08/12/2010

Cocorico, PISA 2009 est sorti!

« Bonnes nouvelles, nos écoliers savent mieux lire » titre aujourd’hui la Tribune de Genève.

C’est le constat porté suite à la sortie des résultats de PISA 2009 en comparaison à ceux de 2000 (Programme international pour le suivi des élèves).

On peut s’en réjouir bien sûr.

En ce qui me concerne, je reste prudent et demande à voir.

Les chiffres sont trop souvent matière à interprétation…

Parce que, à bien y regarder, on peut constater que la Suisse a progressé en effet mais dans quelle mesure ?

Sept pauvres petits points, soit de 494 à 501 (1 point au-dessus de la moyenne des pays classés en 2000, 8 au-dessus de la moyenne de 2009). L’équivalent, sur une échelle moyenne de 500 points, à une progression de 1,4 %...

N’est-ce pas insignifiant ?

En tout cas, pas de quoi pavoiser comme certains voudraient le faire.

Ceci d’autant plus que les résultats cantonaux ne sont pas encore connus, il faudra attendre fin 2011 pour en prendre connaissance ! On peut se demander d’ailleurs pour quelles obscures raisons.

Voilà pourtant qui est regrettable. Parce que ce sont les résultats de Genève qu’ils seraient intéressants de connaître. A plus forte raison lorsque l’on sait combien grandes étaient, en 2000, les disparités entre les cantons, notamment entre le Valais (510 pts) ou Fribourg (514pts) et Genève (486pts).

Une moyenne suisse ne saurait nous donner une indication valable pour ce qui est de Genève.

Au risque de passer pour un pessimiste ou un empêcheur de tourner en rond, j’ose avancer d’ores et déjà que Genève n’aura pas progressé d’un pouce voire même régressé.

Pourquoi ?

Pour la raison que Monsieur Beer, lui-même, donne dans l’article de la Tdg :

« Seuls 8% des élèves à avoir subi les premiers tests PISA (2000) étaient issus de l’école rénovée. Ils sont bien plus nombreux aujourd’hui à être passés par la réforme ».

Or la réforme à laquelle le conseiller d’Etat fait référence n’est autre que cette fameuse « Rénovation » une spécificité bien genevoise que seul notre canton avait cru bon de mettre en place dès 1994.

Nous verrons les effets que cette réforme a eus sur les élèves genevois.

Attendons donc fin 2011 pour le savoir.

D’ici là, je prends déjà les paris !

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Commentaires

Ce constat du rapport PISA : "Entre 2000 et 2009, la Pologne, le Portugal, l’Allemagne et la Suisse, et dans les pays partenaires, la Lettonie et le Liechtenstein, ont vu leurs élèves les moins performants améliorer leur performance ; leurs élèves les plus performants ont en revanche conservé leur niveau."

Donc, si on répartit les performances en 4 groupes :

- les meilleurs
- les moins bons
- les médiocres
- les mauvais,

Seuls les mauvais ont progressé. Mais les autres ? Hé bien, ils sont restés au même niveau durant ces années.

Écrit par : Jean Romain | 08/12/2010

notre système mettait des appréciations aux travaux et non à l'éléve ceux dirigeant les écoles ont-il perdu l'emploi de la connaissance entre l'enfant et la machine,décidément tout fiche le camp dans notre chère Helvétie,a trop vouloir sophistiquer l'enseignement,on vas tous se retrouver dans le serpentaire dont nul ne sait ce qui en sortira,et en quel état!et si mes souvenirs sont bons ce genre d'appréciations étaient utilisées en 14-18,et jusqu'en 1950,vous avez dit progrès,hélas retour à la case départ!
bonne soirée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 08/12/2010

Enfants triés sur le volet,élitisme de plus en plus flagrant,césariennes en augmentation,enfants sans doute programmés pour différentes branches et ce dès leur naissance,Trouble Water comme dit la chanson!

Écrit par : elena | 08/12/2010

En 2000, c'était surtout le mauvais résultat des cantons suisses-allemands qui interpellaient. Plusieurs d'entre eux étaient derrière Genève.
Ceux-ci ont rapidement décidé de remettre l'accent sur la maîtrise de l'Allemand, du Hochdeutsch (le Suisse-allemand avait nettement pris le dessus à l'école obligatoire).

Je pense que c'est cela qui va expliquer l'amélioration du résultat de lecture en Suisse.

La Romandie n'y aura aucune part... et Genève sera bonne dernière du classement suisse.

Autre chose, si on lit la synthèse PISA des résultats 2009, on voit ce genre de phrase
page 20
"Les établissements qui affichent un climat de discipline satisfaisant, des comportements positifs chez les enseignants et des relations positives entre élèves et enseignants tendent à être plus performants en compréhension de l’écrit. dans les pays de l’OCde : 81 % des élèves indiquent qu’ils estiment pouvoir bien travailler dans la majorité des cours ; 71 %, qu’il n’arrive jamais ou rarement que les autres élèves n’écoutent pas ; et enfin, 72 %, que leur enseignant ne doit jamais ou rarement attendre un long moment avant que les élèves ne se calment."

Donc dans les pays qui sont en tête, on travaille dans la discipline et cela donne des résultats (ce qui n'est pas une surprise)
Notre CO a une certaine marge de progression, pour ne pas dire plus, dans ce domaine et même notre collège (on doit en première année attendre très souvent que les élèves se calment...).

Écrit par : prof | 09/12/2010

@prof au finish qu'est-ce qui a changé en comparant le monde d'aujourd'hui et celui des années 50,rien si ce n'est des parents geignant,pleurnichant,l'enfant va les imiter,de notre temps les gens n'écoutaient pas leurs enfants car ils savaient que leur progéniture inventaient très souvent des contes à dormir debout pour ne pas aller en classe,quand à se tenir tranquilles,nos instits n'avaient pas grand chose à dire ou faire,école et travail suffisaient à remplir nos journées et on ne se plaignait pas,on y allait même en chantant , pourtant y'avait aussi des pervers et autres hères dangereux,mais on s'entr'aidait naturellement,le réflexe de l'aide automatique était inscrit dans nos gènes!Etre instit de nos jours ne doit pas pas être facile ,et pourtant ce métier fut envié durant bien des décennies
bien à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 09/12/2010

Félicitations aux Finlandais ! Ce sont eux qui sont toujours en tête du classement, en Europe. Quant aux Helvètes, ils ont encore des progrès à faire.

Écrit par : Kissa | 09/12/2010

Mouais, voici ce qu'on lit aujourd'hui :

"Non, les résultats des élèves suisses obtenus dans le cadre de PISA ne sont pas aussi bons qu'on a pu le croire et dire. Selon le responsable de l'étude, Urs Moser (responsable de l'étude), cité par "Der Sonntag", "la Suisse, clairement, n'a pas amélioré sa position", comme les autorités ont pu le prétendre.

L'analyse des résultats montre que les élèves suisses au cours des neuf dernières années ne se sont pas réellement améliorés. Les "progrès" restent dans la zone d'incertitude statistique, ce qui signifie qu'on ne sait pas s'il y a eu amélioration.

Cet avis est partagé par d'autres spécialistes. La Suisse, en lecture, a obtenu 501 points. C'est six points de plus qu'en 2000 (soit environ un 1%) mais cet écart n'est pas significatif.

Inquiétude

Le fait le plus inquiétant est bien que 17 % des élèves, après les neuf ans d'école obligatoire, savent à peine lire et écrire. Rapporté à une classe de 20 élèves, ce pourcentage signifie que trois à quatre d'entre eux écrivent et lisent très mal - et cela après neuf ans d'école, estime un spécilaiste de la formation, Stefan Wolter.

Pratiquement, cela signifie encore qu'un élève sux six sort de l'école quasi analphabète. Si, dans l'ensemble, les résultat de PISA sont satisfaisants, il n'en reste pas moins qu'avec 17% de jeunes faibles en lecture et en écriture, les objectifs sont encore loins d'être atteint, selon le responsable de PISA, Urs Moser."

ap/ther

Écrit par : Jean Romain | 12/12/2010

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