21/02/2011

Les parents sont-ils des « faire-valoir» ?

Conseil d’établissement à l’école primaire : les attentes sont fortes !

C’est ce que l’on apprend en page 19 de la Tribune d’aujourd’hui.

Ainsi, après les élucubrations concernant l’introduction du suisse-allemand et la disparition du latin, le conseiller en charge du DIP imagine une « formation pour les membres de ces assemblées du primaire » !

Laurent Vité, président de la Société pédagogique genevoise, renchérit… « délibérer, cela s’apprend ».

Une belle manière de noyer le poisson…au moment où quelques parents semblent enfin ouvrir les yeux à l’image de cette maman de l’école de Saint-Antoine qui courageusement dit tout haut ce qu’il en est : « J’ai l’impression que l’on est un faire-valoir » ou encore « On est des cobayes ».

A son habitude, Monsieur Charles Beer, avance l’éternel « le changement de culture prend du temps. Je préfère parler de pionniers plutôt que de cobayes ».

Mais qu’en est-il en réalité ?

Ces conseils d’établissement ne sont en effet que poudre aux yeux, une manière pour le DIP de se donner bonne conscience en laissant croire aux parents d’élèves qu’ils « participent ».

Oui, mais à quoi ?

Le 16 novembre 2009 déjà j’écrivais sur ce blog un billet intitulé

« Du rôle PRIMORDIAL des conseils d’établissement » qui disait :

Je viens de lire le magazine d’information du DIP « Les clefs de l’école » n°4 (novembre 2009) tiré à 250000 exemplaires. En page 20, un article passionnant m’apprend enfin à quoi servent ces « fameux » conseils d’établissement mis en place à grands frais sous la haute autorité des 93 directeurs qui les président.

Jugez plutôt…

« Dans cette salle de classe de l’Ecole du Lignon, en ce lundi soir de septembre, on n’entend plus que le chuchotement des parents d’élèves et des enseignants… »

C’est que la directrice vient de soumettre au vote des membres du Conseil des sujets de la plus haute importance. 

- Faut-il conserver ou enlever -mais en les remplaçant par d’autres jeux- les deux cabanes qui figurent dans le préau ?

Hum ?! Complexe, complexe, cela mérite une sérieuse réflexion.

 -Malgré l’ajout de onze poubelles supplémentaires en début d’année, les nombreux déchets débordent toujours des récipients prévus pour les accueillir….

Que fait-on ? Il faut que l’on en débatte en effet.

 

Autres sujets de délibérations :

- La grippe H1N1. Les parents ont appris quelques règles élémentaires telles « se laver les mains »…voilà qui est nouveau, merci pour ce précieux renseignement.

 

- La surveillance du préau sera renforcée en ajoutant un enseignant afin d’éviter que...des enfants ne quittent le périmètre de l’école lors de la récréation.

Si si !

 

!!!!!

Vous en conviendrez, tout cela est de la plus haute importance tout de même.

Plus de doute, ces conseils et leur directeur sont d’une nécessité absolue.

 

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Commentaires

Hé oui, monsieur duval, encore une inutilité de plus dans un département qui brasse du vent. Tout cela c'est du flanc. Les parents pensaient qu'ils allaient co-gérer l'école !? Ils pourront au mieux discuter de la couleur des balais de toilettes.

Écrit par : Edgar | 21/02/2011

Réjouissez-vous ! Dans moins d'une année auront lieu la grande bastringue des élections pour renouveler les membres des conseils d'établissement! Dépasserons-nous le taux record des 18 % de participation de la première édition ? J'en doute. Les quelques parents qui croyaient naïvement aux promesses "d'autonomie des établissements et du partenariat avec les familles" faites par le DIP tombent de haut.On ne singe pas la démocratie pour abuser le peuple ! Le bilan est maigre et décevant: des nouveaux jeux dans un préau, une fête dans cet autre établissement, un spectacle... Bref, des événements qui s'organisaient avant sans les conseils d'établissement.
Le canton a élu ses représentants au grand conseil pour modifier et proposer les lois. Les communes élisent le 13 mars leurs représentants au sein des conseils municipaux. C'est à eux qu'incombent les prises de décisions relatives à l'école ! Tout le reste n'est qu'illusion, faire semblant! Ou plutôt, une manière comme une autre pour le DIP de tenter d'éduquer les parents à voter dans le bon sens, celui dicté par les directeurs d'établissement !
Pas sûr que l'électeur s'y laissera prendre .

Écrit par : J-F Girardet | 21/02/2011

Oui, Monsieur Duval, vous avez raison sur toute la ligne! Avec ces conseils d'établissement, M. Beer instrumentalise l'école. Mais qui donc croit encore, aujourd'hui, que ces conseils d'établissement sont des lieux d'échange? Avec cette manière insidieuse de canaliser, de formater, de contrôler le propos jusque dans l'expression même du langage, le débat sur l'école est sacrifié.
L'ironie, avec ces conseils d'établissement, c'est que les parents, eux-mêmes. se rendent compte de la vacuité de la politique scolaire, qui est menée, à Genève, à grands frais, mais sans réflexion...
Toutefois, on ne peut pas duper longtemps son monde! Le rideau tombera et des têtes aussi. Car, il y a une telle exaspération dans l'école genevoise (à tous les échelons!) que cette comédie finira bien par jouer son dernier acte.

Écrit par : michèle Roullet | 21/02/2011

on sait depuis des lustres que ceux n'ayant jamais travaillé sont de bons donneurs d'ordre,alors que l'école reste aux mains des parents et des enseignants seuls,les religieux en leur église et les politiciens tous les jours quelques heures de travail au sein des services sociaux ou sur les chantiers comme dirait Haddok ça leur ferait les pieds et leur permettrait d'y voir un peu plus clair et encore,y'a t'il quelqu'espoir qu'à Genève ce grand malade de l'éducation trouve un jour un médecin guérisseur,préservant les autres canton d'un mal qui pourrait se répandre aussi vite que la peste!
bonne journée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 22/02/2011

Au fond, c’est assez amusant ce qu’André Duval révèle ici. Ces Conseils d’établissement n’ont aucune utilité ni aucune légitimité. Mais le but est de faire croire aux parents qu’ils sont associés. C’est le grand mot actuel : associer le plus grand nombre aux décisions. Lorsque l’autorité est ainsi partagée, elle est diluée dans une infinité de particuliers et devient ainsi invisible. On ne peut pas contester ce que soi-même on a mis en place librement.

Toute la maniclette est là : faire croire, donner le changer, être illusionniste.

Devant une caisse d’un grand magasin genevois :

- Vous savez, Madame, notre école va assez bien, somme toute. D’ailleurs, il y a belle lurette, les experts en pédagogie, les spécialistes, ont préconisé de supprimer la note de comportement. C’est qu’elle est devenue sans objet. Ils ont des « rapports » qui disent tous la même chose : cela ne sert plus à rien.
- Mais il y a tout de même des insultes, des crachats, des incivilités. La paresse, les pieds contre le mur, la volonté acharnée de ne rien faire et de réclamer un droit à tout. Cela existe !
- Certes, mais c’est beaucoup un sentiment ! Tout comme l’insécurité à Genève, c’est un sentiment. Rien n’est objectif, on ne peut pas le mesurer. Vous savez, nous vivons une époque qui ne supporte plus rien du tout, et la moindre désordre est monté en épingle.
- Les profs du Cycle n’en peuvent plus ! Ce que savent nos jeunes diminue comme peau de chagrin. Les tests Pisa prouvent que ça ne va pas. C’est pas un sentiment, ça ! Dire le contraire est un tour de passe-passe.
- Oh, les tests, on leur fait dire ce qu’on veut, n’est-ce pas ! Non, les jeunes ont fait des progrès et un jeune de 2011 en sait plus qu’un jeune de 1911 !
- Sans doute, mais moins qu’un jeune de 1971 ! Et le climat scolaire s’est dégradé. Non, moi je pense qu’une note de comportement peut être utile à l’école obligatoire.

Cette dame voit juste. Elle demande comme le 78 pour cent des Suisses (sondage paru dans la TdG de ce jour) plus de discipline à l’école ! Une note y contribue.

Écrit par : Jean Romain | 22/02/2011

@Jean Romain,en vous lisant on a l'impression de se trouver face aux murs des lamentations,le mot associé comme vous dites si bien en effet est galvaudé même dans les relations humaines,les plus forts cherchent pitié auprès de personnes affaiblies ne pouvant plus se défendre,alors non à toute association quelqu'elle soit,et ce afin de nous autoprotéger,c'est triste mais tellement vrai,apprendre à dire non dorénavant à tout ce qui est nouveau ,car Genève et Vaud sont des champions des projets devenus irréalisables avant même d'être soumis au vote,Tournesol a raison ,rien ne va plus ,faites vos jeux secouez un bon coup et sortez en en un humain capable de raisonner mais sans informatique tout le monde y gagnera le climascolaire compris,et les enfants pourront à nouveau jouer sans dire,ils sont tous dérangés de la pendule nos parents et dirigeants

Écrit par : lovsmeralda | 22/02/2011

Ce qu'il faut, ce ne sont pas des notes de comportement, mais de véritables sanctions.

Écrit par : Pierre André | 25/02/2011

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