31/10/2011

DIP, à Genève, quand il y a une erreur à faire, on la fait !

Concernant le choix des moyens d'enseignement du français, la CIIP (conférence intercantonale de l’instruction publique) a donné aux cantons romands le choix entre deux manuels qui véhiculent deux « idéologies » très différentes l’une de l’autre.

 

-         L’île aux mots

-         MMF, Mon Manuel de français

 

Genève aurait pu choisir le 1er manuel, « l’île aux mots », comme le Valais l’a fait.

 

Pourquoi ?

 

Parce qu’il s’agit d’un manuel fort bien structuré qui met l’accent sur la structuration de la langue, sur l’étude des bases du français, la grammaire, la conjugaison, le vocabulaire et l’orthographe.

 

Les élèves y progressent « pas à pas », de manière très claire et tous, élèves, enseignants et parents s’y retrouvent facilement.

 

Eh bien non, dans l’urgence, Genève a préféré choisir MMF ! Ce manuel qui, dans certaines écoles, est rebaptisé « Mise à Mort du Français » !

 

Contrairement à « l’île aux mots », MMF est une méthode d’enseignement peu structurée qui met très peu l’accent sur l’enseignement des bases du français mais qui propose plutôt d’ « entrer dans l’étude de la langue par le biais de l’observation de différents genres textuels ».

 

On se balade ainsi au travers de différents thèmes, littérature, éducation à la citoyenneté, mathématique, géographie et histoire.

 

On croit ainsi mettre l’élève en « situation de production d’écriture»….comme si l’élève allait ainsi pouvoir écrire un texte alors qu’on ne lui donne tout simplement pas les outils pour le faire puisque toute étude de la grammaire, de la conjugaison, des bases même de la langue, est reléguée au second plan.

 

C’est évidemment une grave erreur.

C’est mettre la charrue avant les bœufs….un peu comme si l’on vous demandait de construire une bibliothèque IKEA sans que l'on vous fournisse un plan, un tournevis, une pince et un marteau.

 

MMF est tellement « déstructuré », compliqué qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits. A tel point que le DIP a même été obligé de mettre en place toute une formation fort coûteuse pour que les enseignants parviennent un tant soit peu à s’y retrouver.

 

Je ne vous parle pas de la plupart des parents qui, complètement perdus, apprécieront !

 

A l’heure où l’on parle d’harmonisation, on se retrouve en Romandie avec deux méthodes d’enseignement différentes et surtout deux « idéologies » opposées l’une à l’autre.

 

Ce sujet a fait l’objet d’un reportage sur Léman Bleu (flash info et actualités) que vous pouvez visionner sur :

http://www.lemanbleu.ch/vod/le-flash-de-18h45-31102011

(avancez jusqu’à 2 minutes environ)

 

 

 

http://www.lemanbleu.ch/vod/geneve-aujourdhui-actu-31102011

(avancez jusqu'à 6 minutes environ)

 

20:11 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook

Commentaires

On dirait que nos décideurs désirent à tout prix que les jeunes à GE soient mal formés.... pour ensuite faire quoi ? Engager par exemple des jeunes venant d'ailleurs et mettre les nôtres à GE au chômage ?

Et n'oublions pas que les gens mal formés sont très manipulables !

C'est très grave, ce qui se passe à Genève ! Je me demande si on devrait pas mettre le DIP "sous tutelle" ????

Écrit par : Marion GarcIa-Bedetti | 31/10/2011

d'autres cantons réagissent aussi !

Écrit par : lovsmeralda | 01/11/2011

alors conjuguons le verbe méthode qui deviendra méthodiste quoiqu'il en soit

Écrit par : lovsmeralda | 08/11/2011

Et n'oublions pas la nouvelle version du Memento de français, ouvrage pitoyable bien en deça du précédent tant dans le contenu que dans la présentation. Le symbole le plus effrayant de la piètre qualité des nouveaux moyens d'enseignemt du français...

Écrit par : dupertuis | 08/11/2011

Ecoutez donc Jacques-Simon Eggly:
.

"J'étais député il y a bien longtemps. il y avait à ce moment-là l'enseignement rénové du français, et déjà en effet ces discussions avaient lieu. Ce qui m'effraie un peu, mais je ne connais pas ce livre (MMF) (…) on n'arrête pas, de réformer, on n'arrête pas, réforme après réforme, et ce qu'on constate franchement, pour diverses raisons, c'est que malgré tout, la structure baisse, la base baisse, le niveau baisse. Moi j'enseigne dans une école privée, mais bon ce n'est pas une attaque contre le public, mais je remarque quand même que la maîtrise du français, la maîtrise de la langue baisse. Et en réalité je me demande… on attendait tout à l'heure qu'il y a des compléments, mais moi je pense qu'il faut d'abord la base et après les compléments et j'ai lîmpression de plus en plus pour faire un enseignement rénové du français on met d'abord les compléments et ensuite la base, ça donne quand même à la fin un peu une catastrophe."
.
Mais:
.
"Baisse du niveau ou augmentation des effectifs?
.
Indéniablement, l’accès des élèves d’origine populaire à l’enseignement secondaire, voire supérieur, constitue un phénomène nouveau. Or les statistiques de l’INSEE française par exemple, estiment à 30% de la population active la part des positions favorisées dans le monde du travail (cadres supérieurs et moyens). Donc, tant qu’un tiers d’une génération est admis au baccalauréat, le système reste garant d’une promesse fiable de démocratisation des études. Avec 60 ou 80% d’admis, la massification, tout en entraînant une incontestable élévation du niveau de compétence de la population, accroît la concurrence pour l’obtention de telles positions, donc la sélection, par conséquent l’impression de baisse de niveau.
Selon François Dubet et Marie Duru-Bellat qui ont étudié la question pour le tournant du XXIe siècle, «au total, sur la longue période, le niveau monte», mais sans que les acteurs de l’école n’en aient conscience puisqu’une telle hausse coïncide avec un allongement de la scolarité. Il est aussi certain que la notion d’échec scolaire a acquis une visibilité nouvelle. Lorsque l’école était organisée entre un ordre secondaire promis à une petite minorité d’«héritiers» et un ordre primaire réservé à la grande masse, personne ne trouvait révoltant qu’un enfant de milieu populaire s’en tienne à quelques années de scolarité. Ce n’est qu’une fois ces deux mondes réunis, à partir des années 1960, qu’une baisse de niveau généralisée est spontanément imputée aux «déclassés», élèves de milieu social modeste, véritables proscrits coupables par-dessus le marché de la dépréciation du magistère scolaire et de l’autorité magistrale. On touche ici à l’expression d’un refus foncier de la démocratisation du secondaire.
.
Pierre-Philippe Bugnard
Université de Fribourg"
http://www.ordp.vsnet.ch/fr/resonance/2003/octobre/bugnard.htm
.
Si les manuels sont mauvais ce n'est pas avec encore plus d'école de mauvaise qualité que le niveau va augmenter, non?
.
Plus de qualité, moins d'élèves par classe et un investissement conséquent pour les appuis = moins de perte de temps, moins d'échec et des retours sur investissements dans 15 à 20 ans!

Écrit par : Valérie | 10/11/2011

Les commentaires sont fermés.