29/09/2011

De Genève, tous les chemins mènent à Athènes

L’Etat doit faire des économies !

Ainsi donc, les députés du Gand Conseil genevois risquent fort de refuser le budget 2012.

Car celui-ci dépasse largement ce qu’on peut admettre.

Alors que la limite avait été fixée à 2%, voilà que le dépassement est déjà annoncé à 3%.

Ca n’a l’air de rien comme ça…mais, cela représente tout de même quelques 400 à 450 millions !

Une bagatelle, me direz-vous, lorsqu’on entend que la plupart des dettes d’Etats ou les bénéfices de certaines banques se calculent, eux, en milliards.

A ce propos, avez-vous réalisé, vous, simples citoyens, que de jongler avec des millions ou des milliards ne représente pas tout à fait la même chose ?

Sachant que…un million en billets de 1000 frs représente une pille d’une hauteur d’environ 15 centimètres, de quelle hauteur serait celle d’un milliard ?

Vous avez fait le calcul ? Eh, oui…150 mètres de haut !!!

Le dépassement du budget de l’Etat de Genève ne représente, lui, qu’une pile de billets de 1000 frs d’une hauteur approximative de 65 mètres !

Bof ! Même pas le jet d’eau !

Il n’empêche qu’il serait souhaitable que chacun soit sollicité pour suggérer des possibilités d'économie.

 

En bon citoyens, voici donc quelques pistes que je propose en ce qui concerne le Département de l’Instruction publique.

 

-         Diminuer drastiquement les postes inutiles comme

-         ceux des directeurs d’établissement nommés en surnombre

-         ceux de l’ensemble de la direction de l’enseignement primaire engorgée de directeurs, d’adjoints, de chefs de service, d’assistants, de coordinateurs, etc. (voir l’organigramme hiérarchique)

-         Cesser de renouveler le parc informatique des classes tous les 2 ou 3 ans alors que les ordinateurs sont encore pratiquement neufs et tout à fait adéquats pour l’utilisation qui en est faite en classe.

 

-         Doter les enseignants d’un bon matériel didactique afin d’éviter les frais énormes de photocopies destinées à combler les lacunes gigantesques des manuels actuels

 

-         Confier les remplacements d’enseignants (non payés)aux étudiants de l’IUFE à titre de stage, d’expérience du terrain à acquérir

 

-         Achat du matériel scolaire de base par les parents comme cela se fait en Valais…hormis l’économie budgétaire, cette mesure pousserait très probablement les élèves à en prendre soin !

 

La liste n’est bien évidemment pas exhaustive et je vous laisse donc le soin de la compléter…

orga-primaire.jpg

17:49 | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook

23/09/2011

17 000 gogos !

Décidément. À Genève, en matière d’école, on n’arrête pas de se foutre du monde !

Après les « fausses notes » de 2006, voici le « faux latin ».

C’est tout de même formidable….

La pétition (1783) pour la sauvegarde du latin au Cycle d’Orientation a récolté 17000 signatures en moins de temps qu’il ne fallait. Dans un premier temps, le DIP a prétendu alors revenir sur sa décision de supprimer l’enseignement du latin au CO.

Mais voilà…

Une fois de plus, par un plus ou moins subtil subterfuge, il tente de berner les citoyens.

Ce qu’on introduit, ce n’est pas l’enseignement de la langue latine mais une espèce de « bouillabaisse » indigeste :

-         Un cours de sensibilisation et d’ouverture (sic !!!), en 9 ème (Harmos)

-         Une notation dans le cadre du français ( !) lors du 3ème trimestre de l’année seulement.

Et de prétendre ne pas pouvoir faire autrement :

-         Le latin ne peut avoir une note à part entière puisqu’il n’est pas considéré comme une discipline au sens strict par le PER…

Et alors ?

Comme si ce PER était une bible non exhaustive ! Le PER n’est rien d’autre qu’un cadre minimal auquel les cantons doivent se soumettre. Par contre, rien n’interdit, au besoin et au bon vouloir de chaque canton, l’évaluation de son contenu.

Le DIP prend un malin plaisir à argumenter en « magouillant » tantôt au nom de Harmos, tantôt au nom du PER, pourvu qu’il y trouve son compte.

Trop souvent, malheureusement, il prend les citoyens pour des gogos qui n’y verront rien.

Une affaire à suivre puisque que le GC vient d’enregistrer, aujourd’hui même, une motion qui invite le Conseil d’Etat à effectuer une évaluation rapide des mesures prises, en s’intéressant plus particulièrement :

– à l’évaluation du cours de Langue et culture latines (LCL) ;

– aux qualifications et à la formation des enseignants en charge des cours de LCL ;

– à l’impact de l’heure supplémentaire imposée aux élèves du 9RG3.

 

L’article de la TdG du 22 septembre, signé par Sophie Rosseli :

http://www.tdg.ch/geneve/actu/querelle-latin-redemarre-cy...

17:22 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

22/09/2011

On musèle au DIP

 

 herrmann_207.jpg

J’apprends à l’instant que, dans le cadre du problème de l’enseignement d’une discipline dont on parle beaucoup à Genève, le DIP n’y va pas par quatre chemins.

Sous prétexte de « devoir de réserve », voilà qu’il n’est pas possible aux professeurs de s’exprimer librement. Ordre a été donné de se taire et interdiction a été faite de s’exprimer dans les médias.

Pas moins !

Encore un bel exemple de l’envers du décor de la politique menée par ce Département !

Je me souviens avoir été soumis au même genre de traitement à la suite d’un « Invité » que j’avais publié en octobre 2005 dans la TdG. Le DIP avait alors cherché à m’intimider par l’intermédiaire d’une réponse que m’avait adressée, également via un « Invité » dans la TdG, Monsieur Didier Salamin, à l’époque Directeur Général de l’enseignement primaire.

Suite à notre échange « musclé », cette affaire avait, dans les jours suivants, fait grand bruit en soulevant, dans la TdG, toute une polémique sur la liberté d’expression. Dossier que je garde précieusement et que je tiens à disposition de chacun.

Au DIP, on a une fâcheuse tendance à vouloir écarter toutes personnes critiques car elle est aussitôt soupçonnée de vouloir détruire l’école au lieu de la construire.

Une vision politique des choses…

Fort heureusement, la roue tourne est, peut-être, en sera-t-il autrement lors de la prochaine législature…on peut rêver.

Caricature de Hermann

 

 

16:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/09/2011

Au DIP genevois, on préfère bouffer du foin!

9782091219691.gif

Dans mes billets précédents, je vous ai dit tout le bien que je pensais des moyens d’enseignement du français choisis par Genève. Ces MMF (Mon Manuel de français) qui, sous prétexte qu’il y avait urgence ( !), ont été sélectionnés par la CIIP (Conférence intercantonale de l’instruction publique) avant même que le PER (plan d’études romand) ne soit terminé !

Ainsi, avant de connaître le programme détaillé, on décide du matériel qui servira à l’enseigner… !

On le sait, dans le cadre de l’introduction du PER, chaque canton garde son autonomie quant au choix du matériel scolaire….enfin théoriquement.

En effet, pour des raisons obscures, il se trouve que ce choix se résumait à ….deux options seulement.

Pas une de plus ! Ne cherchez pas à savoir pourquoi…la CIIP en a décidé ainsi, point barre.

Il a donc bien fallu trancher :

-         soit MMF, dont on connaît l’idéologie dévastatrice

-         soit « L’île aux mots », une méthode qui, elle, présente une approche traditionnelle de la langue française.

 

Mais, pensez donc, Genève ne pouvait tout de même pas choisir une méthodologie claire et bien structurée!

Rendez-vous compte, quelle horreur, voilà qu’il aurait fallu parler de choses épouvantables, d’une terminologie sortie du pire film d’épouvante:

-         de grammaire, d’orthographe, de vocabulaire et de conjugaison

-         De sujet du verbe, de COD, de COI, de complément circonstanciel, d’attribut du sujet, de complément de nom, de proposition relative, de pluriel des noms, d’accord des adjectifs, d’accord du verbe, de participe passé avec auxiliaire être et avoir, d’adverbe, de conjonction, etc.

-         Il aurait fallu effectuer des exercices d’entraînement systématiques… !!!

 

Alors que Genève aurait pu faire enfin preuve de bon sens…Mais non, elle s’est précipitée sur MMF.

Et comme je vous l’avais parié, le Valais, lui, n’est pas tombé dans le panneau…

Fort logiquement et pour le plus grand bien des élèves valaisans, le canton a opté bien sûr pour « L’île aux mots ».

 

Alors, afin de vous rendre compte de la différence d’approche entre les deux méthodes, prenez donc le temps de feuilleter « L’île aux mots » en cliquant sur le lien suivant

http://www.nathan.fr/feuilletage/?isbn=9782091217628

Vous constaterez très vite le sérieux de l’ouvrage.

Un premier regard sur la page 5 vous renseignera clairement sur le programme proposé par le manuel.

Ensuite, cliquez sans autre sur les pages suivantes pour prendre connaissance de ce qu’il propose en grammaire, orthographe, vocabulaire ou conjugaison

 

Je vous le dis, à Genève, …. à bouffer du foin !

16:44 | Lien permanent | Commentaires (9) | |  Facebook

13/09/2011

Bienvenue sur Terre ou retour à la réalité du terrain

trombi_philippe_meirieu.jpgIl aura fallu qu’il se retrouve enfin confronté à de « vrais élèves » pour que Philippe Meirieu, l’un des grands pontes de l’ordre des « pédagogos », retrouve un semblant de bon sens…

Je vous livre ci-dessous quelques « morceaux choisis » tirés de son interview par Nicolas Truong, paru dans l’édition du « Monde » du 3 septembre 2011.

Je me permets de mettre en gras certains passages qui font tout de même sourire lorsqu’on connaît les antécédents du Monsieur.

 

Pour avoir enseigné récemment en CM2 après une interruption de plusieurs années, je n'ai pas tant été frappé par la baisse du niveau que par l'extraordinaire difficulté à contenir une classe qui s'apparente à une cocotte-minute.

Dans l'ensemble, les élèves ne sont pas violents ou agressifs, mais ils ne tiennent pas en place. Le professeur doit passer son temps à tenter de construire ou de rétablir un cadre structurant. Il est souvent acculé à pratiquer une "pédagogie de garçon de café", courant de l'un à l'autre pour répéter individuellement une consigne pourtant donnée collectivement, calmant les uns, remettant les autres au travail.

Il est vampirisé par une demande permanente d'interlocution individuée. Il s'épuise à faire baisser la tension pour obtenir l'attention. Dans le monde du zapping et de la communication "en temps réel", avec une surenchère permanente des effets qui sollicite la réaction pulsionnelle immédiate, il devient de plus en plus difficile de "faire l'école".

 

L'autorité est en crise parce qu'elle est individuée et qu'elle n'est plus soutenue par une promesse sociale partagée. Le professeur tenait son autorité de son institution. Aujourd'hui, il ne la tient plus que de lui. L'école garantissait que l'autorité du professeur était promesse de réussite - différée, mais réelle - pour celui qui s'y soumettait.

Aujourd'hui, la promesse scolaire est éventée et le "travaille et tu réussiras" ne fait plus recette. L'école, qui était une institution, est devenue un service : les échanges y sont régis par les calculs d'intérêts à court terme. Le pacte de confiance entre l'institution scolaire et les parents est rompu. Ces derniers considèrent souvent l'école comme un marché dans lequel ils cherchent le meilleur rapport qualité/prix.

Le défi qui s'ensuit est double. Nous devons d'abord réinstitutionnaliser l'école jusque dans son architecture. Si les lycées napoléoniens ont si bien fonctionné, c'est qu'à mi-chemin entre la caserne et le couvent, ils alliaient l'ordre et la méditation.

 

entrer dans l'écrit, c'est être capable de transformer les contraintes de la langue en ressources pour la pensée.

Ce jeu entre contraintes et ressources relève d'un travail pédagogique irréductible à l'accumulation de savoir-faire et à la pratique d'exercices mécaniques.

 

… Que peut bien signifier "l'élève a 60 % des compétences requises" ? La notion de compétence renvoie tantôt à des savoirs techniques reproductibles, tantôt à des capacités invérifiables dont personne ne cherche à savoir comment elles

se forment. Ces référentiels atomisent la notion même de culture et font perdre de vue la formation à la capacité de penser.

Article complet sur:

http://www.lemonde.fr/imprimer/article/2011/09/02/1566841...

 

12:29 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

07/09/2011

Lettre ouverte à Mme Paola Marchesini, Directrice générale de l’Enseignement primaire

Madame la Directrice,

 

Vous pensez probablement qu’au DIP nos écoliers genevois sont entre de bonnes mains ?

 

Malheureusement, j’ai bien peur que, du haut de votre tour, vous ne soyez pas vraiment bien informée.

 

Toute votre carrière et votre expérience se sont faites principalement à l’étranger. Vous n’avez donc que peu de connaissance de l’école genevoise

 

Croyez-moi, ce ne sont pas les quelques passages occasionnels que vous faites dans les établissements scolaires qui vous permettront de découvrir la réalité du terrain.

Vous comprendrez qu’il n’est pas réaliste de penser qu’une ou deux heures de visite, entièrement « fabriquées » puisque archi-prévues et préparées par l’ensemble du corps enseignant, vous permettront de constater à quel point l’école genevoise est moribonde.

 

Par exemple…

 

Vous n’êtes pas sans savoir que le règlement de l’enseignement primaire stipule clairement que les élèves promus par tolérance ou dérogation devraient bénéficier obligatoirement de mesures d’appui.

 

Que voilà une belle théorie.

 

Mais, concrètement, sur le terrain, savez-vous ce en quoi consiste ce soi-disant soutien pédagogique?

 

Savez-vous, par exemple que, en ce qui concerne l’enseignement du français, dans cette école que je connais bien, c’est seulement pendant 45 pauvres minutes par quinzaine que, par groupe de 8 ou 9, les élèves en « échec scolaire » sont pris en charge par un ECSP (Enseignant chargé du soutien pédagogique) ?

Une vraie peau de chagrin, de la poudre aux yeux afin de se donner bonne conscience.

 

Savez-vous que dans cette école de Carouge, en REP (réseau enseignement prioritaire), bénéficiant donc de certains avantages, notamment en matière d’effectifs de classe, ce ne sont pas moins de 44 élèves qui sont répartis dans 2 classes à double degré ?

 

Enfin, avez-vous pris connaissance des nouveaux manuels de français qui ont été choisis par je ne sais quels incapables dans vos services ? Etes-vous consciente de ce que ces moyens d’enseignement représentent et dans quelle vacuité ils précipitent les futures générations ?

 

Voilà, Madame, quelques éléments de la triste réalité de l’enseignement primaire genevois.

 

Croyez bien qu’elle met de trop nombreux enseignants dans le désarroi tant ils se sentent dépourvus et impuissants face à l’avancée de ce rouleau-compresseur destructeur.

 

J’ose espérer que vous saurez prendre conscience de cette situation inquiétante et y remédier au plus vite.

 

Pour cela, il vous faudra du courage tant vous devrez affronter certains « obstacles » accrochés à leurs privilèges…

 

Quelques pistes ?

 

-         Réduire drastiquement la hiérarchie surabondante au sein de la Direction de l’enseignement primaire (voir son organigramme…), notamment en supprimant bon nombre de postes de directeurs d’établissement et autres directeurs auxquels sont rattachés chefs de service, adjoints, assistants, coordinateurs, etc.

-         Utiliser à bon escient les moyens ainsi dégagés et ceux déjà existants en investissant massivement et prioritairement dans le soutien pédagogique

-         Renoncer aux moyens d’enseignement inadaptés qui sont mis en place pour les remplacer urgemment par du matériel didactique réaliste et efficace

-         Redéfinir clairement les charges des directeurs d’établissement afin qu’ils fassent enfin le travail qui devrait être le leur plutôt que de le déléguer aux enseignants

-         Décharger les enseignants des inutiles tâches administratives et redonner du sens à leur profession en leur donnant les moyens d’enseigner

 

En espérant, que cette lettre ne restera pas morte, je vous prie de recevoir, Madame la Directrice de l’Enseignement Primaire, mes respectueuses salutations.

 

10:46 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook

05/09/2011

L’attaque est sournoise, le ver est dans la pomme !

On l’a compris, les « nouveaux » moyens d’enseignement du français destinés aux élèves de l’école primaire genevoise sont essentiellement basés sur une démarche bien précise décrite d’ailleurs en introduction de ces manuels :

La démarche de Mon manuel de français s’articule sur trois types de médiation :

-         la médiation de l’enseignant : celui-ci accompagne l’élève pour lui permettre de réussir des tâches complexes ;

-         la médiation du langage : l’élève est conduit à abstraire et à généraliser grâce aux échanges et aux apports langagiers ;

-         la médiation didactique : l’enseignant s’appuie sur les représentations initiales de l’élève, sur ses savoirs du moment-un nouveau savoir ne pouvant s’ancrer qu’à partir d’un essai d’élucidation de ces conceptions initiales.

La plupart des fiches de travail de l’élève lui demandent de s’exprimer sur ce qu’il constate et d’en discuter avec ses camarades (sic!).

« Il n’y a plus guère de question à se poser sur l’idéologie visée par ces moyens d’enseignement » vous disais-je dans un précédent billet.

De quelle idéologie s’agit-il donc ?

L’article de Jean Romain, paru dans le Temps du 23 février 2011, l’explique clairement :

Le socio-constructivisme met l’accent sur le rôle de l’autre dans la construction des savoirs : la modification et la régulation des représentations se fait en interagissant avec les autres. Les méthodes fondées sur le socio-constructivisme privilégient donc le travail coopératif, la collaboration, la co-construction des savoirs, pratiques censées générer aussi plus de motivation et de valorisation de soi. Ces méthodes bouleversent le rôle du professeur, et celui de l’enseignement qui ne doit plus être frontal ni magistral, ni même chargé de présenter les éléments nécessaires à la compréhension du fonctionnement de la langue. L’apprentissage est considéré comme un processus de modification des représentations qu’on possède déjà : une nouvelle donnée doit s’intégrer au réseau conceptuel de l’ « apprenant », et cette intégration (succession de déséquilibres et de rééquilibres) n’est possible que dans l’action du sujet. Autrement dit, un problème rencontré par l’ « apprenant » (= des représentations inadéquates) entraîne la recherche de sens : apprendre signifie construire activement du sens par l’observation, l’expérimentation, la réflexion, la déduction et le réemploi des règles.

Il convient de se canaliser sur les expériences pouvant être les meilleures pour l’apprentissage, du point de vue de l’ « apprenant », plutôt que de simplement transmettre et évaluer les connaissances qu’on estime qu’il doit posséder. Il faudra rechercher à créer des déséquilibres pour que l’ « apprenant » tente de les dépasser de lui-même. Cela aide aussi à comprendre que chaque participant à un cours peut être tour à tour un enseignant et un « apprenant ». Le travail d’enseignant peut se modifier en passant du rôle de « source de la connaissance » à celui de pôle d’influence et modèle de la culture de classe. Il s’agit d’avoir des contacts personnalisés et adaptés aux besoins d’apprentissage de chaque « apprenant », et d’animer les discussions et les activités de façon à atteindre collectivement les objectifs d’apprentissage de la classe.

Le professeur quitte son rôle d’intermédiaire entre l’œuvre à étudier et l’élève. Il devient une sorte d’animateur, un organisateur de savoir collectif en classe, un pourvoyeur de déséquilibres calculés et pouvant être surmontés.

Les professeurs Gauthier, Bissonnette et Richard (Université Laval, Montréal) dont les résultats ont été publiés en 2005 « Quelles sont les pédagogies efficaces ? » montrent que les méthodes axées sur l’élève mis au centre fonctionnent bien pour 15 pour cent seulement de ces élèves. Alors que les méthodes explicites (allant du plus simple au plus complexe) fonctionnent avec 85 pour cent des élèves : ils apprennent mieux et plus vite. Ces méthodes sont aussi plus normatives. Ces études universitaires démontrent en plus que ce sont les connaissances acquises qui assurent l’estime de soi, contrairement à ce qu’affirment les socio-constructivistes.

 

13:36 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

03/09/2011

Mais, qui sont donc les criminels du DIP ?

9782011698698.jpg

Ainsi tous les cantons romands seront soumis aux contraintes définies par Harmos (harmonisation scolaire)…un seul et même programme pour tous les écoliers romands.

Mais chaque canton garde néanmoins son autonomie en ce qui concerne le choix des moyens didactiques...qui pourrait être excellent...

Dans mon précédent billet, on a vu celui de Genève!

Faut-il s’en étonner ?

Genève la « moderne » la « prétentieuse », la « hautaine » qui se veut à la pointe du progrès alors qu’elle est toujours en queue de peloton quant aux résultats.

Mais qu’à cela ne tienne. Aux dires de la formatrice chargée de présenter ce manuel (MMF) aux enseignants lors des séances auxquelles ils sont astreints « les enfants adorent ça » !!!

Bien évidemment qu’ils adorent….au même titre qu’ils adorent les autos tamponneuses, les jeux informatiques ou les sms !

En attendant, je vous parie que la plupart des autres cantons romands ne suivront pas l’exemple de Genève et qu’ils opteront pour d’autres manuels scolaires. Pas fous eux !

 A Genève, la question est posée…par qui donc ces manuels sont-ils conçus ?

Je vous le donne en mille….sur les 5 concepteurs de MMF (« Mon Manuel de français », matériel paru en France en 2004 ( !!!), 3 sont des professeurs de….l’IUFM !!!!

L’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres), vous savez ce « centre d’endoctrinement » dirigé par les gourous pédagogos.

Dès lors, il n’y a plus guère de question à se poser sur l’idéologie visée par ces moyens d’enseignement !

Là-derrière, n’y aurait-il pas d'ailleurs une histoire de gros sous ? Parce que ce n’est tout de même pas gratuitement que ces « concepteurs » ont pondu leur énorme « cacade ».

Une autre question d’importance se pose également :

Qui donc, au DIP genevois, est de mèche ? Qui sont les décideurs en charge du choix du matériel didactique utilisé dans les écoles primaires du canton?

Qui donc cautionne cette destruction systématique de l’institution scolaire ?

Quelqu’un a-t-il la réponse ?

En attendant, je me suis livré à un petit calcul.

Sur les quelques 140 fiches de travail de l’élève que contient MMF (7ème Harmos), il y en a à peine dix qui traitent d’un semblant de conjugaison !

Dans le thème « Education à la citoyenneté »…une seule et unique fiche a trait à la grammaire française (de même en ce qui concerne le vocabulaire…et je ne vous parle même pas d’orthographe)!

Je ne résiste pas à la tentation de vous la présenter:

(un clic sur l'image pour l'agrandir)

 

P1020966.JPG

22:42 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

02/09/2011

Adieu, veaux, vaches, cochons…travail de sape du DIP

P1020965.JPG

Amis de la langue française, tenez-vous bien…nos décideurs sont devenus complètement fous !

Mais où donc sont-elles passées les précieuses règles usuelles de grammaire, d’orthographe ? Que sont devenus tous les exercices « répétitifs » nécessaires à leur enseignement et à leur assimilation ?

Poubelle !

Les nouveaux moyens d’enseignement du français (MMF = Mon Manuel de Français) entrent en force à l’école primaire genevoise.

Dorénavant on parlera de « savoir-faire langagiers » : lire, dire, écrire à travers 5 « unités disciplinaires », littérature, éducation à la citoyenneté, mathématiques, géographie, histoire.

A chaque enseignant de se faufiler, au gré de son humeur, à travers ce labyrinthe absurde…

La « déstructuration systématique » entraînant purement et simplement la destruction en bonne et due forme de l’école !

Joli travail de sape !

Un acte simplement criminel pour les générations futures qui, à coup sûr, ne maîtriseront plus grand-chose du fonctionnement de la langue française.

Progressivement selon les cantons, le PER (Plan d’étude romand) entre donc en vigueur. D’ici peu, tous les cantons romands devront l’appliquer.

Ainsi, le programme sera soi-disant le même pour tous les élèves…mais voilà, les cantons gardent leur autonomie en matière de moyens d’enseignement !

Le saint PER est là….et Genève a fait son choix, il a opté pour ce MMF !!!

Mais il y a fort à parier que, tout comme les vaudois l’ont déjà fait, les valaisans et les fribourgeois, peut-être « moins modernes » que les genevois mais bien meilleurs aux tests PISA, utiliseront un tout autre manuel que celui des élèves genevois sacrifiés au culte des pédagogos !

Jugez plutôt ci-dessous du genre d’activités qui, à Genève, occuperont désormais vos enfants. Et cet exemple en est un parmi des dizaines d’autres, il suffit d’ouvrir ces nouveaux manuels au hasard de n’importe quelle page pour s’en convaincre.

Voici donc un exemple d’activité tirée du manuel de français de 5P (7ème Harmos)…et je vous assure qu’il s’agit là d’enseignement du français :

P1020962.JPG

 

 

 

12:12 | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook

01/09/2011

Au DIP, de Maya, on s’en fout !

Voilà 5 ans maintenant que, chaque année, lors de la rentrée scolaire, je prends connaissance des différentes circulaires et directives émises à l’attention du corps enseignant par la direction de l’enseignement primaire.

Cette année encore, j’ai beau les éplucher, lire et relire le contenu de la conférence de presse tenue par Monsieur Charles Beer…RIEN !

Non, toujours rien de nouveau au sujet des mesures d’appui pourtant  obligatoires auxquelles les élèves en difficulté scolaire ont droit.

A croire que le DIP s’en contrefout éperdument.

Ce qui m’amène à vous conter l’histoire qu’une amie institutrice m’a rapportée.

Maya est une petite fille, scolarisée en 4 P dans une école genevoise. Elle éprouve quelques difficultés scolaires car elle souffre malheureusement de dyslexie pour laquelle elle est suivie par une thérapeute.

Une directive tout ce qu’il y a de plus officielle stipule qu’à ce titre, elle est en droit de bénéficier de certaines mesures d’aide, entre autres :

-       Lecture des consignes par une tierce personne et / ou vérification de leur compréhension

-       Temps supplémentaire (maximum un tiers lors des évaluations)

Soit !

Qu’en est-il concrètement sur le terrain ?

Il se trouve qu’en mai dernier, Maya, comme tous les élèves genevois, a passé les importantes épreuves cantonales.

Vous imaginez déjà l’appréhension que tous ces élèves peuvent ressentir…d’autant plus ceux qui ont le statut d’élèves en appui scolaire.

Un beau matin de mai, Maya s’est donc retrouvée confrontée aux nombreuses questions que posait l’épreuve de français.

Son institutrice aurait donc dû, comme le règlement le lui impose, prendre la peine d’appliquer la directive en question… que nenni !

Cette pauvre Maya, s’est mise à paniquer, à montrer des signes évidents de SOS, pour finir par fondre en larmes. Pourtant, impassible, l’enseignante l’a laissée « sécher » durant toute la durée de l’épreuve. Rien, pas un semblant d’aide quelconque !

Enfin, alors que, signifiant la fin du temps réglementaire, l’heure de la récréation sonnait, notre brave maîtresse, réalisa que Maya était loin d’avoir terminé son travail. Dans un sursaut de bonne volonté, face aux larmes de la fillette, elle daigna alors lui octroyer du temps supplémentaire…

Aussitôt, elle l’enferma dans la salle de classe durant les 20 minutes de récréation, seule, encore livrée à elle-même !

Pensez donc, le café de la récré, c’est sacré !

 

Pour me rassurer, j’ose espérer que ce n’est là qu’un cas isolé…

Mais combien sont-ils ces élèves auxquels on refuse leur droit le plus élémentaire ?

Combien sont-ils ces parents qui en ont bien conscience mais qui, par peur de représailles ne disent rien ?

Combien sont-ils ces directeurs d’établissement qui, censés contrôler que les directives soient correctement appliquées, se confortent dans leur placard doré ?

11:15 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook