12/03/2012

Il y a Genferei et Genferei

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C'est avec inquiétude que j'ai lu la manchette de la Tribune d’aujourd’hui qui annonce "la remise au pas des enseignants primaires".

Moi qui naïvement croyais que c’était du bien des élèves dont il était question!!!

Ainsi donc, avec l'introduction du mercredi matin d'école au primaire, Charles Beer se réjouit de la fin d'une "Genferei".

Qu'il se félicite de "sa" victoire, de cette future nouvelle organisation du temps scolaire, est une chose, mais se réjouir de la fin d'une "Genferei" en est une autre...

Car enfin, suivant l'air du temps, certaines des singularités genevoises ne le dérangent pas toujours autant!

Par exemple, la formation genevoise des futurs instituteurs (IUFE "Institut universitaire de formation des enseignants") qui se distingue particulièrement de celle appliquée par TOUS les autres cantons romands qui eux, se regroupent en HEP (Haute école pédagogique)!

Dès la création de cet IUFE, j'avais émis des doutes quant à cette formation.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs

Il se trouve qu'aujourd'hui, un député (Monsieur Weiss?) a posé la question "qui tue" à la commission de l'enseignement du GC:

Quel est le nombre d'étudiants genevois qui, cette année, ont préféré se former en 3 ans en HEP romande plutôt qu'en 4 ans à la "Genferei"?

Réponse:

"Ceux-ci sont au nombre de 79, dont 62 dans la HEP vaudoise et 17 dans les HEP de Fribourg, Valais, Berne, Jura et Neuchâtel".

Exode prévisible des étudiants genevois...cherchez l'erreur!

Une belle hémorragie qui prouve bien la qualité tant vantée de cet IUFE genevois...

Avec le mercredi matin d'école, Charles Beer prétend avoir mis les élèves sur le chemin de la réussite... s'appliquera-t-il à faire de même pour leurs futurs instituteurs?

 

Pour rappel:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/10/31/charles-beer-reussit-son-coup-les-deputes-bernes.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/11/01/enoooorme-auto-goal-de-pierre-weiss.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/11/02/les-enormites-dont-est-capable-un-depute-ou-vive-la-politiqu.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/10/19/formation-des-enseignants-la-cata-annoncee.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/11/23/le-combat-des-chefs.html

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Commentaires

"Tout a fait d'accord, il est fort dommage que la "Genferei" de l'IUFE ne dérange pas M. Beer, ni jusqu'à présent d'ailleurs la grande majorité des députés du GC qui se sont exprimés en faveur de cet institut! En plus cet institut n'est toujours pas reconnu sur le plan fédéral !!! Heureusement que nos jeunes commencent à préférer de se former hors de ce canton... ils recevront ainsi une bien meilleure formation !"

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 12/03/2012

Le titre de la TdG devrait faire honte, pas son infantilisme et son ton de maître d'école d'un autre siècle à la rédaction. Espérons que les heures supplémentaires ne seront pas consacrées à la promotion de ce genre d'état d'esprit. Encore faudrait-il que vent plus sain souffle "d'en haut".

Écrit par : Mère-Grand | 12/03/2012

j'ai un ami banquier qui dit une chose très juste (c'est un gars bien bourgeois du genre décomplexé/déculpabilisé qui aurait pu avoir un grande carrière politique s'il n'avait pas été autant dégoûté par le parti libéral genevois-ce que peut que très bien comprendre tout le monde). comme tous les gens de son espèce, il préfère se remplir les poches donc dans le privé que végéter dans les affrontements pathétiques du marasme gaucho-écolo-bobo genevois sous sa cloche politicienne dorée, ce que de nouveau on peut tous bien comprendre. mais revenons à son argument:

pour pouvoir enseigner, il faudrait avoir travaillé quelques années auparavant. un peu comme les policiers (qui d'ailleurs à GE ont un meilleur salaire que les profs, même du secondaire!!! ceci grâce à leurs différentes primes et fameuses heures supplémentaires si "contraignantes") qui doivent avoir au moins obtenu un CFC dans n'importe quel secteur économique, avant de pouvoir être candidat à l'entrée à l'école de police (il est connu d'ailleurs que la dictée est extrêmement sélective pour des raisons purement syndicalistes et corporatives de la part des anciens-mais tout le monde est complice dans l'histoire).

ca peut paraître un argument un peu choc ou provocateur, mais dans le fond et en y réfléchissant bien le principe pourrait être assez sérieux: ca déconnecterait de leur influence néfaste sur les nouvelles générations une bonne partie du milieu professoral complètement à côté de la plaque, souvent d'extrême gauche-caviar ou du genre baba-cool 70's surrané (non pas comme mme roulet puisqu'elle est sensée être de droite, bien sûr...).

certains diront que comme les gamins (surtout à l'adolescence) ont l'esprit de contradiction, autant les laisser s'encoubler un peu dans les pattes de tous ces soixante-huitards, par réaction ils en deviendront d'autant moins neuneus et gnangnans, une fois en âge de voter. comme disait l'ex-roi Diem du cambodge (hélas très corrompu), s'il avait envoyé l'élite de ses étudiants à moscou et non à paris, il n'y aurait jamais eu de phénomène khmer rouge. à moscou les futurs leaders viet-minh auraient pu voir bien plus directement à quel point le rêve communiste est une utopie nuisible.

pour affiner la lumineuse suggestion de mon vieil ami capitaliste, je dirais qu'il faudrait aussi nuancer les délais: 3 ans dans le privé et 5 ans à l'Etat, le minimum que l'on pourrait demander avant le droit de pouvoir enseigner, sur un CV de candidat. et ensuite soit une hep un peu raccourcie (au mieux), soit une dispense de la moitié des cours de l'iufe (qui ne servent de toute façon strictement à rien comme tout le monde le sait, une nouvelle fois, très bien).

car il faut être un peu honnête avec les enseignants: c'est pas chez eux que se trouvent les plus beaux placards dorés à l'Etat, loin de là! affronter toute la journée une meute de louveteaux agités qui ne cherchent que la brèche dans la personnalité du maître(sse), c'est pas si tranquille que ça. j'ai connu des services de l'Etat où tout le monde roupillait toute la journée, et pas souvent sobre. si un jour vous aurez l'occasion de l'expérience, essayez déjà de prendre une cuite la veille ou de fêter très tard (même en buvant de l'eau) avant une journée d'enseignement, qui demande par définition une grande disponibilité d'esprit sur la plan humain et relationnel (même si les plus performants enseignants savent minimiser le temps pris par cet aspect, pour pouvoir davantage purement travailler en classe): on verra si vous répéterez souvent l'opération dans la suite de votre carrière! alors pour finir voyez: tout ça est dit sans aucun dédain pour les profs ni pour l'école genevoise en particulier. que les instituteurs arrêtent enfin un peu de paranoïer pour rien, sinon de faux motifs!

Écrit par : job | 21/03/2012

@job

Vous dites:
"sans aucun dédain pour les profs ni pour l'école genevoise en particulier. que les instituteurs arrêtent enfin un peu de paranoïer pour rien, sinon de faux motifs!"...ah bon...alors comment expliquez-vous que la mesure préconisée ne concernerait que les instituteurs (enseignement primaire)?!
Aucun dédain selon vous?

Écrit par : Primaire | 21/03/2012

On peut pourtant être avocat ou banquier, c'est-à-dire, dans le premier cas, participer (ou même être responsable par manque de compétence) à la condamnation d'une personne à la prison et aux conséquences qui s'en suivent ou, dans le deuxième cas, participer de loin ou de près à la ruine de milliers de personnes, sans avoir fait beaucoup plus que des études longues et des stages dans le milieu même où l'on exercera son métier.
C'est exactement ce que font les enseignants, qui se trouvent probablement faire partie de la classe la moins bien payée par rapport à la longueur et l'exigence de leur formation. Et c'est valable aussi bien pour les instituteurs que pour les enseignants du secondaire.
Alors, si une réforme est nécessaire, et si elle doit amener une meilleure connaissance du fonctionnement de la société et de ses enjeux, peut-être faudrait-il prévoir ce que le "Grand Timonier" chinois avait organisé à son époque dans sa grande sagesse, une participation active de tous les cadres aux travaux de la ferme ou de l'industrie.

Écrit par : Mère-Grand | 21/03/2012

@primaire:
j'ai fait exprès de parler d'enseignants ou de professeurs et jamais d'instituteurs, donc je n'ai jamais séparé les instituteurs de l'école primaire des autres (relisez bien mon texte et donc mes arguments/intentions!)-tout le monde devrait s'être frotté au monde du travail, avant de pouvoir avoir qqch à dire devant des classes entières, futures générations à l'écoute et qui méritent peut-être mieux que de se retrouver en face des gens qui n'ont en fait pas prouvé jusque-là grand-chose de plus que de pouvoir réciter par coeur les liturgies dogmatiques pédagogistes inculquées par la FAPSE...mais votre réaction prouve bien une fois de plus que vous êtes bien les seuls à paranoïer!

je pourrais même penser au contraire que les enseignants des degrés supérieurs devraient avoir amassé plus d'expérience professionnelle, ou même à des statuts hiérarchiques et décisionnels supérieurs, en montant l'échelle des degrés d'apprentissage. belle idée théorique, mais un peu impossible à mettre en application dans un monde réel, dynamique, précaire et instable, tel que le capitalisme mondial actualisé...mais projet très défendable quand même!


@mère-grand:
effectivement, la caricature de mes propos récents, ainsi que par exemple du tout nouveau pavé dans la marre de l'udc, est le renvoi des intellectuels au travail des champs, comme l'ont pratiqué les khmers rouges avec les populations urbaines jugées dépravées au cambodge (années 70), ou mao à l'époque de la révolution culturelle en Chine (66-69), certes je suis d'accord. mais il faut tellement forcer le trait que pour moi, comme tout ce qui est extrême est négligeable, votre exagération perd tout son sens tant elle est énorme. à moins que vous ne pensiez sincèrement que mon but ultime soit de massacrer les êtres les plus cultivés et les plus instruits pour protéger "l'homme nouveau" (pour la tentation à l'endoctrinement les enfants toujours au premier rang) de leur mauvaise influence!

Écrit par : job | 26/03/2012

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