27/03/2012

L’UDC met le doigt où ça fait mal

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Suite au commentaire posté sur mon dernier billet par Jean Romain, je vous livre le texte annoncé.

 

 

Le document de fond de l’UDC prônant pour les maîtres du primaire un apprentissage au lieu d’un diplôme d’une Haute École Pédagogique n’est pas dépourvu de justesse…

. Loin de là ! En fait, devant le constat d’échec de notre école, constat que l’UDC met au compte de la formation des futurs maîtres, devant l’incapacité de leur apprendre à tenir la classe, le parti propose de soustraire cette formation trop lourde et trop théorique à trois dangers bien réels :
• D’abord, il s’agit de renoncer pour la formation des enseignants au système de Bologne qui vise une course quantitative aux crédits et qui permet d’obtenir un diplôme grâce à des points qu’il faut cumuler.
• Ensuite, il faut mettre l’accent sur le côté pratique du métier: la conduite de la classe doit être au cœur du système de formation, et non pas verser dans une formation théorique qui éloigne les maîtres de ce savoir-faire si important. Une formation trop théorique et pas assez pratique est nocive pour toute l’école.
• Enfin, les HEP endoctrinent les candidats au diplôme: socioconstructivisme et autres théories venues du fond des années soixante nuisent à une vision pragmatique du métier.
Il faut dire qu’à Genève, l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) démultiplie les graves objections soulevées par l’UDC, d’autant que la formation s’y fait en 4 ans au lieu de 3 années dans les HEP, et qu’elle est encore plus théorique
Pour faire pièce à la réelle nocivité de ces idéologies, l’UDC propose une mesure radicale : former les futurs maîtres du primaire par la voie d’un apprentissage et l’obtention d’un CFC, et ainsi les subtiliser à la matrice nocive grâce à laquelle on les formate.
Depuis des années, je dénonce cette dégringolade de l’école vers l’insignifiance et l’idéologie qui l’accompagne, et dans plusieurs livres j’en ai analysé les causes. Il est heureux que les partis politiques qui comptent s’en emparent aujourd’hui. Je me réjouis du constat que l’inacceptable problème de notre école sorte aussi bien des cercles du café du commerce que de ceux des spécialistes. Cependant, je ne suis pas certain que la seule formation des maîtres, comme dit le document de l’UDC, soit la principale cause de l’échec de cette école. L’école est, en république démocratique, la caisse de résonance des grands problèmes de notre société, et sur elle confluent de multiples facteurs qui contribuent à ruiner son principe : recul de l’autorité, repli de la responsabilité parentale, mise de sa majesté l’élève au centre, pression des théories du new management, dévaluation de la chose écrite, obligation de réussite pour les élèves, jeunisme des adultes, soupçon que la culture est élitiste et autres farines de même genre, convergent sur l’école et la sape jusqu’à ses racines.
Quant à la proposition d’apprentissage d’enseignant, elle est une mesure qui va faire capoter ce projet ; la raison en est simple. Devant une certaine complexité de la vie, du monde et des connaissances, il est important de maîtriser un peu l’ampleur de la difficulté pour qui prétend enseigner la jeunesse. D’autre part, il est souvent nécessaire d’avoir soi-même les moyens théoriques de thématiser sa propre pratique, ne serait-ce que pour pouvoir la juger et l’améliorer.
La solution ne viendra pas de ce changement radical de paradigme voulue par l’UDC, mais à mon sens d’une volonté politique. Il faut voter pour des gens qui s’engagent à redonner à l’école sa mission première: transmettre des connaissances de base pas à pas, en faire découvrir l’importance et en mesurer clairement l’acquisition. Quant à la formation des maîtres, il faut impérativement l’alléger et lui redonner la juste proportion d’un outil au service d’une grande institution publique.

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26/03/2012

UDC: un apprentissage d'instit

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Décidément l'UDC ne fait pas dans la dentelle!

Plus besoin de faire de "longues" études pour devenir instituteur, un apprentissage suffit.

Des propos outranciers comme on en a l'habitude de la part de certains politiciens.

Et pourtant?!

Sur le fond, les vues de l'UDC sont réalistes.

Il y a bien longtemps que je le dis...oui, la formation actuelle des enseignants primaires est mauvaise, surtout à Genève.

L'UDC dénonce la formation en HEP. Elle la juge beaucoup trop théorique, essentiellement basée sur un apport universitaire, au détriment de la pratique sur le terrain.

Ce en quoi elle n'a sûrement pas tort...mais de là à passer à l'extrême et prôner un "simple" apprentissage...l'UDC ne manque pas de souffle!

La critique des HEP est virulente, que dire alors de la formation genevoise à l'IUFE qui, au niveau de l'enseignement universitaire plutôt que pratique, surpasse de loin les HEP des autres cantons.

Je rejoins donc le député Jean Romain lorsqu'il déclare:

"Je partage les constats mais pas les solutions. Les critiques du système néfaste de Bologne, de la formation trop théorique et de l'endoctrinement idéologique sont justes. C'est même en dessous de la réalité, qui me semble catastrophique à Genève".

Dommage que, dans sa démarche, l'UDC n'ait pas pensé à ce qui se faisait...avant que les soi-disant experts en pédagogie ne prennent le pouvoir et nous imposent cette formation inadaptée.

Oui, il fut un temps où les futurs instituteurs étaient bien formés!

Ca portait un nom: Etudes pédagogiques, Ecole Normale en Valais.

Etudes pédagogiques qui répondaient en grande partie aux attentes dont se réclame aujourd'hui l'UDC.

Elles se faisaient en trois ans. Non seulement, elles savaient équilibrer connaissances pratiques et théoriques mais permettaient à tout un chacun, quel que soit son milieu social, de les suivre. En effet, durant leurs études, les étudiants touchaient alors un salaire modeste qui leur permettait de subvenir à leurs besoins.

Il suffisait d'avoir sa maturité en poche.

Jugez plutôt.

1ère année

- 50% de cours didactiques sur toutes les disciplines que le futur instituteur était appelé à enseigner...français, math, géographie, histoire, gymnastique, dessin, travaux manuels, chant, et même "écriture au tableau noir"(!), etc.

- 50% de remplacements à plein temps, avec prise en charge à 100% de la classe qui lui était confiée. Remplacements (souvent de longue durée) assortis de contrôles inopinés et fréquents effectués par une équipe d'inspecteurs en charge de rendre un jugement, le tout suivi d'un rapport écrit à signer par le candidat.

2ème année

Un important et nécessaire apport théorique qui consistait en une année universitaire en sciences de l'éducation et l'obtention d'une demi-licence.

Le calendrier universitaire de l'époque laissait de nombreuses semaines "libres". Qu'à cela ne tienne, durant l'absence de cours, les candidats aux études pédagogiques devaient alors se tenir à disposition du "Service des remplacements" qui se chargeait de meubler ce temps libre.

3ème année

50% apprentissage des "techniques d'enseignement". Sous le contrôle d'instituteurs formateurs chevronnés, les candidats étaient mis en situation réelle, face aux élèves d'une classe, et s'entraînaient à donner des leçons dans toutes les disciplines enseignées au primaire. S'en suivaient critiques et conseils.

50% stages de trois semaines dans une classe sous le contrôle de l'enseignant titulaire. Stages qui consistaient en

- une première semaine d'observation (enseignement du titulaire),

- une deuxième en collaboration avec le maître(50% d'enseignement pour l'un et l'autre) qui, bien sûr, prodiguait tous les conseils utiles.

- Une troisième semaine avec prise en charge totale à 100% de la classe (enseignement, corrections, évaluation, entretiens avec les parents, etc.)

S'en suivait le rapport de stage que le maître titulaire rédigeait alors.

Mais voilà...depuis cette époque, bien de l'eau a coulé sous les ponts et bien des décideurs se sont succédés...

J'entends déjà certain hurler au retour à la formation de grand-papa!

Qu'à cela ne tienne, je persiste et signe...une formation efficace et pleine de bon sens dont nos politiciens feraient bien de s'inspirer.

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25/03/2012

Supprimer les cours de langues étrangères?

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Info intéressante dans la NZZ.

On nous annonce qu'à Zürich, les élèves en difficulté scolaire seront dispensés des cours de....français au profit de cours d'allemand et de math.

Une décision qui découlerait des "mauvais" résultats que les écoliers zurichois ont obtenu aux récents tests PISA.

Hum!

Voilà qui pourrait peut-être inspirer notre DIP genevois alors qu'il s'apprête à gaver d'anglais et d'allemand nos élèves déjà en difficulté scolaire.

Ne serait-ce pas souhaitable, en effet, de leur offrir en priorité un bagage suffisant en français et en math?

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21/03/2012

Et encore une patate chaude de plus!

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On se souvient de la question pertinente posée par le député Jean Romain au sujet des fameuses passerelles du Cycle d'Orientation.

La réponse est tombée et, comme prévu, le Conseil d'Etat (ou plutôt Charles Beer...ne soyons pas dupes) emprunte une passerelle annexe pour y répondre!

En résumé, oui, c'est la cacophonie, mais rien de plus normal...les besoins ne sont pas les mêmes ce qui justifie des pratiques différentes.

Une évidence.

Alors que le problème n'est pas là!

Bien sûr qu'on s'adapte aux besoins des élèves, mais la structure même des passerelles, en quoi devraient-elles être différentes ?

On a voulu, par une loi, unifier les systèmes des 20 cycles d'orientation mais pas ceux des passerelles ?

Dans les faits, le chef du DIP a fait ce qu'il avait à faire -ou en donne l'illusion- et pour le reste, il s'en lave les mains!

Que les enseignants se débrouillent avec ce qui est mis à leur disposition!

De qui se moque-t-on ?

Réponse complète du CE

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19/03/2012

Et pour les dirlos alors?

Suite au commentaire posté par Jean Romain sur mon dernier billet:

Il suffit d'inverser les légendes et le tour est joué...

 

DIRLOS d'établissement

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What my friends think I do

 

 

 

 

 

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What society think I do

 

 

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What the DIP think I do

 

 

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What I think I do

 

 

 

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What I really do

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17/03/2012

Quand la réalité dépasse la fiction!

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12/03/2012

Il y a Genferei et Genferei

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C'est avec inquiétude que j'ai lu la manchette de la Tribune d’aujourd’hui qui annonce "la remise au pas des enseignants primaires".

Moi qui naïvement croyais que c’était du bien des élèves dont il était question!!!

Ainsi donc, avec l'introduction du mercredi matin d'école au primaire, Charles Beer se réjouit de la fin d'une "Genferei".

Qu'il se félicite de "sa" victoire, de cette future nouvelle organisation du temps scolaire, est une chose, mais se réjouir de la fin d'une "Genferei" en est une autre...

Car enfin, suivant l'air du temps, certaines des singularités genevoises ne le dérangent pas toujours autant!

Par exemple, la formation genevoise des futurs instituteurs (IUFE "Institut universitaire de formation des enseignants") qui se distingue particulièrement de celle appliquée par TOUS les autres cantons romands qui eux, se regroupent en HEP (Haute école pédagogique)!

Dès la création de cet IUFE, j'avais émis des doutes quant à cette formation.

http://www.arle.ch/formation-des-maitres/instituteurs

Il se trouve qu'aujourd'hui, un député (Monsieur Weiss?) a posé la question "qui tue" à la commission de l'enseignement du GC:

Quel est le nombre d'étudiants genevois qui, cette année, ont préféré se former en 3 ans en HEP romande plutôt qu'en 4 ans à la "Genferei"?

Réponse:

"Ceux-ci sont au nombre de 79, dont 62 dans la HEP vaudoise et 17 dans les HEP de Fribourg, Valais, Berne, Jura et Neuchâtel".

Exode prévisible des étudiants genevois...cherchez l'erreur!

Une belle hémorragie qui prouve bien la qualité tant vantée de cet IUFE genevois...

Avec le mercredi matin d'école, Charles Beer prétend avoir mis les élèves sur le chemin de la réussite... s'appliquera-t-il à faire de même pour leurs futurs instituteurs?

 

Pour rappel:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/10/31/charles-beer-reussit-son-coup-les-deputes-bernes.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/11/01/enoooorme-auto-goal-de-pierre-weiss.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2009/11/02/les-enormites-dont-est-capable-un-depute-ou-vive-la-politiqu.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/10/19/formation-des-enseignants-la-cata-annoncee.html

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2010/11/23/le-combat-des-chefs.html

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11/03/2012

Mme Roullet, Jean Romain peut faire mieux ? Vraiment ?

Suite à la votation sur le mercredi matin d'école et à la demande de Jean Romain, je publie ci-dessous sa réponse à Madame Roullet.

 

 

Je réponds ici, chère Madame, à votre billet

http://micheleroullet.blog.tdg.ch/archive/2011/12/26/jean...

puisque les commentaires sont courageusement fermés.

Voyez-vous, dès qu’on cesse de confisquer le débat sur l’école et qu’on va demander au peuple ce qu’il en pense, le bon sens prime. Ce fut le cas sur les notes, ce le fut sur les évaluations annuelles, sur le refus de la 7e hétérogène jadis, et ça l’est sur le mercredi matin aujourd’hui.

65 pour cent d’approbation à ce qui n’est ni un projet de gauche ni un projet de droite mais qui, à coup sûr, n’est pas un projet pédagogiste !

Nous avons ainsi en quelques années rétabli une structure normale pour notre école, reste évidemment – je l’ai répété durant des années - à rétablir des méthodes normales. Il faut que cesse la mainmise socioconstructiviste sur cette école, c’est à dire les méthodes toxiques que distillent la Fapse et l’IUFE. C’est le prochain combat à mener, et il est de taille. Je m’y emploierai encore.

Cependant, dans ce combat, nous pouvons compter sur un double allié : la logique des « notes certificatives » et la logique du « plus d’école ». L’histoire des hommes a montré depuis longtemps que la manière de distribuer le temps ainsi que d’organiser le système des valeurs modifie la pensée des hommes. Nécessaire mais encore insuffisante, cette double autorité va lentement patiner les esprits, et les remettre dans un chemin propice pour nos élèves et notre canton. Il lui faudra un coup de pouce du magistrat de tutelle.

Mme Roullet, j’aurais sans doute pu faire mieux dans cette votation, il est vrai. Par exemple, obtenir 70 pour cent d’acceptation à cette loi importante.

Jean Romain

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03/03/2012

La charrue avant les bœufs

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Ca y est, il va falloir se décider!

Pour ou contre le mercredi matin d'école au primaire?

Pas facile, tant la mauvaise foi est la règle dans les deux clans.

De chaque côté, on use et abuse d'arguments plus ou moins valables...et on oublie le vrai problème.

Quelle est donc la meilleure solution pour les élèves?

Plus j'y pense plus je suis persuadé qu'en définitive nos "autorités" se trompent de cible.

Ce n'est pas l'enveloppe qui est la plus importante mais son contenu.

Tant qu'elles n'auront pas compris cette évidence, les résultats scolaires ne s'amélioreront pas.

La priorité est dans l'apprentissage des fondamentaux.

Revenir à l'enseignement systématique!

En français, du vocabulaire, de l'orthographe, de la grammaire, de la conjugaison plutôt que de se perdre dans le labyrinthe proposé par les nouveaux moyens d'enseignement (MMF).

Revenir à des méthodes de lecture efficaces (syllabiques) plutôt que de sacrifier les enfants à coup de méthodes globales ou semi-globales.

S'en tenir à l'étude de problèmes mathématiques de base plutôt que d'errer dans des mises en situations complètement farfelues.

Etudier l'allemand, et prochainement l'anglais, sans éviter l'apprentissage des bases grammaticales de la langue plutôt que de se contenter d'un vague "bain de langue".

Ainsi, lorsque le contenu des programmes scolaires aura été radicalement revu tout ira beaucoup mieux. Ensuite, et seulement ensuite, on pourra juger du bienfondé d'heures à rajouter ou pas.

Et le processus ne devrait pas être inversé comme c'est le cas avec cette votation: mettre la charrue avant les bœufs.

Pour cette simple raison, je vous invite à voter NON au mercredi matin d'école!

Procéder à l'envers du bon sens arrange bien les affaires des dirigeants du DIP et de nos politiciens. Ils ont beau dire que la révision du contenu suivra...qu'il faut d'abord augmenter le temps d'enseignement. Il s'agit là d'une erreur de priorité.

La réalité c'est qu'ils tiennent là leur alibi!

Ils pourront facilement prétendre qu'ils ont fait ce qu'ils devaient et que dorénavant, la balle est dans le camp des enseignants!

Et hop, on se débarrasse de la patate chaude.

Oserai-je....

Ce n'est pas en engraissant les poussins d'hormones de croissance qu'on améliore la qualité des poulets!

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