14/12/2010

Charles Beer a-t-il « pété les plombs » ?

Mais qu’est-il donc passé dans la tête du Président en charge du DIP ?

Il a, lors du débat radiophonique de ce matin sur RSR 1, persisté à soutenir l’introduction d’une sensibilisation au suisse-allemand au Cycle d’Orientation.

En face de lui Monsieur Beat Kappeler rappelait qu’en Suisse alémanique le combat allait justement à contre-sens de cette décision. Plutôt que de favoriser l’extension des dialectes suisses-allemands, la tendance est de renforcer le hochdeutsch.

Monsieur Beer, lui, avance l’intérêt d’avoir des notions de suisse-allemand, pour les jeunes ados genevois. On favoriserait ainsi leur mobilité, par exemple en vue de postes dans l’administration fédérale ! Il entend renforcer ce qu’il appelle le « ciment national » si l’on ne veut pas qu’il soit supplanté par l’anglais !

Décision complètement farfelue à mon sens.

Ce ne sont pas là les priorités pour l’école genevoise. L’urgence est ailleurs.

Il s’agit de renforcer les connaissances de base de nos écoliers, notamment en français, en mathématique et en hochdeutsch.

Il est aberrant de prétendre à une sensibilisation du suisse-allemand alors que la plupart des étudiants, même après de nombreuses années d’étude (3P à 9ème CO) peinent déjà à s’exprimer en allemand.

Il faut aussi relever que cette décision a des conséquences fort malheureuses. Elle se fait non seulement au détriment du latin qui, avec la nouvelle grille horaire que le DIP s’apprête à mettre en place, perd une année d’étude mais aussi des disciplines « pratiques », notamment les travaux manuels, la couture, la cuisine, le dessin qui disparaissent petit à petit.

A l’heure où la CDIP veut justement redorer le blason des filières d’apprentissage, voilà une mesure incompréhensible, plutôt inquiétante, sujette à se poser bien des questions.

10:48 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

Commentaires

J'estime que cette décision d'introduire une sensibilisation au suisse allemand est tout simplement une décision irresponsable.
Est-ce que M. Beer ignore combien nos élèves au CO mélangent par exemple l'allemand et l'anglais, la peine qu'ils ont pour acquérir une pronociation à peu près acceptable en allemand comme en anglais (le français n'est pas vraiment une langue qui facilite la prononciation et un accent correct dans les langues étrangères, c'est bien connu, non ?)? Et maintenant on veut de surcroît les sensibiliser au suisse allemand, qui peut-être appris avec une certaine facilité quand on maîtrise l'allemand, mais qui dans le cas de figure qui est proposé par le chef du DIP sera extrêmement difficile à apprendre et comme déjà mentionné contribuera à une confusion accrue.
De langue maternelle suisse allemande, je sais de quoi je parle. J'ai également déjà enseigné le suisse allemand à des banquiers qui maîtrisaient le "Hochdeutsch" et qui vivaient en Suisse allemande. Et ce n'était pas simple pour eux, tout en vivant sur place.
Alors à quoi joue-t-on à Genève ???
M. Beer ne trouve-t-il pas un autre moyen pour faire parler de lui-même ? C'est vraiment deséspérant ! ON dirait qu'il fait exprès pour "dégoûter" nos jeunes de l'apprentissage des langues.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 14/12/2010

Il est évident qu'ils seront des centaines voire des milliers à s'expatrier à Berne pour y tenir les postes de l'admnistation fédérale!!! Ou à ouvrir une boìte de maçonnerie, une menuiserie, etc. N'importe quoi! Beer est complètement déconnecté de la réalité.

Écrit par : Prof | 14/12/2010

là ça craint aussi,et l'excellent Luc Monnier chroniqueur au journal 24heures dresse un bilan,qu'il vaudrait mieux éviter pour nos petites enfants,seulement on compte pour beurre passez-moi l'expression dommage que de dégats psychologiques à venir,seule consolation on pourra dire et sans regret,cette fois on savait mais personne ne tient compte de nos avertissements,les familles désagrégées et des enfants synthétisés ,et des robots pour les endormir,que c'est décevant d'être grands parents et pourtant!
bien à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 14/12/2010

Soyons clair : l'école genevoise est catastrophique. Pire encore que l'école suisse. Alors, ou bien on prend les choses en main immédiatement. ou bien on continue à dire que tout ne va pas si mal que ça. Et on se réfugie dans l'abri anti-réel.

Le suisse allemand enseigné au CO n'est qu'un rideau de fumée pour tamiser la disparition du latin en 7e année. Rien d'autre. On a beau ensuite dire que le latin n'est pas prévu dès le secondaire 1 par le programme romand (vaste machine à gaz), il reste qu'il y a chez nous des traditions d'enseignement : la filière latine était la seule claire pour les parents : on y avait à peu près une structure et des repères (choses inespérées dans la bouillie pour chat qu'est devenue notre école). L'amputer n'est pas la tuer, évidemment, mais c'est la rendre plus claudiquante.

Écrit par : Jean Romain | 14/12/2010

de plus en plus de citoyens se posent la question dans quelles mains sont les écoliers de Suisse-Romande,on parle aussi de Catharisme,et Rosicruciens,prôner le lâcher prise,une certaine religion,on est pas contre mais quand on connait l'histoire des Cathares on ne peut que se poser des questions ,quand aux autorités,puisque toute science religieuse est admise,elles semblent bien dépassées,mais ces sciences religieuses favorisent de plus en plus le Tanguisme social,et quand on voit le rejet envers les personnes du 3me âge,d'autres questions viennent s'ajouter,puisque on gêne,la vérité ferait-elle peur a certains éducateurs,redoutant les prises de position des grands parents sentant le danger,quand aux fameux lâcher prise,ceux d'aujourd'hui sans doute en mesureront -ils les conséquences ou inconséquences,on ne rejette pas impunément les personnes âgées,pauvre jeunesse que de tristes jours pour ces natures rebelles et qui croient prendre par le pouvoir spirituel ,l'âme de nos petits enfants,ancienne victime d'une mouvance sectaire,mes voyants intuitifs s'allument en lisant vos articles!
merci à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 15/12/2010

Merci M. DUVAL pour ce billet on ne peut plus convaincant.

En effet, il est déjà bien assez compliqué d'essayer d'inculquer les notions de base du VRAI ALLEMAND aux jeunes romands, alors vouloir encore les asséner avec les dialectes suisses-alémaniques, ça va devenir coton !!! Sans oublier que le suisse-allemand se décline en bien des dialectes.... Bernois, Zurichois, Bâlois et le meilleur LE HAUT VALAISAN !!!! Pendant que nous y sommes, balancez-leur encore le romanche, et la boucle sera bouclée.

Continuons à mettre le doigt là où ça fait mal... Le français, les maths, la physique.... Le suisse-allemand peut toujours attendre (d'ailleurs c'est pas eux qui sont passé du français à l'anglais dans les langues "étrangères"???)....

Bien à vous...

Écrit par : Jolidon Florian | 15/12/2010

Les commentaires sont fermés.