24/10/2012

La gauche et l’instruction publique

2012-05-16T212041Z_1_APAE84F1NAJ00_RTROPTP_3_OFRTP-FRANCE-POLITIQUE-DUCATION-20120516.jpg

Point de vue de Jean Romain

L’échec le plus grave, le plus retentissant, de notre école est d’abord et essentiellement lié à l’apprentissage de la langue française et à la lecture.

Toutes les rentrées politiques s’accompagnent de leur lot de remèdes pour juguler la catastrophe qu’est devenue l’école, en France comme en Suisse romande. Bien sûr, il n’existe pas une seule manière de bien faire les choses mais il en existe de nombreuses de les mal faire.

Le ministre français Vincent Peillon apporte à son tour un train de mesures, conseillé sans doute par l’inénarrable Philippe Meirieu, et la gauche socialisante unie une fois encore avec les écolos nous sert ses sempiternelles recettes inefficaces et idéologiques.

1. Inefficaces parce qu’on ne s’attaque pas à la cause du problème, mais en engageant des bataillons de professeurs mal formés et incultes, en consacrant une partie du temps scolaire aux devoirs « à domicile », en revoyant l’évaluation (les notes), en supprimant les redoublements, en ne prenant pas en compte les vraies raisons de l’échec scolaire, on manque l’essentiel.

Soyons clair : l’échec le plus grave, le plus retentissant, de notre école est d’abord et essentiellement lié à l’apprentissage de la langue française et à la lecture. Ce double apprentissage conditionne tout le reste. Et cette grave carence est accentuée par l’imposition de méthodes mortifères issues du cerveau de docteurs Mabuse des « sciences » de l’éducation, ces officines de gourous qui « forment » les futurs profs. Les méthodes globales ou semi-globales d’apprentissage à la lecture sont inefficaces pour la grande majorité des élèves ; le refus de considérer la grammaire (si peu sexy) et l’apprentissage de la syntaxe (si complexe) équivaut au refus de la transmission d’une langue. Cette instabilité programmée est le goutte à goutte sinistre qui détruit l’école. Comme par hasard, à Genève, on vient de choisir « Mon manuel de français » aux méthodes dévastatrices au lieu de « L’île aux mots », qui privilégie une approche plus traditionnelle. Et l’apprentissage d’une langue étrangère est rendu d’autant plus difficile qu’on ignore comment fonctionne sa propre langue.

2. Idéologiques parce que la gauche socialiste et ses sbires écolos ont encouragé le déni des problèmes. Elle s’est calfeutrée, cette gauche, dans des abris anti-réel et a culpabilisé les enseignants. Elle a décrété que la solution était de s’adapter aux élèves en suivant les baratins sur la spontanéité créatrice des chers petits et en transformant tout travail en simple jeu. « Apprendre en s’amusant », tel est son mot d’ordre parce que, bien entendu, tout effort, est de nature à supprimer le plaisir et à sélectionner les plus endurants. La gauche s’est ainsi privée du seul véritable atout de réinsertion sociale : le travail et l’effort. Elle refuse de considérer l’ampleur du fossé qui sépare les élèves provenant de milieux sociaux différents ; inévitablement, elle l’a psalmodié de manière incantatoire mais elle a prôné une école unique, sans différence de filières, sans devoirs à domicile, sans effort, sans notes, ce qui a mécaniquement avantagé ceux qui l’étaient déjà. Elle a voulu que l’école soit « un lieu de vie », étant entendu que la culture est un lieu de mort ; et cette merveilleuse école de la vie s’est ouverte au racket, à la drogue, à la violence, aux graffitis, aux pieds sur les tables, à Facebook. Alors la gauche affolée a prêché le respect de l’Autre avec un grand A, tout en affirmant que le respect de la langue, de la tenue, du savoir, des œuvres, était du dernier bourgeois ! L’idéologie pédagogiste est directement responsable de l’échec scolaire, et les instituts de formation des professeurs – où le bain pédagogo est maintenu à bonne température - sont catastrophiques.

Pour commencer à redonner un semblant de sens à cette entreprise, belle et essentielle, qu’est l’école publique, fichons la paix aux professeurs. Soumis à toutes les réformes, tant pédagogiques qu’administratives, baladés par toutes les théories du moment, les professeurs ne peuvent plus exercer leur métier. Travaillons à redéfinir simplement la mission de ces professeurs, mission oubliée par l’école, et redonnons aux enseignants la responsabilité de leur métier.

Article paru le 24 octobre 2012 dans LesObservateurs.ch

 

18:23 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

Ce dénivellement notoire est surtout dû au fait qu'à la maison les enfants ne parlent plus français...

La tolérance gauchiste péjore donc les enfants qui eux parlent français.

Écrit par : Marc Duchêne | 25/10/2012

Quelqu'un qui ne sait ni lire ni écrire c'est un assisté en puissance donc quelqu'un qui va voter à gauche. Et quand les caisses seront vides qui va les remplir ? Les chinois ? Ca va être dur d'apprendre le chnois.

Écrit par : norbert maendly | 25/10/2012

Les commentaires sont fermés.