10/11/2012

Sauver l'école...un mur insurmontable?!

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Les commentaires de Jean d'Hôtaux postés sur mes précédents billets méritent qu'on s'y attarde.

Il suggère quelques pistes, alors que je peine à trouver des solutions concrètes et réalistes qui permettraient de remettre l'école publique sur la bonne voie.

"Améliorer la coordination et l'harmonisation entre les cantons romands, notamment au niveau "des méthodes d’enseignement, des manuels scolaires, de la formation des enseignants et de l’organisation".

Deux points essentiels! Et c'est là que réside en effet le problème...qui m'apparaît insurmontable.

1. On nous fait croire à l'harmonisation entre les cantons romands alors que ce n'est que de la poudre aux yeux.

Comment oser prétendre à des programmes harmonisés alors qu'en français, par exemple, les manuels utilisés ne sont pas les mêmes d'un canton à l'autre? Certains, fort judicieusement, ont opté pour l'île aux mots (un manuel très structuré et performant) alors que d'autres, dont Genève, ont choisi "Mon manuel de français" (MMF) un moyen didactique "criminel" et scandaleux.

Croyez-vous que le DIP genevois puisse revenir en arrière, admettre son erreur de choix? Moi, pas une seconde.

2. De même, Genève a opté pour une formation universitaire des enseignants (IUFE) alors que TOUS les autres cantons romands ont choisi une formation en HEP !

Sans revenir sur ce que je pense de cet IUFE (voir mes billets sur le sujet), comment voulez-vous parler d'harmonisation scolaire entre les cantons alors que les futurs enseignants, suivant la région, sont passés à la moulinette de deux "idéologies" complètement différentes, à l'opposé l'une de l'autre?

 

Reste donc, selon Jean d'Hôtaux, la voie parlementaire.

Jean Romain, Jean-François Girardet, tous deux députés au Grand Conseil, sont bien placés pour dire combien cette voie est lente et ardue.

Peut-on encore en attendre quelque chose?

Après toutes les tentatives que nous avons menées, j'ai de la peine à y croire encore. Les rouages de la machine politique sont ce qu'ils sont et trop souvent les guerres interpartis prennent le pas sur l'importance des sujets auxquels nos élus devraient s'attacher!

Prenez par exemple la motion (UDC !) sur les directeurs d'établissement...

Reste la possibilité de lancer des initiatives?

Là aussi, pour l'avoir vécu avec l'initiative sur le maintien des notes à l'école primaire, je sais toutes les difficultés rencontrées.

La première étant d'en trouver le libellé.

Comment voulez-vous traiter de l'ensemble du problème soulevé aujourd'hui à travers une initiative...unité de matière oblige?

Voilà pourquoi il me semble que nous sommes arrivés à un point de non retour et que je peine à entrevoir une porte de salut.

Mais, si l'un de vous, chers lecteurs, avait quelques propositions concrètes à faire...

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Commentaires

Le budget 2013 et le renvoi de sa première mouture à son auteur (le CE) pourrait apporter un élément de réponse. Il devient évident que les partis qui ont soutenu l'IUFE au détriment de la HEP, l'installation des 95 directeurs et l'introduction du mercredi-matin d'école, devront mettre la main au porte-monnaie. Cette politique du consensus a un coût et c'est bien ce qui fâche. Au moment de décider des économies à réaliser au DIP, ce seront ces dernières innovations qui devront être remises en questions en priorité, afin d'épargner les coupes au détriment de la qualité de l'encadrement des élèves.

Écrit par : J-F Girardet | 10/11/2012

Merci à M. Deshuss pour sa correction bienvenue...

Écrit par : Duval | 10/11/2012

@hors contexte /si la Suisse cherche à imiter le modèle Français qui lui veut calquer le sien sur celui du Québec,on est pas encore au bout des questions essentielles.Ou comment permettre aux enfants de se moquer du monde des adultes.En effet faire d'un enfant un médiateur lors de conflits que se passe-t'il dans son esprit si des adultes d'aujourd'hui sont incapables de diminuer les tensions en classe!ou comment fabriquer de nouveaux maîtres en culottes courtes petits potentats sur le tard,qui sait! mais cette solution est complètement absurde on ne doit pas exiger d'enfants en primaire de solutionner des problèmes liés au manque de confiance de la part d'enseignants.

Écrit par : lovsmeralda | 10/11/2012

Contrairement à Vaud et Valais, Genève a supprimé la dictée pour le recrutement des aspirants de police. Tout comme lors de la volonté de supprimer les notes à l'école, Genève préfère casser le thermomètre plutôt que de transmettre aux jeunes la connaissance de la langue sans trop de fautes.

Il est assez piquant d’observer la profonde insignifiance de notre école obligatoire (en tout cas) qui, au lieu de donner les moyens à chacun de surmonter l’obstacle, préfère l’enlever. Mais je ne suis pas certain que tous les obstacle de la vie pourront ainsi être supprimés, et je ne suis pas pas certain de vouloir vivre dans une telle société.
Pauvre école !

Écrit par : Jean Romain | 10/11/2012

oui pauvre école mais la faute à qui finalement? a des adultes qui ont tout simplement peur des rides et de paraitre vieux alors que la vieillesse est un don suprême.Des parents qui ont peur de dire non de peur de ne plus être aimé,un monde d'adulte encore plus enfantin que sa progéniture qui cherche à l'imiter par tous les moyens.De quoi rendre furibars les ados et on peut les comprendre.D'ailleurs ceux-ci-ci ne sont ils pas le reflet du monde celui gouverné par des malades et ceux qui en doutaient avec l'arrivée des verts et écologistes maintenant en sont convaincus.
Car apporter plus d'amour aux tris de déchets qu'à des humains faut vraiment vivre en Suisse pour le vivre et les ados sentent l'irresponsabilité d'adultes qui veulent bousculer tous les acquis qui leur ont d'ailleurs permi d'accéder à des postes de choix
bon dimanche pour Vous Monsieur Duval

Écrit par : lovsmeralda | 11/11/2012

Pourquoi une initiative, dont l'objet serait l'harmonisation entre tous cantons romands, étendue à la validation, sur l'ensemble de la confédération, des diplômes & formation des enseignants, serait-elle impensable pour GE?

serait-ce que le DIP se voit obligé de défendre les intérêts des enseignants français, majoritaires ? (ce qui est le cas des étudiants)

Écrit par : Pierre à feu | 11/11/2012

"Voilà pourquoi il me semble que nous sommes arrivés à un point de non retour et que je peine à entrevoir une porte de salut."

Il n'est point nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer (Guillaume le Taciturne)

Écrit par : Michel Sommer | 11/11/2012

@Pierre à feu
Mais l'harmonisation a été votée (harmos)....le problème c'est que ça ne concerne que des sujets de "détails" organisationnels...pour le reste, contenu concret et détaillé de ce qui se fait à l'école, il n'y a pas d'harmonisation!
De même au niveau des programmes.
Par exemple, à Genève, pour les degrés jusqu'à la 5P (7ème harmos) en géo ou en histoire, il n'y a même pas de manuel!
Quant à la validation des diplômes, il semblerait que ce soit un foutoir sans nom... aux dernières nouvelles, le *papier" obtenu à l'IUFE genevois ne serait pas reconnu (voir mon billet à ce sujet) !!!
Dès lors...comment libeller le titre d'une éventuelle initiative?

Écrit par : Duval | 11/11/2012

Duval, c'est bien l'harmonisation de l'enseignement que j'espère, et non l'org & autres accords type validations inter-cantonales, et ce entre ts cantons, au moins les francophones romands si ce n'est tous.
Une initiative? une pétition dans les tuyaux?

Écrit par : Pierre à feu | 11/11/2012

@Pierre à feu
Oui, pas facile! Le DIP prétend qu'il y a harmonisation de l'enseignement ce qui est mensonger, faux sur le terrain.
Alors, pour trouver des Don Quichotte...pour récolter 10000 signatures!

Écrit par : Duval | 11/11/2012

Bonjour Monsieur Duval,

Je ne souhaite pas monopoliser votre blog, seulement apporter quelques éléments de réflexions pour tenter de faire avancer le "schmilblick" ...

Concernant les acronymes "HEP" et "IUFE" cités dans votre billet, il n'a pas été aisé pour un béotien comme moi d'en comprendre d'emblée la signification. Par conséquent voici deux liens qui permettront de la saisir :

1° Site de la "Conférence suisse des rectrices et recteurs des hautes écoles pédagogiques (HEP) " :

http://www.cohep.ch/fr/hautes-ecoles-pedagogiques/filieres-detudes/secondaire-ii/

2° Site de "l'Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE)" :

http://www.unige.ch/iufe/institut.html

Concernant l'utilisation des droits populaires d'initiative pour (tenter ...) de faire avancer les choses. Selon notre nouvelle Constitution cantonale, il faut distinguer deux choses :
-- " Initiative constitutionnelle " (Art. 56) qui requiert 4% de signatures valables des titulaires des droits politiques, soit exactement 9'682 des 242'044 électeurs inscrits lors du dernier scrutin cantonal (élection à la Cour des comptes).

-- " Initiative législative " (Art. 57) qui requiert 3% de signatures valables des titulaires des droits politiques, soit exactement 7'262 des 242'044 électeurs inscrits lors du dernier scrutin cantonal (élection à la Cour des comptes).

Par ailleurs et comme le précise la Constitution, (Art. 56, alinéa 2) :

" La proposition peut être rédigée de toutes pièces (initiative formulée) ou
conçue en termes généraux et susceptible de formulation par une révision de
la constitution (initiative non formulée). Une initiative partiellement formulée
est considérée comme non formulée. "

Ceci en réaction à votre commentaire relatif à l'unité de matière.

Toutefois, il apparaît évident qu'il est préférable de s'assurer le concours d'un constitutionnaliste pour rédiger le texte d'une telle initiative.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 12/11/2012

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