03/03/2011

Réponse aux libertaires

ecole_libertaire.jpg

 

Dans un récent billet posté sur son blog, Monsieur Pascal Holenweg fustige l’initiative « Pour une note de comportement à l’école obligatoire » récemment lancée par l’Arle.

http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2011/03/01/initi...

C’est son droit le plus stricte. J’apprécierais volontiers d’ailleurs si les arguments avancés tenaient un tant soit peu la route.

Mais voilà…

A lire Monsieur Holenweg, cette initiative a toutes les chances d’aboutir pour la raison très simple qu’  « on va se la jouer vieux cons nostalgiques ».

Mais de qui donc parle-t-on?

« Le peuple des parents » ! Sic !

Parce que « ce genre de hochet (la note) les rassure »…et que ce sont eux, les parents, qui ont le droit de vote et non leurs progénitures.

On n’est pas loin de les traiter de dindes comme certains le firent en son temps…

Ainsi donc, ce peuple de parents est composé de gens bien à part, caractérisés par une imbécilité accrue, incapables de comprendre ou de discerner ce que font leurs enfants à l’école.

Pensez donc, ils ne savent pas ce qu’est le socio-constructivisme par exemple.

Peut-être bien qu’il n’est pas aisé de définir clairement cette idéologie, mais ce qui est certain, c’est que les parents d’élèves sont nombreux à bien se rendre compte de ses effets et à souffrir de ses résultats.

Les vrais problèmes de l’école genevoise, selon Monsieur Holenweg, sont ailleurs…et de prétendre à l’éternel soi-disant manque de moyens.

(Au fait, j’attends toujours, Cher Monsieur, les chiffres sur lesquels vous vous êtes basé pour écrire votre billet, chiffres que je vous ai demandés en vous envoyant un mail personnel).

Pour ma part, je ne crois pas qu’il s’agisse d’un manque de moyens.

Au contraire, je pense que le DIP dispose d’énormes possibilités mais celles-ci sont, malheureusement, très mal utilisées, voire gaspillées.

J’en veux pour preuve, la création fort discutable de plus de 90 postes de directeurs d’établissement en lieu et place de postes consacrés à l’appui pour les élèves en difficulté scolaire.

Je rappelle que ces appuis sont pourtant prévus par la loi comme OBLIGATOIRES pour les élèves promus par tolérance ou dérogation !

Que les choses soient claires.

L’Arle ne veut ni de l’école « panpan », ni de l’école « culcul » que Monsieur Holenweg, en caricaturant, tente de lui attribuer.

Il faut simplement comprendre que, selon notre pensée, ce qui est au centre de la relation d’apprentissage, ce sont deux personnes.

Le maître, l’adulte, qui possède la maîtrise de sa discipline et l’élève qui, justement, cherche à s’élever grâce à la compétence de ce maître.

Mais pour que cette relation opère, il faut un climat favorable. Ce climat ne l’est plus depuis longtemps. Alors une note de comportement ne va pas, par magie, faire les 180 degrés nécessaires pour que Genève puisse recommencer à enseigner sereinement, mais elle va donner un signal, un repère.

Bref, tout ce que les libertaires détestent !

http://www.arle.ch/images/stories/file/IN_ARLE_comport.pdf

 

 

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Commentaires

On peut pas dire que vos arguments tiennent beaucoup plus la route que votre opposant.

Écrit par : Dji | 03/03/2011

Les "vieux cons", peut-être pas plus nombreux que les "jeunes cons" ou les cons en général, se trouvent de tous côtes: certains regrettent l'Ancien régime français ou même Pinochet, certains Staline ou le Che.
Comme l'insulte à la dinde d'un autre homme de gauche, ce genre de déclaration ne reflète ni intelligence ni respect pour ses semblables, deux qualités pourtant revendiqués par les politiciens de tout bord.

Écrit par : Mère-Grand | 03/03/2011

Les Cerbères de la sous culture scolaire

Les pédagogistes sont ces gens qui préconisent, après avoir eux-mêmes fui l’enseignement, ce que devrait être l’école idéale, c’est-à-dire une école « de la vie » et non plus celle de la culture, mais une école sociale qui aurait définitivement tordu le cou aux différences, tant intellectuelles que familiales. Cette intention est assez généreuse mais elle est lardée de bons sentiments puisés dans les rayons infinis de la bibliothèque rose. Cette dérive émotionnelle est en définitive porteuse d’une idéologie de mort : elle détruit ce qu’elle voudrait construire, elle a sacrifié des générations.

Les pédagogistes forment une sorte d’Église. Elle a sa bible, ses gloses, ses commentateurs, ses gourous, ses grands prêtres, ceux qui publient des livres sur les livres, qui aident les ministres à réformer l’enseignement public, qui passent dans les médias, prônent la rédemption pédagogique. Ceux dont on fait grand cas et qu’on ne voudrait pas fâcher. Il y a ensuite les clercs, ceux qui en sont mais qu’on n’aperçoit jamais au front. Ils travaillent en coulisse dans l’ombre des Facultés (la Fapse entre autres, l’IUFE) ou dans les rédactions de journaux spécialisés. Et enfin suit toute la cohorte des sans noms, ceux qui balancent à longueur de journées l’encens et la myrrhe dans la nef de l’église des pédagogistes.

En face d’eux, pour s’opposer à la déferlante, des gens moins organisés : des maîtres, des professeurs, des parents, quelques hommes politiques qui refusent d’être des anémomètres, une poignée de philosophes qui disent tous la même chose : pour élever des jeunes, il faut leur transmettre pas à pas des connaissances et en évaluer clairement l’aquisition.

Ces gens voudraient une école à la taille de l’homme, une école qui puisse grâce aux connaissances élever leur enfant, du plus jeune âge jusqu’à son âge d’homme. Ils voudraient que les enfants des couches défavorisées aient droit au même savoir exigeant que ceux de la bourgeoisie. Ils proposent une vue humaniste de l’école parce qu’ils font confiance au pouvoir libérateur de la raison. Ils refusent d’admettre avec M. Meirieu que « la lecture et l’écriture sont les premiers outils de sélection et d’exclusion » (L’école ou la guerre civile, p. 13) ou qu’on peut s’élever de la même manière en lisant Astérix que Victor Hugo. Ils s’insurgent contre la massification des enfants et l’hétérogénéité des comportements, contre la « collectivité apprenante » ; ils rejettent toute cette propagande manipulatoire, parce qu’ils croient à l’autonomie progressive de la conscience personnelle et en sa liberté.

Mais le pédagogiste est là, la tête pleine de son idéal de société homogène : ces gens pleins de morgue, dit-il, ces gens donc méprisent le monde. Ils ne sont pas d’accord avec les innovations concoctées par les " Sciences " de l’éducation, ils refusent d’adopter le langage oppressant auquel on les soumet, ils n’entendent pas brader l’avenir de leur famille sous prétexte que des spécialistes veulent supprimer les devoirs à domicile, protéger les enfants du danger des parents, introduire l’auto-évaluation, imposer des troncs communs jusqu’à 18 ans, réserver l’étude de l’imparfait du subjonctif à l’enseignement universitaire, et faire naître la fraternité par l’aplatissement de toute hiérarchie, de tout ce qui dépasse.

On a mis sur pied une école où prévaut la haine du savoir, le mixage des élèves, les « projets personnels » et le sempiternel savoir-être, sorte de « politiquement correct » plus ou moins gauchisant auquel s’abreuvent à grand bruit les pédagogistes. Est-ce si grave de fabriquer des cohortes d’illettrés ? Pas forcément. Katherine Weinland, ex-doyenne de l’inspection générale de Lettres et militante socialiste française, affirmait en 2010 : « Quand on parle avec des industriels, on voit bien qu’ils n’attendent pas des gens déjà formés dans le domaine des connaissances, mais déjà formés dans le domaine des compétences ». A quoi bon accumuler des connaissances archaïques (par exemple le grec, le latin ou le français) s’il s’agit de former pour l’essentiel des consommateurs dotés de savoirs jetables (utiliser le dernier modèle de téléphone portable, s’inscrire sur Facebook…) ? La lecture de La Princesse de Clèves est-elle vraiment nécessaire dans les temps où nous sommes ?

Ce petit univers des pédagogistes, étriqué, qui réduit tout ce qu’il touche à de minces problématiques infantiles, ce petit monde à usage interne se caractérise essentiellement par une résistance à la transmission des savoirs. Ce monde qui a substitué la méthode au contenu de l’apprentissage, l’évaluation formative à l’évaluation normative ; ce monde angélique où, pour empêcher l’échec des moins doués, on a supprimé le cours cumulatif, les notes, les classements, les devoirs et les sections ; ce monde où on n’instruit plus mais où on communique ; où on ne dit plus élève mais gamins, où on parle de texte mais jamais d’œuvre, où le travailleur culturel a remplacé l’artiste, où l’on ne fait jamais d’exercices mais seulement des activités ; ce monde où la notion de mérite est soluble dans le savoir-être ; ce monde où il s’agit de deviner et de construire ses connaissances en fonction de ses préférences personnelles ; ce monde où toute œuvre littéraire est dissoute dans le débat d’idées ; ce monde où la culture du professeur est jugée nocive pour la liberté d’expression de l’élève.

Ceux qui aujourd’hui se mêlent de dire que l’école ne va pas bien et ne remplit plus son rôle sont, aux yeux des pédagogistes, de fort méchants démagogues, des rhéteurs habiles qui noient une institution en train de couler au lieu de l’aider à « mettre l’élève au centre » ! Quoi ? On oserait porter sur la place publique la question scolaire ? Et qui le fait ? Des philosophes, érudits méprisants, confits d’élitisme ! Et qui veulent une note de comportement ! Mais c’est la Loubianka qu’on met sur pieds !

C’est oublier que le seul savoir élitaire est celui qu’on refuse de transmettre. C’est ce que fait l’école aujourd’hui, avec l’aide des Cerbères de la sous-culture, les LiLi.

Écrit par : Jean Romain | 03/03/2011

sot-crapule - lâche égout idéologique- sous-culture connard- voilà ce que j'ai pu lire entre-autre , chez ceux qui se considèrent les seuls dépositaires de la culture du savoir et de sa transmission: loin de la princesse de Clèves on "pense" plutôt à Minute ou le Crapouillot pour le vocabulaire.

Écrit par : briand | 03/03/2011

Monsieur Briand, vous êtes un courtisan parce que vous prôner exactement ce qui se dit partout. En vous lisant, jamais je n’ai lu si clairement des propos qui sont aussi « entendus » que les vôtres, comme lorsqu’on dit qu’une cause est entendue. Plus besoin de discuter, toute critique est liquidée, parce que la cause scolaire est entendue : il y a les vieux réacs (nous, l’arle) et vous, les gauchocrates, tenants de la nouvelle école, de la nouvelle pédagogie, du français renouvelé, des maths modernes, de la nouvelle histoire, de la nouvelle philosophie, de la néo-biologie.

Au fond, vous êtes un thuriféraire du monde comme il va, amateur de toutes les nouveautés. Vous qui ne connaissez de l’école que celle qui vous a formé ou mal formé, vous approuvez en dodelinant la volonté de « s’ouvrir à l’extérieur », de « chercher le décloisonnement », de « développer le tissu multi-culturel », de « réussir sa mutation », de « déployer des compétences transversales » afin de poursuivre son dessein monomaniaque : « aller de l’avant », c’est à dire parfaire sa liquidation.

Alors comme vous n’avez pas le moindre arguments, allez-y, dites ce qui vous brûle les lèvres, dites que nous sommes des fachos ! Le Crapouillot ! Minute ! Je suis partout !

Ce que vous voulez, c’est un débat gentil, qui dégouline de bons sentiments et de mièvreries. Vous, l’amateur de guimauve, dès que quelqu’un ose trop fermement défendre une position qui n’est pas la vôtre, vous tremblez, vous allez vous plaindre sur d’autres bogs que vous êtes mal reçu sur celui-ci, qu’on vous fait des misères, qu’on n’est pas d’accord d’entrer dans votre vision binaire du monde : les réacs et les bons modernes ; les fachos et ceux qui détiennent les clés du progrès.

Vous, vous pouvez dire ce que vous voulez, vous pouvez sous-entendre ce qui vous plaît, mettre des guillemets à tous les mots, et les autres doivent vous caresser dans le sens du poil. Mais vous êtes le prototype de simplet aphasique.

Écrit par : Jean Romain | 03/03/2011

Faut pas écouter ou lire Holenweg ... dites-moi ... c'est qui ? ? ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03/03/2011

Monsieur Romain vous procédez par amalgame, mais pensez plus vite que vous ne lisez, j'ai écrit exactement le contraire à savoir que certainement l'école méritait un vrai débat de vrais réformes avec les enseignants et pas contre eux.
Entre mièvrerie et insultes il y a certainement la place pour des discussions passionnées contradictoires et argumentées.
J'ai trop de respect pour l'enseignement de l'Histoire pour vous traitez de Facho vous êtes simplement le produit de votre éducation classique et conservatrice.Dans ce tout à l'Ego ,pas de doute les références coulent de source je l'ai dit c'est du prêt à penser, du sur mesure. Je suis trop vieux pour commencer une carrière de courtisan dans la "gauchocratie" je n'ai pas la nostalgie des temps anciens , justifiant le grand bond en arrière ,et je ne "visite" presque exclusivement que des blogs dont je ne partage pas l'opinion affichée, ce sont mes salles de gymnastique où je soigne ma plastique neuronale de" simplet aphasique" mais rassurez-vous je vous laisse Blanche Neige.

Écrit par : briand | 03/03/2011

@A.Duval,prenons le terme de vieux cons comme flatteurs mais des cons avec beaucoup d'expérience,ce qui est rassurant pour les plus jeunes nous entourant/humour/et autant l'être on a au moins l'assurance d'exister encore dans un monde qui se cherche une identité ,qui nous l'espérons ira bien au delà du virtuel
bonne soirée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 03/03/2011

Moi, j'ai juste une question suggérée par un commentaire sur le blog de PH :

Combien de livres lit-on au co en français (par degré)?
Combien de livres lit-on au po en français (par degré)?

Merci.

Et une remarque : ça ne serait pas plus intelligent d'argumenter au lieu de s'invectiver... C'est valable pour les deux camps.

Écrit par : Johann | 03/03/2011

juste en passant, sans vouloir perturber votre débat : la phrase "« on va se la jouer vieux cons nostalgiques » annonçait mon propre discours, et ne définissait pas le discours des autres. Bref, c'était une précaution posologique.

Écrit par : Pascal Holenweg | 04/03/2011

Précision bienvenue Pascal, même si perso, je suis pour le retour des notes. Et le fait pour tous de se relire et de relire les autres avant de réagir. Ainsi, sans désir de vous nuire, mais plutôt de relever votre efficacité, M. Romain, permettez-moi de remarquer qu'un courtisan, au sens où vous l'entendez, cherche par définition à tirer profit de ses courbettes. Or Briand écrivant sous pseudonyme, cela me paraîtrait difficilement être le cas.
C'est curieux, parce qu'il y a certains tics dans votre discours qui me rappellent ceux de ce bon Pascal D. Ce doit être votre commune éducation valaisanne en les murs austères de Saint-Maurice, je présume.

Écrit par : Séraphin Lampion | 04/03/2011

Eh oui,Séraphinus, la différence qui se voit ! C'était le temps où il y avait encore des écoles et pas cette purée actuellement !

Écrit par : Marco | 04/03/2011

un vieux witz du temps de ma jeunesse,si tous les cons avaient des ailes ,ils seraient chefs d'escadrilles ,combien de fois cette phrase débitée par les plus anciens l'avons nous fredonnée en sortant de l'école ou de l'église,pour sûr il faut bien que jeunesse se fasse aussi!

Écrit par : lovsmeralda | 04/03/2011

@ au représentant des assurances Mondass, Briand n'est pas un pseudo.
AH l'École au temps de l'Affaire Tournesol.

Écrit par : briand | 04/03/2011

@Pascal Holenweg
"c'était une précaution posologique."
Comment prétendre, après l'évocation de cette figure de style, que l'école d'antan ne formait pas bien ses élèves? Merci de votre précision, qui ne pouvait ressortir de la citation seule.

Écrit par : Mère-Grand | 04/03/2011

En réalité, l'école a commencé à décliner dès qu'elle devenue laïque.

Du temps où l'enseignement était dispensé par des prêtres ou des pasteurs, les élèvent se tenaient bien et apprenaient.

La grande supercherie de l'école obligatoire et laïque, à terme, a tué l'école, devenue lieu d'expériences sur les élèves plutôt que lieu d'enseignement.

Si on supprime des valeurs, il faut les remplacer par d'autres valeurs d'égale qualité. En supprimant le caractère édifiant d'un enseignement religieux, on a créé un vide, qu'on tente de combler par le socioconstructivisme et autres simagrées du genre

Écrit par : Jean-Pierre Vaillant-Cordier | 04/03/2011

@Jean-Pierre Vaillant-Cordier: somme tout il faut préférer les pédérastes aux pédago.

Écrit par : briand | 04/03/2011

Merci de corriger : "C'est son droit le plus strict", sans "e".

Écrit par : Monnet | 05/03/2011

Jean Romain, merci de corriger : "Monsieur Briand, vous êtes un courtisan parce que vous prôneZ exactement(...)"

Écrit par : Monnet | 05/03/2011

@Jean-Pierre Vaillant-Cordier

Je ne pense pas que votre remarque soit pertinente, en tout cas pour ce que je fais et ce que je veux.

La différence entre un anti-moderne et un réactionnaire (que la pensée actuelle confond joyeusement) est la suivante : un réactionnaire pense qu'un retour au temps d'avant la modernité est possible, et il oeuvre pour que le statu quo ante revienne. L'anti-moderne, lui, ne pense pas qu'on puisse retourner à cette situation prétendument idyllique. Je pense que « refaire l'école » ce n'est pas revenir à l'école de jadis, mais mettre en oeuvre une école possible, c'est à dire qui ne soit pas liquidée par l'hyper-modernité, par la volonté de changer, par le vide qu’on organise aujourd’hui. Il ne s’agit pas de revenir avant Les Lumières, il s’agit d’opposer Les Lumières à la liquidation du principe de raison telle qu’on la constate aujourd’hui.

Écrit par : Jean Romain | 08/03/2011

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