20/02/2012

L'aveu...nous y voilà!

l-aveu.jpg

Il y a bien longtemps que je dénonce la formation genevoise des futurs instituteurs.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs

Une formation qui laisse très peu de place à la pratique pourtant essentielle pour qui veut enseigner au primaire.

Aujourd'hui, j'ai malheureusement la confirmation de ce que j'avance.

Cette fois, la critique vient de l'intérieur puisque c'est un étudiant de 3ème année du dit institut qui, peut-être malgré lui, dresse le constat lamentable de l'IUFE genevois.

Un article de la TdG du 13 février intitulé "Les futurs enseignants se prennent en main" nous informe que cet étudiant a monté un projet pour ajouter un outil pratique à sa formation universitaire. Il s'agit d'une série de tables rondes qui ont pour but de rencontrer des enseignants du primaire afin de partager avec les étudiants leurs expériences, leurs difficultés, leurs conseils.

Une initiative pleine de bon sens, fort louable, mais qui dénonce néanmoins tragiquement l'échec de cet institut de formation tant glorifié par Monsieur Beer!

L'aveu d'un échec annoncé...pourtant cautionné par la majorité des députés du Grand Conseil.

Dans son interview, cet étudiant ne déclare-t-il pas:

"Pendant la formation, nous avons peu de temps pour pouvoir vraiment discuter avec des professionnels du terrain et leur poser des questions."

Il ajoute que tout est parti d'un constat...

"Les enseignants se plaignent parfois que notre formation est trop écartée du terrain."

Les étudiants, malgré plusieurs stages effectués tout au long de leur cursus, déplorent que:

"La formation universitaire ne soit pas assez professionnalisante."

Le constat dressé par "notre" étudiant est édifiant:

Le peu de temps passé sur le terrain est essentiellement axé sur des problématiques précises et ne permet pas d'aborder des thèmes spécifiques qui représentent le b.a.-ba du métier d'enseignant.

Après tant de longues années de formation! Un comble tout de même!

Genève l'arrogante se targue d'un Institut universitaire unique en son genre et prétend être, dans ce domaine, à la pointe du progrès...mais, dans tous les autres cantons romands, on a compris et opté pour des HEP au cursus plus court mais adaptées à la formation des futurs enseignants.

Les tables rondes se succéderont à raison d'un mercredi par mois, de 18h30 à 20h30, la première rencontre aura lieu le mercredi 22 février à Uni Mail, sur le thème de la gestion de l'autorité à l'école.

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Commentaires

"Cet IUFE est lamentablement un échec. Il faut le fermer et songer à quelque chose de plus léger, de moins long, et de plus proche du travail réel. Laissons les socioconstructivistes à leur dérive sectaire, et hissons Genève vers une école qui puisse enfin faire face aux défis actuels."

Écrit par : Jean Romain | 20/02/2012

"Ce n'est pas en allongeant le temps des études que l'on va résoudre les problèmes de didactique et de pédagogie fondamentale. En effet, les HEP romandes forment en 3 ans des enseignants du primaire alors qu'il en faut 4 à Genève pour leur délivrer le même brevet d'aptitude à l'enseignement (bachelor). Les genevois seraient-ils plus à ce point plus lents à endoctriner ?"

Écrit par : JF Girardet | 20/02/2012

4 ans à Genève (si tout va bien, si l'étudiant est d'accord de passer sous les humiliantes fourches caudines des pédagogos).

3 ans dans les cantons qui ont mis en place une HEP.

Écrit par : Jean Romain | 20/02/2012

les étudiants de l'IUFE, qui sont moins naïfs que ne le croient leurs formateurs, se sont mis depuis quelques années à nommer ces derniers par le diminutif de "socio-cons"...j'aime bien cette joyeuse formule peu ambivalente; elle a le mérite d'être explicite et surtout très lucide

la passivité des étudiants de l'IUFE n'est que de l'opportunisme forcé, qui suit le modèle de bachotage "intellectuel" qui leur est demandé, au lieu d'une vraie reflexion de niveau universitaire (FAPSE cannal LME même combat)

les plus brillants et les plus malins (ce ne sont pas forcément les mêmes) mettent un masque de circonstance devant leurs mentors (inquisiteurs de l'orthodoxie pédagogiste serait plus juste: genre o'brien dans 1984 d'orwell), qu'ils abandonnent très vite une fois leur certificat obtenu-heureusement

Écrit par : job | 20/02/2012

En plus, les étudiants admis à l'IUFE pour la formation du primaire sont choisis sur "dossier" et les critères d'admission ne sont pas communiqués ni d'ailleurs clairement établis ! Cela ne m'étonnerait pas qu'on choisisse les candidats "à la tête du client", d'abord ceux à qui on fera le plus facilement subir un lavage de cerveau ! C'est Genève !

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 20/02/2012

Une chose je comprend pas, pourquoi vous voulez que les études des profs soie plus courtes une année en moins mais mieux adapté, et en meme temps vous voulez que les études des élèves soie plus longues le mercredi en plus.
Pourquoi vous voulez pas que les études des élèves soie aussi plus courtes mais mieux adaptées aussi?

Écrit par : julien | 20/02/2012

Bonjour,

J'aimerais commencer par remercier Mr. Duval pour ses compliments concernant l'initiative de ce projet et de l'intérêt qu'il porte à ce dernier. Je suis ravis de voir que ce projet fasse l'objet de vives discussions avant même son lancement. Cela souligne l'importance de se pencher concrètement sur l'avenir de l'éducation et de l'enseignement dans sa globalité.

Toutefois, je trouve fort regrettable de voir à quel point mes propos et le projet, dont je suis le fondateur, peuvent être détournés et instrumentalisés à des fins politiques et être associés à des intentions auxquelles je n'adhère pas nécessairement. Vous l'auriez peut-être compris si vous vous étiez intéressé plus en profondeur au but du projet plutôt qu'à des constats et observations synthétisés en quelques lignes et qui ne sont que des bribes d'entretien décontextualisées.

Ce projet, voyez-vous, vise justement à renforcer une collaboration existante entre les différents acteurs de l'enseignement primaire et non à être instrumentalisé pour créer des dissensions entre les acteurs du lieu de formation des étudiants (Université) et ceux du terrain (Stage). Cette initiative souligne l'importance de l'existence l'ADEFEP (notre association d'étudiants) qui, grâce à une collaboration et une communication avec différents enseignants de la faculté, parvient à améliorer ce qui peut l'être dans la formation via un rapport de confiance établit depuis quelques années maintenant. C'est aux étudiants et futurs enseignants qu'il appartient de se prendre en main et de se mobiliser pour préserver ce lien, cette relation bénéfique et constructive pour la formation. C'est ce lien qui permet, aux différents coordinateurs de modules et aux différents comités auxquels l'association est invitée à participer,de tenir compte du point de vue des étudiants.
Aujourd'hui,plus que jamais, les acteurs de l'éducation ont besoins de soutien et d'union et non de séparation face à une société qui en attend toujours plus de leur part. J'encourage donc ces acteurs à collaborer et se soutenir mutuellement dans une société qui a besoin de plus en plus de retrouver ces valeurs qui semblent se perdre et laisser actuellement place à l'individualité et l'égoïsme.

Je profiterai de la première soirée pour nuancer le terme de "manques" évoqué afin d'écarter toutes références à l'excellent travail qui est effectué par le personnel de la Faculté en amont et qui est le fruit de nombreux efforts dont nous, étudiants, sommes pour la plupart conscients.

L'intention de ce projet est simplement de consacrer un temps supplémentaire à la réflexion sur les thématiques proposées qui font partie du quotidien du métier d'enseignant (son b-a ba) et ceci à travers un partage d'expériences de terrain et d'outils (apports pratiques auxquels j'ai fais allusions) dont les intervenants nous feront généreusement don.

Ce qui m'amène enfin à vous informer au sujet du rendez-vous du 22 février, rendez-vous qui est annulé pour des raisons organisationnelles. La première soirée est donc fixée pour le mercredi 21 mars 2012 et portera sur la thématique de la gestion de la différence à l'école (niveaux des élèves/intégration/cultures,etc.). Nous gardons néanmoins la thématique de la gestion de l'autorité dans notre liste afin de l'aborder ultérieurement.


En vous remerciant pour votre attention et en espérant avoir pu éclairer au mieux les zones d'ombre et de doutes planants sur les intentions réelles de ce projet, je vous souhaite une bonne journée.

Écrit par : Vradis Christopher | 21/02/2012

Même Julien, qui n'est pas très éclairé pourtant, devrait finir par comprendre la différence entre un enseignement primaire et obligatoire pour tous et une formation professionnelle...

Écrit par : pipe | 21/02/2012

@Vradis Christopher

Cher Monsieur,
Je comprends bien tout le souci exprimé dans votre commentaire. J'adhère à vos souhaits, mais ne vous rendez-vous pas compte que les propos que vous avez tenus via la TdG démontrent cruellement qu'il y a un sacré "hic" dans cette formation?! Car enfin, si votre projet est nécessaire, c'est bien qu'il y a un manque important à combler dans la formation!
Si en sortant du restaurant vous vous précipitez dans le premier Mac Do pour y engloutir un Big Mac, c'est bien que vous n'avez pas eu assez à manger dans le restaurant dont vous sortez.
Permettez-moi encore de m'étonner lorsque vous attribuez des "fins politiques" à mon billet?! Sincèrement, je ne vois pas ce qui vous le permet.

Écrit par : Duval | 21/02/2012

@ Marion Garcia-Bedetti

Il est vrai que les conditions d'admission reste quelque peu floues et qu'il serait possible de penser que l'admission puisse se faire à la "tête du client" , comme vous le dites...
Cependant, je pense que vous faites fausse route en afirmant que les etudiants qui sont choisis par les formateurs universitaire sont ceux qui sont les plus "manipulables"...
En effet, venez donc vivre quelques semaines avec les étudiants de notre volée et vous réaliserez par vous-mêmes que nous sommes des personnes à part entière et très peu formatable! Chacunes de nous a ses propres opinions concernant l'enseignement et c'est d'ailleurs ce qui fait la richesse et la beauté de ce métier...

Écrit par : Stephanie | 22/02/2012

Que des étudiants se prennent en main pour organiser des ateliers qui complètent leur formation est plutôt une bonne chose et cette initiative démontre leur volonté et leur engagement dans leur formation professionnelle, sans attendre d'elle qu'elle leur donne absolument toutes les clés de leur métier. Créer un espace de rencontre et de dialogues avec des enseignants expérimentés relève également d'un besoin d'échanges autour d'un métier qui est humainement très exigeant.
Cependant, qu'on transforme cette initiative en "eau" pour alimenter le moulin anti-IUFE me semble un peu exagéré...
En effet, quel étudiant de n'importe quelle branche ou quel apprenti fraîchement sorti de l'Université ou d'une autre école est-il réellement parfaitement préparé à la vie professionnelle ? Qui n'a pas rencontré au début de sa carrière ou même plus tard, lors d'un changement d'employeur, des moments d'adaptation, d'apprentissages, que nulle formation ne pourrait apporter puisqu'il s'agit d'acquisition de savoir-faire que seule l'expérience peut apporter ?
Cette polémique n'est-elle pas aussi représentative de notre société qui demande de plus en plus de solutions toutes faites et de prêt-à-penser ? Peut-on vraiment fonctionner avec des solutions toutes faites quand on est face à des êtres en devenir, chacun porteur d'une histoire personnelle et familiale, chacun avec ses difficultés face aux apprentissages, face aux relations entre pairs ?
Peut-être serait-il plus intéressant de se demander si l'école prépare bien les enfants à vivre en société, à collaborer, à échanger, à réfléchir par eux-mêmes, à être créatifs, à s'exprimer librement ? Les enseignants se sont-ils aussi posé ces questions pour eux-mêmes (se connaissent-ils bien eux-mêmes, se questionnent-ils sur les savoirs qu'ils sont censés enseigner, quelles valeurs veulent-ils transmettre à leurs élèves, etc.) ? Et enfin, l'école se donne-t-elle vraiment les moyens de former et accompagner des êtres en devenir, au-delà entre autres débats, des questions de notes qui ne font que renforcer l'idée d'une norme sociale et effacer toute différence individuelle ?

Écrit par : myosotis | 23/02/2012

quand je lis autant d'inepties à la suite, de charabia bien-pensant et autres lieux communs de la banale pensée moyenne médiocre contemporaine (tant de "belles" phrases idéologique qui n'ont aucune valeur ni scientifique ni empirique), je me dis une chose horrible: il faudrait tester un peu les convictions intimes des candidats à l'enseignement...

je sais que c'est choquant d'imaginer ça (risque bien trop élevé de dérive totalitaire, mais puisqu'on y est déjà dans le sens inverse de toute façon...), mais à force de rencontrer tous ces gens qui sont tellement éloignés de la réalité du terrain, qui ont connu un vécu professionnel quasiment nul (à part l'école et les études), et qui en plus se croient brillants sur le plan intellectuel (car soir-disant plus critique avec le monde qui les entoure), je me fais beaucoup de soucis.

ces gens-là n'ont strictement rien à transmettre aux générations futures à part la vacuité (pseudo-)gauchisante de leurs illusions déjà désuètes, de leurs lubies pédagogiques, de leur romantisme à-côté-de-le-plaque en matière d'éducation et autres profondes utopies politiques.

ces gens-là ne se préoccuperont en vrai pas une seule seocnde de l'avenir de leurs élèves, ils consacreront toute leur énergie à la survie de leur idéologie craquelante de toutes parts devant les méfaits du principe de réalié qui menace tant les bases de leur vision du monde. leur crispation mentale va même se montrer à terme contre-productive et nuisible au développement de leurs élèves.

ils retarederont leur maturité, in fine: on en est exctement là avec les formateurs de l'iufe, les plus caricaturaux dans le genre, de toute la profession et du milieu pédagogo qui gravite autour. triste mais hélas pas que perspective!

Écrit par : job | 23/02/2012

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