17/11/2010

Les voyages d’étude, une affaire politique.

Suite au voyage d’étude à Rome, une proposition de motion vient d’être déposée au bureau du Gand Conseil par le groupe radical. En voici le contenu :

 

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

 

 

Mesdames et
Messieurs les députés,

Au mois de novembre 2010, un voyage d’étude organisé par une école du post-obligatoire genevois a amené une volée d’élèves à Rome. Trois de ces élèves, dont deux jeunes hommes majeurs, ont commis une grave agression sur un Romain pour le voler.

 

Les voyages d’études à Genève ont évolué dans un sens dommageable. On parle d’étude mais il ne s’agit pas d’étudier quoi que ce soit. Il s’agit de « s’éclater », de faire la fête à l’étranger, de préférence dans une ville où il y a des dancings, ou au bord de la mer. D’ailleurs les élèves s’y inscrivent majoritairement pour faire la fête et pas pour autre chose ! Autrement dit, durant les voyages d’étude, malgré le mot « étude » ce n’est pas homo sapiens mais homo festivus qui part en voyage.

 

La tradition de ces voyages à l’étranger est évidemment d’en garder un souvenir important, et une certaine transgression est de mise parce que ce n’est pas le cadre scolaire habituel, mais cette permissivité doit être encadrée par le respect : respect des lieux, des objets, des coutumes et des gens que nos jeunes sont amenés à fréquenter. Les professeurs qui les accompagnent ne doivent pas être les alibis de la tendance festive qui domine lors de ces voyages « d’étude », et on en trouve de moins en moins disposés à les accompagner.

L’école, qui finance en partie ces sorties, n’a pas à cautionner toutes sortes d’activités qui n’ont qu’un rapport ténu avec la mission scolaire. L’école a une autre mission – à notre sens du moins – que d’organiser pour les élèves (parce qu’il faut savoir que les élèves n’organisent rien du tout ! Ils ne s’impliquent pas.) des occasions de briller à l’étranger par un flagrant défaut de savoir-vivre.

 

Car il est certaines attitudes qui sont catastrophiques pour l’image de Genève et pour celle de son école.

 

Les Radicaux ont agité la sirène d’alarme. Avec son PL 10434, le groupe radical a proposé de jeter les bases d’une école qui pose le respect du savoir, de soi-même mais aussi des enseignants et de l’autorité en général, comme un élément obligatoire du système scolaire et par conséquent de son efficacité.

 

Nous tenons à la tradition des voyages d’étude, nous y sommes attachés. Nous pensons que leur existence est une bonne chose puisqu’ils s’inscrivent dans la volonté même d’ouverture de l’école. Mais ouverture n’est pas synonyme de débordement. Et si un cadre strict et contraignant n’était pas à même de structurer ces voyages de fin d’études, leur existence devrait être remise en question.

 

Au bénéfice de ces explications, nous vous prions, Mesdames et Messieurs les députés, de réserver un bon accueil à cette proposition de motion.

 

 

Proposition de motion

Pour une organisation de voyages d’étude pédagogiques

Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève
considérant :

   le manque de cadre pédagogique qui doit structurer les voyages d’étude ;

   le fait que la présence d’élèves majeurs rend plus complexe l’exercice de l’autorité des accompagnants ;

   le peu d’implication des élèves eux-mêmes dans la mise sur pied des projets de voyage d’étude ;

   l’absence de clarifications sur ce que représentent ces voyages dans le cursus global des années post-obligatoires ;

   le déficit de respect qu’on déplore dans la scolarité genevoise,

 

invite le Conseil d’Etat

 

   à clarifier les finalités de ces voyages d’étude ;

   à recentrer les projets sur l’aspect culturel, en priorité ;

   à redonner aux professeurs accompagnants toute l’autorité nécessaire pour une conduite raisonnable de ces sorties ;

   à inviter les élèves à une participation active, donc à une responsabilité personnelle dans l’élaboration des voyages ;

   à définir clairement le rôle et l’attitude des élèves durant ces voyages, ainsi que des sanctions par eux encourues ;

   à limiter à la baisse le nombre maximum des élèves dans chaque voyage.

 

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Commentaires

il y a 22 ans des étudiants gymnasiens eurent la chance de partir faire un voyage d'étude en roumanie,certe ce voyage leur fut profitable,on ignore encore maintenant les sottises que firent nos enfants,seules quelques bribes de leurs aventures vespérales renseignèrent nos oreilles,comme se balader seuls dans les rues de Bucarest par curiosité,ceux aimant les escapades en solitaires y trouvèrent plaisir,la porte venait de s'ouvrir et les roms hongrois et roumains vinrent en Suisse pour trouver ces gens si familiers avec eux ,curiosité oblige ainsi que pour remercier à leur façon peut-être ces étudiants qui encore maintenant n'ont jamais avoué leurs frasques,mais c'est la vie,rien ne pardonne un meurtre cepndant à trop couver les enfants on en fait des adolescents immatures!une fois loin du regard de leurs parents,c'est comme des animaux sauvages,ouf enfin libres,on a tous été jeunes!

Écrit par : lovsmeralda | 19/11/2010

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