06/12/2011

A chacun sa lecture

Les résultats cantonaux au test PISA 2009 sont enfin connus !

Un rapport de plus de 150 pages….

Et à chacun d’y aller de son analyse, de sa vision de la chose…

A commencer par la Tribune de Genève qui n’hésite pas à titrer que « Genève réussit son grand bond en avant en lecture »…et que « les ados genevois cèdent le bonnet d’âne »…il est vrai que dorénavant, Genève n’est plus la dernière de classe mais l’avant-dernière….merci Berne.

Suivi par le Président du DIP qui précise immédiatement, fort à propos, qu’il faut « se garder de tout triomphalisme »…

Il sait, lui, que ces résultats sont à prendre avec des pincettes et que leur interprétation est multiple.

Il est conscient des résultats plus que médiocres que Genève obtient en mathématiques et en sciences. N’est-elle pas largement classée en dessous de la moyenne suisse et même internationale ?

C’est donc très judicieusement qu’il annonce que « nous ne pouvons pas nous permettre l’autosatisfaction. Le chemin est encore long. Nous pouvons faire mieux en aidant davantage les élèves en difficulté »…

(Hum….au primaire, on attend toujours ces fameuses mesures d’accompagnement).

N’oublions pas que Monsieur Beer est un habile politicien et non un pédagogue. Ceci explique pourquoi il attribue ce soi-disant succès en lecture à différents éléments : les efforts fournis par les enseignants, l’harmonisation scolaire, les réseaux d’enseignement prioritaires et….oh surprise, au retour des notes à l’école primaire !

Une belle occasion de rappeler son parcours politique…Mais n’y voyez là aucune autosatisfaction et surtout pas de poudre aux yeux!

Dans la lancée, il en profite bien évidemment pour faire « sa » petite « pub » au mercredi d’école….la votation est toute proche !

 Ne manque plus que la SPG qui, beaucoup moins futée que Monsieur Beer, se montre incapable de discernement.

Elle ne voit que les gros titres de la TdG  et en « oublie » les résultats catastrophiques en math et en sciences des écoliers genevois. Elle croit l’occasion bonne et fonce tête baissée pour vanter les mérites de feu la Rénovation de l’enseignement primaire, celle-là même que le peuple, en 2006, a refusée à plus de 75%.

Chacun donc y va de son interprétation, permettez-moi donc de donner la mienne sous forme de quelques considérations au sujet des résultats PISA 2009.

OK, Genève a sensiblement amélioré ses résultats en lecture mais :

1.     Elle a gagné 15 petits points entre 2006 (486 points) et 2009 (501 points) mais, contrairement à ce qui est annoncé, par rapport à tous les cantons ayant sensiblement progressé, elle reste en dessous de la moyenne suisse (502 points) et ne comble pratiquement pas son retard par rapport au Valais (522 points)

 

2.     Elle reste en queue de peloton, avant-dernière.

 

3.     Genève a « progressé » ? Rien d’étonnant….puisque c’est le canton qui a, de loin, la plus grande marge de progression.

Celui qui court le 100 mètres en 25 secondes a une marge de progression énorme, bien plus grande que celui qui le court en 10 secondes !

 

4.     En ce qui concerne les mathématiques, alors que tous les autres cantons ont progressé, Genève, elle, a régressé par rapport à 2006…elle est largement en-dessous de la moyenne suisse (mathématiques, 512 pts pour une moyenne suisse de 536 pts, sciences 490 pts pour une moyenne de 517 pts)

 

Il est par ailleurs fort regrettable que, en ce qui concerne le français, PISA ne teste pas les compétences des élèves en grammaire, en orthographe et en conjugaison.

Parce que si c’était le cas, je vous garantis une belle « cacade » !

 

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Commentaires

Avant on était "très médiocre", et aujourd'hui on a bondi à "médiocre".

Écrit par : Jean Romain | 06/12/2011

Encore une PISA difficile à digérer, heureusement la recette est orale parce que les quatre saisons ou la Sicilienne à l'écrit "Cacade" un peu à l'image de la Grèce cher au "philosophe" au Matin Dimanche, on espère passer de A à deux AA chez S-P, autre agence de notation , l'Arle de l'économie financière.
Le dormeur Duval pour la énième fois nous fait découvrir qu'un conseiller d’État est un politicien c'est vrai, Madame Rochat ne fait pas elle-même la circulation, Madame Kunzler ne conduit pas les trams Muller , etc etc. ce que je trouve absolument navrant , c'est que l'auteur semble se ré....jouir des difficultés de l’école publique, encore un effort camarade dans l’amertume, la mauvaise foi, vivement la retraite de la retraite avant que horreur les "choses"continuent à s’améliorer.

Écrit par : briand | 06/12/2011

Post-scriptum: c'est du latin je crois , connaissant les protagonistes du Comité, heureusement, le Pire est à venir et il y a certainement de quoi mener une campagne de mobilisation pour ou contre on verra.. il faut bien" exister" c'est de la philosophie ..je crois.

Écrit par : briand | 06/12/2011

L'obscurité de .pensée de ce briand augmente d'année en année. Bientôt, il pourra enseigner la didactique à la Fapse !

Écrit par : edgar dunord | 07/12/2011

J'ai bien aimé votre billet, Monsieur Duval. Par ailleurs, je pense qu'à Genève, votre problème est qu'il y a une trop forte mixité sociale, bcp d'élèves migrants, bref des conditions difficiles à la base. Est-ce que le choix des manuels ou une meilleure formation pour les profs changerait quelque chose ? Peut-être cela vous ferait gagner quelques points, mais je ne suis pas certain que le changement serait radical.

Écrit par : Schneider | 07/12/2011

@edgar dunord :je fais des efforts pour passer de "très médiocre à médiocre" ce qui me parait pourtant plus facile et surtout moins ridicule que de passer d’enseignant de français au DIP à philosophe autoproclamé.

Écrit par : briand | 07/12/2011

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