01/09/2011

Au DIP, de Maya, on s’en fout !

Voilà 5 ans maintenant que, chaque année, lors de la rentrée scolaire, je prends connaissance des différentes circulaires et directives émises à l’attention du corps enseignant par la direction de l’enseignement primaire.

Cette année encore, j’ai beau les éplucher, lire et relire le contenu de la conférence de presse tenue par Monsieur Charles Beer…RIEN !

Non, toujours rien de nouveau au sujet des mesures d’appui pourtant  obligatoires auxquelles les élèves en difficulté scolaire ont droit.

A croire que le DIP s’en contrefout éperdument.

Ce qui m’amène à vous conter l’histoire qu’une amie institutrice m’a rapportée.

Maya est une petite fille, scolarisée en 4 P dans une école genevoise. Elle éprouve quelques difficultés scolaires car elle souffre malheureusement de dyslexie pour laquelle elle est suivie par une thérapeute.

Une directive tout ce qu’il y a de plus officielle stipule qu’à ce titre, elle est en droit de bénéficier de certaines mesures d’aide, entre autres :

-       Lecture des consignes par une tierce personne et / ou vérification de leur compréhension

-       Temps supplémentaire (maximum un tiers lors des évaluations)

Soit !

Qu’en est-il concrètement sur le terrain ?

Il se trouve qu’en mai dernier, Maya, comme tous les élèves genevois, a passé les importantes épreuves cantonales.

Vous imaginez déjà l’appréhension que tous ces élèves peuvent ressentir…d’autant plus ceux qui ont le statut d’élèves en appui scolaire.

Un beau matin de mai, Maya s’est donc retrouvée confrontée aux nombreuses questions que posait l’épreuve de français.

Son institutrice aurait donc dû, comme le règlement le lui impose, prendre la peine d’appliquer la directive en question… que nenni !

Cette pauvre Maya, s’est mise à paniquer, à montrer des signes évidents de SOS, pour finir par fondre en larmes. Pourtant, impassible, l’enseignante l’a laissée « sécher » durant toute la durée de l’épreuve. Rien, pas un semblant d’aide quelconque !

Enfin, alors que, signifiant la fin du temps réglementaire, l’heure de la récréation sonnait, notre brave maîtresse, réalisa que Maya était loin d’avoir terminé son travail. Dans un sursaut de bonne volonté, face aux larmes de la fillette, elle daigna alors lui octroyer du temps supplémentaire…

Aussitôt, elle l’enferma dans la salle de classe durant les 20 minutes de récréation, seule, encore livrée à elle-même !

Pensez donc, le café de la récré, c’est sacré !

 

Pour me rassurer, j’ose espérer que ce n’est là qu’un cas isolé…

Mais combien sont-ils ces élèves auxquels on refuse leur droit le plus élémentaire ?

Combien sont-ils ces parents qui en ont bien conscience mais qui, par peur de représailles ne disent rien ?

Combien sont-ils ces directeurs d’établissement qui, censés contrôler que les directives soient correctement appliquées, se confortent dans leur placard doré ?

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Commentaires

Votre histoire me pince le coeur. Elle me révolte. C'est dégueulasse.

Puisse Mr. Beer avoir ce dossier sur son bureau.

Bien à vous

Olga

Écrit par : gonzales | 01/09/2011

Ce n'est pas avec ces attitudes que le monde va s'améliorer. Se pose la question du rôle des parents en lien avec l'école, comment est-ce qu'ils peuvent agir, car derrière cette révolte, il y a un besoin d'action. J'ai produit un livre sur le net (téléchargeable gratuitement) qui couvre assez bien cette problématique de relation école-maison, de préparation de rendez-vous avec les professeurs, de gestion des conflits... et dont les conseils ont déjà été utiles à de nombreux parents pour rester calme. Vous le trouverez sur http://www.wismi.fr/livre-blanc.
Et si ca ne marche toujours pas, allez voir le directeur de l'école, ou changez d'école.
Bon courage
Grégoire

Écrit par : van Steenbrugghe | 01/09/2011

@ van Steenbrugghe

Je ne suis prête de lire votre livre s'il ressemble à votre commentaire, modestement appelé livre blanc.

Les parents n'ont pas grand chose à voir avec ce dossier. C'est à l'institution et ses garants de faire respecter les devoirs et les droits des écoliers. S'il faut venir bardé de ses diplômes en entretien, alors l'école est encore moins républicaine que ce que pensaient Bourdieu et Passeron.

Olga

Écrit par : gonzales | 01/09/2011

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