27/02/2011

Les LiLi

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Selon Jean Romain, lutter activement contre l’initiative sur la note de comportement n’est pas anodin. Il en va de toute un « héritage » idéologique.

 

Lisez plutôt :

 

L’Arle, vous le savez, lance une Initiative pour une note de comportement à l’école obligatoire. Hier, à Meyrin, entre les stands des partis en campagne pour les élections municipales de mars 2011, je suis allé récolter des signatures. En 3 heures, j’ai récolté 88 paraphes, soit à peu près un toutes les 2 minutes. Ceux qui refusent de signer sont facilement repérables : la gauche libertaire et une faction de la droite libérale

 

Cette alliance LiLi, cette coalition contre-nature de prime abord (qui est d’ailleurs celle qui a cassé l’école) galvaude un concept sur lequel gauche et droite tombent d’accord : le concept d’autonomie. C’est autour de lui que se joue une partie de ce qui fait cette logique hétéroclite du refus de signer.

 

Le mouvement général de la modernité est le passage du lourd au léger. Il s’agit de se libérer du poids du passé, de la tradition, des diverses obligations liées à la présence d’un monde qui ne se réduit pas au soi, et cela pour affirmer la primauté de la subjectivité sur tout autre chose. Ce processus qui s’est donné lui-même pour finalité consiste à sacraliser la notion d’autonomie.

 

 En effet, la modernité se caractérise par son ambition de nier plus ou moins fondamentalement toutes les limites qui définissaient jusqu’alors la condition humaine, et elle se donne comme une promesse d’alléger la vie des hommes, leur existence, de les débarrasser de tous leurs fardeaux : la modernité a ainsi rendu la vie humaine moins lourde, moins pesante, moins hétéronome. Plus inconsciente souvent, plus légère donc. Disons que pour l’école, après avoir été un bénéfice, voilà que ce processus prônant l’autonomie a persuadé les élèves qu’il était inutile désormais de s’astreindre à l’étude, à la lecture, à la répétition, au travail parfois pénible pour réussir. Bref, puisque nous voulons nous alléger, il est désormais improductif d’apprendre, inutile de se plier à la nécessité de répéter, de passer par toute contrainte qui peut limiter notre liberté. Je suis autonome, et cette autonomie je n’ai qu’à l’affirmer haut et fort. Or l’autonomie dont on parle à l’école est un but, ce qu’on atteindra à la fin du processus et cela progressivement. Elle n’est pas ce qui est donné au départ comme déjà construit. Seule une sacralisation de l’autonomie peut y faire croire.

 

Cette sacralisation dommageable vient de gauche, (autonomie, valeur centrale de l’humanisme républicain) et de droite (autonomie, valeur centrale pour établir fermement la responsabilité de chacun), et la pince laisse peu de place entre ses mâchoires. Le concept d’intensification de soi est ainsi légitimé dans son affirmation. Nous avons réussi à lever presque tous les jougs qui écrasaient nos nuques il n’y a pas si longtemps encore, et notre sortie de l’âge des oppressions nous a fait entrer dans l’âge des dépressions.

 

Aussi une note de comportement paraît-elle incongrue pour la gauche libertaire et inutile pour la droite turbo libérale : les LiLi.

 

Jean Romain

 

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25/02/2011

Un peu d’humour…

Rétrograde, voire réac pour certains…réaliste pour les autres !

 

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Oui à l’initiative « Pour une note de comportement à l’école obligatoire ».

http://www.arle.ch/images/stories/file/IN_ARLE_comport.pdf

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23/02/2011

Le chat et les souris

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Pour tous ceux qui voudraient en savoir encore un peu plus sur la pédagogie essentiellement basée sur le socio-constructivisme, voici l’article paru ce jour dans le journal « Le Temps », sous la plume de Jean Romain.

 

Un zéro pointé pour la pédagogie socio-constructiviste

 

Le socio-constructivisme met l’accent sur le rôle de l’autre dans la construction des savoirs : la modification et la régulation des représentations se fait en interagissant avec les autres. Les méthodes fondées sur le socio-constructivisme privilégient donc le travail coopératif, la collaboration, la co-construction des savoirs, pratiques censées générer aussi plus de motivation et de valorisation de soi. Ces méthodes bouleversent le rôle du professeur, et celui de l’enseignement qui ne doit plus être frontal ni magistral, ni même chargé de présenter les éléments nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la langue. L’apprentissage est considéré comme un processus de modification des représentations qu’on possède déjà : une nouvelle donnée doit s’intégrer au réseau conceptuel de l’ « apprenant », et cette intégration (succession de déséquilibres et de rééquilibres) n’est possible que dans l’action du sujet. Autrement dit, un problème rencontré par l’ « apprenant » (= des représentations inadéquates) entraîne la recherche de sens : apprendre signifie construire activement du sens par l’observation, l’expérimentation, la réflexion, la déduction et le réemploi des règles.

 

Il convient de se canaliser sur les expériences pouvant être les meilleures pour l’apprentissage, du point de vue de l’ « apprenant », plutôt que de simplement transmettre et évaluer les connaissances qu’on estime qu’il doit posséder. Il faudra rechercher à créer des déséquilibres pour que l’ « apprenant » tente de les dépasser de lui-même. Cela aide aussi à comprendre que chaque participant à un cours peut être tour à tour un enseignant et un « apprenant ». Le travail d’enseignant peut se modifier en passant du rôle de « source de la connaissance » à celui de pôle d’influence et modèle de la culture de classe. Il s’agit d’avoir des contacts personnalisés et adaptés aux besoins d’apprentissage de chaque « apprenant », et d’animer les discussions et les activités de façon à atteindre collectivement les objectifs d’apprentissage de la classe.

 

Le professeur quitte son rôle d’intermédiaire entre l’œuvre à étudier et l’élève. Il devient une sorte d’animateur, un organisateur de savoir collectif en classe, un pourvoyeur de déséquilibres calculés et pouvant être surmontés.

 

De ce point de vue, la note par son côté individuel et normatif, heurte de plein fouet la doxa constructiviste. Un professeur, ou un ensemble de professeurs, jugent un élève et lui mettent une note qui évalue de manière chiffrée son travail ou son comportement à tel moment de son cursus scolaire. Cette logique cumulative est opposée à la logique constructiviste puisque le rythme, le moment où « se forme » la connaissance attendue, n’est pas le même pour tous les élèves. D’un côté, on attend qu’un élève de tel âge (en telle année) sache lire et on évalue son savoir dans une logique de transmission de connaissances ; de l’autre côté, on s’adapte au rythme de chacun dans une vision socio-constructiviste puisque les tortues et les lièvres sacrifient à des cycles différents.

 

Or les professeurs Gauthier, Bissonnette et Richard (Université Laval, Montréal) dont les résultats ont été publiés en 2005 « Quelles sont les pédagogies efficaces ? » montrent que les méthodes axées sur l’élève mis au centre fonctionnent bien pour 15 pour cent seulement de ces élèves. Alors que les méthodes explicites (allant du plus simple au plus complexe) fonctionnent avec 85 pour cent des élèves : ils apprennent mieux et plus vite. Ces méthodes sont aussi plus normatives. Ces études universitaires démontrent en plus que ce sont les connaissances acquises qui assurent l’estime de soi, contrairement à ce qu’affirment les socio-constructivistes.

 

Une note chiffrée est l’antidote absolu à ces théories élitistes. L’Arle a réintroduit en 2006 les notes scolaires à l’école primaire à Genève et cela a mis fin, du moins dans sa volonté ouvertement déclarée, à la Rénovation voulue par Martine Brunschwig Graf.

 

Aujourd’hui, l’Arle lance une initiative pour une note de comportement à l’école obligatoire. On peut discuter à l’infini pour savoir si une telle note est juste, intelligente, bonne ou nécessaire pour redonner à l’école un semblant d’autorité, s’il faut autre chose pour redorer le blason d’un Cycle d’orientation en grande difficulté, mais ce qui semble important en plus du signal clair que l’Arle envoie c’est qu’une note est l’antidote dont nous avons besoin pour faire pièce au socio-constructivisme. Lâcher une note dans ce milieu, c’est mettre un chat dans le bal des souris.

 

www.arle.ch

 

 

 

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22/02/2011

Etes-vous seul à penser qu’il y a un malaise ?

Le sondage publié dans la Tribune du jour à propos du comportement des élèves à l’école obligatoire répond à cette question !

Sur 29279 personnes interrogées, vous êtes environ 22840 à le penser !

N’oubliez donc pas de signer et de faire signer l’initiative lancée par l’Arle « Pour une note de comportement à l’école obligatoire ».

A télécharger sur:

http://www.arle.ch/images/stories/file/IN_ARLE_comport.pdf

Sondage.jpg

 

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21/02/2011

Les parents sont-ils des « faire-valoir» ?

Conseil d’établissement à l’école primaire : les attentes sont fortes !

C’est ce que l’on apprend en page 19 de la Tribune d’aujourd’hui.

Ainsi, après les élucubrations concernant l’introduction du suisse-allemand et la disparition du latin, le conseiller en charge du DIP imagine une « formation pour les membres de ces assemblées du primaire » !

Laurent Vité, président de la Société pédagogique genevoise, renchérit… « délibérer, cela s’apprend ».

Une belle manière de noyer le poisson…au moment où quelques parents semblent enfin ouvrir les yeux à l’image de cette maman de l’école de Saint-Antoine qui courageusement dit tout haut ce qu’il en est : « J’ai l’impression que l’on est un faire-valoir » ou encore « On est des cobayes ».

A son habitude, Monsieur Charles Beer, avance l’éternel « le changement de culture prend du temps. Je préfère parler de pionniers plutôt que de cobayes ».

Mais qu’en est-il en réalité ?

Ces conseils d’établissement ne sont en effet que poudre aux yeux, une manière pour le DIP de se donner bonne conscience en laissant croire aux parents d’élèves qu’ils « participent ».

Oui, mais à quoi ?

Le 16 novembre 2009 déjà j’écrivais sur ce blog un billet intitulé

« Du rôle PRIMORDIAL des conseils d’établissement » qui disait :

Je viens de lire le magazine d’information du DIP « Les clefs de l’école » n°4 (novembre 2009) tiré à 250000 exemplaires. En page 20, un article passionnant m’apprend enfin à quoi servent ces « fameux » conseils d’établissement mis en place à grands frais sous la haute autorité des 93 directeurs qui les président.

Jugez plutôt…

« Dans cette salle de classe de l’Ecole du Lignon, en ce lundi soir de septembre, on n’entend plus que le chuchotement des parents d’élèves et des enseignants… »

C’est que la directrice vient de soumettre au vote des membres du Conseil des sujets de la plus haute importance. 

- Faut-il conserver ou enlever -mais en les remplaçant par d’autres jeux- les deux cabanes qui figurent dans le préau ?

Hum ?! Complexe, complexe, cela mérite une sérieuse réflexion.

 -Malgré l’ajout de onze poubelles supplémentaires en début d’année, les nombreux déchets débordent toujours des récipients prévus pour les accueillir….

Que fait-on ? Il faut que l’on en débatte en effet.

 

Autres sujets de délibérations :

- La grippe H1N1. Les parents ont appris quelques règles élémentaires telles « se laver les mains »…voilà qui est nouveau, merci pour ce précieux renseignement.

 

- La surveillance du préau sera renforcée en ajoutant un enseignant afin d’éviter que...des enfants ne quittent le périmètre de l’école lors de la récréation.

Si si !

 

!!!!!

Vous en conviendrez, tout cela est de la plus haute importance tout de même.

Plus de doute, ces conseils et leur directeur sont d’une nécessité absolue.

 

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20/02/2011

Toujours à propos du socioconstructivisme : «A l’école, l’état des lieux est apocalyptique»

Natacha Polony est une journaliste spécialisée dans le domaine de l’éducation, surtout connue des lecteurs de Marianne et de ceux qui suivent la question scolaire.

Voici un extrait de son interview, paru le 19 février dans le journal « Causeur ».

Sur la question scolaire, on a eu l’impression, notamment grâce aux livres de Marc le Bris, Jean-Paul Brighelli ou les vôtres que Nicolas Sarkozy -qui avait bien mal débuté sa campagne sur ce thème à Lyon à propos de la Princesse de Clèves en janvier 2006- avait fini par donner la victoire aux tenants de l’école républicaine contre les pédagogistes. La victoire idéologique semblait gagnée et en quelques mois, il semble que nous en soyons revenus à la case départ. Comment expliquez-vous ce stupéfiant retournement ?

NP – Il s’agit en effet d’un renversement historique. Pour le dire brutalement, nous n’avons jamais été aussi éloignés du modèle de l’école républicaine, tel pourtant qu’une partie des Français l’a plébiscité en 2007. Comment expliquer cette défaite idéologique, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit ? Les livres que vous citez, en particulier ceux de JP Brighelli et Marc Le Bris, ont permis de constater qu’une grande partie des Français partageait le constat d’une école en déshérence, désormais incapable d’apprendre à lire et à compter aux élèves, de sorte que seuls s’en sortent ceux dont les parents peuvent compenser. Ces livres datent des années 2004-2005, et ils avaient été précédés par d’autres, ceux de Jean-Claude Michéa (l’excellent Enseignement de l’ignorance) et de Sauver les lettres notamment.

Lors de la campagne présidentielle, les politiques se sont aperçus du mouvement d’opinion provoqué par ce refus collectif de méthodes délirantes et de concepts éducatifs biaisés. Les principaux candidats ont tenté d’en recueillir les fruits, et le succès de Ségolène Royal, malgré les réticences de son propre parti, tient sans doute grandement à ses déclarations tonitruantes sur l’autorité des maîtres, tant il est vrai que, mis à part les professeurs, plus personne ne se souvenait (et les médias se gardaient de rappeler) qu’elle avait, en tant que ministre délégué à l’enseignement scolaire, bafoué cette autorité et soutenu les pires tenants de la « parole sacrée» d’un enfant « mis au cœur du système » (les mêmes qui étaient restés ses conseillers en 2007)…

Nicolas Sarkozy avait pour lui un atout majeur : les mots d’Henri Guaino. Il a donc su parler de « transmission », de « mémoire », de « hiérarchie entre celui qui sait et celui qui ne sait pas », bref, de tout ce que réclamait une bonne partie des Français qui ont la faiblesse de croire que l’école républicaine ne fonctionnait pas si mal et qu’on pourrait en garder les aspects positifs en en corrigeant les injustices…

Certains, pourtant, ont voulu y croire. Et peut-être ont-ils eu raison, puisque les programmes de primaire de 2008 sont indéniablement une avancée vers un peu plus de bon sens et de rigueur. Hélas, ce ne fut qu’une éclaircie dans un ciel s’assombrissant sans cesse. Généralisation de l’enseignement par compétences, autonomie des établissements fondée sur une conception managériale du fonctionnement de l’école, affaiblissement toujours plus grand de l’enseignement disciplinaire au profit d’une fumeuse « pédagogie de projet »… l’état des lieux est aujourd’hui apocalyptique.

A qui attribuer la responsabilité de ce désastre ? A des réformateurs qui tiennent depuis trente ans tous les rouages de l’éducation nationale, et sont infiniment plus puissants que telle ou telle directive ministérielle ? A une droite qui s’est laissée gagner par toutes les thèses des pédagogies modernes, sous prétexte qu’elles étaient présentées par des experts indéboulonnables, non plus comme une idéologie de gauche, mais comme une vulgate moderniste internationale ? A des gestionnaires qui ont découvert que faire dispenser des cours par des professeurs coûte cher, alors que faire animer des ateliers et des projets par des « adultes-référents », comme le prônent les pédagogies constructivistes, économise un nombre incalculable de postes ? A des « républicains» qui ont préféré pinailler sur le sexe des anges ou la dénomination des diverses méthodes syllabiques, alphabétiques, etc, et s’excommunier les uns les autres, plutôt que de faire front ? Un peu tout cela, bien sûr. Mais qui veut retracer cette histoire doit noter en premier lieu que tout était déjà posé par la loi d’orientation sur l’école de 2005 : compétences, pédagogie de projet, autonomie… La partie s’est sans doute jouée avant, lorsque Jacques Chirac a renoncé à un référendum, et confié à Claude Thélot, apparatchik de la rue de Grenelle, le soin de diriger une commission chargée d’élaborer ce qui deviendrait la loi Fillon.

Texte complet sous

http://www.causeur.fr/%c2%ab-a-l%e2%80%99ecole-l%e2%80%99...

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19/02/2011

Réponse aux adeptes du socioconstructivisme

 

A l’heure où le socioconstructivisme tente un retour et pour faire suite à certains commentaires postés sur mon précédent billet, je vous livre ici, un texte, signé de Jean Romain pour le comité de l'Arle, qui avait agrémenté la campagne de votation sur les notes en…2006 !

 

Les huit commandements du pédagogiquement correct

 

Face à l'exigence de formation toujours plus pointue de notre économie, l'échec scolaire est devenu insupportable. On n'a plus le droit d'échouer ni de refaire son année scolaire lorsqu'on n'est pas encore à niveau. Or cet échec scolaire est peu à peu devenu l'échec de l'école. Il a donc fallu, ces vingt dernières années, tout réformer sans cesse et changer l'école.

Mais c'est fait aujourd'hui, l'école a changé. Elle n'enseigne plus et fabrique des enfants mutilés. En fait, ce changement incessant s'est organisé autour de huit commandements :

1. Pas d'inquiétude : le niveau monte !

Cela a été vrai au 20e siècle jusque dans les années quatre-vingts. Le niveau moyen de la population des années soixante-dix est sans doute globalement plus élevé que celui des années trente. Mais ce n'est plus vrai actuellement. Depuis vingt ans, il est en baisse continuelle, non seulement en ce qui concerne l'orthographe, la grammaire et la syntaxe (ce qui ne se réduit pas à un problème technique, car orthographe, grammaire et syntaxe sont la façon dont on reconstruit le monde par les mots. Il en va, avec la maîtrise de la langue, de la formalisation du monde), mais en ce qui concerne les connaissances générales.

Et puis, je n'ai jamais eu sous les yeux de texte de l'antiquité grecque ou romaine qui dise cela. En fait, le slogan que " Le niveau monte " est un opium utilisé pour leurrer les critiques.

2. L'élève doit construire lui-même son savoir

Cette méthode (socioconstructivisme) se fonde sur l'idée que face à chaque nouveau problème, l'élève doit ressentir le manque de connaissance comme dommageable, qu'il existe une faille du désir et qu'il va rechercher ce qui lui manque en se confrontant aux autres. L'apprenant (pardon pour " apprenant " c'est le jargon des pédagogos) est amené à reconsidérer, en même temps, ses propres représentations et celles des autres pour reconstruire un nouveau savoir.

Cela est certainement possible avec une minorité de 15 pour cent des élèves, les autres ne remarquent pas ce qui leur manque ou n'éprouvent pas ce manque comme dommageable.

Le socioconstructivisme et les méthodes qui en découlent sont intéressants mais ils ne fonctionnent pas pour la majorité des élèves qui a besoin de méthodes plus structurées et plus dirigées.

3. Découvrir ludiquement pour apprendre vraiment

L'idée curieuse que le jeu est le tout de l'enfant est une idée fausse. Mais elle entre bien dans le cadre de l'Homo ludens actuel, pour qui tout doit être festif et amusant, acquis sans effort. S'il est vrai qu'on peut apprendre parfois en s'amusant et en jouant, il importe de monter aux jeunes enfants, et cela assez tôt, que tout n'est pas jeu, et qu'il faut parfois se plier à un autre régime d'apprentissage bien moins ludique et plus efficace.

4. S'ouvrir à la transversalité

Cette idée forte des années 90 porte d'autres noms : la transdisciplinarité en est le plus connu. La science actuelle a montré que l'homme a besoin de convoquer synchroniquement plusieurs types de savoir pour être efficace dans le monde pluridisciplinaire qui est le nôtre. Mais cette exigence aussi bien du chercheur que de l'homme souple, n'est pas celle de l'enfant qui, lui, a besoin de compartimenter les choses dans un premier temps pour ensuite franchir les frontières entre les sciences. Le cerveau humain non moins que l'esprit semblent devoir se former en suivant un ordre pas à pas de complexité croissante. Une fois formé, il est loisible pour l'adulte d'enjamber les domaines.

5. L'école lieu de vie, la culture est élitiste

Curieusement à l'école on ne fait plus référence à la beauté, ni au talent ni au génie parce que dans une société égalitaire cela paraît élitiste que de faire référence au génie (qui n'est pas la chose au monde la mieux partagée), et on remplace ces éléments constitutifs de l'œuvre par la technique.

Il y a une vingtaine d'années encore, on voulait transmettre aux élèves un patrimoine qui était suffisamment universel pour être tenu pour un patrimoine de l'humanité. Cette transmission avait pour but d'une part la culture générale qui montre à chaque élève qu'il n'est pas seul au monde et qui l'installe dans une communauté, et d'autre part un développement personnel qui lui permet de se construire face au pilier qu'est ce patrimoine.

Donc en favorisant la rencontre des masses avec les chefs-d'œuvre universels parce que ces œuvres sont émancipatrices dans le sens où elles arrachent l'élève au quotidien, à sa petite vie (et en ce sens l'école n'est pas un lieu de vie), à son destin sociétal et familial, on élève.

Or suivant la pensée de Bourdieu et de ses adeptes, le savoir est apparu comme un instrument de domination de classe sociale. Il a fallu dévaluer la culture au prétexte qu'elle était par essence bourgeoise, et mettre l'accent sur la vie, c'est à dire sur l'expérience la plus commune et la plus terne.

6. Apprendre à apprendre

Depuis la fin des années 70, depuis que le chômage s'est révélé une plaie endémique de nos sociétés, et avec lui son cortège d'exclusions et d'opprobres, des transformations majeures sont intervenues. Restructuration et réformes ont été les mots d'ordre de la mobilité forcée qui secoue notre monde depuis plus de vingt ans, et la conception que nous avions du travail s'est peu à peu modifiée en profondeur. En effet, la fragilisation du marché de l'emploi, tout en faisant porter à l'employé la responsabilité de sa " performance professionnelle " a fait renaître une idée ancienne : pour avoir une chance de s'inscrire dans un monde mouvant qui demande plus de formation à ceux qui y travaillent et plus de souplesse, il faut mettre l'accent sur la formation elle-même, mais en fait sur un type de formation différent de celui qu'on avait connu jusque-là. En effet, il s'agira moins de donner aux futurs employés, dans leur culture de base et leur formation primaire, des connaissances solides que des compétences, moins un contenu qu'une façon de faire, moins un savoir qu'un savoir-faire. Car enfin, changer est une nécessité de notre société, mais ces changements sont le plus souvent ni voulus ni anticipés. Donc, il faut apprendre à changer. Le slogan qui a accompagné ce savoir-changer est : il faut apprendre à apprendre.

En disant à l'individu qu'il aurait à apprendre tout au long de sa vie, qu'aucun savoir n'était suffisamment certain pour qu'il puisse y compter sans d'incessantes remises à jour, en lui promettant que la manière d'acquérir des connaissances lui assurerait plus de mobilité que ces connaissances elles-mêmes, la doxa moderne l'a en fait déstabilisé en le plongeant dans l'incertitude, et cela à deux niveaux différents :

- d'une part, en glissant de l'idée d'épanouissement individuel par la culture vers celle d'épanouissement individuel par le travail engagé ;

- d'autre part, en lui fournissant le modèle même de l'entreprise contrainte à adapter sans cesse son offre à la demande aléatoire de la consommation comme le modèle sur lequel il vaut la peine de se régler dès l'enfance.

Cette déstabilisation en terme d'absentéisme coûte 20 milliards de francs.

Or l'enfant n'a pas besoin d'apprendre à apprendre : il lui suffit d'apprendre, et ce serait déjà un progrès.

7. Sélectionner c'est exclure

Des gens bien intentionnés avaient inventé une école qui, sans être idéale c'est-à-dire utopique, permettait de corriger les inégalités, une école qui permettait à d'autres enfants d'occuper les places que la bourgeoisie très naturellement s'efforçait de réserver à ses propres enfants. Ces humanistes avaient inventé une école où le mérite départageait les meilleurs, toutes origines confondues, et où ce mérite donnait sa chance à chacun. Ce dispositif de sélection par le mérite et non plus par la filiation ni par la classe sociale, ce dispositif de correction des inégalités sociales est depuis les années 80 combattu, au motif que sélectionner, c'est exclure, et qu'éprouver en classe les aptitudes des élèves, c'est reproduire les privilèges.

L'école a cessé de croire à la méritocratie. Le mérite lui apparaît aujourd'hui comme un piège, voire une imposture. L'école ainsi comprise serait donc l'instrument dont se sert la classe dominante pour conserver ses privilèges et faire taire les autres. Les beaux principes de neutralité de l'école (p. ex. combattre les inégalités en donnant à tous des références communes) font partie du système de reproduction en masquant derrière une vue d'apparence généreuse des mécanismes complexes d'élimination.

8. Il faut apprendre à être : le savoir-être

Il est vrai que l'école doit apprendre aussi à être un citoyen responsable, donc libre. Mais l'idée est que cet apprentissage passe par l'acquisition de notions clairement définie dans les programmes et non par des cours de savoir-être ou de pseudo morale que le professeur dispenserait en fonction du moment. D'autre part, le savoir-être ne peut jamais être testé objectivement.

Pour faire simple et un peu schématique je dirais :

- Vous voulez des élèves plus fraternels, moins violents et plus justes ?

- Faites leur faire des mathématiques !

Cela signifie qu'à l'école, seule la confrontation avec ce qui le dépasse de la tête et des épaules apporte à chacun le sens du respect et celui de sa propre place dans la société.

 

A lire également :

http://www.arle.ch/generalites/53-derriere-les-notes

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18/02/2011

Soutien massif du Parti Radical

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Le Parti Radical genevois vient de diffuser son journal « Le Genevois ».

Une place importante y est consacrée à l’initiative de l’Arle, une feuille de signature y est encartée.

Voici le texte qui explique fort bien la démarche du « vieux » parti.

 

Initiative populaire pour une note de comportement à l’école obligatoire

 

On constate qu’une note de comportement existe dans d’autres cantons de Suisse. A Genève, elle a disparu depuis longtemps pour faire place à des commentaires. C’est une erreur parce que c’est un repère qu’on a effacé. Un de plus. Une telle note ne remplace pas les commentaires mais elle les synthétise et elle permet, à période régulière lors des carnets scolaires, plus de clarté. Transparente pour tous les intéressés, elle établit, contrairement aux seuls commentaires, une limite claire entre suffisant et insuffisant.

 

Personne n’affirme qu’une note de comportement va miraculeusement changer le climat dans les classes, mais le signal est lisible: il est désormais possible de suivre globalement l’évolution du comportement des élèves, de réprimander les indisciplines et de valoriser ceux qui s’engagent dans leur travail.

 

Cette note de comportement (assortie de commentaires) paraîtra donc dans les bulletins scolaires périodiques, et si elle n’entre pas dans le calcul de la moyenne promotionnelle, elle compte d’une autre manière:

 

1 Il est possible de sanctionner ceux qui n’ont pas obtenu la moyenne.

2 Lors d’un conseil de promotion, elle doit compter dans les arguments (pour ou contre) une dérogation.

3 Elle donne un indice au début de l’année suivante ou lors d’un engagement.

4 Elle touche (sauf dans certains cas, il est vrai) l’élève.

5 Elle peut être récompensée en fin d’année par des prix, des certificats d’excellence.

 

De plus, le rapport PISA 2010 stipule que «Les établissements qui affichent un climat de discipline satisfaisant, des comportements positifs chez les enseignants et des relations positives entre élèves et enseignants tendent à être plus performants en compréhension de l’écrit.»

 

Genève a un urgent besoin d’un climat plus favorable au travail scolaire.

 

Cette initiative entre donc exactement dans la politique du Parti radical, qui s’est plus d’une fois alarmé du manque de respect à l’école.

 

Le formulaire est encarté dans ce No du Genevois.

L'initiative peut être téléchargée sur le site du Parti radical genevois: http://www.radical.ch

 

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15/02/2011

Une nouvelle directrice du DIP qui ne perd pas de temps !

Tous les enseignants de l’enseignement primaire genevois viennent de recevoir une lettre signée de Mme Isabelle Vuillemin fraîchement nommée le 1er février « directrice du service de l'enseignement à la direction générale de l'enseignement primaire ».

Elle leur demande de bien vouloir répondre aux questions d’une enquête européenne (PRIMAS) qui cherche à favoriser un nouvel enseignement des mathématiques.

Jugez plutôt de la manière dont les auteurs présentent cette enquête:

«PRIMAS a pour but de favoriser un changement dans la manière d’enseigner et d’apprendre les mathématiques et les sciences en encourageant les enseignants à développer une pédagogie d’apprentissage basée sur l’investigation, la recherche et les problèmes ouverts (inquiry-based learning IBL).

L’IBL est une manière, centrée sur l’élève, pour apprendre des contenus, des stratégies et développer des compétences d’apprentissage par soi-même.

Les élèves

¾   développent eux-mêmes les questions à examiner,

¾   s’engagent dans une recherche auto-dirigée (diagnostiquer les problèmes, formuler des hypothèses, identifier des variables, recueillir des données, documenter le travail, interpréter et communiquer les résultats)

¾   collaborent les uns avec les autres.

 

L’hydre du socioconstructivisme est de retour ! Et le DIP cautionne.

Vous savez, le socioconstructivisme, cette idéologie qui a complètement imprégné cette trop fameuse « rénovation de l’enseignement primaire », lancée par Madame Brunschwig Graf au début des années 90.

Cette idéologie qui a ruiné notre école genevoise.

Cette idéologie que le peuple a fini par refuser massivement en 2006 en votant à 76% l’initiative alors lancée par l’Arle pour la combattre.

Chassez le naturel, il reviendra au galop !

Telle « la maladie », le socioconstructivisme est un mal incurable toujours capable de ressurgir à tout moment.

Certains le savent trop bien, ils en usent et en abusent.

Petite cerise sur le gâteau…les questionnaires complétés sont à retourner à…

Madame Laura Weiss, université de Genève !

Cherchez l’erreur….

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10/02/2011

Luc Baudin, un prof comme on les aime ! Ou chronique d'une disparition!

Je l’ai annoncé dans plusieurs de mes billets précédents…avec la nouvelle grille horaire du CO, s’en est fait des branches « manuelles » et « créatrices » à Genève.

Honte à nos décideurs !

Sophie Roselli trace dans la Tribune de Genève d’aujourd’hui, un portrait de Monsieur Luc Baudin, un attachant prof de travaux manuels au cycle des Voirets.

On mesure l’ampleur de ce qui va se perdre !

Je vous invite donc à faire connaissance avec lui en reproduisant ci-dessous l’article en question.

Entre le marteau et l’enclume

«On vous adore!» Réaction spontanée d’une élève, à l’arrivée de Luc Gaudin au Cycle d’orientation des Voirets, au Grand-Lancy. Impassible, l’enseignant traverse le couloir, l’air détaché. «La plupart des élèves sont sympas. Il est rare que je me fâche», commente ce grand bonhomme, en se dirigeant au sous-sol, vers sa salle. Bienvenue dans son atelier de métal. Un lieu à l’avenir incertain, avec la réduction des heures prévue dans la réforme du Cycle, à partir de 2011-2012.

«C’est du gâchis, regrette Luc Gaudin en se promenant entre les machines et les tables en bois. Dans deux ans, il n’y aura plus que les élèves de première année qui bénéficieront des travaux manuels.» Egalement président de l’association professionnelle des maîtres de ce domaine au Cycle, il relaie l’inquiétude de la branche, qui a récemment lancé une pétition. Faut-il croire à un revirement? Pour l’heure, il garde espoir en observant la satisfaction de ses élèves. Cinq d’entre eux lui ont d’ailleurs écrit un texte à la gloire des travaux manuels. Ce témoignage spontané le touche encore.

Luc Gaudin semble être placé entre le marteau et l’enclume. Inquiet de voir disparaître un métier et pourtant convaincu de son réel bénéfice pour les nouvelles générations.

Peinture, ferraille, bois

Au milieu des plieuses, cisailles, perceuses et de sa collection de limes de toutes tailles, Luc Gaudin collectionne les rats de cave, brûle-parfum, lanternes, bagues et bracelets réalisés par les jeunes. Il garde tout. Y compris ses propres prototypes, telle cette boîte à musique, dénichée au sommet d’une armoire. Il la terminera peut-être un jour. «J’aime bien découvrir, essayer», glisse le professeur à l’allure d’artiste.

Sa silhouette fine, son visage marqué, ses cheveux gris en pagaille lui donnent un air de Giacometti. Lui se décrit comme un touche-à-tout. Il pratique la peinture à l’huile, travaille la ferraille ou encore le bois, à ses heures perdues, dans cet atelier ou dans sa maison en Valais. «Ma dernière œuvre est une poya humoristique, avec des animaux farfelus», sourit-il.

Ce passionné enchaîne en ramenant un étui. «Avec quatre collègues, on s’est lancé un défi, celui de fabriquer un violon. Finalement, j’en ai réalisé trois…» dit-il avec malice. La boîte s’ouvre sur l’instrument. Parce qu’il joue aussi? Il ferme la porte et répond au défi. L’apprenti violoniste se concentre alors sur les notes d’un morceau «bosniaque mais d’origine turque».

D’autres talents, Monsieur le Professeur? «J’ai commencé par le piano, j’ai fait de la clarinette, du saxophone, de l’accordéon…» L’inventaire s’avère incomplet pour cet enfant issu d’une famille de musiciens. «J’ai toujours fait un peu de tout, sans rien maîtriser complètement. C’est un peu comme pour les élèves à qui on apprend plusieurs langues au Cycle…»

Educateur pour les toxicomanes

Luc Gaudin aurait pu exercer mille métiers. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait. Ebéniste de formation, il n’a pas exercé longtemps. Devenu assistant technique aux Arts décoratifs, il quitte ensuite le milieu artistique pour celui de la justice… Il obtient son diplôme d’éducateur et travaille plusieurs années dans le milieu de la semi-liberté. «Cela m’a appris à être souple et vigilant.» Il rejoint plus tard une fondation spécialisée dans la réinsertion des toxicomanes. Plusieurs années après, le hasard fait qu’il postule pour enseigner les travaux manuels. Son métier depuis dix-huit ans maintenant.

A quelques jours de ses 60 ans, il n’exclut pas une nouvelle reconversion. Forcée certainement. Il le sait, sa branche n’est plus tendance. Son atelier s’apparente à un musée, dont les œuvres sont déjà exposées dans une vitrine accrochée dans le couloir.

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07/02/2011

Concours de l’absurde

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Il est des raisonnements qui me laissent perplexe.

Ainsi, à en croire certains, la note de comportement à l’école obligatoire pourrait engendrer des dérives insoupçonnées.

« Des "petits malins", en pleine révolte, pourraient jouer les caïds en établissant le record des zéros de conduite ! Obtenir un zéro de conduite pourrait devenir un sport valorisant auprès de leurs pairs. »

On vient d’inventer le concours de la plus mauvaise note de comportement…

Aujourd’hui, seuls des commentaires « évaluent » le comportement des écoliers…alors, pourquoi pas, le concours du commentaire le plus scabreux ?

Absurde pour absurde, n’ayons pas peur de pousser le raisonnement plus avant.

Toutes règles, tous cadres, toutes lois pourraient souffrir du même mode de pensée.

Imaginons donc, à l’instar de ce commentateur bien inspiré, qu’il faille « supprimer toutes les limitations de vitesse sur nos routes pour ne pas prendre le risque de voir des chauffards concourir pour devenir des recordmen de la vitesse ».

Supprimons tous les feux rouges, ainsi que les « stops » afin d’éviter qu’apparaisse le concours de celui qui en brûlera le plus grand nombre.

Légalisons l’ensemble des drogues de crainte d’instaurer le concours du plus grand fumeur de joints !

La liste n’est pas exhaustive et j’ouvre ici même, le concours du concours le plus absurde !

Soyons sérieux, il n’y a pas si longtemps, la note de comportement existait encore à l’école…je n’ai jamais entendu dire qu’elle avait mené à de telles dérives.

Pensez donc à signer et à faire signer l’initiative de l’Arle « Pour une note de comportement à l’école obligatoire ».

IN Ares comportement 19 01 2011 A4.pdf

 

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03/02/2011

Qu’en est-il chez nos voisins ?

Nous avions tout juste terminé notre conversation, Cyprien et moi, que Monsieur Anatole Dupont s'est présenté.

« Excusez-moi, Messieurs, mais je n'ai pas pu faire autrement que d'écouter ce que vous disiez... ».

 http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/02/02/a7c...

Aussitôt, il s'est installé à notre table et nous a fait un petit topo de la situation dans son pays...voici :

« L'apprentissage de la civilité et l'adoption de comportements civiques et responsables constituent des enjeux majeurs pour le système éducatif.

La note de vie scolaire s'inscrit dans cette démarche éducative qui concerne toute la scolarité au collège. Elle devient une composante à part entière de l'évaluation des élèves, y compris pour l'obtention du diplôme national du brevet. Elle contribue, en donnant des repères aux élèves, à faire le lien entre la scolarité, la vie scolaire et la vie sociale. Elle est destinée à valoriser les attitudes positives vis-à-vis de l'école et vis-à-vis d'autrui. Comme toutes les notations qui sanctionnent un apprentissage, elle évalue aussi les progrès réalisés par l'élève tout au long de l'année scolaire.

L'élaboration de la note de vie scolaire est fondée sur :

L'assiduité de l'élève

Il s'agit de la participation de l'élève à tous les enseignements prévus à son emploi du temps. Un élève assidu obtient le nombre maximum de points attachés à ce domaine. Il s'agit en effet de valoriser le respect du devoir d'assiduité. La ponctualité de l'élève pourra également être prise en compte.

Le respect des autres dispositions du règlement intérieur

Outre l'assiduité, l'observation des dispositions qui figurent dans le règlement intérieur constitue le deuxième élément de la note de vie scolaire. Un élève qui respecte le règlement intérieur de l'établissement obtient la note maximum prévue pour ce domaine.

La participation de l'élève à la vie de l'établissement ou aux activités organisées ou reconnues par l'établissement

Il s'agit, par une démarche de valorisation de l'engagement des élèves, d'encourager leur esprit de solidarité, leur civisme et de développer leur autonomie. Cependant, une absence d'engagement ne doit pas pénaliser un élève. C'est pourquoi cette évaluation ne peut être que positive.

L'élaboration de la note

 La note de vie scolaire est élaborée pour chaque trimestre, à partir de critères objectifs, par le chef d'établissement. Celui-ci recueille, d'une part, les propositions du professeur principal qui doit consulter au préalable les membres de l'équipe pédagogique de la classe et, d'autre part, l'avis du conseiller principal d'éducation. Il fixe ensuite la note qui sera communiquée au conseil de classe.

 Cette note est portée au bulletin trimestriel de l'élève qui sera adapté dans sa forme en conséquence. Elle est prise en compte comme les autres notes ».

Source, Ministère éducation nationale

Ne manquez pas de signer et de faire signer l'initiative de l'Arle : « Pour une note de comportement à l'école obligatoire ».

IN Ares comportement 19 01 2011 A4.pdf

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Qu’en est-il chez nos voisins ?

Nous avions tout juste terminé notre conversation, Cyprien et moi, que Monsieur Anatole Dupont s’est présenté.

« Excusez-moi, Messieurs, mais je n’ai pas pu faire autrement que d’écouter ce que vous disiez… ».

 http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/02/02/a7c...

Aussitôt, il s’est installé à notre table et nous a fait un petit topo de la situation dans son pays…voici :

« L’apprentissage de la civilité et l’adoption de comportements civiques et responsables constituent des enjeux majeurs pour le système éducatif.

La note de vie scolaire s’inscrit dans cette démarche éducative qui concerne toute la scolarité au collège. Elle devient une composante à part entière de l’évaluation des élèves, y compris pour l’obtention du diplôme national du brevet. Elle contribue, en donnant des repères aux élèves, à faire le lien entre la scolarité, la vie scolaire et la vie sociale. Elle est destinée à valoriser les attitudes positives vis-à-vis de l’école et vis-à-vis d’autrui. Comme toutes les notations qui sanctionnent un apprentissage, elle évalue aussi les progrès réalisés par l’élève tout au long de l’année scolaire.

L’élaboration de la note de vie scolaire est fondée sur :

L’assiduité de l’élève

Il s’agit de la participation de l’élève à tous les enseignements prévus à son emploi du temps. Un élève assidu obtient le nombre maximum de points attachés à ce domaine. Il s’agit en effet de valoriser le respect du devoir d’assiduité. La ponctualité de l’élève pourra également être prise en compte.

Le respect des autres dispositions du règlement intérieur

Outre l’assiduité, l’observation des dispositions qui figurent dans le règlement intérieur constitue le deuxième élément de la note de vie scolaire. Un élève qui respecte le règlement intérieur de l’établissement obtient la note maximum prévue pour ce domaine.

La participation de l’élève à la vie de l’établissement ou aux activités organisées ou reconnues par l’établissement

Il s’agit, par une démarche de valorisation de l’engagement des élèves, d’encourager leur esprit de solidarité, leur civisme et de développer leur autonomie. Cependant, une absence d’engagement ne doit pas pénaliser un élève. C’est pourquoi cette évaluation ne peut être que positive.

L’élaboration de la note

 

La note de vie scolaire est élaborée pour chaque trimestre, à partir de critères objectifs, par le chef d’établissement. Celui-ci recueille, d’une part, les propositions du professeur principal qui doit consulter au préalable les membres de l’équipe pédagogique de la classe et, d’autre part, l’avis du conseiller principal d’éducation. Il fixe ensuite la note qui sera communiquée au conseil de classe.

 

Cette note est portée au bulletin trimestriel de l’élève qui sera adapté dans sa forme en conséquence. Elle est prise en compte comme les autres notes ».

Source, Ministère éducation nationale

Ne manquez pas de signer et de faire signer l’initiative de l’Arle : « Pour une note de comportement à l’école obligatoire ».

IN Ares comportement 19 01 2011 A4.pdf

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02/02/2011

L’ami Cyprien

« Ben, dis donc, à Genève, c’est pas qu’au sens propre que vous avez la tête dans le brouillard ! »

 

Il en est resté bouche bée mon ami Cyprien.

 

C’est en lisant le GHI qu’il a appris qu’à Genève, il y a belle lurette que la note de comportement avait disparu à l’école !

 

Le journal publie aujourd’hui l’initiative « Pour une note de comportement à l’école obligatoire » que les lecteurs peuvent découper, signer et faire signer pour ensuite la renvoyer, frais de port déjà payés.

 

Aussitôt contacté, Tintin lui a confirmé la chose:

 

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/02/01/tin...

 

Cyprien n’en est pas encore revenu.

 

« Nous, les valaisans, on passe parfois pour des cow-boys, mais on sait tout de même garder les pieds sur terre! ».

 

Et d’ajouter :

 

« C’est bien connu, le rapport PISA 2010 dit dans la synthèse :

 

Les établissements qui affichent un climat de discipline satisfaisant, des comportements positifs chez les enseignants et des relations positives entre élèves et enseignants tendent à être plus performants en compréhension de l’écrit ».

 

Oh, surprise, le Valais sort en tête du classement international !

 

« Alors, tu vois, Duval, à l’école en Valais, on n’a jamais supprimé cette note ni aucune autre d’ailleurs.

 

Chez nous, le comportement des élèves est évalué par deux notes, l’une d’application et une autre de comportement !

 

Ainsi, la note d’application tient compte de l’intérêt au travail, du zèle à l'étude, de la persévérance, de la présentation des travaux.

 

La note de conduite, elle juge du comportement à l'égard des autres élèves et des adultes, de l’observation des règlements d'école, du respect du matériel et de la tenue vestimentaire.

 

Elle se situe entre 6 et 4 pour les prestations suffisantes; entre 4 et 1 pour les prestations insuffisantes.

 

Les notes moyennes annuelles et trimestrielles sont calculées avec une décimale

 

Une rubrique "Observations" permet d'interpréter les notes.

 

 

Du coup, pour éclairer les genevois tapis sous le brouillard, Cyprien m’a gratifié du couché de soleil auquel il a droit ces derniers jours.

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01/02/2011

Tintin signe l'initiative

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Faites donc comme lui…

IN Ares comportement 19 01 2011 A4.pdf

IN Ares comportement 19 01 2011 A4.pdfVignettes modifiées tirées de l’album d’Hergé « Les cigares du pharaon »

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