05/11/2012

Le chèque scolaire, simpliste?

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L'école a besoin d'un électochoc!

Les commentaires postés sur mon récent billet sont assez éloquents.

Tout le monde s'accorde pour dire que l'école genevoise doit être améliorée. Pour certains, l'introduction d'un chèque scolaire n'est qu'un palliatif et non une solution.

Moi, je veux bien mais voilà... il ne suffit pas de le dire, encore faut-il réagir et trouver une solution.

Ne sommes-nous pas, malheureusement, arrivés au point de non retour?

Depuis deux ou trois décennies, à gauche comme à droite, on s'est complètement fourvoyé. On s'est appliqué à détruire méthodiquement l'école publique. On l'a privée de toute son essence: instruire, transmettre des connaissances avant tout.

Ainsi, aucun des derniers magistrats en charge du DIP n'a osé (ou voulu) prendre le taureau par les cornes pour rendre à l'école sa mission première.

Madame Martine Brunschwig-Graf s'est faite berner. Naïvement, sans rien comprendre, sans se douter du danger, elle a cédé aux chants des sirènes pédagogistes, aux beaux discours des gourous qui arpentaient sa cours.

Monsieur Charles Beer n'a rien amélioré. Il a fait preuve d'inconscience voire de bêtise. Lors de son élection, il avait pourtant toutes les cartes en main pour redresser la barre et changer radicalement de cap.

Au lieu de cela, il a passé le turbo pour poursuivre cette course folle!

Allez comprendre pourquoi?

Aujourd'hui, l'école publique est gravement malade, dans ses intentions comme dans les moyens qu'elle se donne.

Un mal probablement incurable...

La situation est telle que je ne vois pas très bien qui et surtout comment on pourrait y remédier.

Tous les signaux sont au rouge et l'école publique fonce droit dans le mur.

Pour le mesurer, il suffit de consulter les moyens didactiques qui sont imposés à l'école primaire...dans quasi toutes les disciplines.

            - En français avec MMF (Mon manuel de français)

            - En math avec un manuel qui oublie d'enseigner les bases pour se perdre dans des mises en situation farfelues et inutiles

            -En géographie et en histoire qui n'en porte plus que le nom.

Autant de vecteurs de toute une idéologie malfaisante qui, aujourd'hui, gangrène notre école publique.

Dès lors, que faire sinon lui faire subir un électrochoc?

L'introduction d'une saine concurrence entre, non seulement l'enseignement public et privé mais aussi entre les écoles publiques entre elles est peut-être une solution.

Face à cette concurrence, l'école publique ne pourrait plus n'en faire qu'à sa tête. Elle serait bien obligée de réagir pour répondre aux attentes des citoyens...qui, ne l'oublions pas, la financent!

 

Au risque de me répéter, je prends le risque de vous rappeler la pétition "Supprimons les doublons et les postes inutiles au DIP".

Merci de la signer et de la faire circuler.


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Commentaires

Monsieur Duval,

Dans mon commentaire posté en réaction à votre récent billet relatif à cette idée de "chèque scolaire", j'ai effectivement qualifié la solution préconisée de "palliatif".
Comment peut-on en effet se résigner à abandonner l'école publique à son propre sort lorsqu'on croit aux valeurs républicaines portées par la démocratie, la laïcité, l'intégration sociale et l'égalité des chances ?
L'école publique n'est-elle pas l'une des tâches fondamentales de l’État, peut-être la plus noble d'entre elles, celle qui construit le citoyen de demain. C'est sur les bancs de l'école publique et dans les cours de récréation que l'individu se construit en se confrontant aux autres, à leurs idées, à leurs comportements, à leurs cultures.

Votre idée de distribuer des chèques scolaires est non seulement un aveu de faiblesse de l’État, mais davantage encore, n'est-ce pas la promotion d'un système ségrégationniste et communautaire que vous revendiquez ? Comment l’État pourrait-il se résigner à distribuer des chèques scolaires, autant dire à se priver de moyens, en finançant indirectement des écoles privées ?

Dans votre précédant billet consacré à la fusion des caisses publiques, vous revendiquez d'ailleurs l'existence d'un "État fort", si je vous ai bien lu (?), lorsque vous écrivez :

" Et ce basculement du public vers le privé, si on peut le comprendre dans la situation actuelle, n’est pas le signe annonciateur d’un avenir équilibré. Parce que nous avons besoin, non d’un Etat omniprésent mais d’un Etat fort. "

C'est en effet d'un État fort dont nous avons besoin, pas d'un État omniprésent, ni omnipotent. Par conséquent l’État doit se recentrer sur ses tâches essentielles dont l'école fait partie, conformément à notre Constitution (Art. 193) :

" L’Etat organise et finance un enseignement public, laïque et de qualité. "

Où "qualité" ne doit pas être un vain mot !

L'école publique ne doit pas devenir -- mais peut-être l'est-elle déjà ? -- un État dans l’État où ceux qui la dirigent se cantonneraient dans une attitude suffisante et méprisante de ceux qui savent, et eux seuls, ce qui est bon pour elle (l'école) sans se préoccuper de l'objectif fondamental qui est le savoir. L'école a des comptes à rendre aux citoyens-contribuables, en premier lieu aux citoyens, eux qui lui confient leurs enfants, mais également aux contribuables soucieux de savoir leurs impôts utilisés à bon escient.

En tant que citoyen, j'ai bien entendu votre appel de détresse, mais comment pourrait-on remédier au problème autrement que par le biais d'un bulletin glissé dans l'urne lors des élections ? Mais la couleur politique est-elle seulement la cause du problème ? Je n'en suis pas sûr. Ne serait-ce pas plutôt des chapelles qu'il conviendrait d'abattre ?
Pour conclure c'est le ménage qu'il faudrait faire si je vous ai bien lu ?

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/11/2012

Je souscris au texte de Jean d'Hôtaux, qui est de grande qualité et avance des arguments qu'il nous faudra, je le crains, retenir pour des débats qui nous menacent dans l'avenir.

Écrit par : Mère-Grand | 06/11/2012

Je pense que ce n'est pas André Duval qui parle ici d'un Etat fort.

Écrit par : Jean Romain | 06/11/2012

Merci Monsieur Jean d'Hôtaux pour votre excellent commentaire.
Je précise en préambule que ce n'est pas moi, en effet, qui ai parlé d'Etat fort mais Jean Romain (le texte posté est de lui).

Ceci dit, je vous rejoins sur pratiquement l'ensemble de vos propos.
Dans mon for intérieur. je ne suis pas favorable au chèque scolaire! Je l'ai laissé entendre au début de mon premier billet sur le sujet.
Mais mes deux billets sont, comme vous le dites, un cri du cœur, un appel de détresse. Je me dis simplement que depuis qu'on alarme les autorités, qu'on leur met le nez dans le c..., RIEN n'y fait!
Alors, avant que d'autres s'en saisissent, l'idée d'une épée de Damoclès, sous forme de menace d'un chèque scolaire, peut, peut-être, faire réagir...on peut rêver.
Car, comme vous le dites très bien il s'agit d'abattre des chapelles...faire le ménage!
Mais...comment????

Écrit par : Duval | 06/11/2012

Bonsoir !

@ Jean Romain :

Mea culpa ! Je suis navré d'avoir attribué vos propos à M. Duval !

@ Mère-Grand :

Il ne faut pas craindre les débats, ils ne nous menacent pas bien au contraire, ils nous feront progresser. Il faut donc s'en réjouir.
Ce qui serait grave ce serait précisément l'absence de débat.
Bien à vous !

@ André Duval :

Comment abattre ces chapelles ?...

En tant que « citoyen ordinaire » je n'ai bien évidemment aucune solution miracle à proposer. Quelques réflexions toutefois :

Les élections au Conseil d'État ne permettent pas d’en élire les membres en fonctions des postes qu’ils seront censés occuper, puisque ce sont les élus eux-mêmes qui se les répartissent. Par conséquent ce sont des personnes prétendument pluridisciplinaires qui nous sont proposées par les partis. Dans les faits il n’en est rien et ce ne sont la plupart du temps que des apparatchiks. On choisit donc des personnes en fonction de leurs orientations politiques et de ce que l’on connaît d’eux, c’est ensuite seulement qu’on les découvre tels qu’ils sont réellement, souvent tardivement !
Il n’y donc pas grand-chose à attendre de ce côté-là …

Le « DIP » n’échappe pas à cette règle et le Conseiller d'État en charge de ce département hérite à son arrivée d’une structure et d’une hiérarchie avec laquelle il doit composer et en tant que néophyte ne peut d’emblée la remettre en question. Pour peu qu’il cherche à le faire, que ses décisions subiraient probablement des oppositions et des bocages de la part de la structure en place où « chacun se tient par la barbichette ». Si vous ajoutez à cela des gens très syndiqués, jouissant de surcroît d’une formation au-dessus de la moyenne, connaissant parfaitement tous les rouages de l'État et surtout conscients de leurs droits et de leurs pouvoirs de blocage, vous êtes confrontés à un mur.

Alors que faire ? Mandater des commissions thématiques qui rendront des rapports qu’il faudra tenter alors de mettre en œuvre, … si faire se peut !

Par ailleurs le « DIP » est un département assez particulier du fait de sa mission et de ses tâches. En effet, si chacun est concerné par la sécurité, la mobilité, la santé, l'emploi, etc., sa vie durant, tel n'est pas le cas de l'école.

Pour les élèves et leurs parents, l'école n'est en effet qu'un passage de la vie. Une tranche de vie qui va durer, disons entre 10 et 15 ans. Après cette période chacun prendra son envol et de la distance par rapport à cette institution. On s'en désintéresse un peu du fait qu'on ne se sent plus vraiment concerné et chacun poursuit sa vie.

Restent alors les enseignants eux-mêmes, confinés dans le système leur vie durant, passant du statut d'élève à celui d'enseignant. Ils passent la barrière. De fauves ils deviennent dompteurs en quelque sorte, mais restent dans l’arène ! (Que l’on me pardonne ce raccourci …)
Confinés dans leur milieu social, les enseignants vivent bien souvent en vase clos, restant entre eux, passant leurs loisirs entre eux et n’ayant souvent que peu de contacts avec le reste de la population, hormis les parents d’élèves. De ce reste de la population ils n’en connaissent bien souvent pas les problèmes spécifiques.
Dans ces conditions, comment répondre aux objectifs fixés par la Constitution tout en tentant de répondre aux attentes, parfois infondées, de la population ?

Mais la réciproque est vraie également. Que savent les gens de la rue des problèmes rencontrés par les enseignants, de leur isolement, livrés à eux-mêmes devant des élèves bien souvent indisciplinés, voire insoumis ? Que peuvent-ils attendre de leur hiérarchie ces enseignants ?

Une dernière remarque. J’ai toujours été surpris de constater le cloisonnement des structures et programmes scolaires en Suisse romande. Je déplore notamment le manque flagrant de coordination entre les cantons. Qu’il s’agisse de méthodes d’enseignement, de manuels scolaires, de la formation des enseignants, d’organisation, il me semble qu’il y aurait là d’énormes possibilités d’amélioration, de rationalisation et d’économies à réaliser ?

Que les enseignants auxquels je m’adresse veuillent bien me pardonner ma franchise.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 07/11/2012

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