17/06/2011

L’école n’est pas finie, elle est perdue !

J’ai eu l’occasion tout récemment de consulter les nouveaux moyens romands d’enseignement du français qui seront prochainement introduits dans les écoles primaire de Romandie.

Réjouissons-nous. Un modèle de déstructuration organisée. Un véritable foutoir dans lequel une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Parents, accrochez-vous !

Dans un prochain billet, je me ferai un plaisir de vous en faire découvrir quelques exemples.

Pour l’heure, je  vous livre ci-dessous la lettre « rassurante » qu’un groupe d’enseignants romands "qui refusent d’accepter l’inacceptable" vous adresse.

Elle est suivie d’un article révélateur, paru le 16 juin 2009 déjà, sous la plume de Jacques Neirynck.

 

Un groupe d'enseignants romands qui doivent garder l'anonymat

 

Aux parents des enfants qui vont commencer  l’Ecole primaire et à toute personne concernée  ou intéressée par les questions scolaires

 

Juin 2011

 

Concerne : les nouveaux moyens d’enseignement du français prévus pour tous les élèves de 1ère et 2ème années de toute la Romandie

 

Madame, Monsieur,

Si on découvre, dans une cantine scolaire, qu'une partie des stocks alimentaires est impropre à la consommation, que fait-on? Se taire sous prétexte que des enfants aiment ces aliments? Invoquer que les enfants d'aujourd'hui mangent bien d'autres choses malsaines et qu'il faut regarder à la dépense? Ou choisit-on de donner la priorité à la santé des enfants?

Nous nous trouvons aujourd'hui face à un problème similaire en ce qui concerne le matériel scolaire, prévu pour l'apprentissage du français, destiné aux élèves de 6 à 8 ans.

Le but de ce courrier est de vous informer de la situation.

Les nouveaux moyens d'enseignement du français, prévus pour les élèves de 6 à 8 ans, de toute la Romandie, contiennent plusieurs éléments néfastes pour leur développement. Des enseignants et des parents estiment que la situation est grave. C'est pourquoi, nous désirons attirer votre attention et l'attention de nos autorités sur ce problème.

Pour notre part, nous demandons le remplacement de ce matériel que nous estimons inadéquat . Nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour l'obtenir.

Un chaleureux merci à tous ceux et toutes celles qui diffuseront le plus largement possible cette information, prioritairement aux personnes qui ont des postes à responsabilité et qui sont susceptibles de soutenir notre démarche.

Avec nos meilleures salutations,

 

Un groupe d'enseignants qui refusent d’accepter l’inacceptable.

 

Contes pervers pour écoliers

(Jacques Neirynck)

Selon le président de la Société pédagogique vaudoise et interprète inspiré de la Direction de l’enseignement obligatoire, «l’école publique est fondatrice de notre société, c’est un creuset de valeurs communes». Donc pas question pour les parents de choisir des écoles privées pour y enseigner d’autres valeurs que celles de la Direction de l’enseignement.

Mais, alors, que sont ces valeurs communes portées au pinacle? Dès l’âge de 7 ou 8 ans, les élèves sont incités à lire de petits romans choisis à leur intention. En découvrant ces textes, maints enseignants ont la nausée, car les «valeurs» illustrées sont pour le moins étranges.

Ainsi La princesse à la gomme rapporte les aventures de Galatée, une gamine insupportable, que ses parents se résolvent à mettre en pension, où elle sème le désordre en refusant l’obéissance et en ridiculisant les professeurs. Elle finit par triompher du système en rencontrant un garçon aussi rebelle qu’elle.

Selon l’analyse d’une psychologue spécialisée dans l’enfance, «ce texte douteux fait la promotion de l’irrespect et du refus d’intégration dans des relations mutuellement enrichissantes. Galatée a en quelque sorte eu raison de maltraiter les adultes et de refuser les apprentissages sociaux. »

Texte hautement éducatif, qui prône la révolte par principe et qui s’inscrit dans la suite logique de Mai 68: il est interdit d’interdire!

Il y a pire. Même pas peur est une histoire de vampires, où une maman sorcière fait subir une épreuve initiatique à sa fille, en l’effrayant et en la baptisant à la fin comme «vampiresse», avec des canines de plus en plus pointues. La gamine se sauve en entrant dans la secte des adultes qui font peur aux autres.

Diagnostic de la psychologue: «A la fin, au lieu de revenir à la réalité, le personnage est acquitté positivement dans une transformation imaginaire qui est contraire aux valeurs d’humanité: mépris, sadisme, jouissance dans la maltraitance, valorisation de la méchanceté. L’épreuve est imposée par la mère: l’adulte qui devrait être normalement protecteur organise lui-même la terreur. »

Ici, on n’est plus dans la littérature à mettre entre les mains d’enfants, mais face à une décoction des romans d’épouvante pour adultes avec connotation sadomasochiste. L’enfant apprend à ne plus avoir peur parce qu’il devient capable de faire peur aux autres dans un rapport de domination. Quelle leçon! Et quelles valeurs?

Jadis on faisait lire aux enfants de vieux contes issus de notre culture immémoriale: Le Petit Chaperon rouge, Blanche-Neige et les sept nains, La Belle au bois dormant, Les aventures de Pinocchio. Et les Fables de La Fontaine. Et les aventures d’Ulysse. Et Jules Verne, Jack London, Daniel Defoe.

Ces textes avaient certaines qualités littéraires qu’on cherche en vain ici, dans des contes rédigés dans une langue orale, négligée et racoleuse. De plus, ils défendaient des valeurs authentiques: le courage, la prudence, la sincérité, la bonté. Et ils finissaient par un retour à la normale, à l’insertion dans une société harmonieuse.

Ces valeurs n’ont plus cours dans l’école primaire publique.

 

18:50 | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook

Commentaires

votre article tombe à pic dirait-on en effet après maintes recherches sur la psychatrie des années 30 je suis tombée sur la citation suivante faite par un psychiatre cofondateur mondiale de la Santé au Canada et qui en 1945 disait en gros ceci:chaque enfant en Amérique est considéré comme fou dès 5 ans parcequ'il va à l'école en obéissant aux parents ,à l'église etc c'est aux enseignants qu'il revient de rendre sains et bien portants ces gosses en créant l'enfant International du Futur,texte relevé dans Livre Français 3 psychiatrie aide ou trahison et le nom de ce psychiatre connu sous le nom de Georges Brock Chisholm plus connu sous le nom de Sicko.A en juger par votre article tout ceci fait froid dans le dos et l'on comprend dès lors mieux les craintes des enseignants,c'est une forme déguisées d'eugénisme et rien d'autre! théorie proche de celles des Anabaptiste Adventistes etc croyant détenir le pouvoir universel,ou quand psychiatrie et religion s'enmêlent les pinceaux pauvre enfants de demain et pauvre monde ce qui prouve s'il en était besoin que le monoparental mène à sa perte l'enfant plongé dans l'absurdité d'un passé qu'on croyait ne plus jamais revivre,alors comme disent de plus en plus nombreux réalistes cessez de procréez le ciel vous en remerciera
bonne soirée à vous

Écrit par : lovsmeralda | 17/06/2011

Jacques Neyrinck s'est réveillé assez tard. Je me souviens l'avoir entendu, au début des années nonante, à l'université de Neuchâtel, défendre cette immense sottise qu'est la nouvelle maturité.

Je me battais avec d'autres contre cette reforme qui est aujourd'hui dans tous les collèges de CHuisse. Mais M. Neyrinck n'avait pas vu que cette neo-Matu en place depuis 16 ans puise à la même source idéologique de ce qu'il dénonce dans ce papier.

Je ne suis pas rancunier mais ne suis pas amnésique.

Écrit par : Jean Romain | 17/06/2011

C'est vrai, les contes traditionnels au moins enrichissaient l'esprit des enfants, les éveillaient aux réalités de l'existence, leur faisaient découvrir en les amusant les charmes de l'abandon d'enfants (Le petit Poucet), de l'anthropophagie (Le petit chaperon rouge), de l'inceste (Peau d'âne), de l'ascension sociale par le mensonge (Le chat botté)... Tant de merveilles dont la nouvelle pédagogie veut les priver.

Écrit par : carlos | 17/06/2011

Est-ce que la ponctuation est enseignée, si ce n'est dans des leçons consacrées au style, au moins dans celles vouées au respect des lecteurs?

Écrit par : Mère-Grand | 17/06/2011

"Un modèle de déstructuration organisée."

Etes-vous étonné? Moi pas. Il est clair depuis le début que ce sont des bureaucrates qui ont voulu cette "harmonisation" et qu'elle aboutit au plus médiocre dénominateur commun.

Mai 68 a bon dos. A ce que j'ai compris, mai 68 c'était d'abord l'imagination au pouvoir. Résumé par le slogan : il est interdit d'interdire, est profondément débile. Car la nouvelle mouture du programme - à en juger par les exemples donnés ci-dessus - il est clair qu'elle interdit d'abord l'intelligence en surfant sur la délinquance/désobéissance et sur les effets de mode de la société du spectacle débile avec histoires de vampires et autres conneries sectaires.

Que je sache les acteurs de mai 68 n'ont pas été nourris par de telles stupidités issues directement du mode de production capitaliste du décervelage et du prêt à jeter. Avec en point de mire le fameux temps de cerveau disponible.

Bref le sabotage de l'école publique continue.

Écrit par : Johann | 18/06/2011

ah si ce monsieur est sorti frais émoulu de l'Uni de Neuchatel le ciel lui pardonne car il ne sait ce qu'il dit tout comme celui qui eut la bonne idée d'inventer la baignoire a trou et qui dirigea cette Université de nombreuses années sans doute se sont-ils connus, de doux réveurs prenant des vessies pour des lanternes et croyant les yeux fermés à toute paperasse considérant celle-ci envoyée par le ciel,Mai 68 aurait dû lui ouvrir les yeux ce qui prouve s'il en était besoin que l'Université ne produit pas des manches à balais,mais fait des manchots naviguant à l'année sur la banquise d'une déroute cérébrale!

Écrit par : lovsmeralda | 18/06/2011

Non, la destruction de l’école publique n’a rien à voir avec une intervention de Neyrinck à l’Uni de Neuchâtel lors d’une assemble des profs suisses.

Elle est planifiée de longue date, et Mai 68 n’est pas la cause essentielle même si cela a joué un rôle. De Mai 68 à Mai 78, c’est la décennie durant laquelle la gauche a renoncé à se battre et a fait allégeance à l’économie. Cette histoire d’une défaite est intéressante et devrait faire l’objet d’une étude plus vaste que ce petit commentaire. Bien plus puissant qu’une gauche en déliquescence en Europe, c’est la montée des idéologie du marché qui a renversé l’école. La machine est puissante, énorme, monstrueuse. Voici de quoi susciter quelques réflexions :

« La mondialisation - économique, politique et culturelle - rend obsolète l’institution implantée localement et ancrée dans une culture déterminée que l’on appelle "l’école" et, en même temps qu’elle, l’enseignant ». (Learning and Technology in OECD Countries, OCDE 1996).

”Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire par exemple les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités (...). Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population" (Christian Morrisson, La faisabilité politique de l’ajustement, Cahier de politique économique n°13, Centre de développement de l’OCDE, 1996).

« A terme, le rôle des pouvoirs publics se limitera à assurer l’accès à l’apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable et dont l’exclusion de la société en général s’accentuera à mesure que d’autres vont continuer de progresser. " (Adult Learning and Technology in OECD Countries, OCDE 1996).

Sans oublier le mot d’ordre de l’OMC : « Les deux derniers bastions à conquérir sont la santé et l’éducation. » ...

On reprend son souffle maintenant, et on jauge à ces quelques citations l’ampleur de ceux qui mettre en œuvre la destruction de l’école, de ceux qui l’ont pensée, de ceux qui la peaufine tous les jours, et de toutes les porteurs d’eau qui assurent l’huilage du système parce qu’ils sont tellement sots, y compris les politiques, y compris les partis de gauche de nos parlements, qu’ils croient que mettre l’élève au centre c’est lui rendre service. La machine fonctionne de l’entrée à l’école jusqu’à la fin de l’Université.

Écrit par : Jean Romain | 18/06/2011

Oups, désolé pour quelques fautes de frappe.

J'étais en train de me dire que les velléités de réaction face à ce qui n'est pas un complot (puisque tout est clairement dit, expliqué, admis, écrit noir sur blanc) sont étouffées parce que noyées dans le seul projet monomaniaque de nos sociétés : « faire la fête ». Du ler janvier au 31 décembre, faire la fête semble la seule intéressante ambition collective, donnée en tout cas comme désirable par tous. "Faire la fête" permet de faire passer l'idée de ce smic culturel.
Y compris la fête de la musique ! of course.

Écrit par : Jean Romain | 18/06/2011

@Jean Romain alors là entièrement d'accord avec vous,ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs,alors vive Interlaken et sa fête Folklorique

Écrit par : lovsmeralda | 18/06/2011

Ce n'était pas une attaque personnelle ,je tiens à le préciser Monsieur Neyrinck fait partie de ces anciens comme les Belletriens qui surent nous faire passer des nuits blanche tout en jouant des tours aux habitants du canton,l'universitaire est un cas à part,il suffit de penser à Einstein reconnu pour être un cancre dans tout sauf en math,mais son sourire malicieux et rempli de chaleur en fit un savant d'une époque ou tout était à refaire alors inutile d'imiter le siècle des premiers alliénistes et de leurs confrères spirites ces derniers ayant provoqué de nombreux dégats psychicomystiques également, le plus insensé étant de constater que le spiritisme qui avait disparu revient de plus belle,montrant s'il en était besoin l'état de manque de confiance qui régne au sein d'un électorat voyant ses dirigeants imiter le crabe,deux pas en avant et trois pas en arrière,l'école c'est un tout ,mais gouverner aussi!malgré tout nous vous regrettons nos anciens universitaires coté guaudrioles avec vous la vie valait la peine d'être vécue,et là je pense à un ancien Recteur d'Uni décédé mais fort connu de presque tout les Neuchatelois et encore regretté évidemment
promis dernier commentaire!
bonne journée à vous tous

Écrit par : lovsmeralda | 18/06/2011

Les commentaires sont fermés.