20/06/2012

L'IUFE sévèrement décrié

11291-w940.jpgLe commentaire de "anonymous victim" posté sur mon précédent billet laisse pantois!

"Non seulement ces pratiques totalitaires de l'IUFE sont scandaleuses, mais ce ne sont pas les seules!!! Non content de pénaliser directeurs d'établissement et étudiants qui collaborent depuis plus d'un an pour certains, l'IUFE traitent ses étudiants comme des pions. Nous n'entrerons même pas en matière sur la qualité des cours car là encore, il y aurait beaucoup à dire..."

Anonymous Victim a bien voulu revenir sur ses propos. Je vous livre donc son constat édifiant.

Les contenus des cours de l’IUFE vus par les étudiants

Titulaires d'un master dans l'une ou l'autre discipline, tout en assumant déjà un enseignement dans l'un ou l'autre des bâtiments scolaires du canton, les futurs enseignants de Genève doivent tous obligatoirement passer par l’Institut de formation des enseignants.

Pourtant, la plupart des étudiants de l’IUFE en sont profondément insatisfaits, et ce pour plusieurs raisons.

Non seulement ils ont le sentiment de ne pas être entendus,( ni eux, ni leurs collègues déjà enseignants et surtout, ni les directeurs d’établissement qui, à titre d’exemple, n’ont plus leur mot à dire sur leurs stagiaires) mais surtout, ils ont l’impression que l’IUFE ne leur enseigne rien d’utile pour exercer leur métier.

Charge de travail à l’IUFE

À l’IUFE, certains cours sont communs à tous les étudiants (exemple : « histoire de l’enseignement secondaire »), et d’autres sont donnés en fonction de la discipline d’enseignement choisie par les étudiants (exemple : « didactique de l’anglais »).

L’ensemble des cours, au vu des examens de fin d’année, représente un travail énorme à la maison; au détriment du travail de préparation des cours déjà donnés par la majorité des (futurs) enseignants au CO ou au PO.

Il est fortement dommageable de bâcler les cours donnés aux écoliers pour ingurgiter (parfois par cœur, bêtement, pour certains examens sous forme de QCM) les cours de l’IUFE.

Il serait facile de se dire « tant pis, je favorise mes élèves en priorité et m’investis à fond pour eux, je fais le minimum à l’IUFE, et si je rate, je passerai à la session de rattrapage. Plutôt favoriser ma formation de bon prof au lieu de passer des heures à apprendre par cœur des théories inutiles».

Mais non, mauvaise stratégie !

En effet, il n'y a pas de session de rattrapage pour les étudiants en première année (CCDIDA).

Et s’ils veulent obtenir un stage l’année suivante, ils doivent impérativement réussir tous leurs examens au plus tard le 31 juillet.

Ainsi, de nombreux étudiants doivent parfois sacrifier leurs élèves (ou leur santé, ou les deux) pour avoir de bonnes notes à l’IUFE!

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Contenu des enseignements de l’IUFE

Si on interroge les étudiants de l’IUFE, beaucoup diront que ce qu’ils apprennent à l’Institut est inutile.

Pourquoi ?

Non parce qu’ils s’estiment déjà suffisamment aguerris. Mais parce que ce qu’ils apprennent à l’IUFE n’est pas ce dont ils ont besoin.

Ce qu’ils souhaiteraient, ce sont des méthodes, savoir que faire dans tel type de situation, comment enseigner ceci / cela en anglais /allemand /français  / etc., quel est le programme, comment tenir un programme, etc.

Mais non, ce qu’ils obtiennent à l’IUFE, ce qu’ils apprennent, ce sont des théories datant de plus de vingt ans mais présentées comme nouvelles (la méthode communicative par exemple). Théories qui, à l'heure actuelle, ne sont toujours pas suivies par les enseignants titulaires (car inapplicables ?) mais que les étudiants, eux, devraient appliquer.

Ainsi, les étudiants sont condamnés à apprendre par cœur des courants pédagogiques et des théories rarement utiles ou applicables.

On peut comprendre qu’il faille un minimum de culture générale et que ces théories en font partie, mais là, c’est la théorie qui tue la pratique ! Les étudiants en sont « gavés » (dans tous les sens du terme !).

Faites ce que nous disons, pas ce que nous faisons !

Autre problème à l’IUFE, la plupart des enseignants (heureusement, à une ou deux exceptions près tout de même) ne suivent pas leurs préceptes.

On demande en effet aux étudiants d’expliquer clairement les objectifs des apprentissages à leurs élèves, de « communiquer », de négocier avec eux, de les « entendre », de leur donner les critères d’évaluation, etc., mais la plupart des enseignants de l’IUFE, eux, font tout le contraire !

A l'IUFE, la consigne est simple: écouter, copier, apprendre par cœur, recracher, mais surtout ne pas protester et être d’accord avec eux.

 

Pour mémoire:

http://etsionenparlait.blog.tdg.ch/archive/2011/04/18/rassemblement-des-etudiants-de-l-iufe-formation-des-enseigna1.html

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Commentaires

Pour réponder à M. Duval sur son commentaire à mon commentaire de son précédent billet.
Pierre Weiss avait raison de soutenir la création d’un institut de formation universitaire pour les enseingants du primaire !
D’un point de vue financier, il n’est pas négligeable de soutenir une formation qui, de par son statut universitaire, peut toucher des subventions de la Confédération contrairment aux écoles sans statut universitaire.
Ce qui fait problème avec l’IUFE, c’est qu’il n’a rien à voir avec une Université, mais qu’il est devenu un lieu envahi par une idéologie “socialisante”, pétrie du “vivre ensemble”, du « travail en équipe », du « projet d’établissement », d’une « culture commune »…
Loin de provoquer la pensée et de former les étudiants à leur futur métier, l’IUFE tente de capter les esprits des étudiants.
A voir leur grogne, cela n’a pas l’air si facile…
Cela donne de l’espoir !

Écrit par : Michèle Roullet | 20/06/2012

Chère Madame,
Pour moi, ce n'est pas une question de gros sous! La qualité n'a pas de prix!
Toutes les dérives que vous soulevez étaient prévisibles dès le moment où on entrait en matière sur un IUFE... Genève aurait beaucoup mieux fait de rejoindre simplement ce qui se fait dans tous les autres cantons!!! A savoir les HEP de Romandie (BEJUNEFRIVAL).
Mais je comprends que vous défendiez la vision de votre parti politique...

Écrit par : Duval | 20/06/2012

Les étudiants de l'IUFE sont des esclaves: ils sont déjà sous-payés et doivent encore payer l'IUFE 1000 francs par année. L'iUFE ne doute vraiment de rien. Comme nous dirait nos profs, c'est de la violence symbolique. Les étudiants ne se rendent pas vraiment compte qu'ils sont exploités sur tous les fronts: intellectuel, financier et émotionnel..

Écrit par : corrida | 20/06/2012

Dire que l'IUFE nous forme c'est vraiment une blague.

C'est bien ça lire, recracher et surtout............... être de parfaits imbéciles apprendre et se taire, toujours sourire et ne jamais se plaindre.

Écrit par : Marinoni | 20/06/2012

IUFE, c'est bien un projet socialiste ça. quelle bande d'imbéciles.

Les stagiaires craquent un à un et l'IUFE en rajoute toujours plus

IUFE IUFE IUFE IUFEE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE IUFE ????

WHAT A SHAME!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Écrit par : TOUT LE MONDE | 20/06/2012

Cher Monsieur Duval,

Bien sûr, ce n’est pas une question de gros sous ! Une formation de qualité est si précieuse qu’elle n’a pas de prix !

Mais vous vous illusionnez avec votre Haute école pédagogique (HEP).
A Genève, une HEP n’aurait rien changé ! Vous auriez eu les mêmes professeurs que ceux qui sont aujourd’hui à l’IUFE, avec comme différence que c’est Genève, et uniquement Genève, qui devrait passer à la caisse pour financer cette formation.

L’échec de la formation des enseignants du primaire s’enracine dans le dysfonctionnement d’une Faculté universitaire (FAPSE) où un sociologue (je ne vais pas donner son nom, on l’a déjà oublié !) avait fait main basse sur cette section. Lui et sa bande, autoproclamés « experts en éducation », avaient introduit des pratiques sectaires dans cette section universitaire, pratiques que j'avais d'ailleurs dénoncées dans « La trahison des pédagogues » (in Tribune de Genève du 4.10.2006).

Il faut se rappeler qu'on ne sort jamais indemne de l’histoire (avec un petit “h” ou un grand “H”), et que les disciples de cette époque (et leurs héritiers) sévissent toujours…

Écrit par : Michèle Roullet | 21/06/2012

Chère Madame Roullet,

Encore une fois, je crois entendre Pierre Weiss qui disait exacactement la même chose que vous! Parti oblige...
Mais, si ce n'était pas une histoire de gros sous, pourquoi donc auriez-vous avancé cet argument en priorité?
Par ailleurs, je ne vous suis pas du tout sur la question de la HEP. Ce n'aurait pas du tout été la même chose. Pour la simple et bonne raison que Genève aurait alors dû s'aligner sur ce qui se fait dans TOUS LES AUTRES CANTONS qui travaillent de concert, eux(!!!)....Mais, selon vous, ils ont donc tout faux (puisque c'est l'arrogante Genève, une fois de plus dans sa façon de se singulariser, de faire cavalier seul, qui a raison).

Écrit par : Duval | 21/06/2012

J'aimerais bien voir Madame Roullet sur les bancs de l'IUFE à écouter leurs déblatérations d'inepties plus grosses les unes que les autres....
et surtout devoir payer pour ça.... SCAN-DA-LEUX. Avant d'avancer vous aussi, des imbécilités, parlez en toute connaissance de cause et aller suivre les cours de l'IUFE dont les contenus sont.... inutiles à notre pratique enseignante quotidienne! Une fois que vous l'aurez fait, vous changerez vite d'avis. Mais s'il vous plaît, arrêter de parler de choses que vous ne connaissez pas.

Écrit par : Xmas | 22/06/2012

Je suis tout à fait d'accord avec M. Duval: il fallait faire sortir la formation des enseignants de la FAPSE qui est une secte et créer une HEP INDEPENDANTE (comme dans les autres cantons) avec des formateurs dignes de ce nom qui connaissent la réalité du terrain et qui n'ont pas subi le lavage de cerveau de la FAPSE de GE.
Des membres de l'ARLE avaient essayé de convaincre les députés, mais en fait une grande partie de ceux-ci ne voulaient pas nous croire qu'il était dangereux de laisser une formation aussi importante dans un "emballage pourri qui allait contaminer le contenu", et ceux qui étaient d'accord avec nous n'ont pas trouvé la majorité nécessaire pour imposer leur point de vue.

Et comme une HEP est entièrement à la charge des cantons, et comme en plus le mot "université" rime avec formation "d'excellence" ce que Beer avait soutenu on a confié cette formation à la FAPSE.
Et maintenant on est arrivé là, un IUFE qui dysfonctionne totalement !
Le vrai gâchis à la sauce genevoise !

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 22/06/2012

J'aimerais assister à un échange entre Monsieur Weiss et Jean-Romains, tous deux du même parti, mais un seul de l'ARLE, sur la question de la formation universitaire des enseignants.

Écrit par : Mère-Grand | 22/06/2012

Il faudrait faire une méga manif contre tous ces blaireaux qui ne connaissent rien à l'enseignement. Mais le problème, c'est que si les dirigeants de l'IUFE nous voient manifester, les représailles ne se feront pas attendre.

Écrit par : GIULIA MAMA | 29/06/2012

Oui, c'est vrai, le problème. c'est que nous sommes tous des anonymous victims en souffrance et nous ne nous exprimons pas sur le sujet de peur des représailles et comme nous ne manifestons jamais notre désarroi, personne ne peut nous entendre. Tout cela est un cercle vicieux de la peur institué par Toulou, Loosli, Schneuwly et notre cher Monsieur Beer.

Et on ose encore parler de démocratie?

Une honte dans un pays comme la Suisse.

Écrit par : Xmas | 29/06/2012

Simplement inadmissible!!!

Écrit par : simplice | 29/06/2012

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