31/12/2011

Que les choses soient bien claires

Lulu Berlue a posté un commentaire intéressant sur mon dernier billet. Il pose un certain nombre de questions qui me semblent judicieuses.

 

1.     Est-il vrai qu’à Genève les écoliers de 8 à 11 ans vont moins à l’école que ceux des autres cantons ?

A ce sujet, chacun y va de ses propres chiffres sans prendre la peine de bien sérier de quelles disciplines il s’agit…

Plus de quoi ? Plus de français, de math, de gymnastique, de dessin, de religion?

 

2.     Qu’en est-il du rythme scolaire des enfants de cet âge, est-ce judicieux de l’uniformiser avec celui des élèves de 12/15 ans ? Une pause d'un jour en milieu de semaine est-elle bénéfique ou pas?

A ce propos, il serait intéressant de connaître l’avis des professionnels, psychologues et pédiatres. Quels sont les conséquences réelles que pourraient occasionner l’allongement d’une journée d’école pour des enfants de 8/11 ans?

 

3.     Il est faux de prétendre que l’horaire scolaire a diminué avec l’introduction de la semaine de 4 jours.

En effet, les 4 périodes du samedi matin d’antan ont été reportées sur les 4 jours scolaires et le mercredi a remplacé le jeudi de congé.

 

4.     Le peuple a voté et accepté Harmos. Il faudra donc bien introduire l’enseignement de l’anglais à l’école primaire. Pour ce faire, quelles sont les propositions des antis mercredi matin ?

 

5.     Le PER (plan d’étude romand) est-il réellement plus exigeant et en quoi exactement ? Si oui, comment y répondre ?

 

6.     Enfin, quant à moi, que Lulu Berlue se rassure, je suis loin de pouvoir me positionner clairement. Je reste sur ma position, déjà exprimée :

 

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/05/18/mer...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/06/27/t-e...

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/10/21/com...

 

Mon rôle, pour le moment, est d’alimenter le débat que je souhaite le plus ouvert possible, raison pour laquelle j’ai proposé de poster ici tous les avis qui pourraient éclairer la question.

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29/12/2011

A l’école, il y a trop d’école ?

Le débat sur le mercredi d’école serait-il lancé ? Voici la réponse de Jean Romain aux propos tenus par Monsieur Lefort dans « Le Courrier » du 19 décembre.

Dans l’intérêt du débat, il serait intéressant que ceux (pas toujours les mêmes !) qui s’opposent à ce nouvel horaire scolaire se manifestent et fassent valoir clairement leurs arguments…

 

 

Le député des Verts au Grand Conseil de Genève, M. François Lefort confie ceci au Courrier à propos du mercredi matin : « Davantage d’école, c’est antidémocratique, car cela va assommer les plus faibles, allophones ou issus des classes populaires et qui, en comptant le parascolaire, sont souvent de 7h du matin à 18h à l’école ! » (19 déc. 2011)

 

On reconnaît là cette antienne purement idéologique qui contribue à saper l’école républicaine depuis plus de trente ans : à l’école, il y a trop d’école !  Derrière ce slogan, il y a une conception qui propose de changer notre vision de l’école. En fait, on veut remplacer l’instruction par l’éducation.

 

On se souvient que Rousseau, dans l’Emile, pense que l’enfant est dépositaire naturellement d’un contenu affectif qui l’oriente vers le bien. Tout le rôle de l’éducation consiste, non pas à lui dire ce qu’il faut faire mais à lui montrer ce qu’il ne faut pas faire, pour que puisse harmonieusement s’épanouir ce qu’il a en lui. Rousseau appelle cela l’éducation négative, entendez : l’éducation par la négation. En fait, cette vision naturaliste demande à intervenir le moins possible lorsque les choses se développent harmonieusement, c’est à dire conformément à la nature, et le plus possible lorsque la société met en place des obstacles à cette bonté naturelle de l’enfant. On comprend qu’il existe deux facteurs : d’une part un donné naturel et de l’autre une culture qui permet à ce donné d’éclore.

 

C’est cette conception qui alimente le A l’école, il y a trop d’école ! En effet, il convient de ne pas trop intervenir sur l’enfant car on risque de fausser plus que promouvoir ce fonds naturel de chaque homme. On ne peut rien apprendre de meilleur à l’enfant que de lui apprendre à apprendre, c’est à dire à acquérir des savoir-faire, puisque le contenu, il le possède déjà.

 

Donc, assez logiquement, on va prétendre que l’école n’est plus le lieu privilégié de la transmission du savoir pas à pas et cohérent, mais qu’il existe bien d’autres lieux alternatifs (parascolaires, périscolaires, etc.) propices à éveiller, à faire apparaître, à laisser éclore le bon fonds de l’enfant.

 

Certes, mais il s’agit là de l’éducation et non de l’instruction ; il s’agit là de l’enfant et non de l’élève. Parce qu’on ne va pas à l’école en tant qu’enfant, on y va en tant qu’élève. L’éducation vise à apprendre et non à recevoir un enseignement. Qu’est-ce que cela signifie ?

 

Ce signifie qu’il est plus important d’apprendre à apprendre que de maîtriser des prétendus « faits » comme l’orthographe, la syntaxe, le vocabulaire, le calcul. Qu’il faut encourager la possession d’un iPad. Que les élèves doivent apprendre à utiliser les services de réseau de la même manière qu’ils utilisent le téléphone. Que le service public d’éducation a désormais un concurrent redoutable : Internet. Que c’est la Toile qui éduquera et contrôlera sans punir, qui aidera chacun à son rythme, sans notes, qui s’affranchira des distances et du temps, permettant aussi bien l’enseignement à distance que l’éducation tout au long de la vie. Bref, que nous aurons là un mode d’enseignement associant les racines de notre culture quant aux contenus à la modernité quant aux méthodes. N’est-ce pas fantastique, l’enseignement sans contrainte ? Voilà en tout cas un exemple des convergences possibles entre ces idées néo-rousseauistes : l’utopie d’un enseignement sans contraintes (qui ne dit pas ce qu’il faut faire, mais ce qu’il faut éviter) rejoint l’utopie de l’enseignement à distance. Et c’est exactement l’utopie qu’essaient actuellement de concrétiser tous les industriels de la planète, pour pouvoir faire payer à leurs employés leur propre formation continue « du berceau au tombeau », comme ils le disent si joliment… Alors, ça, oui, c’est démocratique, M. Lefort, ce n’est pas assommant, c’est populaire, et c’est en anglais !

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27/12/2011

Mme Roullet, imaginons…

Réponse de Jean Romain à Madame Roullet:

Chère Madame,

 

Vous m’épinglez dans votre dernier blog sur mon propos au sujet du mercredi matin, paru sur le blog de M. Duval. Je me suis beaucoup amusé à vous lire parce, je dois l’admettre, il n’était pas aisé de voir courir le vent dans ce cas de figure. Ce papier intitulé « Bien sûr que non ! » a été écrit en fait pour le Nouvelliste du Rhône, et c’est dans ce quotidien qu’il est passé. M. Duval l’a mis sur son propre blog avec mon approbation.

 

Mais… imaginons ensemble, voulez-vous :

-         Imaginons que les enseignants primaires du Valais aient obtenu, après âpre négociation, une diminution de leurs heures d’enseignement hebdomadaire.

-         Imaginons que le Département de l’instruction publique du Valais se trouve ennuyé pour deux raisons : d’une part, à cause d’une organisation plus complexe du primaire dès lors qu’on conserve les heures-élèves telles qu’elles étaient avant la négociation, complexité due à la structure même du primaire organisé essentiellement autour d’un seul titulaire (dont la présence en classe diminue dorénavant) ; et d’autre part, pour des raisons financières évidentes si les heures-élèves ne suivent pas la même courbe que les heures-enseignants.

-         Imaginons que le Valais lance un ballon d’essai afin de tester les réactions suscitées par une éventuelle diminution des heures-élèves, et s’en va répandre la nouvelle qu’une réflexion interne est en cours à ce propos.

-         Imaginons même qu’un haut fonctionnaire dudit Département en parle à des personnes bien placées, à des décideurs locaux, en leur faisant comprendre que rien n’est encore fait mais qu’on se tâte.

-         Imaginons que des articles de journaux de votre serviteur (celui paru sur le blog de M.  Duval) et d’autres, fassent monter la pression et réagir le Département concerné.

-         Imaginons que ces réactions dans la presse locale soient relayées par des blogs bien choisis et par des politiques sensibles à l’opinion publique.

-         Imaginons que le ballon lancé par le Département soit secoué par ces vents et commence à se dégonfler.

-         Imaginons– mais c’est de la pure fiction, vous l’imaginez bien – que ce projet mort-né soit tenu pour un projet maladroit par ceux mêmes qui l’avaient testé.

-         Et imaginons enfin que l’égérie du statu quo au primaire de Genève se laisse prendre au point de relayer dans son propre blog le thème de la dotation horaire au Primaire.

 

Pensez-vous, chère Madame, étant donné le but visé, qu’il soit possible de faire beaucoup mieux ?

Mais tout cela n’est que de la pure spéculation, évidemment.

 

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21/12/2011

Ecole, l’avis d’un conseiller national valaisan

Après celui de Jean Romain, voici le point de vue de Monsieur Oskar Freysinger.

 

Un cas d’école

 

À chaque fois que sont publiés les résultats de l’étude PISA, les élèves valaisans sont dans le peloton de tête ou carrément premiers. Cela pousse à se demander ce que le Valais fait mieux que les autres cantons romands en matière scolaire. D’abord, il est vrai que le canton du Valais, de par sa structure géographique et sociale, est moins concerné par la dissolution du tissu familial et social que ses voisins. Ensuite, l’homogénéité des élèves étant plus grande dans les classes, cela permet de progresser plus vite dans l’acquisition des techniques et du savoir. Mais surtout, en refusant E 2000, le canton a su éviter dans les années nonanted’emprunter la voie dévastatrice des réformes scolaires qui, par phobie égalisatrice, ne font qui niveler par le bas. La sélectivité du système basée sur l’excellence a pu être maintenue et le maître d’école n’a pas été dégradé au simple rôle de coach confortant ses élèves, placés au centre du néant, dans leur conviction d’être tous des Mozart dispensés de faire leurs gammes.

Or, parlons-en de ces gammes. Ce qui est vrai pour la musique et le sport l’est aussi pour l’école : celui qui travaille mieux et plus que les autres aura plus de chances de succès.

L’école valaisanne, en continuant à privilégier l’acquisition d’un savoir général et pyramidal construit depuis la base, fait mieux que les cantons qui ont opté pour la simple transmission d’îlots de compétences isolés. Mais surtout, notre canton a le courage d’exiger plus d’efforts que les autres. Ainsi, durant sa scolarité obligatoire, un élève valaisan « pratique ses gammes » environmille heures de plus que ses petits camarades genevois. C’est un avantage indéniable, car dans tout apprentissage, il y a une corrélation évidente entre le temps passé à s’exercer et le résultat.

Cela devrait faire réfléchir Claude Roch qui, pour des raisons d’économie, a déclaré récemment vouloir diminuer les heures de présence à l’école primaire. Cette économie n’en est pas une, car des élèves moins compétents coûteront plus cher par la suite. Les Genevois s’en sont aperçus puisqu’ils vont à nouveau augmenter leur dotation horaire.

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19/12/2011

Instaurer le débat

C’est en mars 2012 que les citoyens genevois se prononceront sur l’horaire scolaire des écoliers.

Ils devront voter pour introduire ou non le mercredi matin d’école.

Il serait intéressant qu’un vrai débat s’instaure et que chacun puisse exprimer son point de vue, je propose donc de publier ici les textes qui me seront proposés.

Il suffit pour cela de me les envoyer sur mon adresse e-mail

duval.andre@infomaniak.ch.

Les pseudonymes sont acceptés, à condition bien sûr que l’identité de l’auteur me soit communiquée.

Voici donc, pour commencer, l’avis de Jean Romain.

 

Bien sûr que non !

Les résultats des tests Pisa sont têtus : ils placent le Valais en tête, et Genève à la queue des cantons francophones. Mais au-delà de ces tests, il est une réalité bien plus parlante : ce sont les élèves Valaisans qui recueillent les meilleures opinions aussi bien auprès des professeurs des hautes Ecoles que des patrons d’entreprises. Ce deuxième critère est le plus fiable parce qu’on peut toujours interpréter les résultats Pisa en fonction de divers paramètres et se contorsionner comme le département genevois de l’Instruction publique, les lèvres vitrifiées de lieux communs, pour montrer qu’à Pisa on était « très médiocres » et qu’en 9 ans, on a bondi à « médiocres ».

 

Soyons clair : c’est sur le Valais que les yeux genevois sont tournés et c’est sur lui que de plus en plus de voix prétendent se régler, à part bien sûr, les habituels pédagogos, les gardes rouges de la sous-culture de la Fapse (Faculté des « sciences » de l’éducation) qui persistent à dire qu’il n’y en a point comme les socio-constuctivistes locaux !

 

Mais Genève est en train de se battre pour que ses élèves du primaire retravaillent le mercredi matin : le Grand Conseil vient d’accepter une loi qui augmente les heures de fréquentation scolaire des 8-12 ans, cela coûtera 16 millions au canton ; un referendum a été lancé avec succès, et une votation aura lieu en mars 2012. Il faut savoir qu’en 1997, la magistrate libérale alors à la tête de l’Instruction publique avait, par voie réglementaire, supprimé le mercredi matin, confinant les élèves genevois à 4 jours d’école hebdomadaire. Les raisons ? Un mélange d’idéologie néo-libérale du style on peut faire mieux avec beaucoup moins (les résultats ont été probants !), la volonté de marquer son passage politique à l’exécutif local (c’est effectivement fort réussi, on ne l’oubliera pas !), et un besoin d’économiser les deniers publics. Ajoutez-y une bonne mesure de pédagogisme et le cocktail est détonnant ; nous en faisons les frais tous les jours. Il faut déployer maintenant un effort colossal pour revenir au bon sens, au statut quo ante, c’est-à-dire à suffisamment d’heures d’école, non seulement pour rattraper le retard mais encore pour y faire entrer les exigences du PER et ses copieuses innovations, dont l’introduction de l’anglais. Genève veut donc se redonner une chance. Je l’approuve.

 

Or le Valais songe à suivre la pente que nous tentons aujourd’hui de remonter à Genève. En Valais, on se tâte ; on consulte. J’avoue mon incompréhension et ma stupéfaction. Pourquoi changer une formule qui gagne ? Pour des raisons idéologiques, pour des raisons économiques ? Oui, les chiffres des budgets, tout comme les résultats Pisa, sont têtus ; mais il doit bien exister d’autres domaines où économiser un peu sans mettre en danger l’avenir d’une jeunesse qui devra se mesurer de plus en plus à un monde dont les lendemains risquent de déchanter.

 

Réduire la dotation horaire des élèves ? Bien sûr que non !

 

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15/12/2011

Elle est bien bonne !

-         Salut Cyprien, quoi de neuf par chez toi ?

-         Arrête une fois ! Le chef de l’école chez nous, le Claudio, y va pas bien sous le bonnet ! Tu sais pas quoi?

Y veut faire une loi pour que nos botschs y aillent moins à l’école ! Y sont trop bons à Pisa !

Comme ça…y s’ront contents à Gnêêêve, on s’met à leur niveau, on nivelle par le bas…tu vois comment !

Là-dessus, il me tend l’édito de Jean-François Fournier, paru ce week-end dans le Nouvelliste…

Ecole valaisanne, la loi de trop ?

Le département de Claude Roch consulte. Dans son viseur, la nouvelle loi sur l’école primaire. A première vue, rien de bien méchant. Mais en grattant un peu, on tombe sur une vraie bombe. Même si le projet n’est pas encore en rédaction, les milieux concernés suggèrent en effet d’ores et déjà qu’on allège la grille horaire des écoliers valaisans. Si cette future législation allait de l’avant dans cette direction-là, il s’agirait ni plus ni moins du plus bel auto-goal jamais inscrit par l’instruction publique valaisanne.

Car si nos élèves font la course en tête au niveau suisse, si nos maturistes sont brillants, et plus encore nos universitaires, bref, si les élites du Valais ont aujourd’hui le poids qu’elles ont, dans et hors du canton, c’est bel et bien parce que notre école leur apprend à travailler davantage et mieux, et que ce bonus se répercute ensuite tout au long de leur carrière. Avec les bénéfices sociaux et économiques y relatifs.

Diminuer les grilles horaires – Genève vient de s’en rendre compte, qui prend le chemin inverse – c’est inévitablement diminuer le niveau des savoirs et l’avantage dont disposent aujourd’hui les jeunes Valaisans à l’entame de leur cursus professionnel. Qu’importe que nos profs travaillent un an de plus tous les neuf ans ou que les écoliers effectuent une année de plus au primaire ! Aucune mesure budgétaire d’économie ne justifie qu’on sacrifie la qualité de l’école valaisanne.

Il faut donc tuer dans l’œuf, et vite, toute velléité de « romandiser », donc d’affaiblir, une école cantonale qui est meilleure que celle de nos voisins.

Quand on gagne en matière de formation, quand on a l’avantage, on ne se couche pas, Monsieur le conseiller d’Etat ! On garde le cap et on fait des économies ailleurs !

 

Aussitôt je lui réponds :

-         Eh, Cyprien…Voilà que le Valais commence à découvrir Harmos…. ?!

On s’est descendu un demi et en me quittant il m’a lancé un « Tchô, bonne » !

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09/12/2011

Une seule et unique solution

Les enseignants, la direction de l’enseignement primaire, tout le monde s’accorde pour dire que les moyens manquent cruellement pour mettre en place des mesures d’accompagnement efficaces pour les élèves promus par dérogation ou tolérance.

Bien qu’obligatoires et inscrites dans la loi, aujourd’hui, malheureusement, elles sont réduites à du bricolage, un emplâtre sur une jambe de bois.

Alors, quelle solution pour respecter la loi et avoir une chance de réussite pour remédier à cette situation catastrophique ?

Une seule solution…en définitive pas si difficile à mettre en place.

Pour « sauver » ces élèves, il faut instaurer des cours d’appui hors temps scolaire.

Ceux-ci doivent être pris en charge par des ECSP (enseignants chargés du soutien pédagogique) ce qui est déjà partiellement le cas, mais à des conditions inefficaces et inacceptables.

C’est pourquoi

-         les ECSP doivent accepter que leur horaire de travail est flexible et qu’il n’est pas forcément lié à celui de l’horaire scolaire…eh oui, travailler après 16 heures.

-         augmenter le nombre de ces ECSP en conséquence et en fonction du budget alloué au DIP

Mais cela ne suffira pas !

Pourquoi alors ne pas mettre à contribution les étudiants de l’IUFM (institut universitaire de formation des maîtres) qui se destinent à la profession d’enseignants.

Une solution qui ne coûte rien puisqu’elle ferait partie intégrante de leur formation.

En effet, celle-ci manque cruellement de pratique du terrain….alors plutôt que de trop nombreux stages d’observation d’une utilité douteuse, voilà une occasion rêvée de mettre la main à la pâte, avec de « vrais » élèves…ils pourront ainsi se faire une idée plus réaliste du métier et s’habituer à ce qui les attend.

Ils sont plusieurs centaines qui seraient certainement enchantés de cette aubaine.

J’entends déjà les objections et les cris d’horreur soulevés par certains, je me réjouis déjà d’y répondre !

 

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06/12/2011

A chacun sa lecture

Les résultats cantonaux au test PISA 2009 sont enfin connus !

Un rapport de plus de 150 pages….

Et à chacun d’y aller de son analyse, de sa vision de la chose…

A commencer par la Tribune de Genève qui n’hésite pas à titrer que « Genève réussit son grand bond en avant en lecture »…et que « les ados genevois cèdent le bonnet d’âne »…il est vrai que dorénavant, Genève n’est plus la dernière de classe mais l’avant-dernière….merci Berne.

Suivi par le Président du DIP qui précise immédiatement, fort à propos, qu’il faut « se garder de tout triomphalisme »…

Il sait, lui, que ces résultats sont à prendre avec des pincettes et que leur interprétation est multiple.

Il est conscient des résultats plus que médiocres que Genève obtient en mathématiques et en sciences. N’est-elle pas largement classée en dessous de la moyenne suisse et même internationale ?

C’est donc très judicieusement qu’il annonce que « nous ne pouvons pas nous permettre l’autosatisfaction. Le chemin est encore long. Nous pouvons faire mieux en aidant davantage les élèves en difficulté »…

(Hum….au primaire, on attend toujours ces fameuses mesures d’accompagnement).

N’oublions pas que Monsieur Beer est un habile politicien et non un pédagogue. Ceci explique pourquoi il attribue ce soi-disant succès en lecture à différents éléments : les efforts fournis par les enseignants, l’harmonisation scolaire, les réseaux d’enseignement prioritaires et….oh surprise, au retour des notes à l’école primaire !

Une belle occasion de rappeler son parcours politique…Mais n’y voyez là aucune autosatisfaction et surtout pas de poudre aux yeux!

Dans la lancée, il en profite bien évidemment pour faire « sa » petite « pub » au mercredi d’école….la votation est toute proche !

 Ne manque plus que la SPG qui, beaucoup moins futée que Monsieur Beer, se montre incapable de discernement.

Elle ne voit que les gros titres de la TdG  et en « oublie » les résultats catastrophiques en math et en sciences des écoliers genevois. Elle croit l’occasion bonne et fonce tête baissée pour vanter les mérites de feu la Rénovation de l’enseignement primaire, celle-là même que le peuple, en 2006, a refusée à plus de 75%.

Chacun donc y va de son interprétation, permettez-moi donc de donner la mienne sous forme de quelques considérations au sujet des résultats PISA 2009.

OK, Genève a sensiblement amélioré ses résultats en lecture mais :

1.     Elle a gagné 15 petits points entre 2006 (486 points) et 2009 (501 points) mais, contrairement à ce qui est annoncé, par rapport à tous les cantons ayant sensiblement progressé, elle reste en dessous de la moyenne suisse (502 points) et ne comble pratiquement pas son retard par rapport au Valais (522 points)

 

2.     Elle reste en queue de peloton, avant-dernière.

 

3.     Genève a « progressé » ? Rien d’étonnant….puisque c’est le canton qui a, de loin, la plus grande marge de progression.

Celui qui court le 100 mètres en 25 secondes a une marge de progression énorme, bien plus grande que celui qui le court en 10 secondes !

 

4.     En ce qui concerne les mathématiques, alors que tous les autres cantons ont progressé, Genève, elle, a régressé par rapport à 2006…elle est largement en-dessous de la moyenne suisse (mathématiques, 512 pts pour une moyenne suisse de 536 pts, sciences 490 pts pour une moyenne de 517 pts)

 

Il est par ailleurs fort regrettable que, en ce qui concerne le français, PISA ne teste pas les compétences des élèves en grammaire, en orthographe et en conjugaison.

Parce que si c’était le cas, je vous garantis une belle « cacade » !

 

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