25/02/2012

Du rififi au Grand Conseil

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Récit du témoin de la scène, le député Jean Romain...

Dallas sur Léman

Jean Romain, écrivain, philosophe, député

Le débat en est arrivé à un niveau tellement bas au Grand Conseil de Genève que plusieurs députés se demandent ce qu’ils font dans cet hémicycle.

Vendredi soir, après plus d’une heure de bataille rangée qui s’apparentait à de la guérilla parlementaire au sujet du CEVA, le président du MCG qui avait traité Genève de République bananière et qui avait accusé certains députés de corruption, puis qui s’était vu personnellement remettre en cause par un député PLR, s’est levé, hors de lui, et lui a lancé un verre d’eau à la tête. S’en est suivi une scène passablement ubuesque confuse où tout le monde, debout au milieu de l’arène, s’est retrouvé à deux doigts d’en venir aux mains.

Dans une ambiance surchauffée et piteuse, après une longue interruption de séance décidée par un président débordé, le vote sans surprise a clos ce qu’on ne peut pas appeler des débats.

Le fait de faire prévaloir dans ce Parlement l’émotion sur la compréhension, la morale sur l’analyse et la vibration sur l’argumentation, le fait que ces débats soient filmés, le fait de décréter sans cesse ce qui est discutable et ce qui ne l’est pas, métamorphose les séances en une succession d’épisodes de Dallas sur Léman !

Dans cette affaire, le MCG, du moins son président, a été trop loin. Il se bat, il est en désaccord, il hurle, il vocifère, il gesticule, il donne l’impression de jouer sur tous les tableaux, mais c’est toujours le même tableau, un tableau de chasse, et c’est son droit. Car il a adopté cette posture et n’entend pas en changer. Les mots sont faits pour transformer la violence en piques qu’on lance parfois à la figure de son adversaire pour le toucher ; lorsqu’on lui lance un verre d’eau, cet adversaire devient un ennemi, et le débat parlementaire en changeant de degré change de nature. La vulgarité s’invite, puis domine.

Or il est, à l’évidence, un parti qui a intérêt à que ce débat change de nature, et qui fait tout pour cela, c’est le MCG. Depuis sa création, ce parti fonde sa légitimité sur le malaise politique et social : plus Genève ira mal, plus il aimantera sur lui les voix des mécontents. Et à Genève, il y en a des mécontents avec les boulettes à répétition d’un gouvernement qui aligne les méprises, les maladresses, les mauvaises décisions, les erreurs de jugement ; avec une Genève où monte l’insécurité, une circulation catastrophique, une crise aiguë du logement, des frontaliers qui hérissent bien des gens, des agressions de rues qui se multiplient, une école impuissante à instruire, les braves gens de chez nous se demandent pourquoi nous sombrons dans ce redevenir animal. C’est dans ce contexte tendu que tout le monde connaît, que le MCG joue son rôle de catalyseur : il transforme le râleur ordinaire en indigné systématique. Quitte, pour y parvenir, à tout faire pour que Genève aille plus mal encore. Résultat ? Les urnes de l’année prochaine que le président du MCG escompte remplir en sa faveur. Son travail de fourmi n’a qu’un but : engranger des voix. Mais là il est allé trop loin !

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Commentaires

Bonjour,

BRAVO pour ce très bon blog qui analyse très bien ce qui s'est passé.

Mais quelle piètre image a été donnée hier soir aux télespectateurs de LEMAN BLEU dont j'étais !!! Aussi bien pour moi en tant que personne politique que pour citoyenne, ce triste spectacle donnait la nausée !!!

Combien de personnes dans le monde luttent pour la démocratie, au travers de révolutions, et voir ce que l'on fait de notre propre démocratie. J'ai cru que la politique, était un art noble au sens du terme, le combat pour des idées et non pour des personnes. Le pouvoir rend malade ceux qui le cherchent à tout prix et par tous les moyens et surtout ceux qui s'y accrochent alors même qu'ils n'ont plus de crédibilité.

A voir aussi mon blog sur le même thème avec une autre analyse, moins factuelle, cette dernière : GRAND CONSEIL : la séance de la honte.

Cordialement,

Béatrice FUCHS

Écrit par : beatrice fuchs | 25/02/2012

Une politique spectacle que vous dénoncez avec justesse. Bravo!
Juste dommage que vous vous laissez aller à dénigrer l'école genevoise (il y a déjà quelqu'un qui le fait constamment!).
Sur quoi vous basez-vous pour émettre ces jugements? Les résultats de PISA (on en a pas d'autres) montrent que Genève a les mêmes résultats que la moyenne suisse. Et, lorsque l'on sait que les élèves suisses atteignent des résultats dans les trois domaines de compétences nettement au-dessus de la moyenne de l'OCDE, on n'a pas à rougir de notre école. Pour l'avenir, je ne sais pas avec les réformes stupides introduites ces dernières années...

Écrit par : Michèle Roullet | 25/02/2012

Bien des gens en hérissent des tas d'autres. Dommage que vous jugiez utile de stigmatiser une catégorie de population, même par "bien des gens" interposés, qui s'avère être la principale victime, souffre-douleur et bouc émissaire du MCG. Les juifs aussi, dans les années 30, en Allemagne, hérissaient bien des gens. Sans vouloir comparer, il me semble que l'ennemi à combattre, alors, était Hitler, plutôt que les gens qui hérissent...
Si des DRH font des erreurs, sanctionnez les DRH, mais pas toute une population. Et là, on verra qu'à Genève dans certains jobs, les italiens n'embauchent que des Italiens (y compris dans certains secteurs de la fonction publique), que les kossovars en squattent d'autres, que les philippines font le ménage dans les entreprises, les boliviennes dans les familles, que la TSR regorge de valaisans et de fils ou filles à papa et à maman, que les flics sont souvent fribourgeois ou valaisans, etc, etc ... Cela s'appelle des réseaux.

Écrit par : Berthold Brecht | 25/02/2012

ce n'est pas l'avis d'un éminent confrère membre de l'Arle qui parle de douche froide salvatrice ou d'arroseur arrosé, Monsieur Girardet est aussi un grand partisan sauf erreur du retour des notes de comportement c'est vrai uniquement à l'école

Écrit par : briand | 25/02/2012

Madame Roullet,

Pourriez-vous, svp, préciser de qui vous parlez exactement lorsque vous écrivez:
"Juste dommage que vous vous laissez aller à dénigrer l'école genevoise (il y a déjà quelqu'un qui le fait constamment!)".
Donc...qui se laisse aller à.... et qui est cet autre quelqu'un?
Merci d'avance.

Écrit par : Duval | 25/02/2012

Demander à Mme Roullet de la transparence, c’est comme demander l’âge à une punaise de salon de thé, ce sera peine perdue, tant cette pédantesque dame aime à jouer l’intrigue. Elle ne daignera donc pas vous répondre.
Un petit coucou sur le blog de Madame Fuchs vous en dira plus sur Sa Suffisance dame Roullet :
http://damepolitiqueetlebiencommun.blog.tdg.ch/archive/2012/02/22/affaire-muller-pour-plus-de-transparence.html

Écrit par : Benoît Marquis | 25/02/2012

Quelle surprise! En revenant sur le blog de M. Duval, je découvre que je déchaîne les attaques virulentes d'un Monsieur Marquis. Pas très aristocrate le lascar!
Mais enfin tant que la violence du marquis reste verbale et qu'il ne m'envoie pas des verres d'eau à la figure, c'est supportable.
J'ai beaucoup de sympathie pour Madame Fuchs. C'est une personne courageuse avec laquelle j'ai des complicités. Cela ne signifie pas pour autant que nous devons nous rejoindre sur tous les sujets. Je reste allergique à cette obligation de transparence que prône de plus en plus notre société. Vie privée et publique doive avoir une frontière. Il est juste de demander des comptes à un homme politique sur sa gestion du bien public. Je reste beaucoup plus réservée sur les attaques faites sur la vie privée d'une personnalité publique (sauf si sa vie privée a des effets boomerang sur la vie publique) surtout lorsque ces attaques ne sont pas gratuites...
Quant à la question de M. Duval, elle me surprend! Mon ellipse me semblait si évidente à comprendre. Donc, je donne à M. Duval quelques indices supplémentaires.
Qui veut introduire des réformes à l'école publique genevoise par tous les moyens, même en faisant circuler dans la République des contrevérités? Allons, M. Duval, ne me faites pas croire que vous ne trouvez pas la réponse!!!

Écrit par : Michèle Roullet | 25/02/2012

Mais, Mme Roullet, ce sont DEUX personnes que vous mettez en cause! L'auteur du texte "Dallas sur Léman" si je comprends bien mais l'autre??? Celle qui dénigre constamment?
Ou alors votre phrase est ,mal formulée.
Et point de devinette svp

Écrit par : Duval | 25/02/2012

Finalement, dame Roullet sort du bois pour ellipser à nouveau, pour montrer sa « transparence ». Transparence ne transpirant que le rance.
Quant à l’eau, je me la garde pour troubler mon pastis… Duval.

Écrit par : Benoît Marquis | 25/02/2012

Sans devinette et obscurité, le monde serait tyrannique, ennuyeux et transparent! Non, je ne mettais pas en cause l'auteur du feuilleton de Dallas! Je n'avais d'ailleurs pas, dans ma première lecture (avec les différences des caractères) relevé que ce n'était pas vous M. Duval l'auteur de ce récit, mais Monsieur Romain.
Monsieur Romain ne veut pas réformer l'école, peut-être la REFAIRE... mais il ne fait pas circuler de contrevérités. Il est juste parfois instable dans ses pensées.
Par exemple: il a défendu une note de comportement qui ne compterait pas dans la moyenne en arguant que même une note qui ne compte pas dans la moyenne est une vraie note (cf. http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2011/01/21/fausse-note-a-l-ecole.html)
Pour le latin, Jean Romain voulait de vraies notes qui ne soient pas diluées dans une note de français. Là, la vraie note est celle qui s'inscrit dans une moyenne.
J'apprécie le Jean Romain qui défend le latin, moins l'autre!
Comme quoi personne n'est transparent!

Écrit par : Michèle Roullet | 26/02/2012

Ce qui m'ennuie Mme Roullet, c'est que vos réponses donnent en bonne partie raison à ce M. Marquis! Dommage.
Sinon, je constate
1. La lecture n'est pas votre fort.
2. Il semble bien que je sois mis en cause.
Ainsi, je serais celui qui dénigre constamment l'école....et bien je vous mets au défi de me dire sur quel sujet je n'ai pas raison! Les directeurs d'école? Les mesures d'appui? MMF?
Aurais-je encore droit à l'une de vos devinettes?

Écrit par : Duval | 26/02/2012

Vraiment M. Duval ne soyez pas si égocentrique!!! Je ne pensais ni à vous ni à M. Romain!
Vos critiques sur les directeurs d'école, les mesures d'appui... je les partage complètement! J'ai d'ailleurs écrit plusieurs billets sur mon blog sur ces sujets. Qui a introduit ces dysfonctionnements à l'école publique genevoise?

Écrit par : Michèle Roullet | 26/02/2012

Monsieur Duval,

Sommes-nous ici sur un blog d'initiés réservé aux seuls membres du corps enseignant ?

Il faut croire que oui, à lire vos échanges avec Madame Michèle Roullet qui poste des commentaires aussi hermétiques qu'une bouteille d'eau gazeuse qu'elle aurait elle-même mise sous pression. Que Madame Roullet se lâche, qu'elle cesse de se faire désirer et qu'elle assume ses propos.
Allons Madame, un peu de courage, à qui donc faites-vous allusion dans vos propos voilés, si ce n'est ni à M. Duval, ni à M. Romain ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/02/2012

Décidément, Madame Roullet, non seulement vous êtes incorrigible en matière de devinette, mais en plus vous êtes la "reine de la pirouette".
Bon dimanche quand même...

Écrit par : Duval | 26/02/2012

"une bouteille d'eau gazeuse "

'Tention avec l'eau, y en a qui font une affaire d'état pour trois gouttes...

D'ailleurs une idée: Pourquoi ne pas résoudre les différents entre les députés en organisant des duels au pistolet à eau ? Tous en caleçons (et en bikinis pour les dames) dans les couloirs du Grand Conseil. Le plus mouillé après une heure a gagné et préside les séances, le second plus mouillé devient vice-président, et ainsi de suite pour la répartition des sièges dans les commissions et tout le toutim...

Écrit par : Plouf | 26/02/2012

La reine de la pire roullette nous ruse sous sa houlette et continue de nous la jouer « miroir aux alouettes ».
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Très bonne idée, Plouf !
Que les « viennent ensuite » soient affectés aux bains de sièges après qu’ils eurent évacué leurs grandes commissions.
Une nouvelle histoire d’O, en quelque sorte.

Écrit par : Benoît Marquis | 26/02/2012

Dans ce blog c'est comme au grand conseil ou au moulin a danse tout le monde s'engeule on dirait q'un virus a ataqué genève surtout ceu qui font de la politique heureusement que les gens qui ecrivent dans ce blog ne se rencontrent pas sinon il y aurait des morts.

Écrit par : julien | 26/02/2012

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