21/12/2011

Ecole, l’avis d’un conseiller national valaisan

Après celui de Jean Romain, voici le point de vue de Monsieur Oskar Freysinger.

 

Un cas d’école

 

À chaque fois que sont publiés les résultats de l’étude PISA, les élèves valaisans sont dans le peloton de tête ou carrément premiers. Cela pousse à se demander ce que le Valais fait mieux que les autres cantons romands en matière scolaire. D’abord, il est vrai que le canton du Valais, de par sa structure géographique et sociale, est moins concerné par la dissolution du tissu familial et social que ses voisins. Ensuite, l’homogénéité des élèves étant plus grande dans les classes, cela permet de progresser plus vite dans l’acquisition des techniques et du savoir. Mais surtout, en refusant E 2000, le canton a su éviter dans les années nonanted’emprunter la voie dévastatrice des réformes scolaires qui, par phobie égalisatrice, ne font qui niveler par le bas. La sélectivité du système basée sur l’excellence a pu être maintenue et le maître d’école n’a pas été dégradé au simple rôle de coach confortant ses élèves, placés au centre du néant, dans leur conviction d’être tous des Mozart dispensés de faire leurs gammes.

Or, parlons-en de ces gammes. Ce qui est vrai pour la musique et le sport l’est aussi pour l’école : celui qui travaille mieux et plus que les autres aura plus de chances de succès.

L’école valaisanne, en continuant à privilégier l’acquisition d’un savoir général et pyramidal construit depuis la base, fait mieux que les cantons qui ont opté pour la simple transmission d’îlots de compétences isolés. Mais surtout, notre canton a le courage d’exiger plus d’efforts que les autres. Ainsi, durant sa scolarité obligatoire, un élève valaisan « pratique ses gammes » environmille heures de plus que ses petits camarades genevois. C’est un avantage indéniable, car dans tout apprentissage, il y a une corrélation évidente entre le temps passé à s’exercer et le résultat.

Cela devrait faire réfléchir Claude Roch qui, pour des raisons d’économie, a déclaré récemment vouloir diminuer les heures de présence à l’école primaire. Cette économie n’en est pas une, car des élèves moins compétents coûteront plus cher par la suite. Les Genevois s’en sont aperçus puisqu’ils vont à nouveau augmenter leur dotation horaire.

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Commentaires

encore un serpent mais scolaire celui-ci qui se mord aussi la queue dirait-on!

Écrit par : lovsmeralda | 21/12/2011

Le Valais, c'est souvent le Far-West mais en matière d'école, il faut avouer qu'ils ont plutôt juste. Rien que dans le choix du matériel didactique...n'ont-ils pas opté pour des moyens d'enseignement du français (L'île aux mots) à l'idéologie contraire de ceux choisis par Genève (MMF)?

Écrit par : enseignant dépité | 21/12/2011

M. Freysinger est dans l'erreur. Nous n'avons pas encore voté, donc c'est s'avancer que d'écrire que nous allons augmenter la dotation horaire. Rien n'est encore acquis, n'en déplaise à Charles Beer.

Écrit par : Enseignant | 21/12/2011

S'il y a de la fumée sans feu et que tout cela n'est qu'un peu de poussière sans gravité, que le département valaisan publie un démenti clair et précis ; non pas une vague explication fumeuse, mais un démenti. Le Nouvelliste le publiera.

Mais si ce démenti est ambigu, il y aura de vigoureuses réactions.

Écrit par : Jean Romain | 22/12/2011

Bravo ! Enfin quelqu'un qui a compris que le savoir ne s'acquiert pas sans peine et que le nivellement vers le bas n'est qu'une illusion de succès. Jospin en France avait voulu obtenir 90% de succès au bac et la solution trouvée fut de tout niveler vers le bas. Avec les résultats que l'on connait.
Le seul moyen de former de véritables élites est de leur apprendre à étudier et de les faire réfléchir par eux-mêmes aux problèmes posés. Et ça demande beaucoup de travail. Aussi bien pour les élèves que pour les profs.

Écrit par : Lambert | 22/12/2011

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