25/03/2012

Supprimer les cours de langues étrangères?

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Info intéressante dans la NZZ.

On nous annonce qu'à Zürich, les élèves en difficulté scolaire seront dispensés des cours de....français au profit de cours d'allemand et de math.

Une décision qui découlerait des "mauvais" résultats que les écoliers zurichois ont obtenu aux récents tests PISA.

Hum!

Voilà qui pourrait peut-être inspirer notre DIP genevois alors qu'il s'apprête à gaver d'anglais et d'allemand nos élèves déjà en difficulté scolaire.

Ne serait-ce pas souhaitable, en effet, de leur offrir en priorité un bagage suffisant en français et en math?

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Commentaires

oui c'est une très bonne suggestion m. duval et si ZH s'y met avec le français, alors GE pourrait utiliser cet argument pour soulager les élèves les moins scolaires avec l'annulation des cours d'allemand (mais seulement!) pour eux (car ils ne servent à rien), et ceci surtout au secondaire obligatoire (cycle d'orientation) en tout cas!

l'allemand en france par exemple est un choix pris le plus souvent par une élite d'élève qui ont goût à connaître la culture germanique: si langue n'est pas si attractive, la littérature par contre, elle, est effectivement suprême.

une autre excellente idée dont on attend toujours que quelqu'un y pense dans la hiérarchie du DIP ou qu'un politique ait le courage de soulever le point, ce serait de dispenser les classes d'accueil de leurs heures d'allemand. imaginez les pauvres enfents d'immigrés (récents) qui débarquent à l'adolescence chez nous et qui doivent non seulement apprendre le français, s'initier à l'anglais (la plupart ne le parlent pas en arrivant-du moins pas les migrants économiques) et en plus acquérir des connaissances en allemand: non seulement c'est trop mais en plus c'est vraiment superflu et ridicule à ce stade-là!!!

Écrit par : job | 25/03/2012

Tiens donc ! Les Zurichois ont de mauvais résultats à PISA maintenant ? C'est la première fois que l'on entend ça.
Et c'est sur le Français qu'on va rogner ? Y aurait-il anguille sous roche ...
N'était-ce pas justement à Zurich que l'on voulait remplacer le Français par l'Anglais, et cela pour tous ? Je peux confondre le canton avec un autre, mais vous le savez bien : l'utilité du français commence à être contesté outre-Sarine.

Quant aux élèves des la Classe d'accueil genevoises, il serait probablement judicieux de trancher.
Toutefois, certains élèves sont non seulement capables d'apprendre l'allemand, mais ont avantage à le faire. Cela permet, entre autres, de les intégrer à 100% dans une classe "normale".
Les élèves déjà bien scolarisés ou très doués vont avoir un parcours de type universitaire, commercial ou bancaire et la non-maîtrise de l'allemand, ou l'obligation de l'apprendre très vite à l'âge adulte, peut être un handicap que l'on voudrait leur éviter. Toute la difficulté réside dans la capacité d'identifier ces élèves-là.

Écrit par : Calendula | 25/03/2012

Ce qui serait judicieux, c'est de laisser libre le choix d'une seconde langue... qui pourrait dans ce cas être la langue maternelle. Pourquoi celle-ci - à ce que je sache - est-elle complètement négligée?

Et l'apprentissage d'une langue étrangère doit se faire dès la 1P en immersion. Il suffit de faire venir des enseignants de Suisse allemande. En y consacrant une demi-journée, 8 classes peuvent être suivie par un tel enseignant.

Mais pas d'illusion, si la compétence brillait dans la république, cela se saurait.


"ce serait de dispenser les classes d'accueil de leurs heures d'allemand."

Plutôt le mettre en option.

Écrit par : Johann | 25/03/2012

"Plutôt le mettre en option."

En fonction des projets des élèves.

Écrit par : Johann | 25/03/2012

Un chômeur qui parle anglais c'est plus fun qu'un mec qui ne sait que le français même si il a du boulot.
Remettons l'église au milieu du village. Apprenons le français à tous les gamins qui débarquent chez nous puis apprenons leur l'allemand comme ça ils comprendront se qui se passe en Suisse en écoutant les médias de notre pays. La cohésion passe par le langage. Les jeunes savent mieux ce qui se passe en France que dans leur propre pays c'est déplorable.

Écrit par : norbert maendly | 25/03/2012

...mauvais résultats à PISA....rajoutez leur le samedi et le dimanche....vu qu'ils ont déjà le mercredi...
La bonne blague....

Écrit par : Lulu Berlue | 25/03/2012

Comparer Zurich et Genève sur la question de l'enseignement des langues n'a pas lieu d'être.

En effet pour qui a vécu en Suisse alémanique, sait que l'allemand standard (Schriftdeutsch ou Hochdeutsch) est une langue étrangère, une langue que les enfants doivent apprendre à l'école. En effet, les petits Zurichois parlent le dialecte -- le "Schwytzerdütsch" -- à la maison et à l'école enfantine. C'est leur langue maternelle. Une langue orale. Dès lors il n'est guère surprenant qu'ils rencontrent des difficultés en allemand, puisqu'il s'agit pour eux d'une langue étrangère. La majorité de nos compatriotes Suisses alémaniques ont d'ailleurs des problèmes avec l'allemand standard qu'ils maîtrisent souvent très mal dans l'expression orale. Le Conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann est malheureusement l'illustration parfaite de cet exemple.

Pour ma part, je pense que supprimer l'enseignement des "langues étrangères" à l'école est une très mauvaise idée, surtout lorsque l'on fait référence, ici à Genève, à l'allemand, voire à l'italien, qui sont des langues nationales. Oublie-t-on que l'allemand est la première langue du continent européen ? C'est la langue maternelle dont se réclament près de 100 millions de personnes en Europe, devant le français et l'anglais. Et puis pour nous autres Suisses, la maîtrise de langues dites "étrangères" : allemand, français et italien, ne sont-elles pas toutes les trois des langues nationales ? Ne contribuent-t-elles pas à la cohésion nationale ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 25/03/2012

@Jean d'Hôtaux: Je suis bien d'accord avec vous, comparaison n'est pas raison.
Mais une question : vous semble-t-il que les difficultés avec l'allemand standard auraient augmenté chez les enfants alémaniques, ces dernières années, ou bien la situation a-t-elle toujours été aussi problématique ?
Il me semble en tout cas que le statut du français en Suisse alémanique s'est érodé et moins d'Alémaniques le parlent bien à présent.
Pour les enfants francophones ou vivant en Romandie, apprendre le français écrit n'est pas non plus tout simple. On se rend bien compte que cela devient de plus en plus difficile. Malgré la tentation de désigner l'école comme la seule responsable, il me semble que les causes sont à chercher à plusieurs niveaux (prédominance de l'image, recul de la lecture, moins de temps passé avec des adultes, pré-éminence de la culture "djeune " etc).

Le terme "langue étrangère" n'est plus utilisé plus dans le jargon scolaire. On dit "langue 1, langue 2 ", pour éviter des catégorisations peu rigoureuses.
Ca peut donner une impression un peu politiquement correcte, mais sachant que beaucoup d'enfants ne sont pas de langue maternelle française, c'est probablement plus adéquat !

Écrit par : Calendula | 25/03/2012

@ Calendula :

Oui, je pense que les difficultés avec l'allemand standard ont indéniablement augmenté chez les enfants alémaniques au cours de ces dernières années.

Les causes ? Quelques hypothèses :

- L'usage de plus en plus omnipotent et omniprésent du dialecte, notamment dans les médias audiovisuels : radio et TV.

- Prédominance de ces deux médias au détriment de la lecture (ce que vous avez relevé également).

- Fracture linguistique de plus en plus marqué entre la Suisse alémanique -- qui se singularise de plus en plus -- d'une part, l'Allemagne et l'Autriche d'autre part. Cette fracture va de pair avec la croissance de l'audiovisuel.

- La promotion du dialecte à des fins politiques, pour se démarquer de l'Allemagne adossée à l'UE. Le dialecte sert indéniablement les idéaux de l'UDC.

- Ce que vous relevez vous-même : Le recul de la lecture, laquelle n'est accessible qu'en allemand standard seulement, ceci à quelques exceptions près telle que l'oeuvre de Jeremias Gotthelf par exemple.

En Suisse alémanique, le français ne fait plus rêver et son usage se perd au détriment de l'anglais, lequel exerce une fascination sur les jeunes alémaniques. Dans ce cas, la cause est à rechercher dans la perte d'image de la France, sur les plans économiques et politiques, un pays en déclin dont on se gausse souvent en Suisse alémanique. L'immigration y joue probablement aussi un rôle. En Suisse alémaniques, les immigrants sont majoritairement issus des Balkans, de Turquie, voire d'Europe centrale, des régions peu imprégnées de culture française.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/03/2012

A Genève, on fait beaucoup mieux puisqu'on impose le latin pour tous dès la 9 ème du CO ! Il fallait bien ajouter quelques heures le mercredi-matin pour faire encore un peu de schwytzerdütsch !

Vu les excellents résultats obtenus par la Finlande, on pourrait leur apprendre le finois ?
Trêve de plaisanterie... quand on sait que pour 50% de nos élèves le francçais n'est pas une langue maternelle on peut effectivement se poser la question de lâcher du lest en allemand.

Écrit par : J-F Girardet | 26/03/2012

@J.F. Girardet : Le finnois est autrement plus difficile que l'allemand. :-)
Une fois qu'on le parle,ona pourtant l'immense avantage d'une langue qui s'écrit complètement phonétiquement, car elle a moins de sons qu'il n'y de lettres dans l'alphabet. L'apprentissage de la lecture est un jeu d'enfant très gratifiant.
De plus, dans mon enfance, aucune émission de télé venant de l'étranger n'était post-synchronisée. On devait lire les sous-titres très vie et ça developpait, comme on peut se l'imaginer, des capacités de lecture rapide. Et en bonus, on apprenait les langues étrangères de façon un peu inconsciente, on se formait l'oreille.
D'appartenir à un pays reculé, sans grandes ressources naturelles et à la base bien pauvre peut représenter de grands avantages. On apprend à ne pas attendre que ça tombe tout cuit. Les Finlandais ont encore des choses à prouver, c'est un pays où la mentalité majoritaire est celle du "bon élève".Vu d'ici, ça peut avoir un aspect conformiste et un peu ennuyeux, mais ça permet en tout cas de réussir les tests PISA !
Ceci dit, les enseignants ne tiennent pas un discours auto-satisfait. Ils trouvent leur métier fatigant, les élèves souvent mal-élevés et insolents. Je trouve que leur discours sur l'école ne diffère pas beaucoup de celui des enseigants genevois. Mais au moins ont-ils la paix avec PISA (même si, en tant que bons élèves, ils ont peur de rater le prochain test...)

Écrit par : Calendula | 26/03/2012

@ J-F Girardet :

" Trêve de plaisanterie... quand on sait que pour 50% de nos élèves le francçais n'est pas une langue maternelle on peut effectivement se poser la question de lâcher du lest en allemand. "

C'est d'un nivellement par le bas dont vous nous parlez ici, est-ce bien cela que vous souhaitez ? Si oui, c'est inquiétant !

Il est tout de même bizarre de constater que ce sont les mêmes qui hier s'opposaient à l'école du mercredi-matin et qui remettent aujourd'hui en question l'enseignement des langues dites étrangères à l'école.

Quel est le rôle de l'école dans notre société ? Préparer les élèves à affronter la dure réalité économique, ou les occuper avec des activités récréatives durant quelques heures, mais sans trop les "traumatiser" ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/03/2012

"A Genève, on fait beaucoup mieux puisqu'on impose le latin pour tous dès la 9 ème du CO !"
Je vous assure que ce que l'on impose est tellement minime, que cela ressemble fort à un stratagème politique pour couler définitivement l'enseignement du latin. Il semble d'ailleurs que cela va très bien fonctionner, d'après ce que je sais de inscription pour la 10è L.

Écrit par : Mère-Grand | 26/03/2012

Je comprend pas que dans un petit pays comme le notre, nous ne faisons quasiment rien au niveau de l'échange linguistique. Une année obligatoire en Suisse alémanique serait un plus à tous les niveaux, comme cela est déjà le cas pour les apprentis de La Poste.

Écrit par : Riro | 26/03/2012

Et pourquoi ne pas supprimer les maths pour ceux qui ne sont pas très forts.
Ce qu'il faut : l'école à la carte ! les élèves choisiront ce qu'ils veulent étudier et ils pourront dès lors aller à l'école le mercredi matin, le mercredi matin seulement !

Vouloir effacer une langue d'un coup de gomme est une aberration. Parler la langue de son voisin (quitte à remplacer le "bon" allemand par le dialecte) ne peut que renforcer la cohésion nationale.

L'école actuelle a trop tendance à raisonner en termes d'économie et pousser l'anglais parce que nous vivons dans un monde "globalisé".

Quant aux pauvres Tessinois, ils doivent se sentir bien frustrés : l'italien n'est probablement pas une utile (à part les cavances !) puisque la langue de Dante non seulement n'a jamais été enseignée dans nos écoles mais ne fait même pas l'objet d'une option. Seul le collège Calvin, il y a bien longtemps, offrait une matu dite moderne avec étude de l'italien. Faut-il ajouter que cette section était souvent considérée comme une matu au rabais...

En conclusion : battons-nous pour nos langues nationales. L'anglais viendra bien tout seul.

Écrit par : Michel Sommer | 26/03/2012

Pour information : les collégiens peuvent abandonner l'allemand et prendre l'italien à la place et ceci dans tous les bâtiments. Selon la loi, ils doivent apprendre une langue nationale au Collège.
Dans les faits, l'allemand est gardé par la grande majorité des collégiens,guidés par leurs parents.

Écrit par : Calendula | 26/03/2012

Des tonnes de commentaires sur vos articles je suppose que je ne suis pas le seul à venir me détendre ici.

Écrit par : mutuelle sophie | 29/03/2012

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