25/02/2012

Du rififi au Grand Conseil

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Récit du témoin de la scène, le député Jean Romain...

Dallas sur Léman

Jean Romain, écrivain, philosophe, député

Le débat en est arrivé à un niveau tellement bas au Grand Conseil de Genève que plusieurs députés se demandent ce qu’ils font dans cet hémicycle.

Vendredi soir, après plus d’une heure de bataille rangée qui s’apparentait à de la guérilla parlementaire au sujet du CEVA, le président du MCG qui avait traité Genève de République bananière et qui avait accusé certains députés de corruption, puis qui s’était vu personnellement remettre en cause par un député PLR, s’est levé, hors de lui, et lui a lancé un verre d’eau à la tête. S’en est suivi une scène passablement ubuesque confuse où tout le monde, debout au milieu de l’arène, s’est retrouvé à deux doigts d’en venir aux mains.

Dans une ambiance surchauffée et piteuse, après une longue interruption de séance décidée par un président débordé, le vote sans surprise a clos ce qu’on ne peut pas appeler des débats.

Le fait de faire prévaloir dans ce Parlement l’émotion sur la compréhension, la morale sur l’analyse et la vibration sur l’argumentation, le fait que ces débats soient filmés, le fait de décréter sans cesse ce qui est discutable et ce qui ne l’est pas, métamorphose les séances en une succession d’épisodes de Dallas sur Léman !

Dans cette affaire, le MCG, du moins son président, a été trop loin. Il se bat, il est en désaccord, il hurle, il vocifère, il gesticule, il donne l’impression de jouer sur tous les tableaux, mais c’est toujours le même tableau, un tableau de chasse, et c’est son droit. Car il a adopté cette posture et n’entend pas en changer. Les mots sont faits pour transformer la violence en piques qu’on lance parfois à la figure de son adversaire pour le toucher ; lorsqu’on lui lance un verre d’eau, cet adversaire devient un ennemi, et le débat parlementaire en changeant de degré change de nature. La vulgarité s’invite, puis domine.

Or il est, à l’évidence, un parti qui a intérêt à que ce débat change de nature, et qui fait tout pour cela, c’est le MCG. Depuis sa création, ce parti fonde sa légitimité sur le malaise politique et social : plus Genève ira mal, plus il aimantera sur lui les voix des mécontents. Et à Genève, il y en a des mécontents avec les boulettes à répétition d’un gouvernement qui aligne les méprises, les maladresses, les mauvaises décisions, les erreurs de jugement ; avec une Genève où monte l’insécurité, une circulation catastrophique, une crise aiguë du logement, des frontaliers qui hérissent bien des gens, des agressions de rues qui se multiplient, une école impuissante à instruire, les braves gens de chez nous se demandent pourquoi nous sombrons dans ce redevenir animal. C’est dans ce contexte tendu que tout le monde connaît, que le MCG joue son rôle de catalyseur : il transforme le râleur ordinaire en indigné systématique. Quitte, pour y parvenir, à tout faire pour que Genève aille plus mal encore. Résultat ? Les urnes de l’année prochaine que le président du MCG escompte remplir en sa faveur. Son travail de fourmi n’a qu’un but : engranger des voix. Mais là il est allé trop loin !

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24/02/2012

L'enchevêtrement des passerelles au CO

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On se souvient de l'argument "phare" avancé pour faire voter le nouveau Cycle d'Orientation genevois.

Des "passerelles" qui sont censées permettre aux élèves de passer d'un niveau à l'autre en fonction des résultats scolaires qu'ils obtiennent.

Comme dans le jeu de l'oie.

Qu'en est-il aujourd'hui?

Aux dires de bien des enseignants du CO, la mise en place de cette organisation est un véritable casse-tête.

Du coup, dans chaque cycle du canton, tant bien que mal, chacun y va de sa petite cuisine.

Ce qui a poussé le député Jean Romain à déposer une interpellation urgente écrite au Conseil d'Etat.

La question qu'il pose est très simple et mérite une réponse claire.

Je parie pourtant sur le contraire, de vagues explications alambiquées...mais, pour le moment, laissons au CE le bénéfice du doute.

En attendant, je vous livre le texte de cette IUE

Interpellation urgente écrite

Pourquoi y a-t-il tant de modèles différents dans les classes passerelles du Cycle d’orientation ?

Depuis la rentrée 2011, le Cycle d’orientation a introduit les classes passerelles, voulues par le peuple, pour promouvoir les élèves qui désirent et/ou ont les capacités de rejoindre le regroupement supérieur à celui où ils sont entrés à l’école secondaire.

Certes, une directive a été distribuée aux vingt directions des Cycles d’orientation pour promouvoir cette nouvelle structure qui coûte 30 millions de francs au contribuable genevois.

Ces réorientations sont devenues monnaies courantes dans ce nouveau système, alors qu’elles étaient assez rares dans le précédent. Quelque 300 élèves sur les 4000 fréquentant la 9ème année HarmoS y ont eu recours. Mais une certaine « créativité artistique » règne dans les Cycles d’orientation qui ont tous pourtant été unifiés sous la nouvelle loi scolaire. Chacun doit inventer son propre système de passerelles, ses propres normes, sa propre culture de la passerelle. Le problème est qu’il faut à vingt reprises parcourir les mêmes réflexions, les même essais, les mêmes errements, et cela augmente le prix de l’exercice, puisqu’on ne veut pas d’uniformisation. Qui plus est, cette variété excessive n’est gage d’aucune garantie d’efficacité pédagogique.

Un canevas de base solide aurait été de nature à faire cesser d’infécondes répétitions, et cela serait entré dans la ligne économique d’un canton dont le budget dépasse de 400 millions l’équilibre.

Ma question est donc la suivante :

Pourquoi ne pas viser plus d’efficacité, plus d’économie ainsi que moins de cacophonie en limitant dans chaque établissement du Cycle d’orientation les divers modèles possibles pour les passerelles?

Que le Conseil d’État soit vivement remercié par avance pour la réponse qu’il apportera à la présente interpellation.

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23/02/2012

Le retour du toutou

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La garde rapprochée fait opposition! Elle le clame sur son blog (Brunier):

"Niet à l'intro du mercredi matin à l'école obligatoire genevoise. Travailler plus pour apprendre plus est une illusion simpliste. « Enseigner ce n'est pas remplir un vase, c'est allumer le feu », disait Montaigne. Le défi est de rendre l'enseignement motivant pour les enfants et les jeunes et non pas transformer l'école en une usine de bourrage de crâne".

Faut-il donc qu'il y ait désaccord et tant d'infidèles au sein de la meute pour ne pas trouver mieux que de faire ressortir les vieux combattants?

Car, ouaf! ouaf! Oui, c'est elle qui s'y colle!

"Fidèle" est de retour pour servir docilement le maître vénéré et répéter béatement tous les propos qu'on lui a soufflés.

Elle s'est même vu confier la responsabilité d'écrire un "Invité" en page 2 de la TdG du jour.

Ouaf!Ouaf! Sans bien comprendre, elle récite ce qu'on lui a ordonné d'aboyer très fort.

Etonnant de sa part, quand même.

N'était-ce pas le même toutou qui, avant la votation de 2006 sur les notes et surtout sur les cycles d'apprentissage de....4 ans, criait au scandale, accusait de tous les maux ceux qui, selon elle, traumatisaient nos élèves.

Le Toutou ne réclamait-il pas le droit pour les enfants de vivre leur scolarité sans heurt, sans angoisse, sans contrainte trop astreignante, en suivant leur rythme d'apprentissage.

Laisser du temps au temps!

Il est vrai que c'était ce que son maître prônait à l'époque et que, depuis, le vent a tourné et que par conséquent, les girouettes également.

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22/02/2012

A quels Saints se vouer?

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Jésus, Bouddha, Abraham, Mohamed, Jéhovah, William Miller, Rudolf Steiner, Baha'u'llah, Joseph Smith et tous les autres, entrez, entrez, soyez les bienvenus, les portes de l'école vous sont grandes ouvertes, prenez donc place sur nos bancs d'écoliers.

Dans toutes les écoles primaires de Genève, les instituteurs viennent de recevoir une brochure intitulée "Panorama des religions".

Une série de fiches qui passent en revue une vingtaine de "religions".

Du Christianisme aux Témoins de Jéhovah en passant notamment par l'Anthroposophie, la Foi baha'ie, l'Eglise néo-apostolique, l'Eglise des saints des derniers jours, les Scientistes, ces fiches sont censées informer les enseignants afin qu'ils puissent répondre aux questions des enfants et aux attentes des parents.

Vision de la laïcité de l'école publique ou le 11 ème commandement de la table de St.Beer:

"L'école est une institution publique et laïque. Elle doit ainsi promouvoir l'acquisition des connaissances, par l'apprentissage de la rationalité et de la méthode scientifique; par l'apprentissage du respect des autres et celui de la compréhension du monde actuel.

L'évolution de la société mondialisée nécessite de réaffirmer et de donner un nouvel élan à une éthique laïque qui renforce les exigences d'impartialité et de neutralité, notamment dans la transmission des savoirs.

Le principe de laïcité est le garant de la primauté des valeurs constitutionnelles et institutionnelles de la République, face aux préjugés et au morcellement des identités collectives, face aux dérives, qu'elles soient populistes ou communautaristes.

A cet égard, l'école publique doit poursuivre sa mission d'intégration par le renforcement des valeurs de tolérance, le respect des normes constitutionnelles et l'ouverture au monde, avec résolution et pragmatisme".

Et bien, encore une fois, j'ai de sacrés doutes!

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20/02/2012

L'aveu...nous y voilà!

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Il y a bien longtemps que je dénonce la formation genevoise des futurs instituteurs.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs

Une formation qui laisse très peu de place à la pratique pourtant essentielle pour qui veut enseigner au primaire.

Aujourd'hui, j'ai malheureusement la confirmation de ce que j'avance.

Cette fois, la critique vient de l'intérieur puisque c'est un étudiant de 3ème année du dit institut qui, peut-être malgré lui, dresse le constat lamentable de l'IUFE genevois.

Un article de la TdG du 13 février intitulé "Les futurs enseignants se prennent en main" nous informe que cet étudiant a monté un projet pour ajouter un outil pratique à sa formation universitaire. Il s'agit d'une série de tables rondes qui ont pour but de rencontrer des enseignants du primaire afin de partager avec les étudiants leurs expériences, leurs difficultés, leurs conseils.

Une initiative pleine de bon sens, fort louable, mais qui dénonce néanmoins tragiquement l'échec de cet institut de formation tant glorifié par Monsieur Beer!

L'aveu d'un échec annoncé...pourtant cautionné par la majorité des députés du Grand Conseil.

Dans son interview, cet étudiant ne déclare-t-il pas:

"Pendant la formation, nous avons peu de temps pour pouvoir vraiment discuter avec des professionnels du terrain et leur poser des questions."

Il ajoute que tout est parti d'un constat...

"Les enseignants se plaignent parfois que notre formation est trop écartée du terrain."

Les étudiants, malgré plusieurs stages effectués tout au long de leur cursus, déplorent que:

"La formation universitaire ne soit pas assez professionnalisante."

Le constat dressé par "notre" étudiant est édifiant:

Le peu de temps passé sur le terrain est essentiellement axé sur des problématiques précises et ne permet pas d'aborder des thèmes spécifiques qui représentent le b.a.-ba du métier d'enseignant.

Après tant de longues années de formation! Un comble tout de même!

Genève l'arrogante se targue d'un Institut universitaire unique en son genre et prétend être, dans ce domaine, à la pointe du progrès...mais, dans tous les autres cantons romands, on a compris et opté pour des HEP au cursus plus court mais adaptées à la formation des futurs enseignants.

Les tables rondes se succéderont à raison d'un mercredi par mois, de 18h30 à 20h30, la première rencontre aura lieu le mercredi 22 février à Uni Mail, sur le thème de la gestion de l'autorité à l'école.

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15/02/2012

J'ai des doutes

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J'ai des doutes

Il me paraît indéniable qu'une augmentation de temps d'enseignement est nécessaire à l'école primaire.

L'introduction de l'anglais rend la chose incontournable (2 périodes hebdomadaires de 45 minutes).

Je reste par contre dubitatif quant à l'autre raison invoquée, à savoir les soi-disant exigences plus élevées que le PER imposerait.

Pour moi, la question est donc de savoir de combien il faut réellement augmenter ce temps scolaire, est-ce forcément d'une matinée entière.

C'est une des raison qui me fait regretter cette votation du 11 mars.

Elle ne laisse en effet aucun autre choix que celui d'imposer le mercredi matin alors que d'autres possibilités étaient tout à fait envisageables.

Celle-ci ont été tout simplement habilement écartées pour ne pas être proposées aux citoyens.

Je reste donc dubitatif quand à la nécessité effective de cette augmentation de temps d'enseignement tout comme aux réelles conséquences que cette mesure entrainerait.

Réunie en Assemblée Générale, l'Arle s'est prononcée en faveur du mercredi matin d'école, voici, ci-dessous, le texte qui en a découlé.

Vous l'avez bien compris, je ne suis pas favorable à cette décision.

Par contre j'adhère pleinement aux propos exprimés à la suite du premier paragraphe.

Le mercredi matin, une première étape

Comme la plupart des partis politiques et des associations concernées, l’Arle s’est prononcée à une écrasante majorité pour 4,5 jours d’école. Il lui est apparu que c’était là, suite au retour des notes en 2006, au refus par le peuple des cycles bisannuels, une mesure qui allait dans le sens de refaire de l’école : à ses yeux, il est important que les élèves soient plus en classe, et les thuriféraires du moins d’école se trompent lourdement. Or il s’agit en fait de refaire l’école, c’est à dire de revenir d’urgence, une fois ce mercredi matin introduit, sur le contenu des cours dispensés à nos élèves.

La Fapse forme les futurs professeurs ; c’est elle qui dispense en 4 ans, par un goutte à goutte nuisible, la « bonne parole » qui sera ensuite répandue consciencieusement dans les classes. Le socio-constructivisme est toxique pour les élèves, il ne permet qu’à une minorité aidée à la maison de se former correctement ; et il largue sur le bord du chemin quantité d’élèves que la seule méthode efficace - la méthode explicite - aurait su intégrer. C’est cela qu’il faut prendre à bras le corps. Charles Beer aura-t-il la volonté et le temps de nettoyer les écuries d’Augias ? Pas certain.

Mais avec ou sans son ministre de l’éducation, Genève doit se rendre compte que, par exemple, le livre « Mon Manuel de Français », récemment adopté pour l’apprentissage de la lecture dans les classes du primaire est le plus mauvais choix. Les exemples sont légions. Rien ne sert de se doter de structures fortes et de laisser aux gourous du département la latitude de métamorphoser notre école, comme ils le font depuis 30 ans, en terrain d’expérimentations hasardeuses pour chercheurs en « sciences » de l’éducation.

On y reviendra, comptez sur moi !

Jean Romain, député

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13/02/2012

Faut-il creuser le fossé?

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La campagne de votation sur le mercredi matin d'école bat son plein.

Il est fort difficile d'y voir clair et de se faire un avis tant les arguments avancés d'un côté comme de l'autre ne sont pas toujours objectifs.

Ainsi, il est totalement erroné de croire que l'introduction du mercredi matin d'école va améliorer les résultats scolaires de nos élèves ou même lutter contre l'échec scolaire.

En effet, ce temps supplémentaire ne servira en rien à parfaire ce qui est fait actuellement dans les classes.

En aucune manière ce "rab" de temps ne permettra d'approfondir les différentes notions étudiées et donc à mieux les travailler.

Améliorer les résultats!? C'est tout le contraire qui risque fort de se produire!

S'il y a augmentation du temps d'enseignement, c'est pour

- introduire de la matière en plus, à savoir de l'anglais

- répondre aux exigences soi-disant plus élevées du PER (plan d'études romand)

Dès lors, on augmente la quantité de notions à acquérir, on rend l'apprentissage encore plus difficile et, le plus logiquement du monde, on va donc accentuer les échecs.

Le fossé entre les bons et les moins bons élèves va encore se creuser, c'est une évidence dont il faut être bien conscient.

A partir de là, le 11 mars, chacun votera en son âme et conscience.

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12/02/2012

PISA 2012 ou Quiz en 20 questions

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A l'instar d'un illustre "bloggeur" et rocker, voici un quiz qui devrait en dire long sur l'état de santé de l'école genevoise.

Vous avez dans vos connaissances des jeunes gens qui fréquentent le Cycle d'Orientation? Je vous propose de leur poser les 20 questions suivantes, sans aide ou moyens de référence bien entendu!

1. Quelles sont les conjonctions de coordination?

2. Quels sont les noms en "ou" qui prennent "X" au pluriel?

3. Qu'est-ce qu'un attribut du sujet (Suite de être) ?

4. Qui sont les "Waldstätten"?

5. Combien y a-t-il de cantons en Suisse?

6. Quelles sont les trois (ou quatre) régions naturelles du pays?

7. Quel est le sens des mots "couvre-chef", "girouette", "dérisoire", "batifoler"?

8.En couture, qu'est-ce qu'une "canette"?

9. Quels sont les pays qui ont une frontière commune avec la Suisse?

10. Au cours de 1,20 frs/1 Euro, combien font 20 Euros?

11. Que signifie l'expression "L'habit ne fait pas le moine"?

12.Combien une livre de pain pèse-t-elle?

13. Combien y a-t-il de conseillers fédéraux?

Complète:

14. Si tu(savoir)......, tu (pas venir)........

15. Je vais .......docteur.

16. J'achète le médicament ......j'ai besoin.

17. Pronominalise les noms dans la phrase:

Je donne le cadeau à ma sœur.

18. Pourquoi parle-t-on portugais au Brésil?

19. Que sont le radius et le cubitus?

20. Que sont les Tropiques du Cancer et du Capricorne?

Résultats?

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09/02/2012

Les intellos du CO

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Et moi qui croyais que le cycle devait...orienter.

Décidément, tout fout le camp!

Le 24 mars 2011, une pétition intitulée "Les textiles disparaissent" a été déposée au secrétariat du Grand Conseil.

Oh, elle ne demandait pas la lune:

Mesdames et Messieurs les députés,

A l’horizon 2013, avec l’entrée en vigueur du plan d’étude romand, le DIP genevois a décidé que :

– Seule la moitié des élèves de 7e bénéficieront de deux heures de textiles durant un semestre.

– Les élèves de 8e et 9e seront totalement privés de cet enseignement.

Qu’en est-il de la formation équilibrée des élèves ?

– Celle-ci est pourtant formellement prévue par l’article 4 de la loi sur l’instruction publique.

– Qu’en est-il des progressions préconisées par le PER ?

Nous revendiquons que tous les élèves de 8e et 9e puissent bénéficier d’une heure de textiles chaque année durant leur passage au cycle d’orientation.

N.B. 2563 signatures

Il en va de même pour une 2ème pétition, quasi identique, concernant l'enseignement des travaux manuels au Cycle d'Orientation.

Toutes deux viennent d'être traitées par la commission de l'enseignement qui a décidé, tout bonnement, de les déposer sur le bureau du GC!

En d'autres termes, de les classer sans suite!

Une fois de plus, l'école genevoise se fourvoie.

Une fois de plus, le PER (plan d'études romand) a bon dos puisqu'on lui fait supporter tous les fantasmes des uns et des autres.

Oui, c'est "au nom du PER"... qu'au CO, on ne fera bientôt plus que du français, des maths ou de l'allemand!

Comme si les ados n'avaient pas besoin d'autre chose...

Lors de son audition par la commission des pétitions, Monsieur Gaudin, un des pétitionnaire, a pourtant très bien démontré l'importance de ces disciplines.

- ces cours sont des moments de détente et des lieux de rencontres avec des professionnels qui ont vécu autre chose

- le savoir de type pratique est complémentaire à celui de type intellectuel

- c’est la tête qui commande les mains

- ces branches formatives s’adressent particulièrement bien aux adolescents

- ce qu’on est en train de sacrifier, c’est d’abord la vie d’atelier ainsi que le respect du travail des autres dans l’atelier

- toutes des connaissances qui peuvent être facilement reportées dans la vie de tous les jours

Mais les députés, sont dorénavant obnubilés par les performances purement "scolaires", celles qu'ils pensent prioritaires.

Ils ne l'ont pas entendu de cette oreille!

A la poubelle ces disciplines à leurs yeux inutiles!

Préservons plutôt l'étude des soi-disant "grands textes", du suisse-allemand, de l'éducation aux médias et continuons donc à importer massivement de Chine, à bas prix, tous les produits que, très bientôt, nous ne saurons plus faire...

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07/02/2012

La "ligne rouge"

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Je vous ai déjà parlé de mon ami Cyprien!

Mais, je crois que j'ai oublié de vous dire qu'il était prof au collège, à Sion (Valais).

Aujourd'hui, nous avions décidé d'aller manger un morceau ensemble, je suis passé le prendre au collège.

- C'est quoi, cette ligne rouge autour de ton établissement, lui ai-je demandé?

- Ben quoi, vous connaissez pas la ligne rouge à Genève?

- Heu...non! Et encore?

En chemin, il m'a éclairé.

Tout autour du collège, la Direction de l'établissement a décidé de peindre une ligne rouge qui délimite une sorte de "no man's land".

A l'intérieur de cette "bulle", c'est le règlement interne du collège qui fait loi!

Passé cette frontière, il est formellement interdit de

- fumer (bien sûr)

- de manger quoi que ce soit (il existe une cafétéria pour ça)

- de mâcher du chewing gum

- de se servir d'un quelconque appareil diffusant de la musique

- de sortir un téléphone portable

- de porter une casquette

- de porter des vêtements outranciers (mini-jupe trop courte, petit top ventre à l'air, pantalon de training dans les chaussettes, etc.)

Bref, une tenue décente est obligatoire.

- Oulaaa! Lui ai-je répondu, je me demande comment ce "truc" passerait à Genève...

De son côté, il m'a assuré que les élèves s'y étaient facilement habitués, que cela ne posait aucun problème, qu'au contraire chacun y trouvait son compte.

Pendant notre repas, j'ai bu un bon coup de rouge....

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05/02/2012

Le compte est bon ou MBG aurait-elle menti!

La question de l'introduction du mercredi matin d'école pour les écoliers de l'école primaire est bien plus complexe que ce qu'on veut en dire.

Ainsi, le tableau que j'ai publié dans mon dernier billet atteste de l'importance de bien des points. Tous méritent qu'on s'y attarde.

En ce qui concerne les rythmes scolaires, j'ai soulevé l'ambigüité que ce tableau présentait en regard des propos du Professeur Testu.

Reste la question posée par l'affirmation "Les heures du samedi ont été reportées sur 4 jours, l'horaire de l'écolier genevois a même légèrement augmenté".

Il n'en est rien...

Pendant près de 50 ans, Genève a expérimenté plusieurs horaires scolaires à l'école primaire. Ainsi, progressivement, on est passé par celui de 4,5 jours (congé le jeudi, samedi matin d'école), puis par celui de 4,25 jours (un samedi sur deux d'école) pour en arriver à celui de 4 jours.

La comparaison de l'horaire en vigueur à l'époque de la semaine de 4,5 jours avec l'horaire actuel (4 jours) est éloquente.

Pour les élèves de 5P et 6P (ceux de 3P et 4P pouvaient venir à l'école à 8h25) :

Ancien horaire hebdomadaire:

7h55-11h00 soit 3h05 de présence pour 2h 45 d'enseignement (sans les récréations)

13h30-16h10 soit 2h40 de présence pour 2h25 d'enseignement

5 matinées: 15h25 de présence pour 13h45 d'enseignement

4 après-midi: 10h40 de présence pour 9h40 d'enseignement

Total: 26h05 de présence pour 23h25 d'enseignement

 

Horaire de 4 jours:

8h00-11h30 soit 3h30 de présence pour 3h10 d'enseignement

13h30-16h00 soit 2h30 de présence pour 2h15 d'enseignement

4 matinées: 14h de présence pour 12h40 d'enseignement

4 après-midi: 10h00 de présence pour 9h00 d'enseignement

Total: 24h00 de présence pour 21h40 d'enseignement

Par semaine, une diminution de temps de présence de 2h05 de présence pour 1h45 d'enseignement !

 

Le fait est, qu'à un moment donné, était-ce sous l'ère Föllmi ou MBG (ce qui ferait d'elle une menteuse), peu importe en définitive, il y a eu, essentiellement pour les élèves de 5P et 6P, une diminution conséquente de temps scolaire.

 

Autre interrogation importante!!!

Admettons que Genève, pour des raisons multiples, doive augmenter l'horaire scolaire au primaire...

Admettons que Genève aspire à s'aligner sur les autres cantons (semaines de 4,5 jours, PER, etc.)...

Pourquoi donc Genève n'adapte-elle pas l'horaire scolaire de son Cycle d'Orientation sur celui de tous les Cycles des autres cantons?

En effet, alors qu'à Genève l'horaire du CO est de 32 périodes de 45 minutes par semaine, il est de 33 périodes partout ailleurs!

Alors? Deux poids deux mesures?

 

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04/02/2012

Idées fausses sur l'école le mercredi matin

Le groupement des parents contre le mercredi d'école vient de sortir un tableau récapitulatif qui recense les différents "clichés" souvent entendus.

Clair et précis, il mérite qu'on s'y attarde parce qu'il répond à bien des questions jusque là restées sans réponse claire.

Je reste néanmoins sur ma faim quant à la question du rythme d'apprentissage des enfants.

Selon ce tableau, le Professeur Testu, spécialiste en chronobiologie aurait démontré que "la capacité d'apprentissage basée sur la mémoire des enfants est bien meilleure avec un horaire de 4 jours par semaine (6 heures/jour) qu'avec un horaire de 4,5 jours dont le mercredi matin".

Le Pr Testu ne déclarait-il pas le contraire dans une interview publiée le 6 novembre 2007 dans la "Dépèche.fr":

Que pensez-vous de l'instauration d'une semaine de quatre jours pour tous les enfants ?
François Testu : Instaurer une semaine de quatre jours limitée aux lundi, mardi, jeudi et vendredi n'est pas une avancée pour les enfants, mais répond plus à une demande des parents. Pour certains enfants, cela ne changera rien, mais pour d'autres, cela risque de casser leur rythme, et de les mettre en difficulté. Le problème, ce serait d'instaurer une semaine de quatre jours "secs", qui amènerait à concentrer tous les enseignements sur quatre jours seulement.

Et si le mercredi matin était utilisé, comme cela est envisagé ?
F.T. : Si les enfants vont en cours le mercredi matin ou participent à des activités extra scolaires, ça n'est plus la même chose. La priorité, c'est d'alléger les journées des enfants, qui sont trop longues.

Travailler une journée de moins n'est-il pas l'occasion pour les enfants de se reposer ?
F.T.: Tout dépend de la façon dont cette journée est occupée. Je crains que cela n'entraine des inégalités. Dans les familles les plus favorisées, les enfants pourront faire du sport ou de la musique. Dans d'autres familles, ils passeront leur temps devant la télévision, et ne bénéficieront pas de cette demi-journée libre. L'instauration de cette semaine de quatre jours sort des préoccupations scientifiques c'est un problème politique et économique. Mais il est certain qu'il faut encadrer les enfants.

 

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