03/03/2012

La charrue avant les bœufs

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Ca y est, il va falloir se décider!

Pour ou contre le mercredi matin d'école au primaire?

Pas facile, tant la mauvaise foi est la règle dans les deux clans.

De chaque côté, on use et abuse d'arguments plus ou moins valables...et on oublie le vrai problème.

Quelle est donc la meilleure solution pour les élèves?

Plus j'y pense plus je suis persuadé qu'en définitive nos "autorités" se trompent de cible.

Ce n'est pas l'enveloppe qui est la plus importante mais son contenu.

Tant qu'elles n'auront pas compris cette évidence, les résultats scolaires ne s'amélioreront pas.

La priorité est dans l'apprentissage des fondamentaux.

Revenir à l'enseignement systématique!

En français, du vocabulaire, de l'orthographe, de la grammaire, de la conjugaison plutôt que de se perdre dans le labyrinthe proposé par les nouveaux moyens d'enseignement (MMF).

Revenir à des méthodes de lecture efficaces (syllabiques) plutôt que de sacrifier les enfants à coup de méthodes globales ou semi-globales.

S'en tenir à l'étude de problèmes mathématiques de base plutôt que d'errer dans des mises en situations complètement farfelues.

Etudier l'allemand, et prochainement l'anglais, sans éviter l'apprentissage des bases grammaticales de la langue plutôt que de se contenter d'un vague "bain de langue".

Ainsi, lorsque le contenu des programmes scolaires aura été radicalement revu tout ira beaucoup mieux. Ensuite, et seulement ensuite, on pourra juger du bienfondé d'heures à rajouter ou pas.

Et le processus ne devrait pas être inversé comme c'est le cas avec cette votation: mettre la charrue avant les bœufs.

Pour cette simple raison, je vous invite à voter NON au mercredi matin d'école!

Procéder à l'envers du bon sens arrange bien les affaires des dirigeants du DIP et de nos politiciens. Ils ont beau dire que la révision du contenu suivra...qu'il faut d'abord augmenter le temps d'enseignement. Il s'agit là d'une erreur de priorité.

La réalité c'est qu'ils tiennent là leur alibi!

Ils pourront facilement prétendre qu'ils ont fait ce qu'ils devaient et que dorénavant, la balle est dans le camp des enseignants!

Et hop, on se débarrasse de la patate chaude.

Oserai-je....

Ce n'est pas en engraissant les poussins d'hormones de croissance qu'on améliore la qualité des poulets!

16:25 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

Et toi, André, tu nous invites mais que vas-tu voter ?

Écrit par : Jean Romain | 03/03/2012

Je suis concernée ayant des enfants de 11, 8 et 2 ans. Je suis contre les mercredis matins à l'école pour tout un tas de raisons, mais principalement car je trouve que mes fils ont besoin de la décompression du mercredi matin. Cela nous permet de faire tranquillement les devoirs, ils en ont déjà beaucoup. L'après-midi est réservé aux loisirs. Le programme est passablement chargé et j'aurais aimé que l'enseignement du français et des maths aille moins vite pour leur permettre de mieux assilimer ces matières très importantes. Alors les mettre à l'école le mercredi matin, pour leur ajouter de l'anglais ou des matières supplémentaires je n'en vois pas l'utilité. J'ai tout de même posé la question à l'enseignant de mon fils aîné qui m'a donné les mêmes arguments que ceux d'André Duval. Mon mari et moi avons donc voté Non et sommes certains d'avoir fait le bon choix pour nos enfants.

Écrit par : corinne strohheker | 03/03/2012

Moi aussi, au fil de mes investigations, j'ai été amenée à voter NON.
J'ai chipé une phrase sur un autre blog: "Faut pas plâtrer tout le corps pour un pouce cassé."
Comme on ne nous laisse pas le choix, on est obligé de voter non, par respect pour les plus jeunes. Il faut voir après coup comment gérer l'introduction de l'anglais chez les 11-12 ans.
Mais 4 périodes supplémentaires dès 8 ans, ce n'est même pas en accord avec les propres études du DIP...

Écrit par : Lulu Berlue | 03/03/2012

Il faut voter non ... et si c'est déjà fait, persuader d'autres à voter non aussi.

Écrit par : Mère-Grand | 03/03/2012

Je voterai également NON à cette loi qui impose à tous d'en faire plus avec moins de moyens. Beer nous fait des tas de promesses qu'il n'est pas en mesure d'honorer.A force de déclarer à tous vents que cette nouvelle grille horaire coûtera 20 millions et que c'est "un énorme effort pour l'école primaire", les électeurs finissent par le croire ! 4 prériodes en plus, ça coûte ! Imaginez-vous... la nouvelle grille horaire du CO a coûté 30 millions et ne concernait que 3 années. Alors que le DIP recherchait à combler le déficit d'heure d'enseignement prodiguées aux élèves en âge de scolarité obligatoire, curieusement,il n'a pas été ajouté une seule prériode d'enseignement au CO. Au contraire, des 32 périodes d'enseignement initiales il a été retranché une période hebdomadaire pour l'administration de classe, alors qu'une heure de latin et une heure de présentation des textes fondateurs ont remplacé des heures d'enseignement du français. Ne dit-on pas qu'il n'y a que les promesses qui rendent les fous joyeux ! Chez moi, elles me rendent furieux !

Écrit par : J-F Girardet | 03/03/2012

"Ce n'est pas l'enveloppe qui est la plus importante mais son contenu."

Ce n'est que trop vrai.

Et merci pour votre invitation. "Non" à cet ajout d'heures sans contenu, pour la forme. "Non" à des incompétences manifestes, comme "non" il y a quelques années à la disparition des notes.

Après avoir cédé au lobby des religieux en ajoutant cette insulte à la laïcité de l'Etat que sont les soi-disants "grands textes", le soi-disant socialiste Beer cède aux parents hurlant à droite qui réclament une garderie gratuite pour leurs enfants le mercredi matin.

J'ai toujours dit que si on voulait ouvrir l'école le mercredi matin, il fallait le faire pour des cours d'appui et de rattrapage uniquement. Cours qui comme par hasard font toujours défaut si j'ai bien lu M. Duval.

L'Etat qui se substitue aux parents pour l'éducation des enfants ("grands textes" et mercredi matin), nous savons où cela mène.

Si ce qu'écrit M. Girardet est vrai (30 millions de plus pour le CO, pour la forme là aussi), c'est qu'on se moque de nous. La réformite est une maladie grave, surtout pour les enfants. Mais apparemment cela fait avancer la carrière d'un tout petit nombre.

Écrit par : Johann | 03/03/2012

Merci de votre soutien!
Vous avez raison cette réforme est mauvaise, néfaste et ruineuse pour le contribuable genevois. Elle met "la charrue avant les boeufs". Qui aurait l'idée saugrenue de changer le contenant sans penser au contenu? Que va-t-on enseigner durant ces 4 heures supplémentaires et qui va donner ces heures?

Ces dernières années, l'école genevois a eu son lot de réformes bâclées, balancées dans la précipitation par des décideurs de la politique scolaire qui ont perdu tout contact avec le terrain, et qui sont enfermés dans ce que vous nommez si justement: "l'usine à gaz que représente la hiérarchie de la direction de l'enseignement primaire".

La plupart des réformes récemment introduites pourront être balayées par le prochain chef du DIP. Mais, pour le vote du mercredi, les effets sévères pour Genève et les écoliers seraient difficiles à corriger. Donc là, il s'agit de ne pas se tromper et de bien voter:

NON AU MERCREDI MATIN D'ECOLE !

Écrit par : Michèle Roullet | 03/03/2012

A lire : Trop d'école tuera l'école.

http://www.lecourrier.ch/trop_d_ecole_tuera_l_ecole

Effectivement, avec des journées coupées en deux, finis les mercredis de neige, entre autres.

Maintenant si l'on veut améliorer le niveau, ce n'est pas à l'école qu'il faut agir. Mais commencer par supprimer télévisions, jeux vidéos débiles et autres conneries qui remplacent la lecture et le développement de l'imagination. Des jeunes qui ne lisent pas ou peu, il ne faut pas chercher plus loin l'explication de mauvais résultats.

Écrit par : Johann | 03/03/2012

J'ai voté NON également... J'ai fait le choix de travailler à temps partiel (80%) pour bénéficier d'un jour de congé en milieu de semaine afin de le partager avec mes deux filles de 7 et 9 ans... Je ne veux pas que ça s'arrête... Trop d'école nuit à la culture.

Écrit par : Stéphane Simonin | 04/03/2012

Cela prouve que pour celles et ceux qui ont le loisir de lire nos arguments, le NON l'emporte. Hélas, on ne lutte pas à armes égales en matière de communication avec les tenants du OUI. Quant à la mauvaise foi ou, disons le mot, les mensonges, je pense que nos adversaires ont aussi une sacrée longueur d'avance. Deux exemples : l'affiche des Verts qui dit "Oui, plus de langues, de dessin et de sport" trompe la population vu qu'aucune augmentation de gym ou de matière artistique n'est prévue ; quant au conseiller d'Etat Charles Beer qui prétend (TG du 14 octobre 2011) que "aujourd'hui, la SPG remet en cause un taux d'encadrement qu'elle n'a jamais contesté", soit c'est de l'amnésie digne de Sarkozy (qui n'avait soi-disant jamais parlé de "TVA sociale"), soit c'est un mensonge absurde vu que ce taux a fait l'objet de nombreuses discussions entre le syndicat et le DIP, que le chef du département avait même cautionné la mise sur pied d'un groupe de travail avec la direction, etc. Et tout un chacun peut vérifier que c'est faux, en lisant par exemple la pétition de la SPG de déc. 2009 remise au Conseil d'Etat : http://www.cartel-ge.ch/IMG/pdf/Petition_dec_09_EnsPrimaire.pdf

Écrit par : Olivier Baud | 04/03/2012

"Quant à la mauvaise foi ou, disons le mot, les mensonges,"
Le terme de "mensonge" est impropre dans ce contexte. Il n'a sa place que dans des activités pour lesquelles la distinction entre le vrai et le faux est fondamentale. En politique c'est la conquête du pouvoir et sa conservation qui sont essentielles et les politiciens se débarrassent très vite de l'exigence de vérité, lorsqu'elle risque de se mettre en travers de ces buts. Et tant pis pour les citoyens qui sont pris au piège.

Écrit par : Mère-Grand | 04/03/2012

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