23/02/2011

Le chat et les souris

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Pour tous ceux qui voudraient en savoir encore un peu plus sur la pédagogie essentiellement basée sur le socio-constructivisme, voici l’article paru ce jour dans le journal « Le Temps », sous la plume de Jean Romain.

 

Un zéro pointé pour la pédagogie socio-constructiviste

 

Le socio-constructivisme met l’accent sur le rôle de l’autre dans la construction des savoirs : la modification et la régulation des représentations se fait en interagissant avec les autres. Les méthodes fondées sur le socio-constructivisme privilégient donc le travail coopératif, la collaboration, la co-construction des savoirs, pratiques censées générer aussi plus de motivation et de valorisation de soi. Ces méthodes bouleversent le rôle du professeur, et celui de l’enseignement qui ne doit plus être frontal ni magistral, ni même chargé de présenter les éléments nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la langue. L’apprentissage est considéré comme un processus de modification des représentations qu’on possède déjà : une nouvelle donnée doit s’intégrer au réseau conceptuel de l’ « apprenant », et cette intégration (succession de déséquilibres et de rééquilibres) n’est possible que dans l’action du sujet. Autrement dit, un problème rencontré par l’ « apprenant » (= des représentations inadéquates) entraîne la recherche de sens : apprendre signifie construire activement du sens par l’observation, l’expérimentation, la réflexion, la déduction et le réemploi des règles.

 

Il convient de se canaliser sur les expériences pouvant être les meilleures pour l’apprentissage, du point de vue de l’ « apprenant », plutôt que de simplement transmettre et évaluer les connaissances qu’on estime qu’il doit posséder. Il faudra rechercher à créer des déséquilibres pour que l’ « apprenant » tente de les dépasser de lui-même. Cela aide aussi à comprendre que chaque participant à un cours peut être tour à tour un enseignant et un « apprenant ». Le travail d’enseignant peut se modifier en passant du rôle de « source de la connaissance » à celui de pôle d’influence et modèle de la culture de classe. Il s’agit d’avoir des contacts personnalisés et adaptés aux besoins d’apprentissage de chaque « apprenant », et d’animer les discussions et les activités de façon à atteindre collectivement les objectifs d’apprentissage de la classe.

 

Le professeur quitte son rôle d’intermédiaire entre l’œuvre à étudier et l’élève. Il devient une sorte d’animateur, un organisateur de savoir collectif en classe, un pourvoyeur de déséquilibres calculés et pouvant être surmontés.

 

De ce point de vue, la note par son côté individuel et normatif, heurte de plein fouet la doxa constructiviste. Un professeur, ou un ensemble de professeurs, jugent un élève et lui mettent une note qui évalue de manière chiffrée son travail ou son comportement à tel moment de son cursus scolaire. Cette logique cumulative est opposée à la logique constructiviste puisque le rythme, le moment où « se forme » la connaissance attendue, n’est pas le même pour tous les élèves. D’un côté, on attend qu’un élève de tel âge (en telle année) sache lire et on évalue son savoir dans une logique de transmission de connaissances ; de l’autre côté, on s’adapte au rythme de chacun dans une vision socio-constructiviste puisque les tortues et les lièvres sacrifient à des cycles différents.

 

Or les professeurs Gauthier, Bissonnette et Richard (Université Laval, Montréal) dont les résultats ont été publiés en 2005 « Quelles sont les pédagogies efficaces ? » montrent que les méthodes axées sur l’élève mis au centre fonctionnent bien pour 15 pour cent seulement de ces élèves. Alors que les méthodes explicites (allant du plus simple au plus complexe) fonctionnent avec 85 pour cent des élèves : ils apprennent mieux et plus vite. Ces méthodes sont aussi plus normatives. Ces études universitaires démontrent en plus que ce sont les connaissances acquises qui assurent l’estime de soi, contrairement à ce qu’affirment les socio-constructivistes.

 

Une note chiffrée est l’antidote absolu à ces théories élitistes. L’Arle a réintroduit en 2006 les notes scolaires à l’école primaire à Genève et cela a mis fin, du moins dans sa volonté ouvertement déclarée, à la Rénovation voulue par Martine Brunschwig Graf.

 

Aujourd’hui, l’Arle lance une initiative pour une note de comportement à l’école obligatoire. On peut discuter à l’infini pour savoir si une telle note est juste, intelligente, bonne ou nécessaire pour redonner à l’école un semblant d’autorité, s’il faut autre chose pour redorer le blason d’un Cycle d’orientation en grande difficulté, mais ce qui semble important en plus du signal clair que l’Arle envoie c’est qu’une note est l’antidote dont nous avons besoin pour faire pièce au socio-constructivisme. Lâcher une note dans ce milieu, c’est mettre un chat dans le bal des souris.

 

www.arle.ch

 

 

 

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Commentaires

Ah ben oui, voilà une explication qui va plaire à notre intervenant qui signe Julien !

Écrit par : Eddy | 23/02/2011

On se demande comment des gens comme Erasme ont pu émerger des méthodes ante-diluviennes de son époque.

Écrit par : Mère-Grand | 23/02/2011

oh que j'aime et quelle délicieuse soirée je vais passer grâce à vous/humour/ remarquez si ces universitaires avaient dû copier à la main 200 fois le verbe au présent à l'imparfait et au passé antérieur du verbe socioconstruire ,un jour de congé et écrit à la main,comme c'était la mode dans les années 50,voire avant déjà ,sans doute cesseraient-ils tous de bassiner la romandie de leurs programmes new-âge,malgré tout permettez cette parenthèse en lieu et place de socioconstruire des élèves ,construisons des logements sociaux!
bonne soirée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 23/02/2011

J'ai lu la fin, la ou on parle des notes de comportement, le reste je comprend pas j'ai déja dit. Alors la c'est rigolo, une note c'est comme un chat avec les souris. Moi je trouve bien, un chat peut attraper les souris qui ronges la nouriture et c'est bien fait pour elles, alors les notes ca peut atraper les élèves qui sont pas sages et aussi les mordre ou grifer. C'est ca qu'il faut à l'école, meme qu'il faudrait des fois un tigre ou un pitbul pour certains élèves ca leur ferait du bien.

Écrit par : julien | 25/02/2011

Excellent article de Jean Romain.
Je constate que nos amis de l'ARLE font toujours du (très) bon travail !
J'ai mis en ligne l'article sur le site Form@PEx :
http://www.formapex.com/suisse/545-un-zero-pointe-pour-le-pedagogie-socio-constructiviste
Avec le joli dessin du chat et de la souris (merci !).
Bien cordialement.

Écrit par : Bernard Appy | 09/03/2011

Dans le Temps du 7 mars 2011, le professeur Jean-Pierre Bugnard a écrit un article en réponse à celui de Jean Romain : "Ecole : le constructivisme mal noté et injustement pourchassé".

Écrit par : Mathilda | 09/03/2011

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