19/12/2011

Instaurer le débat

C’est en mars 2012 que les citoyens genevois se prononceront sur l’horaire scolaire des écoliers.

Ils devront voter pour introduire ou non le mercredi matin d’école.

Il serait intéressant qu’un vrai débat s’instaure et que chacun puisse exprimer son point de vue, je propose donc de publier ici les textes qui me seront proposés.

Il suffit pour cela de me les envoyer sur mon adresse e-mail

duval.andre@infomaniak.ch.

Les pseudonymes sont acceptés, à condition bien sûr que l’identité de l’auteur me soit communiquée.

Voici donc, pour commencer, l’avis de Jean Romain.

 

Bien sûr que non !

Les résultats des tests Pisa sont têtus : ils placent le Valais en tête, et Genève à la queue des cantons francophones. Mais au-delà de ces tests, il est une réalité bien plus parlante : ce sont les élèves Valaisans qui recueillent les meilleures opinions aussi bien auprès des professeurs des hautes Ecoles que des patrons d’entreprises. Ce deuxième critère est le plus fiable parce qu’on peut toujours interpréter les résultats Pisa en fonction de divers paramètres et se contorsionner comme le département genevois de l’Instruction publique, les lèvres vitrifiées de lieux communs, pour montrer qu’à Pisa on était « très médiocres » et qu’en 9 ans, on a bondi à « médiocres ».

 

Soyons clair : c’est sur le Valais que les yeux genevois sont tournés et c’est sur lui que de plus en plus de voix prétendent se régler, à part bien sûr, les habituels pédagogos, les gardes rouges de la sous-culture de la Fapse (Faculté des « sciences » de l’éducation) qui persistent à dire qu’il n’y en a point comme les socio-constuctivistes locaux !

 

Mais Genève est en train de se battre pour que ses élèves du primaire retravaillent le mercredi matin : le Grand Conseil vient d’accepter une loi qui augmente les heures de fréquentation scolaire des 8-12 ans, cela coûtera 16 millions au canton ; un referendum a été lancé avec succès, et une votation aura lieu en mars 2012. Il faut savoir qu’en 1997, la magistrate libérale alors à la tête de l’Instruction publique avait, par voie réglementaire, supprimé le mercredi matin, confinant les élèves genevois à 4 jours d’école hebdomadaire. Les raisons ? Un mélange d’idéologie néo-libérale du style on peut faire mieux avec beaucoup moins (les résultats ont été probants !), la volonté de marquer son passage politique à l’exécutif local (c’est effectivement fort réussi, on ne l’oubliera pas !), et un besoin d’économiser les deniers publics. Ajoutez-y une bonne mesure de pédagogisme et le cocktail est détonnant ; nous en faisons les frais tous les jours. Il faut déployer maintenant un effort colossal pour revenir au bon sens, au statut quo ante, c’est-à-dire à suffisamment d’heures d’école, non seulement pour rattraper le retard mais encore pour y faire entrer les exigences du PER et ses copieuses innovations, dont l’introduction de l’anglais. Genève veut donc se redonner une chance. Je l’approuve.

 

Or le Valais songe à suivre la pente que nous tentons aujourd’hui de remonter à Genève. En Valais, on se tâte ; on consulte. J’avoue mon incompréhension et ma stupéfaction. Pourquoi changer une formule qui gagne ? Pour des raisons idéologiques, pour des raisons économiques ? Oui, les chiffres des budgets, tout comme les résultats Pisa, sont têtus ; mais il doit bien exister d’autres domaines où économiser un peu sans mettre en danger l’avenir d’une jeunesse qui devra se mesurer de plus en plus à un monde dont les lendemains risquent de déchanter.

 

Réduire la dotation horaire des élèves ? Bien sûr que non !

 

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Commentaires

On va assister à un festival de mensonges sur le temps passé à l'école. A propos de pisa, qui nous dit que la mesure est fiable? Quelle est la marge d'erreur? Comment peut-on comparer la lecture du français avec celle de l'allemand, de l'italien ou du finnois? De quoi tient-on compte et surtout de quoi ne tient-on pas compte? Par exemple du nombre d'étrangers en fonction de leur origine, de leur religion, du nombre de familles éclatées, du nombre et de la qualité des soutiens scolaire (néant à ce que j'ai compris des multiples interventions de M. Duval), etc.?

Quand on compare discipline par discipline les écarts se réduisent pour les branches sélectives et Genève n'est pas le canton à la traine.

Mais si l'on veut absolument tenir compte de pisa, la Finlande devrait être le modèle. Or l'école primaire finit au plus tard à 14h00, 5 jours sur 5 avec repas de midi assuré par l'école et sauf erreur gratuit et transport scolaire. Alors dans ces conditions oui, vive la semaine de 5 jours.

Mais à Genève quand les parents travaillent ou quand il s'agit d'une famille monoparentale, les enfants bien souvent sont à l'école de 8h00 à 18h00. (Et qu'on ne vienne pas me dire que le "para"scolaire n'est pas du temps d'école. Les activités créatrice et le lien social y sont aussi développés, si ce n'est même mieux, que durant le temps "scolaire".) Et il reste encore à faire les devoirs à la maison. Soit 10h et plus par jour sur 4 jours. Et on veut encore rajouter le mercredi matin? Connerie monumentale. Les résultats ne vont pas s'améliorer, car les enfants seront tout simplement épuisés, voire dégoutés de l'école qui ne leur laisserait plus une matinée de récupération au milieu de la semaine.

Écrit par : Johann | 19/12/2011

Le héraut de la laicité croit au catéchisme Pisa.
Les meilleurs sont paraît-il les finlandais ; dernières élections chez les Suomis : 18 avril 2011 Timo Soimi et son Parti des Vrais Finlandais (tout au fond à droite) 19% aux élections législatives.
On vit une époque formidable (reiser) !
Moi de mauvaise foi ? Allons, allons......

Écrit par : pierre losio | 20/12/2011

Reiser m'a toujours paru très clair, Losio non. Du moins pour ceux qui ne passent pas leur temps dans les couloirs de la politique.

Écrit par : Mère-Grand | 20/12/2011

@ Pierre Losio
Le héraut de la laïcité se méfie assez de l'orthodoxie de Pisa, comme le dit son premier paragraphe...

Écrit par : Jean Romain | 20/12/2011

J'ai rédigé un commentaire au papier de Jean Romain que j'ai mis sur mon blog:
http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2011/12/26/jean-romain-peut-faire-mieux.html

Écrit par : Michèle Roullet | 26/12/2011

M. Romain se fourvoie à l'évidence en voulant expliquer l'origine de l'horaire sur 4 jours (2+2) à Genève en 1997. Le Mouvement populaire des familles (MPF) ainsi que les familles monoparentales étaient, entre autres, favorables à la suppression du samedi matin. Le report des heures du samedi a été fait sur le reste de la semaine (avec même un petit gain). La libérale Martine Brunschwig Graf aurait en fait préféré passer à l'horaire romand avec le mercredi matin en lieu et place du samedi matin. Mais elle a tenu compte des résultats de la large consultation organisée en particulier par les parents et aussi de l'avis des milieux concernés. Le débat au Grand Conseil de 1997 en témoigne : http://www.spg-syndicat.ch/index.php/component/docman/doc_download/512-reponsembgsuppressionsamedigc6juin1997 Aujourd'hui, c'est le contraire. Le DIP organise une consultation (mai 2010), se fait retoquer son scénario mais ne tient pas compte des avis exprimés et dépose son projet de loi en septembre 2010... Le Grand Conseil suit aveuglément ou presque. Faut-il s'étonner si le référendum a récolté 18'000 signatures en 40 jours (alors que 7'000 suffisaient) ?

Écrit par : Olivier Baud | 31/12/2011

Salut Olivier,

J'ai de la peine à suivre quand tu dis:
"Le report des heures du samedi a été fait sur le reste de la semaine (avec même un petit gain)" ?
Selon le comentaire que j'ai posté:
"Un lecteur m’indique l’horaire scolaire qu’il a vécu de 1968 à 1973 : Lundi, mardi, mercredi, vendredi :7h 55 - 11h; 13h 30 - 16 h 10 Samedi 7h 55 – 11h Sans compter les temps de récréations cela fait donc 1365 minutes par semaine. Le nouvel horaire (4 jours par semaine) compte 1260 minutes par semaine. Il est donc indéniable que depuis cette époque, il y a eu une perte de 100 minutes/semaine, soit 6 heures par mois !

Peux-tu m'éclairer?

Écrit par : Duval | 31/12/2011

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