13/06/2012

Prof de gym

la-gymnastique2.gif

Les hommes de ma génération s'en souviennent certainement.

Jean STUMP!

C'était dans les années 60. A cette époque, le cycle d'orientation n'en était qu'à ses balbutiements. Au sortir de l'école primaire, les jeunes garçons que nous étions allaient alors au Collège Rigot qui se trouvait à l'emplacement du Collège Sismondi actuel.

Des baraquements provisoires, en bois, qui viennent d'être démolis...

Monsieur Jean Stump était notre prof de gym.

Si je vous raconte tout ça, c'est suite à la lecture d'un article de la TdG du jour, "Un cours sur mesure motive les élèves hostiles à la gym".

On y apprend que c'est une première suisse et que ces cours individualisés remportent un succès certain puisqu'ils réduisent clairement l'afflux de certificats médicaux délivrés et le taux d'absentéisme.

Une initiative heureuse.

Malheureusement, c'est pratiquement tout ce qu'on apprendra. On ne saura pas, de manière concrète, en quoi consiste ces cours.

Sur le coup, je me suis remémoré les cours de Jean Stump

Un précurseur qui avait déjà tout compris et que tous les élèves ont adoré.

Tous les "anciens" à qui vous en parlerez vous diront la même chose: "un type génial"!

Les cours et l'évaluation individualisés, il connaissait et en avait fait sa spécialité.

Des exigences sur mesures, en fonction des capacités physiques de chacun.

L'adolescent obèse que j'étais alors s'en souvient et l'en remercie encore.

Ainsi, tandis que les costauds avaient pour objectif d'accomplir quelques dizaines d'"ailes de poulet" aux barres parallèles (un exercice atroce qui vous réduisaient les épaules et les biscotos en bouillie), quelques balancés suffisaient pour les moins baraqués!

Tandis que celui-ci grimpait au sommet de la corde en quelques secondes, celui-là devait simplement se tenir accroché le plus longtemps possible au bas de la corde.

Il en allait ainsi pour chaque exercice au programme.

Monsieur Stump était passé maître dans l'art de la pédagogie.

Il ne manquait jamais de choisir un élève pour démontrer les exercices à effectuer...et le faisait toujours de façon à mettre chacun en valeur.

Ainsi, je me souviens avoir dû démontrer le "Grand Napoléon", une figure effectuée à la barre fixe qui nécessitait simplement un peu de courage et de technique mais aucune compétence physique.

Je connais des profs de gym qui ont été ses élèves et qui, aujourd'hui, ont su s'inspirer de son enseignement...peut-être parce qu'ils se sont retrouvés dans les mêmes bâtiments...

Malheureusement, à contrario, certains profs de gym, notamment au Cycle d'Orientation, se montrent intransigeants et bornés, prisonniers de leurs exigences et de leurs barèmes préétablis. Des ânes bâtés!

Dommage qu'ils n'aient pas connu Jean Stump à qui cet article de la TdG m'a permis de rendre hommage.

13:43 | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook

Commentaires

Je l'ai connu, aussi bien dans sa fonction scolaire que pendant des sorties à skis, et je remercie d'évoquer sa mémoire dans des termes si justes.

Écrit par : Mère-Grand | 13/06/2012

Alors, ce n'est pas Mère-Grand mais....Père-Grand!
Nous avons donc dû participer aux mêmes jeudis de ski... J'entends encore le rire de Jean Stump!

Écrit par : Duval | 13/06/2012

J'aimerais rendre hommage ici aux jeunes profs de gym pleins d'enthousiasme et qui ne comptent ni leur temps ni leur peine pour encourager les élèves à participer à des tournois, dont certains ont lieu dans d'autres cantons. Ils coachent les enfants et valorisent toute participation.
Ils aident à créer une ambiance positive dans le bâtiment et les élèves les apprécient énormément.
La relève est assurée.

Écrit par : Calendula | 13/06/2012

j'ai eu aussi jean stump comme prof de gym' au collège rousseau:
très sympathique personnage, ses cours étaient adorés des élèves.

lui non plus je pense n'aurait jamais trouvé le moindre intérêt, tout comme moi, pour ces leçons uniquement basées sur des fiches d'observation inter-élèves: la nouvelle lubie (hélas!) de nombreux jeunes enseignants en éducation physique. tout comme 90% des anciens et expérimentés, qui eux fuient ces mauvaises innovations pédagogiques en fuyant au post-obligatoire...

ces jacobins standardiseurs et uniformateurs se considèrent comme des progressistes qui auraient révolutionnée la matière, mais ils ont surtout anéanti les soucis d'exigence et de rendement. en terme moins techniques, ça veut surtout dire que les élèves n'apprennent plus rien à part du bla-bla pseudo-savant sur les diverses activités physiques, n'ont plus vraiment l'occasion de progresser réellement selon leurs aptitudes de départ et qu'ils restent inactifs la plupart du temps durant les cours.

je les appelles les néo-profs de sport, c'est-à-dire avant tout des suiveurs liés à des formateurs aux egos démesurés, et qui vivent mal leur complexe mal placé d'être "confinés" aux salles de gymnastique. une énorme erreur de perception, qui leur est entièrement due.

ces méthodes viennent de france principalement où elles ont été globalement abolies en 1999, lorsque le ministre a été horrifié en apprenant qu'on en était arrivé à faire passer des examens théoriques dans cette branche, au baccalauréat. mais comme "à genève, on fait toujours mieux qu'ailleurs", on comprendra que ces apôtres sectaires de leurs gourous socios-constructivistes radicaux (pédagogistes forcenés, intégristes et extrémistes) ne seront vraiment heureux de leur travail que le jour où on trouvera des chaises et des pupitres en salle de gymnastique: singer les branches plus intellectuelles (dites "cognitives") pour davantage réclamer sur le plan corporatiste et syndicaliste, telle est la vraie triste clé de lecture de toute cette hisitoire au ridicule digne d'un pamphlet de molière!

Écrit par : job | 14/06/2012

J'ai de la peine à vous suivre Job!
Quel est le rapport avec mon billet? On ne sait rien du contenu des cours dont parle la TdG... quel est donc le lien avec le problème que vous dénoncez?

Écrit par : Duval | 14/06/2012

je rebondissais sur le sujet en voulant nuancer les louanges de calendula:
désolé si j'ai pu vous paraître hors-sujet dans ma diatribe, j'en conviens!

Écrit par : job | 14/06/2012

@job,
Selon mon expérience, les généralités ont tendance à cacher les individus.
J'ai subi des profs de gym tyranniques pendant toute ma scolarité (volée de matu 1974). Elles étaient donc des contemporaines de Monsieur Stump.
Je suis sortie de l'école en me sentant comme une patate totalement inapte à obtenir davantage qu'un 3,5 de complaisance en gym.
Dans mon esprit d'élève, un prof de gym était une personne qui cherchait les failles chez les empotées et ne s'intéressait positivement qu'à celles qui y arrivaient par la grâce céleste.
Généralisation abusive, car j'ai eu la chance d'en connaître d'un autre genre en tant que parent et en tant que collègue. Des individus qui valorisent les enfants et qui ont une patience infinie.
Les adolescents sont vraiment vulnérables quant à leur aspect physique et leurs performances, comme le décrit si bien Monsieur Duval dans son billet.
Ces fiches d'observation ne sont pas l'unique activité menée pendant les cours, heureusement.
J'aurais adoré avoir un Monsieur Stump en gym. Je comprends qu'il vous ait tant marqué.

Écrit par : Calendula | 14/06/2012

Certains points soulevés par job méritent un petit commentaire, me semble-t-il. Les profs de gym ont longtemps souffert d'un certain manque de considération de la plupart des élèves et collègues, (mal) inspirés par le cliché qui ne peut considérer un bon usage du corps, et des muscles en particulier, que dans un rapport inverse avec le bon usage du cerveau. Vieil héritage de la dichotomie esprit - corps que nous devons probablement au Christianisme.
Dans les années 1970 des maîtres de gym se sont beaucoup investi pour revaloriser leur profession et exiger d'être traités sur le même pied que les maîtres des disciplines dites intellectuelles, que ce soit pour les conditions de travail ou le salaire. Ils ont notamment argué du fait qu'ils étaient porteurs d'un diplôme de maturité, comme ces derniers, et que leur formation comportait une part de cours universitaires.
La deuxième raison tient probablement au progrès réalisés dans l'étude et les conditions de pratique des disciplines sportives, connaissances touchant aussi bien au domaine physique que psychique (voir les techniques de conditionnement aux compétitions sportives par exemple), neurologiques et pharmacologiques. La notion d'hygiène de vie s'est également répandu dans la conception du sport, autant comme une nécessité face aux excès des sports de compétition que comme un simple apport à des programmes tendant à préserver ou à améliorer la santé des citoyens.
Savoir si ces considérations sont pertinentes et, dans ce cas, si les conséquences qui en ont été tirées sont adéquates est évidemment une autre question, pour laquelle je clame d'emblée mon incompétence.

Écrit par : Mère-Grand | 15/06/2012

De Charybde en Scylla, il n'y a donc décidément pas d'autre choix?

Écrit par : job | 17/06/2012

De Charybde en Scylla, il n'y a donc décidément pas d'autre choix?

Écrit par : job | 17/06/2012

Pour les très anciens, je m'en voudrais de ne pas évoquer le souvenir de Jean Sauthier, prof de gym et ancien champion suisse de boxe, qui me laissait toujours libre de m'adonner à d'autres activités de préparation sportive et artistique pendant que mes camarades faisaient du basket ou du foot à la fin des cours. Un autre type d'ouverture d'esprit, mais ouverture quand même.

Écrit par : Mère-Grand | 18/06/2012

Les commentaires sont fermés.