13/02/2012

Faut-il creuser le fossé?

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La campagne de votation sur le mercredi matin d'école bat son plein.

Il est fort difficile d'y voir clair et de se faire un avis tant les arguments avancés d'un côté comme de l'autre ne sont pas toujours objectifs.

Ainsi, il est totalement erroné de croire que l'introduction du mercredi matin d'école va améliorer les résultats scolaires de nos élèves ou même lutter contre l'échec scolaire.

En effet, ce temps supplémentaire ne servira en rien à parfaire ce qui est fait actuellement dans les classes.

En aucune manière ce "rab" de temps ne permettra d'approfondir les différentes notions étudiées et donc à mieux les travailler.

Améliorer les résultats!? C'est tout le contraire qui risque fort de se produire!

S'il y a augmentation du temps d'enseignement, c'est pour

- introduire de la matière en plus, à savoir de l'anglais

- répondre aux exigences soi-disant plus élevées du PER (plan d'études romand)

Dès lors, on augmente la quantité de notions à acquérir, on rend l'apprentissage encore plus difficile et, le plus logiquement du monde, on va donc accentuer les échecs.

Le fossé entre les bons et les moins bons élèves va encore se creuser, c'est une évidence dont il faut être bien conscient.

A partir de là, le 11 mars, chacun votera en son âme et conscience.

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Commentaires

Bonjour,

Vous dites que le mercredi matin c'est pour mettre de la matière en plus et pour le PER. Il me semble que vous oubliez de dire que le PER devra être appliqué de toute façon (accord signé et ratifié), et que l'anglais devra de toute façon être introduit avec ou sans le mercredi matin.
Alors un non au mercredi matin ne fera qu'augmenter la charge de travail dans les heures existantes, ou alors certaines matières devront être réduites ou supprimées.
Pour le bien des enfants, le mercredi matin est donc une nécessité.

Écrit par : Mercredi Matin | 13/02/2012

Non, je dis simplement qu'il est faux de prétendre ou de croire que cette augmentation de temps va améliorer les résultats et lutter contre l'échec. Au contraire, il y aura PLUS d'échec, logique.
La question que vous posez est tout à fait légitime, mais ce n'est pas l'objet de ce billet, sujet que j'ai néanmoins traité dans des billets précédents.

Écrit par : Duval | 13/02/2012

Merci de votre réponse.

Néanmoins, je ne comprends pas en quoi plus d'école augmentera l'échec. Cela permettra plus de temps pour l'enseignement, au contraire de la situation où on ne ferait qu'augmenter les exigences (suivant la réforme du PER) sans augmenter les heures.
Donc, le mercredi matin n'est pas une réforme qui réglera tout mais elle est nécessaire à une école de qualité.

Écrit par : Mercredi Matin | 14/02/2012

@Mercredi Matin
Imaginons une caisse remplie de matériel pesant 20 kilos qu'il faut transporter.
Il y a un certain nombre de personnes qui n'arriveront pas à la soulever.
On ajoute du matériel et la caisse pèse alors 30 kilos. Il faut bien sûr utiliser une caisse plus grande.
Mais il y aura encore plus de personnes qui ne parviendront pas à la soulever.

Écrit par : Duval | 14/02/2012

Quand la barque est trope pleine, elle finit par couler! Notre époque est immature! Elle est incapable de faire des choix. Choisir, c'est être capable de renoncer! Aujourd'hui, on veut tout, tout de suite, sans concession et sans penser aux conséquences.
Notre époque privilégie les langues. C'est bien! Il faut donc, à Genève, revoir les programmes scolaires. Nous sommes surdotés (par rapport aux autres cantons) de certaines branches (géographie et histoire) qu'il faudrait diminuer afin de faire place à 2 périodes hebdomadaires en 7e et 8e primaire pour y introduire l'anglais. Les autres cantons parviendront à introduire l'anglais sans augmenter leur horaire scolaire. Pourquoi Genève, qui a un horaire comparable en nombre d'heures aux autres cantons, n'y parviendrait-elle pas?

Écrit par : Michèle Roullet | 14/02/2012

Genève a moins d'heures que les autres cantons.
Mme Roullet ment !

Écrit par : Pipe | 15/02/2012

Comme les commentaires pour la question des périodes d'enseignement sont fermés, je me permets d'apporter une précision suite à un article paru dans le Courrier d'Alexandre Jaunin su SRED, version papier, du 21 février (mardi).
Il y a bien eu baisse du nombre d'heures (d'une heure 45 minutes) à l'école genevoise après la suppression du samedi matin. La raison pour laquelle elle n'apparaissait pas sur une première étude est qu'on comptabilisait... les temps morts!!
Ainsi, les arguments pour le OUI au mercredi matin se basent sur des chiffres corrects, je crois que cela méritait une précision.

Écrit par : Mercredi Matin | 22/02/2012

Le débat actuel sur l'introduction du mercredi matin prend une allure très simpliste. Si on lit la presse, tout le monde se soucie de la qualité de l'enseignement des élèves du primaire sauf les enseignants car eux ne s'intéressent qu'à leur mercredi de congé. Les politiciens savent donc exactement quelles mesures mettre en place pour améliorer le niveau des élèves tandis que les professionnels disent n’importe quoi pour préserver un jour de congé. Comprendre pourquoi les élèves d’un canton obtiennent de meilleurs résultats qu’un autre canton demande une analyse approfondie de nombreux facteurs tant socio-économique, que cognitif, motivationnel, personnel ou pédagogique. Un nombre colossal d'études explique très bien cela. On peut bien évidemment prétendre que tous les chercheurs sont des imbéciles et des manipulateurs mais cela serait encore une fois un peu simpliste. Oui il faut du temps pour apprendre. Mais ce temps vous avez choisi de le supprimer en réintroduisant les moyennes trimestrielles. Actuellement, il faut enseigner suffisamment de notions pour faire 3 évaluations. Si la notion n’est pas comprise par un enfant, il faut quand même faire l’évaluation pour avoir les moyennes et les élèves en difficulté ne peuvent pas progresser parce que le temps dont ils ont besoin pour assimiler une notion leur fait défaut. Et non le nombre d’heures d’enseignement. Les enseignants ne sont pas d’accord avec cette initiative parce qu’elle ne résout en rien les problèmes liés à l’échec scolaire. En stigmatisant les enseignants et en simplifiant le débat on ne peut pas être objectif sur cette question. Votez oui par mépris des enseignants ou parce qu’une demi-journée de garde pour vos enfants vous arrange, personne ne peut vous empêcher de le faire. Mais ces raisons n’ont rien à voir avec un quelconque débat sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement à Genève. Cela doit être évoqué clairement sans être camouflé sous des pseudos raisons pédagogiques comme « quantité égale qualité ».

Écrit par : Hoffmann Didier | 22/02/2012

Les commentaires sont fermés.