07/11/2012

Vous avez dit MATU ?

maturite-piaget.gifParlons un peu d'école avec Jean Romain:

 

Voici ce que donne le SECO (secrétariat suisse à l’économie)

: une corrélation entre le taux de maturités et le chômage. Une corrélation n’est pas une causalité, et il faut éviter la confusion. (cf. schéma ci-joint).

 

Cependant, l’argument qui dit qu’il faut plus de gens hautement qualifiés chez nous donc plus de maturités , est un argument fallacieux. En effet, nous manquons de gens hautement qualifiés, mais ces hautes qualifications universitaires et des EPF (qualité) ne dépendent pas de la quantité de certificats de maturité.

 

Notre certificat de maturité genevois est trop peu exigeant. Beaucoup trop peu exigeant. On peut bien, avec les gauchocrates qui sont en fait les apparatchiks du pouvoir scolaire et qui sont payés pour le dire, mâcher le même chewing-gum collectif qui psalmodie à l’envi que ce n’est pas si mal. Mais c’est faux ! TOUTES les réformes, absolument toutes, ont pour but de cacher l’ampleur du désastre de notre école : la langue française n’y est pas assez travaillée, les sciences exactes sont trop peu poussées, les exigences demandées à chaque élève confinent au laxisme.

 

Alors ou bien on prend le taureau par les cornes et on dit que cela suffit, ou bien on continue à payer des sommes astronomiques pour entretenir au bain-marie 216 personnes à l’état major du DIP et des directeurs primaires dont la principale fonction est de répéter que “ça ne va pas si mal” et que ceux qui se plaignent sont des grincheux, pire, des réacs.

 

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Commentaires

Des réacs ou des grincheux... on leur fait bien comprendre qu'ils peuvent aussi prendre le PLEND ou faire autre chose! La catastrophe annoncée est pour demain ! Parce que le jour où les évaluations seront romandes... Genève ne pourra plus cacher la M MF sous le tapis !

Écrit par : J-F Girardet | 07/11/2012

Qui est-ce qui signe ce billet vous ou Jean Romain?

Écrit par : Jean-François Mabut | 07/11/2012

Qu'un de nos dirigeant soit capable de faire un tel sylogisme sans reconnaître son erreur, c'est absolument affligeant !

Il aurait pu tout aussi bien dire :

"On observe un plus grand taux d'abonnement TPG chez les chômeurs (*) que chez les cadres biens payés. C'est pourquoi, je propose de durcir les conditions d'accès à ces abonnements afin de relancer l'économie"


(*) Logique, ayant moins de moyens, ils auront tendances à avoir moins de possibilité d'avoir une voiture, donc auront plus tendance à se doter d'un abonnement TPG.

Écrit par : Djinus | 07/11/2012

Pour répondre à M. Mabut, ce billet est signé de Jean Romain.

Écrit par : Duval | 07/11/2012

"...la langue française n’y est pas assez travaillée, les sciences exactes sont trop peu poussées, les exigences demandées à chaque élève confinent au laxisme.
Alors ou bien on prend le taureau par les cornes et on dit que cela suffit, ou bien on continue à payer des sommes astronomiques pour entretenir au bain-marie 216 personnes à l’état major du DIP et des directeurs primaires..."

Voilà qui rejoint tout ce que je m'évertue à dénoncer dans mes récents billets, sur ce qu'on enseigne à l'école primaire et sur l'inutilité d'un tel nombre de directeurs.

Écrit par : Duval | 07/11/2012

Le laxisme est en effet omniprésent dans les écoles genevoises:
- absentéisme non sanctionné (même s'il dépasse les 50% du temps d'école) au PO
- les élèves peuvent doubler entre le CO et le PO 4 fois une année (c'est énorme) et souvent sans conditions (même quand ils ont un taux d'absentéisme élevé et non excusé et des CM de complaisance
- nombreux sont les élèves inscrits au PO qui quittent l'école avant le 31 janvier et peuvent donc recommencer une nouvelle année sans aucune condition.... on ouvre des classes, paient les profs et de nombreux élèves quittent pour recommencer après.... Est-ce normal et quel est le coût de cette opération????
- Il y a toute une organisation autour des retenues au PO qui est très coûteuse.... en principe, me semble-t-il, on devrait accepter que des élèves intéressés.... ou est-ce que le PO est considéré par le DIP et donc par les députés (qui allouent des sommes très élevées au PO) comme une GARDERIE ????

PS J'ai la chance d'avoir quelques élèves qui viennent d'autres cantons romands.... Quel différence de niveau ! Les nôtres à côté sont de vrais cancres !!!

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 07/11/2012

Bon, alors, faut savoir, c'est la fautes aux profs, au plan d'étude, aux élèves ? Ah oui, j'ai compris : c'est la faute aux autres ...

Et pendant ce temps, le PLR continue de s'approprier les fonds publics qu'il reste ...

Écrit par : Djinus | 07/11/2012

@Djinus
Ce n'est ni la faute des profs, ni des élèves mais celle des "têtes" du DIP qui, du moins pour le primaire, ne prennent pas les bonnes décisions en matière de plan d'étude, de moyens didactiques, de formation des enseignants...ça fait beaucoup!

Écrit par : Duval | 07/11/2012

"Bonsoir ! @ Jean Romain : Mea culpa ! Je suis navré d'avoir attribué vos propos à M. Duval ! @ Mère-Grand : Il ne faut pas craindre les débats, ils ne nous menacent pas bien au contraire, ils nous feront progresser. Il faut donc s'en réjouir. Ce qui serait grave ce serait précisément l'absence de débat. Bien à vous ! @ André Duval : Comment abattre ces chapelles ?... En tant que « citoyen ordinaire » je n'ai bien évidemment aucune solution miracle à proposer. Quelques réflexions toutefois : Les élections au Conseil d'État ne permettent pas d’en élire les membres en fonctions des postes qu’ils seront censés occuper, puisque ce sont les élus eux-mêmes qui se les répartissent. Par conséquent ce sont des personnes prétendument pluridisciplinaires qui nous sont proposées par les partis. Dans les faits il n’en est rien et ce ne sont la plupart du temps que des apparatchiks. On choisit donc des personnes en fonction de leurs orientations politiques et de ce que l’on connaît d’eux, c’est ensuite seulement qu’on les découvre tels qu’ils sont réellement, souvent tardivement ! Il n’y donc pas grand-chose à attendre de ce côté-là … Le « DIP » n’échappe pas à cette règle et le Conseiller d'État en charge de ce département hérite à son arrivée d’une structure et d’une hiérarchie avec laquelle il doit composer et en tant que néophyte ne peut d’emblée la remettre en question. Pour peu qu’il cherche à le faire, que ses décisions subiraient probablement des oppositions et des bocages de la part de la structure en place où « chacun se tient par la barbichette ». Si vous ajoutez à cela des gens très syndiqués, jouissant de surcroît d’une formation au-dessus de la moyenne, connaissant parfaitement tous les rouages de l'État et surtout conscients de leurs droits et de leurs pouvoirs de blocage, vous êtes confrontés à un mur. Alors que faire ? Mandater des commissions thématiques qui rendront des rapports qu’il faudra tenter alors de mettre en œuvre, … si faire se peut ! Par ailleurs le « DIP » est un département assez particulier du fait de sa mission et de ses tâches. En effet, si chacun est concerné par la sécurité, la mobilité, la santé, l'emploi, etc., sa vie durant, tel n'est pas le cas de l'école. Pour les élèves et leurs parents, l'école n'est en effet qu'un passage de la vie. Une tranche de vie qui va durer, disons entre 10 et 15 ans. Après cette période chacun prendra son envol et de la distance par rapport à cette institution. On s'en désintéresse un peu du fait qu'on ne se sent plus vraiment concerné et chacun poursuit sa vie. Restent alors les enseignants eux-mêmes, confinés dans le système leur vie durant, passant du statut d'élève à celui d'enseignant. Ils passent la barrière. De fauves ils deviennent dompteurs en quelque sorte, mais restent dans l’arène ! (Que l’on me pardonne ce raccourci …) Confinés dans leur milieu social, les enseignants vivent bien souvent en vase clos, restant entre eux, passant leurs loisirs entre eux et n’ayant souvent que peu de contacts avec le reste de la population, hormis les parents d’élèves. De ce reste de la population ils n’en connaissent bien souvent pas les problèmes spécifiques. Dans ces conditions, comment répondre aux objectifs fixés par la Constitution tout en tentant de répondre aux attentes, parfois infondées, de la population ? Mais la réciproque est vraie également. Que savent les gens de la rue des problèmes rencontrés par les enseignants, de leur isolement, livrés à eux-mêmes devant des élèves bien souvent indisciplinés, voire insoumis ? Que peuvent-ils attendre de leur hiérarchie ces enseignants ? Une dernière remarque. J’ai toujours été surpris de constater le cloisonnement des structures et programmes scolaires en Suisse romande. Je déplore notamment le manque flagrant de coordination entre les cantons. Qu’il s’agisse de méthodes d’enseignement, de manuels scolaires, de la formation des enseignants, d’organisation, il me semble qu’il y aurait là d’énormes possibilités d’amélioration, de rationalisation et d’économies à réaliser ? Que les enseignants auxquels je m’adresse veuillent bien me pardonner ma franchise. Cordialement !"

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 08/11/2012

"Encore une fois, merci Monsieur Jean d'Hôtaux pour votre excellente analyse de la situation. Malheureusement, elle conforte mea craintes....c'est justement à cause de tout ce que vous écrivez que j'ai bien peur que l'école soit arrivée à un point de non retour. Dans les conditions que vous décrivez, il me semble malheureusement bien improbable de sauver quoi que ce soit."

Écrit par : Duval | 08/11/2012

très appréciable commentaire de Jean d'Hôtaux, le tour de la question est fait!
reste à en sortir - le DIP le veut-il?
ou n'est-ce qu'une administration de fonctionnaires à la française, cristallisée autour de ses privilèges faisant le choix de l'incapacité même au pied du mur?

Écrit par : Pierre à feu | 08/11/2012

Bonsoir Monsieur Duval,

Mais pourquoi donc serions-nous arrivés à un point de non-retour ?
Ne soyez pas si pessimiste !

La vie m'a appris qu'il y avait toujours des solutions à chaque problème. Le simple fait que nous passions du temps à échanger sur ce sujet qui nous préoccupe tous ici est en soi réconfortant et démontre qu'il existe des gens qui refusent de baisser les bras.

Parmi les réflexions évoquées dans mon précédent commentaire (posté à l'origine sur le précédent billet), j'évoquais la possibilité d'améliorer la coordination et l'harmonisation entre les cantons romands (effet de synergie), notamment au niveau "des méthodes d’enseignement, des manuels scolaires, de la formation des enseignants et de l’organisation". En toute logique c'est au chef du DIP qu'il appartiendrait de prendre une telle initiative, mais faute d'actions dans ce sens, il est tout à fait possible de le contraindre à le faire par la voie parlementaire.
Si une telle démarche ne devait pas aboutir, il resterait encore le recours aux lancements d'initiatives populaires, soit une "initiative législative", voire une "initiative constitutionnelle", conformément aux articles 57 et 56 de notre nouvelle Constitution.

Le principal intérêt d'une telle "harmonisation forcée" réside dans le fait que les chapelles évoquées antérieurement se trouveraient neutralisées par des apports extérieurs -- notamment méthodologiques -- à la "Grande Maison".

Il faudrait naturellement s'attendre à des cris d'orfraies, Genève étant comme chacun sait "un cas particulier" où rien ne se fait comme ailleurs, sans parler de reproches sur la supposée perte d'autonomie, voire sur le "bradage de l'école genevoise que le monde entier nous envie" ... (emprunt au célèbre slogan français sur la "sécu" ...).

N'étant pas un professionnel de l'enseignement, vous l'aurez compris, mes propositions sont peut-être naïves, mais qui n'essaie point n'obtient rien !

Remarquez que nous serons probablement contraints d'envisager des solutions analogues à celle préconisée, mais pour des raisons budgétaires. La période des vaches grasses semble en effet toucher à sa fin. A Genève comme ailleurs en Suisse !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 08/11/2012

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