23/11/2010

Le combat des « chefs »

boxe.gif

Formidable affiche :

A ma droite, Weiss, député libéral au Grand Conseil, à ma gauche Schneuwly, directeur de l’IUFE (Institut Universitaire de Formation des Enseignants).

Direct du droit en pleine face du premier nommé :

« Selon les chiffres demandés lors de l’examen du budget 2011, il apparaît en effet que la Haute Ecole Pédagogique (HEP) vaudoise a attiré 64 Genevois en première année de son diplôme (bachelor).

De son côté, la Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation (FAPSE) a enregistré l'inscription de 17 étudiants provenant de l'ensemble de la Suisse romande. De seulement 17 étudiants ».(Blog Pierre Weiss, « Les futurs instits préfèrent Lausanne »)

Voilà qui paraît clair.                                                                               

Pour des raisons qui restent à déterminer, il y aurait donc, selon les chiffres officiels de M. Weiss, 64 étudiants GENEVOIS qui ont choisi de s’expatrier à Lausanne alors que seulement 17 étudiants « étrangers » se sont sentis attirés par les sirènes universitaires de Genève.

Mais voilà, réaction du second nommé…

Uppercut du gauche, dans le foie:

« Juste une petite, très petite, rectification: ce ne sont pas 17, mais 250 étudiants qui se sont présenter à Genève pour devenir enseignant. Malheureusement, nous ne pouvons qu'en former 100. Sur les 150 restant, seul 42 sont allés à Lausanne ».(Commentaire posté sur mon blog, sic)

Le combat des chiffres se complique, il en devient « brouillon ».

Bluff ? Mensonges ? Manipulation ? Quels sont les chiffres exacts ?

Toujours est-il que quelques explications seraient souhaitables.

Alors, Messieurs Weiss et Schneuwly, nous ferez-vous l’honneur de répondre :

-         Combien d'étudiants genevois à l’IUFE ?

-         Combien d'étudiants genevois en HEP à Lausanne ?

-         Combien d’étudiants d’autres cantons dans chacune des formations ?

 

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Commentaires

"qui se sont présenter"
On ose espérer que l'orthographe n'est ni de M. Weiss ni de M. Schneuwly.

Écrit par : Mère-Grand | 23/11/2010

Eh oui, raison pour laquelle j'ai mis "sic". Un copier/coller du commentaire que vous pouvez lire sur mon billet "Malheureusement, le mal..."

Écrit par : duval | 23/11/2010

Au fait, toutes mes excuses pour celle qui figure dans l'illustration...mais là aussi, copier/coller.
Ceci dit, ça peut toujours arriver, surtout dans les commentaires écrits dans l'urgence.

Écrit par : duval | 23/11/2010

Splendide faute d'orthographe de Monsieur Bernard Schnweuwly,
Professeur ordinaire à l'Université, Doyen de la Faculté de
psychologie et des sciences de l'éducation, qui oublie de
mettre un "s" à enseignant... Nous ne lui en tiendrons pas
rigueur !

Reste que la FAPSE n'est pas vraiment un modèle de dynamisme
à l'Université. Plus rien ne s'y passe plus vraiment depuis
20 ans !

Sans revenir dans les détails, nous aimerions rappeler quel-
ques éléments du paysage pédagique romand (PPR) :

Vaud, c'est

La matu à 18 ans-
Une formation d'instituteur en 3 ans reconnue à l'échelle
fédérale - alors que la formation genevoise ne l'est pas.
18 + 3 = 21 ans.
Une formation de maître du secondaire 1 en 3 ans (Bachelor) +
2 ans (HEP), sur 3 didactiques de branche, reconnue par la
Confédération - alors que la formation genevoise de l'IUFE
ne l'est pas.
18 + 3 + 2 = 23 ans.
Une formation de maître du secondaire 2 en 5 ans (Master) + 1
an (HEP), reconnue à l'échelle fédérale, sur 2 didactiques de
bracnhes. 18 + 5 + 1 = 24 ans.

Genève, c'est
La matu à 19 ans.
Une formation d'instit en 4 ans. Non reconnue pour l'instant à
l'échelle fédérale.
19 + 4 = 23 ans.
Une formation d'enseignant secondaire 1 et 2 en 5 ans (Master
exigé) + 1 ans sur 1 didactique de branche. 19 + 5 + 2 = 26 ans.
Impossibilité de conduire une formation sur deux didactiques
de branche en parallèle, donc + 1 an pour deux branches d'en-
seignement. Soit 19 + 5 + 2 + 1 = 27 ans. C'est une aberration
totale.

Encore un détail intéressant : des enseignants secondaires ge-
nevois titulaires d'un Certicat d'aptitude à l'enseignement se-
condaire genevois (et donc nommés fonctionnaires de l'Etat de
Genève) qui ont voulu s'expatrier sur Vaud ont reçu une promes-
se d'engagement mais seulement à 90% en contrat à durée déter-
minée et non en contrat à durée indéterminée aussi longtemps
qu'il n'auraient pas accomplis les compléments exigés à la HEP
de Lausanne. Du coup, ils sont est restée à Genève... Vive la
mobilité.

Une fois de plus, les Genevois sont à la traîne par rapport au
reste de la Suisse. Les études PISA démontrent que l'école ge-
nevoise est la plus mauvaise de Suisse. En termes de coût par
élève, c'est aussi la plus chère. Et comme le dit le Député
Jean Romain, l'IUFE est une gabegie institutionnalisée. Cher-
chez l'erreur ! Il faudrait qu'une fois Monsieur Charles Beer
quitte son flegme habituel. Ainsi que son sourire lassé par
les contingences. Il semble qu'il laisse tout aller depuis
sa réélection, assuré qu'il est de quitter le Conseil d'Etat
en 2013. En 10 ans, il aura largement contribuer à abaisser
le niveau de l'école genevoise - les dégâts semblent irréver-
sibles. Alors même que 45 ans après André Chavanne fas-
cine encore

http://archives.tsr.ch/player/ecole-chavanne

Quant à l'administration scolaire, elle fait tout pour se don-
ner du travail parmi - en multipliant les postes de directeurs
par exemple... Son objectif est simple : freiner l'émancipation
des jeunes pour justifier des dépenses supplémentaires. Si le
taux de chômage à Genève est le plus élevé en Suisse, c'est
bien parce que l'école est mauvaise. Si l'école est mauvaise,
c'est parce que les enseignants sont médiocres. Si les ensei-
gnants sont médiocres c'est parce qu'ils ne sont pas motivés.
S'il ne sont pas motivés et qu'ils n'osent pas prendre d'initia-
tive, c'est parce que les directions ne savent pas les stimuler
ou leur donner du plaisir à leur place de travail. Et si les
directeurs d'écoles n'osent pas prendre leurs responsabilités,
c'est que les directions générales et en particulier les res-
ponsables RH sont d'une parfaite arrogance.

Peut-être préciser que Madame Laura Weiss, épouse de Monsieur
Pierre Weiss, PhD, est didacticienne responsable de la forma-
tion des enseignants de physique à la FAPSE. Le point de vue
défendu par Monsieur Pierre Weiss est donc sauf objectif, puis-
qu'il financièrement intéressé à ce que la formation des en-
seignants restent longue et peu motivante pour les candidats.
Comme beaucoup d'électeurs, je suis extrêmement déçu qu'il se
soit "dégonflé" au moment du débat et du vote du Grand Conseil
sur la longueur de la formation des enseignants primaire en
décembre 2009. Ainsi qu'au moment de discuter la mise sur pied
d'un programme d'études sur 3 ans au Collège de Genève et à
l'Ecole de commerce. Je ne puis que saluer ici le courage de
Monsieur Jean Romain, de Monsieur André Duval, de Madame Ma-
rion Garcia-Bedetti, de Madame Michèle Roullet, PhD et de Mon-
sieur Jean-François Girardet de maintenir le cap et de défen-
dre leur point de vue haut et fort !

Écrit par : Titeuf | 24/11/2010

De mon côté, j'ai relevé pas moins de 3 fautes dans la courte phrase :

- présenter (présentés);
- enseignant (enseignants) ;
- seul 42 (seuls 42).

Écrit par : Kissa | 24/11/2010

@ Duval : Petit problème de soustraction dont voici une proposition de solution.

17 Romands viennent à la FPSE
donc les Genevois à GE sont au plus (sans d'éventuels étrangers) 100 - 17 = 83

150 Genevois ont été refusés à la FPSE dont 42, selon M. Schneuwly, sont allés à la HEP VD
Or 64 Genevois sont inscrits à la HEP VD selon la direction de la HES Genève
Donc 22 s'y sont inscrits sans s'être présentés à Genève

Ce qui fait toujours un total de Genevois plus élevé à Lausanne que de Vaudois à Genève, qu'ils aient été recalés ou non par Genève.

@ Mère-Grand et Kissa: je prends la responsabilité de mes calculs et de mon orthographe...

@ Titeuf: une de mes raisons de refuser une HEP à Genève est le coùt supérieur en dépenses de fonctionnement qui en aurait découlé à cause des salaires supérieurs de ses professeurs (classe 23), à comparer aux chargés d'enseignement à la FPSE (classe 20).

Écrit par : Pierre Weiss | 27/11/2010

Le coût en dépenses de fonctionnement pour la formation des enseignants du primaire dans le canton de Vaud reste-t-il supérieur si l'on tient compte de la plus grande durée des études à Genève?

Écrit par : Mère-Grand | 27/11/2010

S'il s'agit d'un enseignement universitaire comme l’IUFE, c'est la Confédération qui paie. Une HEP est payée par le canton.

L’an passé, je me suis battu contre l’IUFE ; j’ai fait notamment observer que l’idéologie catastrophique de la FAPSE devait être prise en compte à côté du prix.

La réponse fut double : il s’agit d’un enseignement inter-facultaire, donc d’autres facultés associées à cet Institut viennent atténuer le côté néfaste de la FAPSE. D’autre part, que ce soit en IUFE ou en HEP, ce sont les mêmes profs qui enseignent, et changer le contenant s’impliquerait pas un changement de contenu.

Donc, fatalement, à Genève, on doit faire face aux idéologues des « sciences » de l’éducation. Des technocrates qu n’ont pas vu un élève depuis des années. C’est notre destin. Peu importe que leurs théories aient contribué à conduire l’école genevoise dans le mur (je vous rappelle que ce sont eux qui veulent mettre l’élève au centre, supprimer les notes, les devoirs à domicile, le redoublement, les sections, etc.)

Ceci dit, je suis assez convaincu par les calculs de Pierre Weiss ici, même si je pense qu’il s’est trompé sur cet Institut.

Écrit par : Jean Romain | 27/11/2010

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