20/02/2011

Toujours à propos du socioconstructivisme : «A l’école, l’état des lieux est apocalyptique»

Natacha Polony est une journaliste spécialisée dans le domaine de l’éducation, surtout connue des lecteurs de Marianne et de ceux qui suivent la question scolaire.

Voici un extrait de son interview, paru le 19 février dans le journal « Causeur ».

Sur la question scolaire, on a eu l’impression, notamment grâce aux livres de Marc le Bris, Jean-Paul Brighelli ou les vôtres que Nicolas Sarkozy -qui avait bien mal débuté sa campagne sur ce thème à Lyon à propos de la Princesse de Clèves en janvier 2006- avait fini par donner la victoire aux tenants de l’école républicaine contre les pédagogistes. La victoire idéologique semblait gagnée et en quelques mois, il semble que nous en soyons revenus à la case départ. Comment expliquez-vous ce stupéfiant retournement ?

NP – Il s’agit en effet d’un renversement historique. Pour le dire brutalement, nous n’avons jamais été aussi éloignés du modèle de l’école républicaine, tel pourtant qu’une partie des Français l’a plébiscité en 2007. Comment expliquer cette défaite idéologique, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit ? Les livres que vous citez, en particulier ceux de JP Brighelli et Marc Le Bris, ont permis de constater qu’une grande partie des Français partageait le constat d’une école en déshérence, désormais incapable d’apprendre à lire et à compter aux élèves, de sorte que seuls s’en sortent ceux dont les parents peuvent compenser. Ces livres datent des années 2004-2005, et ils avaient été précédés par d’autres, ceux de Jean-Claude Michéa (l’excellent Enseignement de l’ignorance) et de Sauver les lettres notamment.

Lors de la campagne présidentielle, les politiques se sont aperçus du mouvement d’opinion provoqué par ce refus collectif de méthodes délirantes et de concepts éducatifs biaisés. Les principaux candidats ont tenté d’en recueillir les fruits, et le succès de Ségolène Royal, malgré les réticences de son propre parti, tient sans doute grandement à ses déclarations tonitruantes sur l’autorité des maîtres, tant il est vrai que, mis à part les professeurs, plus personne ne se souvenait (et les médias se gardaient de rappeler) qu’elle avait, en tant que ministre délégué à l’enseignement scolaire, bafoué cette autorité et soutenu les pires tenants de la « parole sacrée» d’un enfant « mis au cœur du système » (les mêmes qui étaient restés ses conseillers en 2007)…

Nicolas Sarkozy avait pour lui un atout majeur : les mots d’Henri Guaino. Il a donc su parler de « transmission », de « mémoire », de « hiérarchie entre celui qui sait et celui qui ne sait pas », bref, de tout ce que réclamait une bonne partie des Français qui ont la faiblesse de croire que l’école républicaine ne fonctionnait pas si mal et qu’on pourrait en garder les aspects positifs en en corrigeant les injustices…

Certains, pourtant, ont voulu y croire. Et peut-être ont-ils eu raison, puisque les programmes de primaire de 2008 sont indéniablement une avancée vers un peu plus de bon sens et de rigueur. Hélas, ce ne fut qu’une éclaircie dans un ciel s’assombrissant sans cesse. Généralisation de l’enseignement par compétences, autonomie des établissements fondée sur une conception managériale du fonctionnement de l’école, affaiblissement toujours plus grand de l’enseignement disciplinaire au profit d’une fumeuse « pédagogie de projet »… l’état des lieux est aujourd’hui apocalyptique.

A qui attribuer la responsabilité de ce désastre ? A des réformateurs qui tiennent depuis trente ans tous les rouages de l’éducation nationale, et sont infiniment plus puissants que telle ou telle directive ministérielle ? A une droite qui s’est laissée gagner par toutes les thèses des pédagogies modernes, sous prétexte qu’elles étaient présentées par des experts indéboulonnables, non plus comme une idéologie de gauche, mais comme une vulgate moderniste internationale ? A des gestionnaires qui ont découvert que faire dispenser des cours par des professeurs coûte cher, alors que faire animer des ateliers et des projets par des « adultes-référents », comme le prônent les pédagogies constructivistes, économise un nombre incalculable de postes ? A des « républicains» qui ont préféré pinailler sur le sexe des anges ou la dénomination des diverses méthodes syllabiques, alphabétiques, etc, et s’excommunier les uns les autres, plutôt que de faire front ? Un peu tout cela, bien sûr. Mais qui veut retracer cette histoire doit noter en premier lieu que tout était déjà posé par la loi d’orientation sur l’école de 2005 : compétences, pédagogie de projet, autonomie… La partie s’est sans doute jouée avant, lorsque Jacques Chirac a renoncé à un référendum, et confié à Claude Thélot, apparatchik de la rue de Grenelle, le soin de diriger une commission chargée d’élaborer ce qui deviendrait la loi Fillon.

Texte complet sous

http://www.causeur.fr/%c2%ab-a-l%e2%80%99ecole-l%e2%80%99...

15:49 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

Commentaires

"d’une école en déshérence, désormais incapable d’apprendre à lire et à compter aux élèves, de sorte que seuls s’en sortent ceux dont les parents peuvent compenser."

Vive le socio-construtivisme !

Écrit par : Edgar | 20/02/2011

Monsieur Duval, ca fait 2 fois que vous mettez des textes penibles a lire sur le socioconstructivisme. Le dernier parle de Nicolas Sarkozi, j'ai pas tout lu, mais le texte a pas l'air d'accord avec lui, pourtant c'est un type bien, il veut netoyer la France des racailles et il a bien raison.
Ce que je veux vous dire, c'est que vos textes sont trop longs et que c'est pas la peine de fatiger tout le monde on sait dejà que le socioconstructivisme c'est pas bien, il suffit de dire ce qui est bien a l'école, le livret, la conjugaison et les notes. Il faut faire avec les gens comme les profs doive faire avec les élèves, leur dire ce qu'il faut faire sans sans se poser des questions, on a confiance et on est avec vous. Encore merci beaucoup pour ce que vous faites.

Écrit par : julien | 20/02/2011

C'est vrai, Julien. M. Duval s'exprime ici comme s'il pouvait s'adresser à des citoyens qui savent lire, réfléchir et se faire une idée personnelle. M. Duval est un vilain, un homme du passé. Pire ! Du passé antérieur !

Alors, faites un effort, Julien. Prenez votre souffle et concentrez - vous. Socioconstructivisme = plus cher, moins performant, plus idéologique, plus élitiste. 
L'arle, à ce que j'en comprends, veut une méthode qui fasse (subjonctif de faire) ses preuves, qui ne laisse personne en chemin, et qui redonne à l'école un semblant de sérieux. 

Écrit par : Eddy | 20/02/2011

@Eddy, en voyant les fautes de français du commentaire précédent le vôtre en fait de socioconstructivisme on voit qu'en pays Sarkosiste,y'a encore beaucoup d'efforts à fournir,un article quelqu'il soit se doit d'être instructif,à l'inverse des torchons de poubelles un peu trop actuels malheureusement!

Écrit par : lovsmeralda | 21/02/2011

Les commentaires sont fermés.