26/12/2010

Pisa, que nous cache-t-on ?

Imaginez qu’après avoir patiemment fait la queue, vous arrivez enfin à la caisse du supermarché du coin. Verdict, 501 francs pour le total de votre panier. Vous désirez alors connaître le détail de vos achats et réclamez le ticket de caisse. C’est « niet », impossible d’en savoir plus. Vous devez vous contenter de l’addition finale.

Il en va de même avec le rapport Pisa 2009. Vous n’avez droit, pour la Suisse, qu’aux résultats globaux de l’étude sans qu’on vous donne les résultats détaillés par cantons.

Dans un précédent billet, j’ai déjà dit mes inquiétudes au sujet de cette enquête internationale.

 http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/12/08/coc...

Seuls donc les résultats globaux pour la Suisse sont connus.

Voilà qui m’interpelle !

Comment cela est-il diable possible ? Serait-ce un petit miracle mathématique ?

Pour connaître les résultats de la Suisse (501 pts), il a pourtant bien fallu se livrer à un calcul qui permet de définir la moyenne suisse…et je ne vois pas comment ce calcul a été possible sans que chaque canton ait rendu sa copie.

Les résultats cantonaux sont donc obligatoirement connus. Pourquoi alors faut-il attendre fin 2011 pour qu’ils soient révélés au grand public ?

Voilà qui est étonnant, voire inquiétant.

Alors que la CDIP (conférence des directeurs inter-cantonaux de l’instruction publique) se réjouit des résultats du pays, notons que les chercheurs responsables de l’étude PISA appellent à la nuance. Ainsi, la Tdg du 21 décembre nous rappelle que  Monsieur Christian Nidegger, un des responsables de l’étude en Suisse, remet les points sur les i : « il est faux d’affirmer que les élèves suisses, en lecture, ont progressé au niveau de leur performances globales moyenne. Un gain de sept points en neuf ans n’est pas significatif. Par conte, il est juste de dire que la Suisse est passée, en lecture, au-dessus de la moyenne internationale, mais pas de manière « nette », comme le relève la CDIP. Et cette progression est à relativiser lorsqu’on sait que la moyenne internationale a elle-même baissé… »

Je persiste et signe, une moyenne suisse ne saurait nous donner une indication valable pour ce qui est de Genève.

Taire les résultats cantonaux pendant plus d’une année n’est pas de nature à rassurer.

Je prends toujours les paris, à 1 contre 10, Genève n’aura pas progressé d’un pouce voire même régressé.

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Commentaires

Attention, vous allez tomber dans le syndrome du complot.

Écrit par : JF Mabut | 27/12/2010

Cher Monsieur Mabut,

Complot?! Mais il ne s'agit que d'une constatation purement mathématique. Expliquez-moi donc comment il est possible de calculer une moyenne suisse sans avoir les résultats cantonaux? Je me réjouis de votre éclairage.
Je vous rappelle que je prends les paris à 10 contre 1 pour Genève...

Écrit par : Duval | 27/12/2010

le professeur Tournesol détient peut-être la solution à ce problème,qui sait?
bien à vous et bonne journée!

Écrit par : lovsmeralda | 27/12/2010

De toute façon, le principe même de l'étude est foireux:
Comment comparer le niveau de lecture dans des langues différentes (et aussi éloignées que le portugais, le finnois et le coréen)?!!!
Et que dire de tous les savoirs, qui ne sont pas mesurés! Qu'en est-il de l'histoire, la biologie, la géographie, etc. etc.?
Comment ce savoir est-il acquis? Est-ce du "par coeur" ou analytique?

Écrit par : Robert | 27/12/2010

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