je crois, t'empêchera sûrement de voir où je veux en venir avec mes propos (qui cherchaient qu'à relativiser l'aspect exagérément scandalisé/ant de la gravité de tes accusations).

ca m'amuse un peu de voir que tu te montres favorable à une pédagogie globalement "virile" pour la chose scolaire, mais très "maternant" sur des questions méthodologiques de l'instruction militaire...et je t'assure que je ne confonds pas ces deux mondes distincts pour moi; je ne confonds pas du tout armée et école. je voulais tout au plus modérer le côté stigmatisant et atténuer le degré des brimades, auxquelles tu t'es montré très sensible dans un cas.

je ne voulais nullement dire pour autant que dans l'autre je cautionnais toute forme de dévalorisation d'un jeune enfant en difficulté scolaire. n'y vois de ma part aucune volonté d'amalgame s'il te plaît! par contre il me paraît très naïf de croire qu'un élève ne vive pas mal une situation d'échec scolaire, et c'est bien là le seul lien: tu crois qu'un élève qui voit partir ses camardes de l'école alors qu'il doit y rester (parce qu'il ne performe pas assez), cela lui fera plaisir? tu crois qu'il a l'impression que le système lui veut en fait son bien, sur le coup?! mais de nouveau je le répète, je dis pas ca pour critiquer ton insistance à faire mettre en place les mesures d'accompagnement (nécesssaires selon la loi).

bon week-end,
job

Écrit par : job | 12/11/2010

"Toutes formes de dévalorisation"...c'est bien de cela dont il est question...pour un enfant, tu ne cautionnes pas mais pour un soldat, ça ne te dérange pas, sous prétexte de former un esprit de groupe. Pour moi, toute forme de dévalorisation,de quelque individu que ce soit, n'a rien de "pédagogique" (à l'école comme à l'armée)et ne mène à rien si ce n'est à obtenir l'effet contraire à celui qui est esconté. Seules certaines personnes, à l'école, à l'armée, au travail en usent pour combler probablement des frustrations enfouies et/ou assouvir leurs fantasmes.

Écrit par : Duval | 12/11/2010

ah parce que les enfants et les adultes c'est pareil maintenant?! hé ben, vive la société de bobos infantilisés, couvés, adulsecents ad eternam, etc. qui nous attend (déjà actuelle, et ne parlons même pas de demain...)

un enfant ça doit pas être brimé, c'est clair, je suis 100% d'accord! il faut éviter les abus et faire que cela arrive le moins possible (mais de nos jours, les attaques viennet plus souvent des autres enfants que des adultes...)

allons un peu d'honnêteté intellectuelle, voyons: mettre des mauvaises notes à des élèves, ça les brime pas A VIE ça, peut-être??? n'importe qui, un tant soit peu psychologue, le devine et le sent bien ça: à plus forte raison un ancien enseignant comme toi; fi de la mauvaise foi-je ne te suis plus du tout non plus.

je dis pas ça pour lutter contre les notes, au contraire, je cherche juste à montrer que parfois la perception de brimade peut partir d'une intention légitime. C'EST LA VIE QUI BRIME, en vérité, mon cher andré...elle toute seule et sans qu'on ait besoin de trop l'aider avec des mauvaises attention, en plus.

c'est étrange cette situation où je me vois en train de défendre l'armée suisse, moi qui passait mon temps à la critiquer pendant mon service. m'enfin faut quand même arrêter avec la victimisation à outrance, tellement à la mode!

j'ai connu personne qui soit mort du fait qu'il avait dû sauter à pieds joints devant sa section avec ses guêtres attachées ensemble, parce qu'il les avait mises à l'envers à l'appel, au petit matin...on peut pas redevenir un peu sérieux, une minute? il y a des types qui ont perdu leurs jambes parce que le chauffeur du tank qu'ils aidaient à se parquer dans le hangar a confondu au dernier moment (au vraiment très mauvais moment) frein et accélérateur. qu'est-ce que ça vaut, en comparaison, les blagues de potaches que font subir la très très méchante hiérarchie à des grands garçons majeurs, vaccinés, et qui souvent en rient après de ces terribles "humiliations" et "dévalorisations"?!

je me rappele maintenant que quand j'étais scout, bien plus jeune, on jouait à des jeux terriblement plus cruels le soir, avec les moniteurs les plus âgés, où la seule source d'amusement provenait de situations extrêmement rabaissantes pour les petits nouveaux. c'était vraiment vicelard comme distraction, je suis aussi passé par là. inimaginable aujourd'hui pour les parents actuels je pense, de tels divertissements cautionés par les adultes. bref, tu crois que j'ai été traumatisé à vie, et que c'est à cause de ça que je me surprends moi-même à réagir si fortement au billet de ton frère, le trouvant complètement excessif?

finalement, ce sera peut-être mieux quand on retrouvera que les hommes qui ont vraiment la volonté de servir en tenue gris-vert, une fois que la conscritpion nationale sera abolie. ce qu'elle est déjà à moitié, avec tous les simulateurs qui se font réformer actuellement. je crains que les bizutages et autres "codes rouges" seront beaucoup plus violents qu'auparavant, au sein des casernes. Même comme ça au moins au aura écarté tous le petits poussins de calimero qui ont besoin d'être préservés et qui n'auront plus besoin d'aller pleurer misère pour rien. ils s'intéresseront sûrment même pas à ce qui pourra s'y passer, tant que eux seront bien à l'abri dans leur confort douillet, sur le plan matériel tant qu'idéologique.

"j'en ai terminé", comme on disait à l'époque...comme ça fera bien ringard aux yeux de tous, tu pourras comme ça te moquer de mes conceptions archaïques (peut-être déjà anachronqiues?) de la vie, à bon prix, et avec la masse des lecteurs outrés,
job

Écrit par : job | 13/11/2010

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